Brest Atlantiques 

l'envol des géants

Arrivée
Présentation
 

Après les différentes casses matérielles sur la dernière Route du Rhum Destination Guadeloupe, il était impossible de lancer en cette fin d'année Brest Océans, la course en solitaire sur les ultimes autour du Monde. Trop peu de concurrents au départ, risque de nouvelles casses et de tirer un trait définitif sur la toute nouvelle Classe Ultim' 32X23. La classe a donc regardé du côté de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre, mais la Classe IMOCA60 ne souhaitant pas se faire voler la vedette, par plus grand, a mis son veto à ce retour tardif... Il fallait donc créer un programme de toutes pièces pour faire naviguer les quatre ultimes disponibles. Et c'est tout naturellement du côté de la ville de Brest, que les instances de la Classe Ultim' 32X23 se sont tournées.

 

Brest Atlantiques est donc née officiellement le 4 avril dernier. Une course en double, avec en plus à bord un médiaman, dont le départ et l'arrivée auront lieu à Brest, après une descente et une remontée sans escale, des deux Atlantiques. Une course qui n'est pas sans rappeler Le Triangle Atlantique au milieu des années 1970, une autre époque, l'évolution technologique a été dantesque !

 

Et il y aura  du monde sur l'Atlantique entre fin octobre et novembre : Le départ de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre avec 60 équipages (IMOCA60 / Multi50 et Class40), Brest Atlantiques et ses quatre ultimes,  Francis Joyon sur IDEC Sport pour le premier record de l'Asian Tour. Sans parler d'un éventuel départ d'Ouessant de l'équipage de Yann Guichard sur Spindrift 2 pour une tentative sur le Trophée Jules Verne. Risque d'embouteillage dans les médias....

 

Assistance extérieure

 

Tous les modes de routage depuis la terre sont autorisés ainsi que les escales techniques, après autorisation de la direction de course.

Parcours
 

Départ de Brest le 3 novembre 2019 à 13h02 pour 14 000 milles sur l'Antlantique Nord et Sud. Descente de l'Atlantique Nord, avec le passage de Madère, Les Canaries et le Cap Vert avant de s'attaquer à l'Equateur, un début de transat Jacques Vabre en quelques sortes ou un début de tentative sur le Trophée Jules Verne ou le Trophée Antoine de St Exupéry. A cette époque de l'année il faudra jouer avec les fronts et se positionner au mieux pour le Pot au Noir. Une fois l'équateur et tous ses caprices passés, direction le Brésil pour laisser sur bâbord l'archipel des îles Cagarras en baie de Rio de Janeiro, première marque du parcours.

 

Une fois le Brésil laissé dans le sillage des 4 ultimes, ils faudra sans doute faire encore un peu de sud avant de mettre le cap sur l'Afrique du Sud et Robben island, la deuxième marque de parcours. Tout dépendra du positionnement de l'anticyclone de Ste Hélène et de son étendue. Une fois viré l'ancienne l'île prison de Nelson Mendela.

 

Il faudra entre 11 et 15 jours, en fontion de la météo pour atteindre cette mi-course et débuter le retour vers Brest, avec de nouveau l'anticyclone de Ste Hélène à gérer, peut-être une option le long de l'Afrique pour faire un coup... L'équateur de nouveau ainsi que l'Atlantique Nord et ses dépressions hivernales, sans oublier l'anticyclone des Açores plus ou moins important, obligeant peut-être à un détour très Nord/Ouest, avant de mettre le cap sur la Bretagne et la ligne d'arrivée de Brest Atlantiques.

 

Jacques Caraës, directeur de course Brest Atlantiques : "La première partie ressemble à celle d’un Trophée Jules Verne ou d’un record du tour du monde en solitaire, avec notamment la traversée du Pot-au-noir, qui nécessite d’être subtil en placement, puis le contournement de l’anticyclone de Sainte-Hélène, qui, si il est décalé par rapport à sa position habituelle, donne des possibilités d’options, surtout sur ces bateaux très rapides. Il y a aussi la nouveauté du point de passage des îles Cagarras qui peut les ralentir et resserrer un peu la flotte. La seconde partie est inédite, avec la remontée de l’Atlantique Sud depuis Le Cap qui, si il y a des écarts, peut donner lieu à des coups stratégiques peu communs le long des côtes africaines de la part des bateaux positionnés derrière. Et il y aura la durée à prendre en compte, 30 jours, c’est long, du jamais vu en course sur ces trimarans de la Classe Ultim' 32/23"

 

Récompenses :

 

En plus du prix de la victoire, des prix seront distribués sur les sections suivantes :

 

• Brest – Rio

• Rio – Cape Town •

Cape Town – Brest

Concurrents
 

Actual Leader

 

Yves Le Blévec - Alex Pella

 

Mediaman : Rolan Gladu

Routeur à terre :

 

Christian Dumard

Sur le papier Yves Le Blévec et Alex Pella, ont peu de chance à la barre de leur trimaran Actual Leader de s'imposer sur Brest Atlantique.

 

Actual Leader est le plus ancien de la Classe Ultim' 32X23. Il n'est pas prévu pour le vol. Seul avantage normalement la fiabilité.

 

L'équipage devra rester au contact et sauter sur la moindre occasion pour monter sur le podium. Objectif finir, plus si ça se passe pas bien pour les petits copains de jeux.

Macif

 

François Gabart - Gwénolé Gahinet

 

Médiaman : Jérémy Eloy

Routeur à terre :

 

Jean-Yves Bernot

François Gabart et Gwénolé Gahinet ex  IDEC Sport forment comme pour les trois autres équipages un duo de choc capable de mener le bateau référence à son maximum. Normalement fiabilisé, Macif est passé en mode vol depuis la dernière Route du Rhum, et peut rivaliser avec le Gitana 17. 

 

François Gabart gardera en tête ses deuxièmes places sur le fil, alors qu'il était en tête sur la dernière Route du Rhum et sur la Fastnet Race à quelques mètres de la ligne d'arrivée.

La bataille sera forcément très belle.

Routeur à terre :

 

Marcel Van Triest

Gitana 17 a changé de skipper en début de saison, Sébastien Josse ayant cédé sa place au duo Franck Cammas et Charles Caudreilier. Des évolutions ont été apportées au trimaran, dont le plus voyant est le profilage du bras arrière.

 

Avec Franck Cammas aux commandes, un bateau optimisé et conçu pour le vol, après deux ans de mise au point, Gitana 17 est le grand favoris de Brest Atlantiques. Dotant qu'à chaque sortie, il est le plus rapide. Mais il faut finir, la course sera longue.

Sodebo Ultim' 3

 

Thomas Coville - Jean Luc Nélias

 

Mediaman : Martin Keruzoré

Routeur à terre :

 

Cellule Sodebo composée de Philippe Legros, Thomas Rouxel, Thierry Douillard et François Duguet

Tout l'inverse d'Actual Leader pour l'équipage du Sodebo Ultim' 3. Le trimaran de Thomas Coville et Jean Luc Nélias est le plus récent de la classe.

 

Malgré tout le travail accompli depuis la mise à l'eau, la fiabilité sera forcément moindre.

 

Sodebo Ultim' 3, contrairement à Macif et Gitana 17, ne dispose pas pour le moment de tout l'arsenal pour voler. Thomas Coville ayant préféré y aller par pallier. Des évolutions sont prévues pour cet hiver. Il aura sans doute du mal à maintenir la cadence des deux favoris.

 

Une course en double à trois ! Drôle de duo... Mais alors quel sera le rôle du troisième homme à bord des quatres ultimes ? Celui de relater la course de l'intérieur, en envoyant vers le PC course tous les jours, des images, de la vidéo et du texte. Mais le médiaman aura aussi le droit de faire la cuisine pour les deux co-skippers du bord. Mais attention interdiction d'apporter la moindre aide à la navigation, ni à l'analyse météo. Bon préparer le repas, c'est quand même la base, avec le sommeil, pour mener dans de bonnes conditions un voilier en général et plus particulièrement sur ce genre d'engin...

 

Qu'en pensent les co-skippers ? Les avis sont partagés visiblement, car Jean Luc Nélias, co-skipper de Thomas Coville sur Sodebo Ultim' 3 déclarait récemment que si on lui avait posé la question, pour un troisième homme à bord, la réponse aurait été non. Il indiquait même dans cette interview, que cette présence va modifier sa relation avec Thomas Coville. "Il y aura un témoin".

A Brest
 

Le port Brestois accueillera à partir du 24 octobre à 18 heure au plus tard, les quatres trimarans participant à Brest Atlantiques. Ils seront positionnés quai Malbert, avec un village pour le public à compter du 25 octobre et jusqu'au dimanche 3 novembre jour du départ.

 

Brest avait l'habitude d'accueillir, depuis les années 80 les départs et arrivées des records des tours du Monde en solitaire et en équipage, voir certaines arrivées de records de la traversée de l'Atlantique Nord. La rade est un formidable terrain de jeu. 

 

Le départ sera donné à la sortie de la rade le 3 novembre à 13 h 02, avec une ligne tracée entre la pointe du Toulinguet à Camaret et la pointe Saint Mathieu.

 

Le programme :

 

• 24 octobre à 18H00 au plus tard : arrivée des bateaux à Brest

• 25 octobre : ouverture du village – briefing d’accueil à 10H00 – début des contrôles de sécurité et de jauge

• 30 octobre : briefing sécurité et instructions de course à 15H00

• 2 novembre : briefing départ à 10H00 • 3 novembre : départ à 13H02

 

Au retour, les mutlicoques, devront rester au minimum trois jours à Brest, après leurs arrivées.

Actu avant départ
 

04/10/2019 : A un mois du départ, trois des ultimes sur les quatre qui seront sur la ligne de départ le 3 novembre prochain à Brest, sont opérationnels et poursuivent leur préparation et les entraînements : Actual Leader d'Yves Le Blévec et Alex Pella à La Trinité sur Mer, Gitana 17 de Franck Cammas et Charles Caudrelier depuis Lorient et enfin Macif depuis Port la Forêt pour François Gabart et Gwénolé Gahinet. Ces deux derniers concurrents ont effectué ensemble des sorties de 24 heures au large de la Bretagne au cours des derniers jours. A en regarder les AIS, Gitana 17 semble toujours un petit peu mieux en terme de vitesse.

 

Du côté de Sodebo Ultim' 3 de Thomas Coville et Jean Luc Nélias, toujours pas de retour sur l'eau. Le trimaran est en chantier à Lorient suite à la colision avec un OFNI et la destruction de la dérive centrale.

 

 

 

 

Le 10/10/2019 : Après quasi un mois de chantie, il avait été sorti de l'eau le 12 septembre dernier, Sodebo Ultim' 3 a retrouvé l'élément liquide cet après midi à Lorient. Le bateau a été optimisé et la dérive centrale refaite suite à la collision avec un OFNI. Il reste trois semaine avant le départ de Brest Atlantiques.

 

 

 

 

 

 

15/10/2019 : Tour de Belle île en un peu plus de 2 h 50 pour Yves Le Blévec et Alex Pella à bord d'Actual Leader ce mardi, avec quelques pointes en fin de parcours à plus de 30 noeuds. Une des dernières sorties d'entraînement avant le convoyage vers Brest.

 

 

 

 

 

 

Toujours depuis La Trinité sur Mer, Thomas Coville, Jean Luc Nélias et l'équipage du Sodebo Ultim' 3 ont effectué une petite virée au large de Belle île pour la banque d'images depuis un hélico.

 

Pendant ce temps, François Gabart et Gwénolé Gahinet sont à Paris, avec un tour des médias pour parler de Brest Atlantiques. En milieu d'après-midi du côté d'Europe 1 et en fin de journée chez France 5 Monde.

 

 

 

 

16/10/2019 : Actual Leader, le trimaran des co-skippers Yves Le Blévec et Alex Pella est fin prêt. Sur le site internet  du Team Actual Leader, Yves Le Blévec et Alex Pella reviennent sur la préparation et les modifications qui sont maintenant validées grâce au gros travail de l'équipe.

 

Yves Le Blévec, skipper d'Actual Leader : "’L'équipe a fait un excellent travail : tout fonctionne à merveille. Tout ce qui a été revu et installé lors du dernier chantier technique : électronique, installation du système de charge d’énergie (batteries, alternateur…), l’accastillage, les voiles… a été validé lors de nos dernières navigations. Il s’agissait de dossiers techniques délicats, notamment le système de charge, et tout est désormaisparfaitement opérationnel. Il n’y a pas de zone d’ombre, c’est une grosse satisfaction. Actuellement tou le matériel est stocké dans un local, nous ferons un inventaire très précis, il y aura du tri, puis tout sera conditionné et embarqué".

 

Alex Pella, co-skipper d'Actual Leader : "Nous avons fait de belles navigations dans des conditions musclées, tout est ok à bord. Nous avons de très bonnes sensations. Le bateau est à l’aise dans la brise, on peut attaquer de façon safe. Il est fiable".

 

 

17/10/2019 : Grandes manoeuvres au large de la façade Atlantique, puisque ce jeudi les quatre ultimes étaient en mer pour une nouvelle séance d'entraînement. 

 

Macif à quitté le mouillage avancé de Port La Forêt en fin de matiné et après un bord au large, François Gabart et son équipage ont mis le cap plein Sud dans le Golfe de Gascogne. Retour à Port La Forêt demain matin.

 

Actual Leader : Un grand tour de Belle île de nouveau et un bord vers le Croisic pour Yves Le Blévec et Alex Pella avec un retour à La Trinité sur Mer en milieu d'après-midi. Avec une vitesse maxi de 36 noeuds.

 

Sodebo Ultim' 3 : Petite sortie avec des allers / retours jusqu'à Hoedic, pour tester quelque chose ? Avec des pointes jusqu'à 40.20 noeuds.

 

Enfin un gros triangle au large vers le Sud pour le Maxi Edmond de Rothschild, qui passe lui la barre des 43 noeuds.

 

 

 

18/10/2019 : Nouvelle sortie pour Sodebo Ultim' 3 en baie de Quiberon ce vendredi, séance photos depuis un hélicoptère, sans doute pour la banque d'images.

 

François Gabart sur Macif accueillait Estéban Occon pilote de Formule 1, après la visite de Thomas Pesquet, l'astronaute.

 

Le départ de Brest Atlantiques sera diffusé en direct sur France 3 Bretagne, de 12 h 55 à 13 h 20 puis sur la chaîne Youtube de France 3 Bretagne jusqu'à 14 h. Aux commentaires comme consultant, Fredérique Le Peutrec.

20/10/2019 : Sodebo Ultim' 3 a quitté son port d'attache de la Trinité sur Mer en fin d'après-midi pour une nouvelle sortie d'entraînemnet de nuit.

 

Jacques Caraës, directeur de course de Brest Atlantiques chez Voiles & Voilier à propos du départ : "Je ne lancerai la course que si les conditions ne mettent pas les bateaux en difficulté sur les premières 48 heures. Je travaille avec la société de prévisions météo Great Circle. L'état de la mer primera plus que le vent : au-delà de 5 mètres de creux, ce ne serait pas raisonnable".

22/10/2019 : Le montage du village a débuté à Brest pour l'accueil des ultimes à partir du 26 octobre. Le programme des animations est maintenant connu.

23/10/2019 : Sortie pour Macif, avec du people à bord et pour le Maxi Edmond de Rothschild qui est resté au nord de Groix, pour tester ou étalonner quelque chose ?

24/10/2019 : Convoyage au petit train pour les quatre ultimes de Brest Atlantiques. Thomas Coville et son équipage ont été les premiers à quitter leur port d'attache de La Trinité sur Mer au levé du jour, suivi de peu par Yves Leblévec. En milieu de matinée, François Gabart à bord de Macif quittait son ponton de Port La Fôret, enfin Franck Cammas sortait de la Lorient La Base en dernier. Macif a été le premier à rentrer en rade et au port de Brest pour s'amarrer au quai où est installé le village de l'organisation. Sodebo Ultim' 3 a suivi, puis le Maxi Edmond de Rothschild et Actual Leader a fermé la marche vers 19 h 00.

 

Ci-dessous, retour vidéo sur le convoyage d'Actual Leader entre La Trinité sur Mer et Brest, avec à bord un certain Didier Ragot, le fidèle équipier d'Olivier de Kersauson qui navigait à bord d'Actual Leader ex Sodebo Ultim' et en partie ex Geronimo, pour la première fois.

26/10/2019 : Le village est officiellement inauguré à Brest avec les représentants de la Classe Ultim' 32X23, le Maire de Brest et les skippers.

28/10/2019 : Un risque de report du départ de Brest Atlantique existe-t-il ce lundi ? La question peut-être posée en tout cas vu les prévisions météo pour dimanche et lundi prochain au large de la Bretagne. Au moment du départ à 13 h 02 :  36 noeuds de vents et des vagues de 8 mètres de haut.

 

Autant dire qu'il est impossible d'envoyer les quatre ultimes au devant de telles conditions. Et il y a quelques jours Jacques Caraës, le Directeur de Course, déclarait dans le numéro de novembre de Voiles & Voiliers  : "Je ne lancerai la course que si les conditions ne mettent pas les bateaux en difficulté sur les premières 48 heures. Je travaille avec la société de prévisions météo Great Circle. L'état de la mer primera plus que le vent : au-delà de 5 mètres de creux, ce ne serait pas raisonnable".

 

D'ici dimanche les choses ont le temps de changer et favorablement...

26/10/2019 : Les équipes techniques procèdent à Brest, aux dernières vérifications à, théoriquement, 5 jours du départ. Les conditions ont légèrement évolué du côté du vent au moment du départ. Mais la mer reste très creuse avec plus de 6 mètres de creux. 

 

Lors de la conférence Actual Leader, en milieu d'après-midi, face au public et en live sur fb, avec questions à l'équipage, Yves Le Blévec a répondu à la question sur les conditions météo au départ : "La raison de mon retard au début de cette conférence, est justement les discussions que nous avons actuellement à propos de ce qui va se passer dimanche". Sans donner plus d'information.

 

En tout début de soirée l'organisateur indiquait sur les réseaux sociaux : "La DC surveille attentivement, depuis 72h, l’évolution météo des prochains jours sur l’Atlantique : situation complexe compromettant le départ de Brest Atlantiques initialement prévu le 3 novembre, à 13h02. Prochain RDV le 31 octobre, à midi, afin de communiquer la décision finale".

 

Il est clair qu'aujourd'hui on s'oriente vers un report du départ. Le problème c'est qu'aucune fenêtre satisfaisante ne s'annonce pour le début de semaine prochaine...

 

30/10/2019 : François Gabart, skipper de  Macif :  "Je suis ravi qu’ils s’interrogent sur le potentiel du trimaran MACIF car, nous aussi, nous les regardons de près. Nous avons face à nous les meilleurs marins du large de la planète. Sodebo a un potentiel de progression énorme et, dans une course aussi longue que la Brest Atlantiques, Actual Leader, qui a plusieurs tours du monde au compteur, peut nous surprendre parce qu’il est le bateau le plus fiabilisé. Quant à Edmond de Rotshchild, c’est un bateau fabuleux, capable d’aller très vite. Il était le plus rapide lors de la préparation de la Route du Rhum 2018. Est-ce que nous pouvons réduire l’écart ? Peut-être, mais pas au point de faire du trimaran MACIF le plus rapide des quatre. Et ce n’est pas ça qui va me faire croire qu’on ne peut pas gagner. Les modifications liées à la performance de MACIF paraissaient marginales sur le papier, mais j’ai été surpris de certains gains. Ce n’était pas attendu parce que l’objectif initial était d’être capable de maintenir le trimaran MACIF dans la performance sur des temps longs. Ce qui est génial à vivre, c’est que chaque navigation nous permet de poursuivre nos objectifs de progression. Et je parie que, sur la course, nous allons continuer à apprendre sur les capacités du trimaran MACIF. C’est chouette techniquement, ça l’est aussi humainement parce que la marge de découverte reste ouverte. Je connais mon trimaran MACIF depuis 4 ans, pour Gwénolé et Jérémie, c’est plus récent. On va maintenir une dynamique de découverte d’un bout à l’autre de la Brest Atlantiques : sur une telle course, le potentiel de l’équipage dans le maniement du bateau est fondamental. Ceux qui gagneront seront ceux qui auront su préserver cette dynamique. Ce n’est pas simple d’estimer le temps de vol, parce que les coques du trimaran MACIF touchent l’eau régulièrement. Je veux bien accepter ce chiffre à condition que, en bon ingénieur, j’y ajoute ou retire 25% d’incertitude. Si on devait passer 50% du temps au-dessus de l’eau sur près d’un mois, cela nous offrirait environ 360 heures de vol. Même les marins de la Coupe de l’America ne sont pas arrivés à ça, entraînements compris !"

 

En milieu de journée avait lieu le briefing sécurité présenté par le directeur de course Jacques Caraës en présence des équipages. Une nouvelle fois les conditions météo pour dimanche ont été évoquées.

 

A 18 h 30 l'équipage d'Actual Leader était au rendez-vosu d'un live fb pour un échange avec les internautes. Plus d'une heure de questions /réponses avec Yves Le Blévec, Alex Pella et Rolan Gladu dans la très bonne humeur. Yves Le Blévec a commencé par évacuer la question du report du départ, en présentant les prévisions météos pour dimanche et en faisant clairement comprendre qu'il n'y aurait pas de départ, même si cela n'était pas encore officiel. Ensuite tout y est passé, préparation, travaux sur Actual Leader, la concurrence sur Brest Atlantiques, le mal de mer, la nourriture, etc Live a revoir ICI

 

Un départ pourrait avoir lieu mardi, si les conditions se confirmes.

31/10/2019 : Les contrôles de sécurité ont eu lieu ce matin à Brest pour les quatre ultimes, peu avant midi, l'organisation a diffusé un communiqué sur son site internet et un communiqué de presse, indiquant le report de la course, suite aux conditions météo prévues pour ce dimanche avec une tempête qui débutera vendredi pour s'achever lundi. Aucune date de départ d'annoncée, il est indiqué, que dès qu'une fenêtre se présentera, le départ sera donné. Il y a toujours une petite chance que Brest Atlantiques soit lancée mardi. Bien qu'un peu plus tard dans la journée lors de la conférence en public de l'équipage de Macif, l'organisation face part qu'en dehors de la météo, la rade de Brest étant une zone militaire, il fallait aussi l'autorisation du Préfet Maritime.

 

François Gabart, skipper de Macif : "Le départ est repoussé, ce n'est pas une supprise vu les conditions météo. Ce n'est pas un coup de vent, mais une vrais tempête d'hiver, avec l'impossibilité de naviguer, on ne peut pas sortir de la rade de Brest. Même à terre, il va falloir être vigilant, car il peut y avoir de la casse à terre, même si je ne l'espère pas. Le report est ineluctable. La question est de savoir quand nous allons partir. Je suis assez confiant pour qu'on trouve une fenêtre pour partir et sortir rapidement de l'Atlantique Nord et allez chercher l'Alizé, grâce à nos bateaux qui vont très vite"

 

Yves Le Blévec, skipper d'Actual Leader : "On ne sait même pas trop poser la question de ce report, tellement la mer et le vent vont être fort samedi et dimanche. Les conditions sont telles, qu'on ne pourrait même pas sortir de la rade de Brest. C'est une décision très sage. J'espère qu'on va pouvoir lancer Brest Atlantiques le plus rapidement possible".

 

Charles Caudrelier, co-skipper d'Edmond de Rothschild : "Les prévisions commencent à converger et malheureusement le scénario d'une forte tempête automnale se précise. Je sais que cela peut paraître parfois difficile à comprendre mais notre problème principal n'est pas tant le vent que la mer. J'ai fait plusieurs fois le tour du monde et je n'ai jamais rencontré des conditions aussi dures que dans le golfe de Gascogne. Avec la remontée du plateau continental cela lève une mer croisée et mauvaise. Pour ce week-end, au passage de la dépression, qui est très creuse, nous avons des estimations jusqu'à 10 mètres de houle. Si on ajoute à ça la proximité de la côte et le trafic maritime, les conditions ne sont vraiment pas réunies pour lancer un départ de course".

 

Jacques Caraës, directeur de course Brest Atlantiques : "C'est une décision importante. Nous avons officialisé le report du départ. On regarde avec attention les conditions météo pour faire partir ces quatre bateaux le plus rapidement possible. Il y a une fenêtre mardi, avec une mer plus praticable. IL faut la saisir, car ensuite il y a une deuxième dépression qui arrive jeudi et ont se retrouve bloquer pour toute la semaine".

 

Lors de la conférence Macif en public, Franois Gabart indique que sur le mât de son trimaran Macif a été installé depuis peu un système de caméra et caméra thermique pour essayer de détecter les OFNI. Il indique aussi ne pas vouloir révéler en public le nombre de voiles d'avant qui sera embarqué à bord du trimaran Macif

01/11/2019 : Le programme a été quelques peux bousculé ce vendredi à Brest, ce matin la conférence en public de l'équipage du Gitana 17, à 12 h présentation des équiapges et à 15 h la conférence en public de l'équipage de Sodebo Ultim' 3. Le tout avec le vent qui monte et des trombes d'eau par moment. Fermeture du village à partir de 16 h par décision préfectorale... pour cause de tempête.

 

Rien de plus pour un éventuel départ, si ce n'est que la fenêtre pour mardi semble se confirmer, mais le problème est ailleurs, puisque des manoeuvres militaires seraient prévues  et rendraient impossible tout départ de Brest Atlantiques... Et dans ce cas on se dirigerait pour un départ dimanche prochain.

 

02/11/2019 : La fenêtre météo pour mardi se confirme, même s'il reste encore un risque avec l'état de la mer, et les autorités Militaires, ont donné leur accords pour que le départ de Brest Atlantiques puisse avoir lieu ce mardi 5 novembre à 11 h 00.

 

Une fenêtre qui devrait permettre au quatre ultimes de "dégolfer" rapidement dans ce temps de répit entre deux dépressions. Comme l'indique Yves Le Blévec, skipper d'Actual Leader, il faudra quand même se montrer prudent dans le golfe de Gascogne vu l'état de la mer.

 

Les quatre maxi trimarans devraient quitter vers 7 h 00 leur ponton à Brest mardi matin.

 

La ligne de départ est elle déplacée, pour raisons militaires, à l'île de Sein.

 

Le village qui était fermé ce samedi à cause du début de la tempête, sera de nouveau ouvert ce dimanche de 10 h à  19 heures.

03/11/2019 : Le village de Brest Atlantiques a réouvert ses portes ce matin pour la dernière journée, une dernière petite visite entre les averses. 

 

Le départ est confirmé pour mardi à 11 heures.

4/11/2019 : Le départ est donc confirmé pour demain mardi 5 novembre à 11 heure au large de Sein. Aujourd'hui encore, le vent a soufflé sur Brest et ses environs, pour preuve les 51 noeuds enregistré à la pointe St Mathieu et les vagues étaient encore bien hautes, plus de 4.30 mètres.

 

Pour demain, le premier trimaran le Maxi Edmond de Rothschild quittera son ponton à 7 h 30, les trois autres suiveront toutes les 15 minutes. Ils iront ensuite se mettre à l'abri à l'anse de Bertaume où les équipes techniques quitteront le bord des ultimes. Les quatre équipages seront alors en mode course et se rendront vers la ligne de départ qu'ils passeront à 11 h 00. Avec des conditions météo qui resteront très engagées : 25 noeuds de vent, 36 noeuds en raffales et des creux de 4.3 mètres. Les six premières heures seront compliquées et les équipages devront très certainement mettre le curseur un peu en deça, pour passer ce mauvais moment...

Le départ
 

05/11/2019 : Les équipes techniques étaient présentes sur les quatre maxi trimarans de Brest Atlantiques dès 6 h 30. Vérifications des systèmes, mises en route, préparations pour le départ ponton. Les équipages vont arriver petit à petit, répondre aux nombreuses quesitons de la presse et saluer le public venu malgré l'heure matinale. Le seul absent au ponton sera François Gabart, qui a rejoint son trimaran Macif une fois celui-ci en rade de Brest. Il a laissé à son équipe et à Gwénolé Gahinet le soin de sortir son trimaran Macif.

 

Franck Cammas skipper du Maxi Edmond de Rothschild : "Le départ va être venté et ce soir, ça va se calmer, donc vivement ce soir ! D’ci là, on va essayer d’être prudent, j’espère que le scénario se déroulera comme on l’a imaginé. On va essayer de sortir indemne au Cap Finisterre, il n’y a aucun intérêt à attaquer d’entrée, on n’en est qu’au début de course, on pourra faire plus demain matin quand on sera déjà assez Sud. On est concentrés, enfin on part !".

 

Charles Caudrelier co-skipper du Maxi Edmond de Rothschild : "Ça fait longtemps qu’on attend, il est temps d’y aller ! La première partie va être musclée, mais ça devrait passer vite, on va faire attention, il ne faudra pas faire de bêtises pendant les premières heures, on a tous en mémoire la Route du Rhum l’an dernier, et la route est longue derrière. L’important est d’arriver avec un bateau en bon état au Cap Finisterre, mais j’ai confiance, il a été bien fiabilisé. Après, on pourra attaquer, on a une très belle météo pour aller vite dans le Sud et retrouver la chaleur. En tout cas, c’est magnifique de voir ces quatre bateaux au départ, ce sont clairement les plus beaux et les plus rapides du monde, cette nouvelle dimension du vol est magique, on a la chance d’être les pionniers de cette nouvelle aventure".

 

Yves Le Blevec skipper d'Actual Leader : "C’est sympa de voir du ciel bleu ce matin, c’est la première journée de beau temps depuis dix jours ! Les jours de départ sont toujours des moments forts, on part confiants, c’est enfin le moment de faire du bateau ! Les dix premières heures vont être prudentes, il faudra doser entre sens marin et compétition. On est déjà concentrés sur la navigation, l’évolution météo, on est déjà vachement partis".

 

Thomas Coville skipper de Sodebo Ultim' 3) : 'Petit matin à Brest, il fait frais, le ciel est un peu dégagé, le scénario va se dérouler jusqu’à 11h à Sein, avec un départ musclé, mais c’est bien qu’on parte. La première journée dans le Golfe de Gascogne va être dense, il faut être très concentré tout de suite, il n’y a pas d’erreurs possibles, ça va nous prendre tout de suite beaucoup d’énergie, c’est un moment important. C’est incroyable comment il faut savoir switcher entre cette vie de terrien et celle de marin, où il faut se concentrer sur ce qu’on sait faire. Donc je suis très concentré, je mesure l’enjeu de ces premières heures de course, ce n’est pas anodin, mais je n’ai pas d’appréhension particulière, je m’entraîne depuis des années pour des moments comme ça. Il faut passer assez vite ce Golfe de Gascogne, après, ça déroule, ça va être une glissade absolument fabuleuse jusqu’au Brésil. On va apprendre beaucoup en se confrontant avec les meilleurs, j’ai toujours vu mes adversaires comme une chance'.

 

François Gabart skipper de Macif : "Ça se présente bien, il y a du soleil au-dessus de Brest, mais il y a du vent fort au large, pas mal de mer, il va falloir qu’on soit prudent dans le Golfe de Gascogne et dans des conditions musclées, mais c’est plutôt bien pour rejoindre rapidement l’alizé. On part pour un mois de mer, ça ne sert à rien de tout casser maintenant, mais en même temps, il ne faut pas rester arrêtés, parce qu’on veut tous aller le plus vite possible, c’est l’éternel dilemme de la course au large, d’autant plus sur les courses longues. Il faut arriver à trouver rapidement le bon rythme pour le bateau et pour nous, cette transition n’est pas facile à gérer, c’est le job des heures qui viennent. Pendant les premières heures, nous aurons toujours l’un de nous deux aux écoutes et pas loin de la barre pour essayer d’aller vite sans forcer sur le bateau. A priori, il n’y aura pas beaucoup de manœuvres sur les premières heures de course, ça sera surtout du pilotage. Nous savons la trajectoire que nous voulons faire. Nous sommes impatiens de naviguer, de voler et d’aller vite, c’est ce qu’on aime, c’est notre métier".

 

Gwénolé Gahinet co-skipper de Macif : "J’ai bien dormi cette nuit, bien mangé au petit déjeuner, on sait que les douze premières heures vont être difficiles, il faut les passer en étant bien lucides, en faisant les bons choix de voiles et en préservant le matériel, nous avons bien préparé le terrain, on va essayer de trouver le bon curseur. Le Cap Finisterre, ça sera déjà une sacrée étape de franchie, c’est fou de se dire qu’on est à Brest ce matin et qu’on sera en Espagne le soir. Après, ça va être un peu plus détente et on va pouvoir vraiment rentrer dans la performance, ça va être chouette".

 

C'est à l'heure que le Maxi Edmond de Rothschild va quitter son emplacement en premier, suivi par Actual Leader, puis Sodebo Ultim' 3 et Macif qui ferme la marche. Les quatre ultimes vont rester devant le port du Château le temps d'hisser la grand voile avec deux ris. Puis ils vont mettre le cap sur le goulet. Le temps est magnifique, le soleil est même présent ! Après le pluie le... Le vent va forcir et dès le goulet la mer devient grosse. Heureusement notre pilote Yves Le Couteur et son embarcation vont nous permettre de rester au contact des ultimes jusqu'à leur envol pour l'île de Sein et la ligne de départ.

 

Un départ très sportif pour les équipages, qui vont rester dans la confirguration d'une grand voile à deux ris, sans voile d'avant. Ce qui sera largement suffisant vu les conditions de vent et surtout de mer.

 

Après 8 heures de course, les ultimes emmenés par Macif, devant Gitana 17, puis Sodebo Ultim' 3 et enfin Actual Leader, déjà à plus de 40 milles, sont au large de La Corogne !

 

L'album photo du départ est par ICI

06/11/2019 : La traversée du golfe de Gascogne a été comme annoncé à la limite du raisonnable. Yann Riou, médiaman sur Gitana 17 indiquait dans une vidéo : "La dernière fois que j'ai vu une mer comme cela c'était dans le Pacifique Sud lors de la Volvo". Les équipages ont pris les précautions nécessaires pour sortir de ce piège avec des bateaux en pleine possessions de leurs moyens. 

 

Une fois passé le cap Finistère, hier soir, la mer a commencé à être plus manoeuvrable, et tout au long de la descente du Portugal, les conditions sont redevenue petit à peit dans la norme. Cette météo a aussi permis aux quatre ultimes de descendre très, très rapidement vers le Sud. Pour preuve, en milieu d'après-midi, les triamrans naviguaient au large du Maroc ! Franck Cammas, toujours dans une vidéo, comparait les milles parcourus, à un transport en avion et pas en bateau à voile...

 

François Gabart, skipper de Macif : "On a commencé à voler depuis hier soir, là, on glisse à 40 nœuds, nous sommes en tête, c’est cool. On a réussi à ne rien casser dans le Golfe de Gascogne, à trouver le bon compromis entre vitesse et préservation du bateau".

 

Franck Cammas, skipper du Gitana 17 : "Après une entame de course prudente dans des conditions extrêmes, on entre petit à petit dans un mode régate". 

 

Yann Riou, mediaman du Gitana 17 : "Hier soir, on a fait le choix de passer à l’intérieur du DST de Finisterre. Choix conservateur qui nous permettait de garder un cap plus abattu dans le golfe de Gascogne. On a donc rasé les côtes galiciennes ! On a vu des phares, des bateaux et on a même eu le droit à un peu de 4G. Pour accompagner tout ça, je me suis fait quelques tranches de jambon local. C’est aussi à ce moment-là que la mer et le vent se sont franchement calmés, et que l’on a pu s’alimenter plus normalement. La nuit a quand même été tonique avec quelques manœuvres, des moyennes élevées et une visibilité pas toujours au top. Ce matin au changement de quart, Franck et Charles montraient une certaine satisfaction de se trouver « déjà » à la latitude de Lisbonne - ou presque."

 

Ce soir au pointage de 20 h Macif est toujours en tête, devant Gitana 17, Sodebo Ultim' 3 et Actual Leader. Les écarts se sont stabilisés depuis le milieu de l'après-midi et la flotte se trouve à 110 milles dans le Nord de Madère. Ils progresse entre 25 et 35 noeuds.

 

Classement à 20 h :

 

1 Macif

2 Gitana 17 à 18 milles

3 Sodebo Ultim' 3 à 56 milles

4 Actual Leader à 177 milles

 

Analyse météo de Christian Dumard : "Ils finissent actuellement de contourner l’anticyclone des Açores par le sud dans une mer qui s’est bien lissée, c’est ce qu’on appelle faire une aile de mouette, ensuite, ils vont empanner, sans doute dans la nuit, entre Madère et les Açores, et faire route plein sud vers Rio".

 

Jacques Caraës, directeur de course : "Ce matin, le vent était encore assez irrégulier en force et en direction, on a vu qu’Actual Leader était tombé dans une grosse molle, mais depuis, c’est assez, voire très rapide, ils font un cap au 220, à environ 30 nœuds de moyenne. Nous n’avons reçu aucun appel, preuve que les bateaux et les bonhommes vont bien. Le prochain enjeu pour eux est le déclenchement de l’empannage avant de faire route au sud. A bord, même si la mer est mieux rangée que la nuit dernière, ça doit secouer, ils sont souvent pas loin des 40 nœuds, le media man doit bien s’accrocher dans ces conditions. Et il y a sans doute pas mal de fatigue, car ils n’ont probablement pas beaucoup dormi la nuit dernière et c’est difficile de trouver son sommeil quand ça secoue comme ça".

07/11/2019 : Les vitesses sont toujours aussi folles, hier soir nous avions laissé les 4 ultimes au N/O de Madère, ils ont passé, pour les deux trimarans de tête, la hauteur des Canaries arpès 2 jours et 9 heures de course.

 

Dans la nuit, l'objectif des équiapges de Gitana 17, Macif et Sodebo Ultim' 3, était de virer au bon moment et au bon endroit. Un endroit qui permet de  se pré-positionner pour passer le Pot au Noir de la meilleure des façons dans deux jours. Sans aucune certitude au moment  de cet empannage... Franck Cammas et Charles Caudreliers ont été les premiers a effectuer cet empannage vers le Sud, avant d'en effectuer un autre à l'Ouest, puis un dernier vers le Sud. Il sont les plus à l'Est des trois trimarans de tête. Et ont ainsi pris la tête de la course.

Thomas Coville et Jean Luc Nélias, ont eux virés dans une position intermédiaire par rapport au Gitanan 17 et à Macif. Macif qui a attendu le plus longtemps et qui est donc le plus à l'Ouest de la flotte.

 

Gitana 17 et Macif sont toujours sur des vitesses de 30 noeuds, alors que Sodebo Ultim' 3 et Actual Leader marchent un ton en dessous. Yves Le Blévec et Alex Pella sont déjà décrochés à plus de 317 milles ! Ils ne peuvent plus bénéficier des mêmes conditions météorologiques de la tête de course. Pour l'équipage d'Actual Leader, l'intérêt va être de regarder se qui se passe devant dans le Pot au Noir et de trouver un passage plus rapide, pour recoller.

 

Yann Riou, le Mediaman du Maxi Edmond de Rothschild a sorti  le drone pour la première fois depuis le début de course, réalisant ainsi de superbes images depuis l'extérieur du trimaran en vol. Il faut noter que les contenus sont très abondants depuis le départ de Brest Atlantiques. Le travail des mediamaen est remarquable. Jamais nous aurions eu les images de la première journée dans le Golfe de Gascogne sans eux.

Avec les vidéos du bord, on se rend encore mieux compte du travail qu'il faut dépoyer pour mener ces ultimes à de telles vitesses. Les vidéos sont toutes dispo ICI.

 

Jean Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim' 3 : "Il fallait essayer de trouver le meilleur moment possible en fonction de la force et de la direction du vent, c’était important de caler cet empannage le mieux possible, parce que normalement, c’est le dernier avant le Pot-au-noir qui est dans deux jours. On ne saura que dans deux jours si c’était le bon moment".

 

Classement à 20 h : 

 

1 Gitana 17

2 Macif à 43 milles

3 Sodebo Ultim' 3 à 147 milles

4 Actual Leader à 317 milles

 

 

Jacques Caraës, directeur de course de Brest Atlantiques : "La matinée a été rythmée par les empannages des quatre trimarans, le Maxi Edmond de Rothschild a été le premier, il a sans doute voulu faire du sud rapidement. On a vu ensuite qu’il s’était recalé plus vers le Trimaran Macif, l’écart en latéral entre les deux est passé de 200 milles ce matin à 160 cet après-midi. L’avance des deux premiers sur Sodebo Ultim 3 s’est creusée dans la journée, c’est peut-être dû à l’irrégularité de l’alizé : quand le vent faiblit sous les 15 nœuds, Sodebo Ultim 3 a sans doute un peu plus de mal à redécoller que le Maxi Edmond de Rothschild et le Trimaran Macif qui volent plus tôt. Ils continuent tous à descendre vers le sud, on voit qu’une bulle anticyclonique risque de gêner dans les prochaines heures le bateau le plus à l’ouest, le Trimaran Macif, il faut voir s’il va être freiné ou s’il va tenter de se recaler, c’est un des enjeux de cette fin de journée. La suite ? Le point d’entrée dans le Pot-au-noir, sans doute le gros sujet du moment avec les routeurs"

08/11/2019 : Aucun changement dans le classement après plus de trois jours de course sur Brest Atlantiques. Les quatre ultimes sont à la file indienne dans une déscente plein Sud à plus ou moins vive allure en fonction des caprices du vent.

 

La tête de la course est à l'Ouest de l'Archipelle du Cap Vert, avec Gitana 17 qui à fait un petit break sur Macif, qui lui même à stabilisé son avance sur Sodebo Ultim' 3. Actual Leader, qui a eu un problème de verin hydraulique de pilote automatique, réparé par Yves Le Blévec, observe tout ça de derrière en espérant un stop devant au Pot au Noir pour pouvoir recoller une peu.

 

Le classement toutes les 4 heures, et avec aucune information entre 20 h et 4 heure du matin ne facilite pas le suivi de la course malheureusement...

 

Classement à 20 h :

 

1 Gitana 17 

2 Macif à 51 milles

3 Sodebo Ultim' 3 à 188 milles

4 Actual Leader à 358 milles

 

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim' 3 : " Comme je suis un peu l’équipier d’avant du bord, je suis allé mettre le J1 devant et dans une accélération du bateau à plus de 40 nœuds, j’étais bien recroquevillé, mais l’eau est rentrée sous ma paupière et l’a retournée avec une pression terrible. Je me suis donc abîmé la paupière, l’œil a vraiment été lessivé, quand je suis retourné dans le cockpit, elle était toute détendue et du sang coulait de l’œil, à voir la tête de Jean-Luc et de Martin, j’ai compris qu’il m’était arrivé quelque chose. Sur le moment, ça fait mal, mais c’est plus impressionnant qu’autre chose et tout va bien, je vois très bien de l’œil gauche. Martin a la banane, il s’est bien acclimaté tout de suite, même si je pense que la première nuit, il s’est un peu posé la question de savoir ce qu’il faisait là, parce que ça envoyait, il devait se demander où les deux vieux allaient l’emmener. Là, ça va mieux, il est venu tout doucement me voir hier en me disant : « Est-ce que tu n’aurais pas du dentifrice parce que j’ai rien ? » Je ne vous raconte pas ce que ça coûte le dentifrice au marché noir, c’est pas facile, ces erreurs de jeunesse, mais le dentifrice est collectif ici, pas de problème. Le Cap Vert va être un passage important dans la descente parce qu’il détermine comment on va se positionner par rapport à un Pot-au-noir qui bouge beaucoup, il était très actif ces derniers jours, il l’est un peu moins aujourd’hui, mais ça évolue tellement qu’à 36 heures près, c’est difficile de savoir où on va passer".

 

Yves Le Blévec, skipper d'Actual Leader : "Le mot d’ordre, c’est le même depuis le départ et jusqu’à l’arrivée, à savoir aller le plus vite possible, donc il faut être bon en termes de stratégie et de manœuvres, être prudent, ne rien casser, surtout ne rien faire qui puisse nous handicaper dans la conduite du bateau. En même temps, on essaie de naviguer le plus vite possible, avec toujours une extrême prudence pour ne pas abîmer le bateau parce que la route est longue. Quand on regarde les classements, parfois c’est dur quand les conditions permettent aux bateaux de devant d’aller assez vite, d’autres, c'est mieux, comme le classement de ce matin, où on voit qu’on peut re-combler un peu notre écart. En tout cas, on ne lâche rien, le rythme est très bon à bord d’Actual leader, nous sommes ravis de ça et d’être où nous sommes. Le bateau va bien, il est exactement dans le même état qu’au départ. La course est magnifique pour nous depuis qu’on est entrés dans l’alizé, on va faire en sorte que l’histoire continue à être belle".

 

Franck Cammas, skipper de Gitana 17 : "On sait que Macif va vite tout le temps, ils connaissent parfaitement le bateau, maîtrisent ce genre de navigation autour du monde, nous sommes déjà très contents de matcher avec lui, tant mieux si on est devant. Mais ça ne reste que le début de la course. En tout cas, c’est un beau jeu d’échecs dans l’Atlantique.J’ai l’impression que le Pot-au-noir est assez dégagé quand on y rentre, mais qu’il se reforme avant d’en sortir. Il y a une toute petite chance pour que celui qui entre le premier s’en sorte mieux que ses poursuivants. ".

 

François Gabart, skipper Macif : "Le Maxi Edmond de Rothschild était très à l’est, ils ont réussi à gagner dans l’ouest assez facilement, parce que le vent était plus fort à l’est la nuit dernière par rapport aux prévisions, ils en ont bien profité". 

 

Les médiamen jouent toujours leur rôle à fond en fournissant plusieurs vidéosdu bord par jour, après la tempête, les premiers voles, les manoeuvres, la nourriture, le repos, les réparations, on en est à l'hygiène... Certains ont oublié leur dentifrise, d'autres le liquide vaisselle. Seulement il faut tenir 30 jours ! Auront-ils assez de sujets ?

 

Jacques Caraës, directeur de course : "On a vu cette nuit que l’alizé n’a pas été très stable, alternant entre 10 et 15 nœuds fichier. Le Maxi Edmond de Rothschild a traversé une zone avec moins de vent, plutôt aux alentours de 10 nœuds, tandis que le Trimaran Macif s’est repositionné vers lui avec une vitesse plus élevée. L’écart en latéral a largement diminué depuis hier soir, puisqu’il est passé d’environ 130 milles à 55 milles. Le Maxi Edmond de Rothschild va retrouver du vent assez vite, avec un même alizé constant de nord-est et il est possible que les deux bateaux soient très proches l’un de l’autre aujourd’hui, ils ont l’air de viser à peu près le même point d’entrée d’un Pot-au-noir qui s’annonce assez actif. Les derniers routages les font passer en début de nuit à la latitude du Cap Vert et en un peu plus de 5 jours à l’équateur. Depuis le début de Brest Atlantiques, les deux bateaux se sont échangé la place de leader, le Trimaran Macif l’a été neuf fois sur les classements (toutes les 4 heures de 4h à 20h), avec une avance maximale de 23 milles, le Maxi Edmond de Rothschild huit, avec une avance maximale de 88 milles".

 

 

09/11/2019 : Gitana 17, Macif, Sodebo Ultim' 3 et Actual Leader sont toujours en file indienne, toujours plein Sud et toujours à très hautes vitesses. Toute la journée les ultimes de Brest Atlantiques ont avalés les milles en direction du Pot au Noir.

 

15 h 30 : Avarie de safran sur Macif, suite à une rencontre avec un OFNI cette nuit. L'équipage n'a rencontré aucun problème dans cette collision et il n'y a pas de voie d'eau sur la coque centrale.

 

Le traimaran est parfaitement manoeuvrable avec les deux safrans de flotteurs. L'équipage avec l'équipe à terre étudient toutes les solutions pour réparer et continuer la course. Une escale technique est aussi possible au Brésil pour une réparation expresse.

Pour rappel, Macif est équipé d'un système pour repérer les éventuels OFNI en cours de développement.

 

Au pointage de 20 heures, les deux leaders font leur entrée dans le Pot au Noir, et Macif est déjà ralenti à 14 noeuds.

 

Classement à 20 h :

 

1 Gitana 17

2 macif à 22 milles

3 Sodebo Ultim' 3 à 131 milles

4 Actual Leader à 352 milles

 

Charles Caudrelier, co-skipper de Gitana 17 : "On a eu un problème sur la galette de gennaker, qui permet de rouler la voile. Là, on ne pouvait plus le faire. Le bout d’amure du gennaker était sorti de l’enrouleur et il était coincé. C’était un vrai problème, parce que la voile fait 400m2, et que nous arrivons dans une zone potentielle de grains où ce type d’incident peut avoir des conséquences bien plus graves".

 

Christian Dumard, routeur météo livre son analyse du passage du Pot au Noir : "Il sont en train d’y rentrer, mais il n’est pas très actif, la sortie est 400 milles devant eux, je pense que dimanche matin, ils seront sortis d’affaire. Après, le Pot-au-noir reste un gruyère dans lequel il y a des zones sans vent, ils devront être vigilants. Actual Leader va sans doute être davantage ralenti à cause d’’une zone orageuse qui va traverser le Pot-au-noir ». Ce qu’a d’ailleurs confirmé Ronan Gladu, media man à bord d’Actual Leader, dans son message du jour : « Encore une fois, ça risque de s’échapper par devant, avec la grosse transition du fameux Pot-au-noir. La porte serait ouverte pour Edmond de Rothschild et Macif alors qu’elle va se refermer sur nous… En tout cas, cela motive encore plus Yves et Alex à  attaquer".

 

Martin Kéruzoré, mediaman à bord de Sodebo Ultim' : "Cap plein gaz au sud depuis quelques jours, en quête de ce Pot-au-noir et d’une eau bleue tropicale. Les alizés soufflant par notre bâbord nous propulsent tout droit et à grandes vitesses vers un véritable trou sans vent, là où se réunissent deux systèmes opposés. La vie à plus de 30 noeuds est devenue une banalité, les phases à 40 font partie de la routine. Loin du fait que nous soyons blasés de la vitesse, mais notre mode de vie et nos comportements ont su s’adapter à cet environnement qui bouge en trois dimensions. Pour rejoindre un point B en partant d’un point A, inutile de penser comme un terrien, il faut avant tout repérer les prises en chemin qui vous permettront de vous agripper pour effectuer ce trajet sans vous voir finir encastrer dans une colonne de winch. Les premiers jours étaient laborieux, aujourd’hui c’est devenu des réflexes. Chaque tâche du quotidien devient un exercice d’équilibriste, enfiler une paire chaussette, un haut de ciré. La simple tâche qui consiste à préparer les repas devient un challenge en lui-même. Verser la totalité du sachet lyophilisé dans la gamelle sans en mettre partout, y incorporer l’eau bouillante sans se bruler au moindre passage de vague. C’est comme ça, de jour comme de nuit, ça ne s’arrête jamais. Ce rythme est gracieusement orchestré par deux de nos concurrents qui cravachent en pole position".

10/11/2019 : Ce dimanche matin Le Maxi Edmond de Rothschild était le premier à sortir du Pot au Noir et à avoir pour prochain objectif le passage de l'Equateur pour attaquer la descente de l'Atlantiques Sud. Le vent d'abord est devenu de plus en plus régulier tout au long de la journée permettant à Franck Cammas et Charles Caudrelier d'accélérer et d'augmenter leur avance. Une avance portée ce soir au pointage de 20 heure  à 152 milles.

 

Franck Cammas, skipper de Gitana 17 : "On pensait sortir plus tôt, mais un nuage nous a accrochés juste avant et nous avons repris quelques heures ! Là ça semble être la bonne risée...".

 

Macif sortait lui quelques heures plus tard du Pot au Noir, la zone de convergence intertropicale commençait alors à augmener son volume et ainsi fermer le passage à niveau pour Sodebo Ultim' 3 et Actual Leader obligé d'aller chercher la sortie plus à l'Est.

 

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim' 3 : "On n’en est pas sortis du tout, le Pot-au-noir s’est reformé devant nous. Il n’a pas fallu grand-chose pour qu’on arrive à accrocher la même chose que les autres devant. C’est beaucoup d’efforts pour beaucoup de frustration".

 

Le Maxi Edmond de Rothschild de Franck Cammas et Charles Caudrelier passait dans l'hémisphère Sud à 14 h 45 en France. Il aura mis 5 jours 3 h et 45 min pour effectuer le parcours île de Sein / Equateur. Pas très loin du record Ouessant / Equateur de Spindrit 2 de l'équipage de Yann Guichard qui est de 4 jours 19 h et 57 min. (Il faut rajouter une 30ène de milles depuis Ouessant). Au pointage de 20 h Macif était encore à 35 milles de l'Equateur, soit plus de 7 heures de retard sur le leader de Brest Atlantiques.

 

En fin d'après midi, le Gitana Team indiquait que Gitana 17 ferait escale à Salvador de Bahia, où vient d'arriver la Transat Jacques Vabre, suite à un problème sur la dérive centrale suite, sans doute à un choc avec un OFNI à la hauteur du Cap Vert.

 

Franck Cammas : "La mauvaise nouvelle c'est que nous allons devoir nous arrêter à Bahia quelques heures. Nous avons eu un problème avant le passage du Cap Vert sur notre dérive et il y a des choses à réparer. Une partie de l'équipe nous rejoint là-bas et on va devoir faire un peu de "strat" avant de repartir. On ne sait pas exactement ce qui s'est passé, un choc vraisemblablement, mais visuellement le bas de la dérive est abîmé, donc le bateau n'est pas dans des conditions de navigation optimales. On préfère checker tout ça avant de gagner des latitudes plus Sud. Avec Cyril Dardashti, l'équipe et notre routeur Marcel Van Triest, on a pesé le pour et le contre : ce que nous coûte l'arrêt en termes de milles, ce qui reste à faire en longueur de course car nous avons seulement fait un quart du parcours, la météo à venir et bien sûr la sécurité. Après avoir regardé tout cela, on pense que le meilleur compromis c'est cet arrêt pour repartir avec un bateau à 100 % de son potentiel".

Grâce à l'aide des organisateurs de la Transat Jacques Vabre : (Gildas Gautier, Sylvie Viant et Francis le Goff) et de Dominique, le responsable de la Marina de Salvador de Bahia, une solution a été trouvée pour que le Maxi Edmond de Rothschild vienne s'amarrer quelques heures au pied du Pelourinho afin de réparer sa dérive endommagée. Une partie de l'équipe technique est en route pour le Brésil et sera présente et prête à l'arrivée du dernier-né des Gitana pour que cette escale brésilienne soit la plus courte possible".

 

Classement à 20 h :

 

1 Gitana 17 

2 Macif à 159 milles 

3 Sodebo Ultim' 3 à 244 milles

4 Actual Leader à 402 milles

 

 

11/11/2019 : Au relevé de 8 h ce matin, Franck Cammas et Charles Caudrelier sur le Maxi Edmond de Rothschild, ont creusé un bel écart avec leurs poursuivants. Macif est à 179 milles, Sodebo Ultim' 3 à 275 milles et Actual Ultim' à 505 milles ! Une belle avance en vue de l'escale à Salvador de Bahia où l'équipe technique est déjà à pieds d'oeuvre pour réceptionner le maxi trimaran et effectuer la stratification sur la dérive central e du Gitana 17. Les organisateurs de la Transat Jacques Vabre et les autorités de la marina ont aussi tout fait pour laisser de la place à quai ,  alors que les IMOCA60 arrivent depuis deux jours. Au passage, heureusement que le départ à été donné mardi et non pas dimanche, car le premier bateau à Salvador de Bahia aurait été le Maxi Edmond de Rothschild ! La surprise...

 

Du côté de la deuxième place, l'équipe technique Macif est partie ce lundi de France, direction Rio, avec un safran de rechange, celui de Banque Populaire IX grâcieusement mis à disposition par le Team Banque Populaire. Le pit-stop s'effectuera mercredi à Rio. S'il n'y pas d'autre dégât, le remplacement devrait être rapide et comme les trois autres concurrents devront venir virer le premier point de passage en baie de Rio, Macif pourrait ne pas perdre beaucoup de terrain dans l'opération.

 

Jacques Caraës, deirecteur de course expliques les conditions de ces escales : "Sur Brest Atlantiques, les équipages ont la possibilité de faire escale même dans un simple abri et d’y recevoir une assistance technique ou humaine, à condition que le bateau soit à l’arrêt, face au vent, gennaker enroulé mais grand-voile haute au besoin. Dans le cas d'un arrêt dans un port la procédure est différentes et un peu plus compliquée. Le voilier en avarie nous prévient par mail dès qu’il approche du port et avant que quiconque ne soit monté à bord. Nous lui fournissons alors un code composé de quatre lettres que le skipper note en gros sur une feuille blanche puis il photographie cette feuille blanche avec le code près du plomb du moteur du voilier. Il nous envoie cette photo et aussitôt nous notons sa position GPS précise qui nous servira de way point pour la reprise de course. À partir de cet instant, le voilier peut faire route au moteur vers le port et recevoir toute l’assistance nécessaire mais pendant cette escale, il ne peut procéder à aucun avitaillement. Quand la réparation est terminée, le voilier revient vers le way point de tout à l’heure et nous prévient. Nous lui fournissons alors un nouveau code de quatre lettres qu’il inscrit sur un autre papier et qu’il photographie près du moteur à nouveau plombé. À partir de ce moment-là, si nous validons la procédure, il est de nouveau jugé en course officiellement".

 

A la mi- journée, Gitana 17 navigue à une 20ène de milles de la côte Brésilienne est est ralenti, le vent étant plus faible qu'au large. Du coup Macif, dont il faut écouter Jérémy Eloi le médiaman du bord sur son rôle à bord, mais aussi Sodebo Ultim' 3 et Actual Leader en profitent pour reprendre du terrain.

Si bien qu'au pointage de 20 h, en ce 6ème jours et 9 heures de course, Macif compte un retard de seulement 82 milles. Rien n'est donc joué. Les trois prochains jours vont être très interessant. D'autant que les conditions météo après Rio, vont être musclées.

 

Classement de 20 h :

 

1 Gitana 17 à 10 000 milles de l'arrivée

2 Macif à 82 milles

3 Sodebo Ultim' 3 à 183 milles

4 Actual Leader à 452 milles

 

Christian Dumard, routeur : "On constate déjà en ce moment que l’alizé est en dents de scie, il va continuer à être assez mou et irrégulier jusqu’à Rio. Par contre, en arrivant sur Rio, probablement mercredi après-midi pour les premiers, ils vont retrouver du vent fort, mais orienté est, ce qui signifie qu’une fois enroulées les îles Cagarras, ils vont repartir au près dans du vent fort. Les conditions ne seront pas faciles, tous doivent commencer à réfléchir à leur stratégie et à la gestion du bateau".

 

Ronan Gladu, mediaman sur Actual Leader : "Enfin ! Enfin nous sommes sortis de ce pot au noir interminable ! Comparé à la plupart des voiliers, ce fut très court… mais quelle intensité ! Une course effrénée avec les nuages qui n’en finissaient plus de gonfler au-dessus de nous, à rendre fou ! Et encore, moi j’étais « à la cool » à regarder Yves et Alex wincher et manœuvrer presque non-stop pendant 24 heures ! Mais les efforts ont payé, ce fut une bonne opération pour nous, je crois qu’on est revenus de presque 100 milles sur le reste de la flotte. Et le final, au lever de lune, était magique. De voir enfin les étoiles devant et la lune se frayer un chemin à travers le dernier grain mutant derrière… une sensation de libération et de victoire : enfin sortis des griffes du monstre ! Nous sommes maintenant au « reaching », à fond, tout droit vers Rio".

 

Les chiffres à 12 h 00 :

 

Le Maxi Edmond de Rothschild, alors situé au large de Recife, au nord-est du Brésil, avait réellement parcouru 3937 milles (contre 3708 sur l’orthodromie, la route la plus directe) sur un total de 13 753 milles, à 27,2 nœuds de vitesse réelle (25,7 sur la route directe), le trimaran MACIF 3885 milles (contre 3537), à 26,9 nœuds de vitesse réelle (24,5 sur la route directe), Sodebo Ultim 3 3732 milles (contre 3433), à 25,8 nœuds de vitesse réelle (23,8 sur la route directe), Actual Leader 3520 milles (contre 3187), à 24,4 nœuds de vitesse réelle (22,1 sur la route directe).

C’est le trimaran MACIF qui a couvert la plus grande distance sur 24 heures, avec 755,89 milles au matin du 6 novembre (31,5 nœuds de moyenne), devant Sodebo Ultim 3 (747,47 milles le 9 novembre à 20h, à 31,1 nœuds), le Maxi Edmond de Rothschild (729,54, le 6 novembre à 10h, 30,4 nœuds) et Actual Leader (679,10 milles le 10 novembre à 4h, 28,3 nœuds).

 

 

12/11/2019 : Alors que le Maxi Edmond de Rothschild prograissait à vitesse réduite faute de vent, le long de la côte Brésilienne ce mardi matin, Macif plus au large fonçait à plus de 30 noeuds. Au pointage de 8 heures, Macif était sur le point de reprendre la tête de Brest Atlantiques et Gitana 17 rentrait en baie de Salvador de Bahia. Peu avant 10 le maxi trimaran de Franck Cammas et Charles Caudrelier s'amarrait au ponton de la marina et les travaux débutaient, grâce à l'équipe technique du Gitana Team présente sur place. François Gabart et Gwénolé Gahinet sur Macif continuaient de progresser à haute vitesse au large et prenaient la tête de la course.

La dérive centrale est démontée du Gitana 17 et ramenée à terre pour la stratification. L'équipage en profite pour prendre du repos.

 

Au classement de 12 h 00, alors que les travaux se poursuivent sur la dérive de Gitana 17, Macif est en tête de la course avec 78 milles d'avance sur Gitana 17 encore deuxième et 95 milles sur Sodebo Ultim' 3.

En début d'après-mid, le Gitana Team annonce que le maxi trimaran devrait repartir en fin de journée en France.

 

Au classement de 16 heures, Macif commence à ralentir faute de vent, mais consolide sa première place avec 77 milles d'avance sur Sodebo Ultim' 3 qui prend la deuxième place et 151 milles sur Gitana 17 toujours à quai.

 

Au classement de 20 h Macif, toujours faute de vent est à 3.7 noeuds avec 45 milles d'avance sur Sodebo Ultim' 3 et 167 sur Gitana 17.

 

Classement de 20 h :

 

1 Macif 

2 Sodebo Ultim' 3 à 45 milles

3 Gitana 17           à 167 milles

4 Actual Leader    à 319 milles

 

A lire l'analyse de la première semaine de course, forcément très pointue, de Sébastien Josse consultant pour l'organisation de Brest Atlantiques.

 

Peu avant 21 heure, la dérive est réparée et acheminée sur Gitana 17 pour être mise en place.

 

A lire l'ITW de Franck Cammas et Charles Caudrelier chez Ouest France quelques heures avant leur départ de Salvador de Bahia

 

22h08 le Maxi Edmond de Rothschild largue les amarres à Salvador de Bahia, il faut rejoindre le point d'arrêt de ce matin, (cf l'explication de Jacques Caraës sur la procédure), et relancer le trimaran, il y en sans doute pour une heure environ. Macif est lui à 18 noeuds avec 200 milles d'avance.

 

Pour les prévisions météorologique, jusqu'à Rio, les vents vont se renforcer petit à petit. Et après Rio, ça va se corser, avec un vent fort, qui va mettre à rude épreuve les équipages et leurs machines.

13/11/2019 : Après avoir été ralenti, par le manque de vent dans la zone de transition, Macif et ensuite Sodebo Ultim' 3 ont retrouvé du vent durant la nuit et accélérés à plus de 30 noeuds pour dévaler le long du Brésil vers la première marque du parcours et l'île de Das Palmas à l'entrée de la baie de Rio. 

 

Plus le vent rentrait pour la tête de la course, plus il était aux abonnés absents pour l'équipage du Maxi Edmond de Rothschild tout près de la côte suite à son escale à Salvador de Bahia, alors qu'au large Actual Leader gardait toujours un filet d'air. Pendant que Gitana 17 était à 3 noeuds pendant 4 heures entre le pointage de 12 h et celui de 16 h, Actual Leader progressait à 14 noeuds et se trouvait, en étant décalé vers l'Est, à la même hauteur que le trimaran de Franck Cammas et Charles Caudrelier.

 

En tout fin d'après-midi, alors que Macif approchait de Rio, Actual Leader et Gitana 17 retrouvaient un peu plus de vent, mais il était repoussés à plus de 465 milles. L'option de Salvador de Bahia se révèle moins payante que prévue !

 

A 19 h 15 en France François Gabart et Gwenolé Gahinet sur Macif étaient les premiers à franchir la première marque du parcours de Brest Atlantiques l'île Das Palmas et mettaient le cap sur la baie de Rio, très rapidement rejoint par leur équipe technique, quelques dizaines de minutes plus tard, le trimaran était amarré au ponton et les travaux pouvaient débuter. 

Sodebo Ultim' 3 était lui à ce moment là à 80 milles de cette première marque du parcours et fonçait à 29 noeuds. 

Gitana 17 marchait à 17 noeuds et Actual Leader à 15 noeuds.

 

Aujourd'hui, et grâce aux magnifiques images du drone,, nous avons pu voir Thomas Coville monter en tête de mât pour un contrôle ou une réparation ? Et dans une autre vidéo depuis Actual Leader, pal mal de petites bricoles pour Yves Le Blévec et Alex Pella. 

 

Classement à 20 h :

 

1 Macif

2 Sodebo Ultim' 3 à 81 milles

3 Gitana 17 à 466 milles

4 Actual Leader à 472 milles

 

 

Yann Riou, médiaman de Gitana 17 : "Drôle de journée. Course suspendue. Escale. Un gros travail de l’équipe technique. Et un départ quelques heures seulement après avoir rallié Salvador. Avant même de s’être réhabitué au confort de la vie sur la terre ferme. Et me voilà de nouveau assis au même endroit qu’hier, ma tablette sur les genoux. Juste au-dessus, Franck et Charles ont repris leurs quarts. En course!  Rien ne semble avoir changé depuis hier, et pourtant. Notre bateau a retrouvé son potentiel, nos skippers sont sur-motivés, notre équipe peut être fière du travail accompli et notre vaisselle est propre. On a passé une journée au Brésil. Drôle de journée. PS: Je pense que c’est la première fois que je viens au Brésil sans boire une seule caïpirinha !"

 

Jacques Caraës, directeur de course : "Le Maxi Edmond de Rothschild est reparti mardi à 22h58, ils s’en sortent pas mal, avec cet arrêt de 13h40, tous les bateaux sont de nouveau en course. On voit que la nuit dernière, MACIF a été retardé dans molles, mais il a bien redémarré, puisque son avance sur Sodebo Ultim 3 est passé de 67 à 120 milles entre les classements de 4h et 8h, il marche à plus de 30 nœuds ce matin. A 8h, il lui reste exactement 260 milles pour rejoindre Rio où il va s’arrêter d'ici 8-10 heures. Je ne sais pas combien de temps cela va leur prendre, ils n’ont pas communiqué sur le sujet, mais un remplacement de safran peut aller vite, c’est plus la jonction des transmissions qui est susceptible de prendre du temps. Les routages font passer Sodebo Ultim 3 à 21h TU (22h, heure française, 18h heure locale) aux îles Cagarras, archipel pas très loin de la plage d'Ipanema, que les concurrents doivent laisser à bâbord. Ce qui signifie un passage en début de nuit, le Maxi Edmond de Rothschild et Actual Leader y seront quant à eux de nuit. Il faudra qu’ils soient très vigilants parce qu’il y a de nombreux pêcheurs sur place qui ne sont pas forcément tous correctement éclairés, nous avons prévenu les garde-côtes locaux du passage des bateaux. La suite, ce sera une traversée de l’Atlantique Sud jusqu’au Cap essentiellement au près, la position très sud de l’anticyclone de Sainte-Hélène les obligeant a priori à passer dans son nord. Les premiers routages sur Sodebo Ultim 3 me donnent une arrivée au Cap le 22 novembre au matin".

 

 

A 23 h 25 Sodebo Ultim 3 passe l'île Das Palmas, un peu plus de 4 heures après Macif toujours en escale technique à Rio. Thomas Coville et Jean Luc Nélias prennent la tête de Brest Atlantiques et sont les troisième leaders de la course.

 

14/11/2019 : Drôle de journée sur la Brest Atlantiques ! Nous avions laissé Sodebo Ultim' 3 en tête de la course qui partait plein Ouest la nuit dernière, Macif à Rio en escale pour changer un safran, Gitana 17 et Actual Leader qui descendaient sur Rio pour passer la marque du parcours. 

 

Macif est resté longtemps, très longtemps à quai, officiellement pour l'adaptation du safran prêté par le Team Banque Populaire. Actual Leader et Gitana 17 ont été très, très ralentis pour passer chacun leur tour l'île de Das Palmas devant Rion en troisième et quatrième position. 

 

Et puis Sodebo Ultim' 3 a fait demi tour, sans aucune explication à la mi journée, le tracker de 12 h a sans doute même donné une information qui ne devait pas être donné à ce moment précis... Toujours est-il que devant les interrogations, le Team Sodebo indiquait sur les réseaux sociaux qu'à la vue de la météo qui se présentait devant les étraves du trimaran de Thomas Coville et Jean Luc Nélias, l'équipage se posait, afin de réfléchir avec sa cellule de routage à terre, sur la meilleure route à prendre.

 

Et la direction de course, restait muette, comme si le temps avait fait une pause. Les téléphones ont du beaucoup fonctionnés... Et il faut attendre la fin d'après-midi pour qu'une info soit diffusée avec le titre : "La course est totaltement relancée", avec une analyse de la situation météo et de la position des glaces de Christian Dumard , qui indique, que le passage est fermé. La dépression est trop grosse, plus de 35 noeuds, la mer est grosse et de face et impossible de contourner cette dépression par le Sud à cause des glaces trop hautes.

 

Au calssement de 20 h, le Maxi Edmond de Rothschild à reprise la tête de la course, et à croisé Sodebo Ultim' 3 sur le chemin du retour vers Rio., Macif et Actual Leader tirent des bords le long de la côte Brésilienne au Nord de Rio.

 

Classement à 20 h 00 :

 

1 Gitana 17 

2 Sodebo Ultim' 3 à 0.3 milles

3 Macif                 à  54 milles

4 Actual Leader   à  72 milles

 

Ce soir à 22 h 00 Gitana 17 et  Sodebo Ultim' 3 naviguent de concert au large au NE, entre 15 et 23 noeuds. Macif et Actual Leader, tirent des bord vers le Nord, au Nord de Rio à 14 noeuds séparés de 16 milles.

 

Pourquoi ce choix de communication ? Ou l'absence de communication ? Bien entendu, tout ce récit n'est que pure imagination de son auteur.

 

A côté de ça, il y a les vidéos, avec de magnifiques images aujourd'hui encore...

15/11/2019 : Durant la nuit dernière, les quatres ultimes se sont repositionnés au Nord de la dépression. En milieu de nuit le Maxi Edmond de Rothschild  a commencé à accéléré, suivi par Sodebo Ultim' 3. Et très rapidement François Gabart et Gwenolé gahinet restés près de la côte ont aussi bordé les voiles pour accélérer, revenir à la hauteur de Sodebo Ultim' 3 et le passer. Au pointage de 8 h 00, les quatre ultimes de Brest Atlantiques avaient retrouvés leur place d'avant les escales et de l'interlude météo. Avec des écarts pas loin d'avoir des proportions équivalentes sur une plus petite échelle... 

 

Jacques Caraës, directeur de course : "La situation météo musclée a conduit Sodebo Ultim 3 à faire demi-tour hier, Thomas Coville, avec qui j’ai pu converser, souhaitait éviter le gros de la dépression pour préserver son bateau. C’était courageux de sa part, parce que ça lui a fait perdre environ 400 milles, mais avec Jean-Luc, ils ont agi en bons marins, la route jusqu’à Brest est encore longue. Les quatre bateaux ont fait dans la nuit une route nord au louvoyage pour essayer de se mettre en bordure de la dépression. Les conditions restent quand même bien musclées avec 25-30 nœuds de nord-est fichiers, ce qui veut dire rafales à plus de 35. Le vent va tout doucement adonner dans la journée pour passer nord puis nord-ouest, mais il va rester fort, 25 nœuds minimum. Les premiers routages que nous avons fait tourner jusqu’au Cap donnent une arrivée là-bas aux alentours du 22 novembre, mais la situation météo est assez complexe avec un anticyclone sur leur route qui ne bouge pas beaucoup et une limite des glaces assez haute dont ils vont sans doute approcher à un moment".

 

Jean-Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim 3  (hier matin) : "Thomas, je ne sais pas comment te dire ça, mais on ne va pas aussi vite que prévu, la dépression nous rattrape et on va se retrouver coincés au près dans 45-50 nœuds entre la dépression qui nous rattrape et la zone de glaces, on va devoir tirer des bords dans une mer démontée".

 

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim' 3 : "Quand on a pris cette décision, j’étais vraiment désabusé parce que si on réussissait à passer sous cette dépression, on doublait la mise et on se retrouvait avec une très confortable avance, on changeait de système avant les autres. Prendre cette décision de rebrousser chemin pour être en sécurité a été très difficile à prendre. Moi, j’avais envie d’y aller, mais la raison a fait que c’était dangereux. C’est difficile à accepter de perdre autant d’avance. La suite est très compliquée, on est au près dans de la mer hachée et formée. On a du mal à avoir la même cadence que les autres, on y travaille. Après, il y a de tels impacts sur le bateau qu’on se dit qu’on n’en est qu’à la moitié de la course et qu’il faut peut-être les laisser s’énerver. On va avoir beaucoup de manœuvres ces prochaines heures, ça va re-forcir la nuit prochaine avant qu’on arrive à l’approche de l’anticyclone où on devrait de nouveau se regrouper avec des vents faibles".

 

 

 

Toute la journée de ce vendredi, de ce 11ème jour de course, les équipages et leurs bateaux ont été malmenés par des vents forts, mais surtout une mer casse bateau. Il suffit d'écouter les vacations du jour, ou et regarder les vidéos pour s'en rendre compte... A la mi-journée Franck Cammas et Charles Caudrelier sur Gitana 17, avaient déjà refait un petit break.

 

Yves Le Blévec, skipper d'Actual Leader : "Les conditions actuelles. « Ce sont les pires conditions depuis le départ et pas loin des pires que j’ai rencontrées en multicoque. A chaque vague, on a l’impression que le bateau va se démolir, ce n’est vraiment pas drôle, je n’ai aucun plaisir à naviguer dans ces conditions, c’est vraiment hyper dur. On a une petite trentaine de nœuds de vent, ce n’est pas ça qui est gênant, ce qui est gênant, c’est qu’on a les vagues de face, pas très grosses, mais c’est une mer complètement désordonnée. Le bateau saute sur toutes les vagues, on se fait secouer, c’est l’enfer, on est obligés de se tenir en permanence, c’est vraiment super compliqué, en plus, on maltraite le bateau, c’est très désagréable. Nos machines sont des bateaux assez sensibles qui ont quand même des limites, là, on joue un peu avec les limites du bateau, on a des pics d’efforts absolument incroyables, on ne sait pas si on est dans la limite acceptable ou non. On ne peut pas aller plus vite, ce qui limite la vitesse, ce n’est pas le bateau, c’est l’état de la mer. Je refuse d’aller plus vite dans cette mer-là, déjà, j’ai l’impression qu’on en fait trop, je suis obligé de me forcer pour tenir la cadence dans cette mer démontée. On vient de passer de trois à deux ris pour accélérer un peu, on n’a rien devant, sinon, le bateau accélère trop, on marche à 18-20 nœuds, c’est important d’aller vite pour rester avec ce système météo, mais c’est super dur".

 

Franck Cammas co-skipper du Maxi Edmond de Rothschild : "On va avoir 48 heures difficiles, donc ce n’est pas génial, mais on a un anticyclone devant nous, donc on va voir comment le négocier… Pour le moment, on subit ce vent de nord-est et cette mer de face très désagréable. On a encore quelques jours difficiles à subir, on va avoir le même angle de vent pendant pas mal de temps, là on s’est écartés pour ménager un peu le bateau, je suis content de m'être écarté du centre de la dépression, car de toute façon, ça ne faisait pas gagner grand-chose, donc autant chercher des routes plus safe et ménager le bateau, j’espère que le vent tournera et qu’on pourra faire des navigations un peu plus simples".

 

François Gabart, skipper Macif : "Comme l’anticyclone nous barre un peu la route, on se retrouve à traverser Rio-Le Cap dans des conditions pas simples, face à la mer au près pendant quasiment les deux tiers du parcours jusqu’à Gough Island, et après, une partie dans l’anticyclone où il y aura très peu de vent, on n’ira pas très vite. C’est dommage, parce que j’imaginais plutôt ce parcours Rio-Le Cap pleine balle sur de la mer plate, j’en ai rêvé ces derniers mois. Malheureusement, ce ne sera pas pour cette fois, il faudra revenir. Mais on n’a pas vraiment le choix de rester devant cette dépression pour gagner vers l’anticyclone et voir dans les jours qui viennent s’il y a des fenêtres qui se libèrent".

 

Pour Christian Dumard analyste météo et routeur, il n'y avait pas d'autre solution que de marqué le pas au large de Rio. La dépression et surtout la mer avec cette dépression était quasi infranchissable, il n'était pas possible de descendre au Sud à cause de glace. 

 

En plus, d'après les routages, même en s'engageant dans la dépression, avec le risque de tout casser, il n'y avait rien a gagner en temps. Il fallait passer avant la dépression, mais pas avec la dépression. Il était plus rentable d'attendre, les routages donnant un temps équivalent en restant à Rio...

 

Au pointage de 20 h, Gitana 17 est toujours le plus rapide de la flotte.

 

Classement à 20 h : 

 

1 Gitana 17 

2 Macif       à 60 milles

3 Sodebo Ultim' 3  à 110 milles 

4 Actual Leader     à 209 milles

 

 

 

 

16/11/2019 : Peu à peu durant la nuit dernière, pour la tête de la course, et tout au long de la journée pour les trois poursuivants, les trajectoires se sont dirigées vers le Sud/Sud Est. 

Le Maxi Edmond de Rothschild de Franck Cammas et Charles Caudrelier domine toujours la course dans cette mer très brutale pour les hommes et leurs machines. Le plus gros du mauvais temps  (vent et mer) est maintenant derrière les quatre ultimes de Brest Atlantiques. Pour autant, les prochaines heures vont encore être compliquées pour les équiapges. Ce n'est que demain dimanche que les conditions deviendont propice de nouveau à la très haute vitesse. Car marlgré le temps excécrable et la mer démontée, les vitesses sont restées élevées, et ça on l'oubli sans doute un peu, aucun autre bateau, que les utimes, sont capables de tenir une telle cadence. Et de toute façon, les équiapges n'ont pas le choix, car le piège serait de lever le pied et du coup se faire passer par la dépression. Dans ce cas deux problèmes : plus de vent, donc une perte de contact sans doute définitive avec la tête de la course, mais en plus la mer restera démontée à l'arrière de la dépresson pendant plusieurs heures. Donc une seule porte de sortie, cravacher tout en préservant le bateau.

 

 

Classement à 20 h :

 

1 Gitana 17 

2 Macif à 110 milles 

3 Sodebo Ultim' 3 à 222 milles

4 Actual Leader à 341 milles

 

 

Christian Dumard, analyste météo et routeur : "A l’avant de la flotte, le Maxi Edmond de Rothschild a un peu plus de vent, 30 nœuds, contre 27-28 pour Actual Leader, qui n’est pas loin de passer du mauvais côté de la dépression, c’est pour ça qu’ils essaient de garder une bonne vitesse. Ils ont tous environ 3 mètres de houle de face d’est qui va peu à peu décroître au fur et à mesure qu’ils descendent vers le sud, le Maxi Edmond de Rothschild n'en aura plus demain, ce qui va lui permettre d'aller vite. Le vent va adonner petit à petit jusqu’à Gough Island, au milieu de l’Atlantique Sud, à la limite des glaces. La bonne nouvelle pour eux, c’est que l’anticyclone se déplace de plus en plus vers le nord, ce qui va leur permettre de passer par dessous, ils pourraient être lundi vers 2h30 à Gough Island, puis le 20 en soirée au Cap. Les routages donnent 14 heures de différence au Cap entre le Maxi Edmond de Rothschild et Actual Leader, ce qui n’est pas beaucoup".

17/11/2019 : 13ème jour de mer pour les quatre équipages de Brest Atlantiques, toujours sur une route S/SE, en direction d'un passage entre les îles de Tristan Da Cunha et  de Gough Island. Cette îl étant de toute façon à la limite Nord des glaces, il n'est donc pas possible de descendre plus Sud à cet endroit, lors de cette course.

 

Comme annoncé, le Maxi Edmond de Rothschild de Franck Cammas et Charles Caudrelier, qui mène la flotte, a été ralenti la nuit dernière en rentrant dans une zone plus calme, avec des vents moins fort. Focément un effet d'accordéon à fait que les poursuivants sont revenus sur le leader. Ainsi au pointage de 8 h 00 ce dimanche matin, Macif de François Gabart et Gwenolé Gahinet, était revenu à 51 milles et Sodebo Ultim' 3 de Thomas Coville et Jean Luc Nélias, à 192 milles. Malheureusement pour les poursuivants, cela n'a pas duré.

A la mi journée, Gitana 17 était le plus rapide à 27 noeuds, le trimaran va accélérer toute l'après-midi et était flashé à 36 noeuds au pointage de 20 h 00 avec 130 milles d'avance. Le reste de la flotte étant entre 25 et 29 noeuds.

 

La mer est devenue un peu plus praticable pour la tête de la course, elle reste encore compliquée à l'arrière, d'où les différences de vitesse. Mais malgré cette mer dur, de face, croisée, casse bateau et qui rend la vie quasi impossible à bord, les quatre ultimes ont parcouru 1800 milles en trois jours, un exploit qu'aucun autre bateau à voile est capable de faire...

 

A  partir du passage au Nord de Gough Island, il faudra se faufiler sous l'anticyclone et la limite des glaces. Il faudra donc tirer des bords pour Gitana 17, Macif et Sodebo Ultim' 3. Seul Actual Leader, qui arrivera plus tard sur zone, remontera quasi directement vers l'Afrique du Sud.  Ce qui aura pour effet, normalement, mercredi au passage de Robben Island, de provoquer un nouveau rassemblement de la flotte avant d'attaquer la remontée vers Brest.

 

De nouveaux problèmeq signaléq à bord d'Actaul Leader,  pour commencer la nuit dernière une durite à lâchée, heureusement le système d'alarme à bien foncitonné, avant que le compartiment où se trouve enautre le dessanilisateur, se remplisse d'eau. La bâche aérodynamique situé en arrière du bras avant du maxi trimaran a été déchirée par une vague.

 

Martin Kéruzoré, mediaman de SOdebo Ultim' 3  : "Dans la cellule ou nous vivons depuis près de deux semaines, c’est le chaos. Les casiers contenant à la base nos affaires et notre nourriture sont éventrés, le sol est tapissé d’objets en tous genres, une orange qui roule sous le vent, une chaussette qui joue les éponges, une glacière qui sert de caisse à outils. Que pouvons-nous faire en attendant la prochaine vague, la prochaine punition, qui ne cesse de nous être infligée jours et nuits depuis que nous avons quitté Rio ? On va patienter, continuer à faire marcher le bateau, continuer à manger, vivre, (on rangera après, promis...) en espérant voir rapidement le bout de tunnel pour y faire les comptes... Après ces trois jours d’enfer, ils sont ce matin cachés sous des cagoules, les traits tirés, la mine des mauvais jours, les yeux abîmés de fatigue. Le Sud avec le rythme de sa houle a dicté la vie à bord, à savoir des phrases courtes, beaucoup d’intonations et d’exclamations, au plus loin de la belle poésie. ".

 

Yann Riou, mediaman de Gitana 17 : "Ce soir on devrait arriver à la porte des glaces. Ça ne sonne pas très engageant dit comme ça... Pourtant, ça signifie aussi qu’on en aura fini avec ce fichu bord de reaching ! Trois jours qu’on progresse face à la mer dans du vent soutenu. Alors oui, c’est devenu un peu moins pénible qu’en quittant Rio, mais il n’empêche, c’est compliqué. C’est compliqué de trouver le bon compromis pour aller vite sans risquer d’abîmer le bateau. C’est compliqué de trouver le sommeil entre deux sauts de vagues. Et c’est compliqué d’écrire ce message avec un clavier qui a du mal à bien vouloir rester campé sur mes genoux. Donc oui, on aura peut-être un peu froid, mais on est plutôt contents d’y arriver, dans ces fameux quarantièmes...".

18/11/2019 : Si le choc avec l’OFNI a eu lieu à 0 h 30 en France, il a fallu attendre le pointage de 8 heure pour avoir l’information… Au pointage de 4 heure rien n’était signalé pour cette collision qui a arraché le safran du flotteur  tribord du Sodebo Ultim’ 3. L’équipage n’a pas été blessé lors de l’impact et après une première estimation des dégâts dans la nuit qui a fait ralentir le trimaran de Thomas Coville et Jean Luc Nélias, l’équipage et l’équipe à terre attendent le levé du jour pour faire une analyse complète de cet incident de course. Sodebo Ultim’ 3 est donc le troisième, des quatre engagés sur Brest Atlantiques, à faire les frais de tout ce qui se balade en mer, après Gitana 17 et sa dérive centrale et Macif sur son safran de coque centrale. Il est trop tôt pour qu’une décision soit prise, ou tout du moins communiqué sur une éventuel futur escale à Cape Town.

 

Au pointage de 8 h, Sodebo Ultim’ 3 qui avait 256 milles de retard au pointage de 20 h hier soir, était passé à 324 milles de retard (306 au pointage de 4 h). Cela va faire les affaires d’Actual Leader qui va recoller à la troisième place.

 

Devant à la mi journée Gitana 17 faisait une route plein Est à 26 noeuds, l’anticyclone de St Hélène semble remonter plus rapidement que prévu, Les bords à tirer viendront plus tard dans la journée. Macif a passé Gough Island, avec de magnifiques images depuis le drone, vers 8 h 30 et continuait sa descente au S/SE. Sodebo Ultim 3 était à 24 nouds avec seulement 80 milles d’avance sur Actual Leader et à 180 milles dans le NO de Gough Island.

 

Au pointage de 16 h, Gitana 17 tire un bord vers le Sud, à bord l'équipage est heureux de retrouver le beau temps alors qu'il rentre dans les 40ème. Gitana 17 vole au-dessus de l'eau tout en douceur à plus de 25 noeuds. Macif est à 156 milles, Actual Leader est, à 29 noeuds, le plus rapide de la flotte.

 

 

Au pointage de 20 h et alors que l'on découvre en images les dégâts sur le flotteur de Sodebo Ultim' 3 (cf la vidéo ci-dessous), Gitana 17 est toujours plein Sud à la limite de la zone d'exclusion des glaces, toujours sur le même bord vers le Sud. Alors que Macif continu vers l'Est et à repris près de 100 milles en 4 heures !

 

La décision a été prise pour une escale technique à Cape Town, ou Thomas Coville et Jean Luc Nélias seront rejoint par l'équipe à terre du team. Les dégâts pourront réellelment être évalué avant la prise de décision sur une éventuelle réparation.

 

Actual Leader et Sodebo Ultim' 3 passe devant l'île de Gough. Les équipages vont profiter de ses heures de vent calme pour vérifier les bateaux, faire quelques réparations, car ce n'est pas parce que on ne communique pas sur de petites avaries qu'il n'y en a pas... Et puis récupérer, car les 3 jours qui viennent de s'écouler n'ont vraiment pas été simple pour les organismes, et ils en sont qu'à la moitier du parcours.

 

Classement à 20 : 

 

1 Gitana 17

2 Macif à 67 milles

3 Sodebo Ultim' 3 à 284 milles

4 Actual Leader à 291 milles

 

 

Franck Cammas, skipper du Gitana 17 : "Les quarantièmes rugissants ne sont pas très rugissants, voire pas du tout. C'est tout calme, mais ce n'est pas désagréable de pouvoir souffler un peu car depuis Rio, nous avons été servis. Il va falloir manoeuvrer beaucoup, car on ne peut malheureusement pas aller tout droit vers Cape Town puisque nous enroulons par le sud un anticyclone. Ça n'était pas écrit comme ça sur nos documents de voyage, mais c'est sympa aussi les quarantièmes comme ça ! On profite de l'accalmie pour checker le bateau, faire quelque petits travaux et se reposer. La course est encore très longue, nous avons fait 50% du trajet et j'espère que le Maxi Edmond de Rothschild va se comporter aussi bien qu'il l'a fait depuis notre départ de Brest le 5 novembre dernier".

 

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim' 3 : "Cela fait cinq jours que nous évoluons dans une mer difficile. Cette nuit ça commençait à accélérer fort vers Gough Island. On a eu un très gros choc avec quelque chose de très lourd qui a percuté le safran tribord. Il a fallu que j’aille dans le flotteur ce matin pour regarder les dégâts. On va aller jusqu’à Cape Town et on verra la suite, Il y a de l’amertume. C’est la première course de Sodebo Ultim 3 et cela tombe au pire moment, on est dans un endroit hostile, la mer est dure. La glissade vers Cape Town était au bout du chemin et on se faisait une joie avec Jean-Luc d’accélérer et de montrer les capacités du bateau. On ne voulait surtout pas casser".

19/11/2019 : A 0 h 00 la nuit dernière, le Maxi Edmond de Rothschild, en avait terminé avec son bord au Sud et ses étraves pointaient vers la pointe de l’Afrique du Sud. Macif se trouvait à 93 milles et progressait plein Est sous l’anticyclone, mais à 19 nœuds. A 269 milles Sodebo Ultim’ 3 malgré son safran en moins était à 27 nœuds, 28 milles devant Actual Leader à 26 nœuds. Thomas Covilles, Jean Luc Nélias et Yves Le Blévec et Alex Pella progressaient sur une route S/SE pour débuter leur contournement par le Sud de l’anticyclone de St Hélène.

 

Au pointage de 4 h, Actual Leader montait sur la troisième marche du podium de Brest Atlantiques, avec 29 milles d’avance sur Sodebo Ultim’ 3 pourtant à près de 26 nœuds. Les trajectoires étaient identiques au pointage de 0 h 00.

 

A 8 heure ce mardi matin, après 13 jours 21 heures de course et alors que l’ensemble de la flotte est à mi-parcours. Gitana 17 et Macif retirait un bord vers le Sud, dans ce couloir sous l’anticyclone.  Macif était à 51 milles du leader, Actual Leader, troisième maintenant à 276 milles du leader et Sodebo Ultim’ 3, à 28 nœuds, était lui pointé à 306 milles de Gitana 17 qui lui était le plus rapide de la flotte à 33.7 nœuds.

 

Une fois libérés de l’anticyclone, un long bord, à haute vitesse va se présenter pour les quatre ultimes sur les 800 milles qui les sépare de Robben Island.

 

En étant en tête, Franck Cammas et Charles Caudrelier sur Gitana 17 en sont à 7 empannages, là ou François Gabart et Gwenolé gahinet sur Macif en sont à 2 et aucun pour les deux autres ultimes qui font route directe.

 

 

A 19 h 00 la nouvelle tombait, le flotteur tribord de Sodebo Ultim' 3 dont le safran a percuté un OFNI et endommagé l'arrière de ce même flotteur a perdu dans la journée la partie arrière de ce flotteur. Il s'arrête maintenant quelques centimètre derrière le bras de liaison arrière

 

L'équipage qui avait sans doute senti le coup venir a assuré le mât avec un système de rappel de cordage. Visiblement, la crosse du bras et son encrage dans le flotteur ne doivent pas du tout être touchés, car Sodebo Ultim' 3 est à 30 noeuds ce soir. Il reste quand même plus de 800 milles pour rallier Cape Town et l'équipe, dont une partie va arriver ce soir en Afrique du Sud avec François Duguet, le boat captain, Frédéric Gastinel, le responsable mécanique/hydraulique/accastillage et Patrice Richardot, technicien composite.

 

Déjà sans safran sur le flotteur, il était peu probable que Sodebo Ultim' 3 reste en course, là avec la perte de la partie arrière du flotteur, il ne servirait à rien de mettre en danger le trimaran sur ce retour sur Brest en course. Maintenant il est peu probable que l'abandon, soit annoncé dans les prochains jours...

 

Les écarts ont variés tout au long de la journée et c'est bien un retour par l'arrière qui s'opère.

 

 

A lire l'analyse d'Armel Le Cléac'h sur ces 15 premiers jours de course sur le site internet de Brest Atlantiques 

 

Classement à 20 h :

 

1 Gitana 17 

2 Macif à 87 milles 

3 Actual Leader à 196 milles

4 Sodebo Ultim' 3 à 259 milles

 

 

Yves Le Blévec, skipper d'Actual Leader : "Hier, en fin de journée nous avons doublé Thomas et Jean-Luc sur Sodebo, nous ne nous sommes pas vus physiquement, uniquement par l'intermédiaire de l'AIS. Nous aurions pu nous appeler par VHF, mais je pense que ni l'un ni l'autre n'avait le cœur d'entamer une conversation dans ce genre de situation. Simple et cruelle. Évidement, ce serait mentir de dire que cette place gagnée au classement ne représente pas une satisfaction pour l'équipage de Actual Leader. C'est plutôt la satisfaction d'avoir tenu le rythme de la course et d'être suffisamment proche de nos concurrents pour profiter de moindre opportunité, c'est cette stratégie que nous suivons depuis le début avec Alex. Satisfaction prudente et mesurée, ce qui est arrivé à Sodebo peut nous arriver également. Que ce soit un élément extérieur ou une casse technique, nous ne sommes pas à l'abri du même genre de mésaventure... Et nos concurrents ne nous attendront pas. La course est encore longue, le jeu est incroyablement ouvert et il peut se passer tellement de choses jusqu’à l'arrivée que tout triomphalisme serait vain et déplacé. Je souhaite sincèrement à Thomas et Jean-Luc de rallier rapidement Cape Town et de pouvoir reprendre la course au plus tôt, le potentiel de leur bateau et les aléas météo peuvent les remettre dans le match rapidement. A bord d'Actual Leader, Alex et moi continuons sur notre rythme soutenu et régulier, dès ce soir, nous arrêterons de nous éloigner du départ, nous nous rapprochons de l'arrivée".

 

Martin Kéruzoré, mediaman de Sodebo Ultim' 3 : "Ces dernières 24 heures, par où commencer ? Un fait, une suite de mésaventures, une corrélation d’évènement gérés par Thomas et Jean-Luc. Ces hommes-là ont passé la journée du 18 novembre sur le pont pour sécuriser la situation, éviter le sur-accident. L’ambiance grand Sud était au rendez-vous, lumière grise, un ciel plombé sillonné d’une multitude d’oiseaux, 20–25 noeuds d’un vent froid venant clôturer la carte postale. Dans ces conditions, il a fallu jouer les équilibristes sur le flotteur sous le vent afin de détacher le safran pour éviter qu’il continue d’endommager le fond de coque. Une fois cette tâche accomplie après plusieurs minutes à faire du rodéo, nous voilà repartis, mais très vite, la partie arrière du flotteur se dégrade à vue d’œil, la mer venant s’engouffrer dans le trou ou logeait la tête de safran. Les deux marins du bord réagissent et pensent à sécuriser le gréement si un de ses points d’ancrage venait à être fragilisé par la suite. Le relais s’effectue rapidement avec la cellule de routage à terre et l’opération peut commencer. Pour ma part, je suis là, attentif et spectateur de cette scène, ce duo, même dans des situations comme celle-là, fait preuve d’un calme et d’un grand sens marin. Thomas doit à nouveau revêtir le baudrier pour monter dans le hauban et y passer une garde. La lumière s’assombrit, la fin de journée approche, le mât est entre de bonnes mains, un aparté terrestre vient égayer cette fin d’épisode avec le passage au vent de Gough Island, une île égarée aux falaises plongeantes dans l’Atlantique Sud et aux sommets perdus dans les nuages. Quelques minutes plus tard, Sodebo Ultim 3 se déleste à nouveau d’une partie du flotteur arrière qui n’a pas supporté les assauts perpétuels de l’Océan. Ce matin, nous nous dirigeons toujours vers Le Cap à plus de 30 noeuds, la coque sous le vent volant en équilibre sur son foil. Bonne journée."

20/11/2019 : Depuis hier soir, les quatre concurrents, toujours emmenés par le Maxi Edmond de Rothschild, font route sur l’Afrique du Sud et leur prochain point de passage de Robben Island à hautes vitesses. Les écarts se sont stabilisés durant la nuit et un regroupement devrait s’opérer durant la journée, la météo étant moins favorable  à l’avant de la flotte. Sodebo Ultim’ 3, garde le rythme d’Actual Leader à 25 nœuds tous les deux.

 

Peu après 8 h Macif de François Gabart et Gwenolé Gahinet, tirait de nouveau un bord au Sud pour se positionner au mieux à l’abord d’une zone de vent plus calme (7 à  14 nœuds de vent), au même moment, Actual Leader et Sodebo Ultim’ 3 avaient encore des vents à plus de 22 nœuds. Gitana 17 se trouve à 250 milles à 8 h 30 de Robben Island.

 

Robben Island qui sera contournée par la tête de la flotte en début de soirée. Sodebo Ultim’ 3 arrivera jeudi matin à Cape Town pour faire le point sur une éventuelle réparation.

 

Apres 15 jours de course à 11 h, Gitana 17 est à 194 mn de Robben Island et progresse à 28 nœuds sur une trajectoire NO. Passage à la deuxième marque du parcours dans la soirée. Macif à 122 milles à 20 nds, Actual Leader à 206 mn à 29 nds. Enfin Sodebo Ultim 3 ferme la marche mais à 34 nds à 270 mn du leader. Jean Luc Nélias explique dans une vidéo publiée aujourd'hui, qu'avec ce safran qui manque c'est un peu comme conduire sur la glace. Il faut garder Sodebo Ultim' 3 le plus à plat possible. Thomas Coville, lui trouve très sain que son trimaran se comporte aussi bien avec un safran en moins.

 

A 16 h Gitana 17 possède 90 milles d'avance sur Macif et est positionné sur sa route. Le retour annoncé par l'arrière n'est que très partiel et ça repart par devant. Franc Cammas et Charles Caudrelier filent à près de 40 noeuds par moment vers la deuxième marque du parcours. Derrière Macif est entre 15 et 20 noeuds.

 

En début de soirée, Gitana 17 continu de débouler à plus de 36 noeuds vers la deuxième marque de Brest Atlantiques, les milles sont avalés à la vitesse de la lumière. A 20 h 16 Franck Cammas, Charles Caudrelier et Yann Riou passent en leader Robben Island à 20 h 30 le contournement est terminé et la machine relancée à 36 noeuds. Macif est à 160 milles et va sans doute passer avec 9 heures de retard...

 

 

 

Classement à 20 h :

 

1 Gitana 17 

2 Macif à 165 milles 

3 Actual Leader à 189 milles

4 Sodebo Ultim' 3 à 246 milles

 

Franck Cammas, skipper de Gitana 17 : "Comme on arrive par le sud, on va longer les côtes jusqu’à Table Mountain, ce sont des paysages assez fantastiques, j’espère qu’on pourra en profiter, c’est toujours sympa de profiter de ça dans ces courses où on ne voit pas beaucoup la terre. En plus, Le Cap est un endroit que tout le monde aime bien, c’est notre cas avec Charles, on s’y était arrêtés sur la Volvo Ocean Race. Là, on espère bien ne pas s’y arrêter, on aura ensuite un passage en début de nuit à Robben Island, avant de faire route vers le nord et de trouver des latitudes un peu plus clémentes".

 

Christian Dumard, consultant météo et routeur : "Ca va repartir au vent arrière le long de l’Afrique, après, il y aura le choix entre monter vers Dakar ou se recentrer vers l’ouest ? Les route ont tendance à retourner vers le Brésil, parce que même si la route est plus longue, Le Pot au Noir y est moins épais qu’à l’est et que de toute façon , à plus long terme, ils devront faire le tour de l’anticyclone des Açores par l’ouest. La route le long de l’Afrique est plus risquée, mais ça arrive, cela a été le cas de Maserati de Giovanni Soldini  lors de son record sur la Route du Thé en 2018".

 

A lire, l'arcticle de Voiles et Voiliers sur le fonctionnement des cellules de routages et plus particulièrement celle du Team Sodebo.

21/11/2019 : Peu avant 23 h hier soir,  alors que Gitana 17 s’éloignait de Robben Island le long de la côte Sud-africaine, le Team Macif indiquait que François Gabart et Gwenolé Gahinet allaient effectuer une nouvelle escale technique, cette fois à Cape Town pour réparer le système de transmission de barre et le système de relevage d’un des deux foils. Une équipe réduite du team était déjà en route et serait sur place pour accueillir ce matin Macif et procéder le plus rapidement possible aux réparations. Un deuxième arrêt au stand pour Macif après celui de Rio.

 

Franck Cammas, skipper de Gitana 17 : "n est passés de 30 nœuds de vent à zéro en même pas une minute, on se demandait quand on allait s’en sortir. Finalement, on a eu un vent qui est revenu de l’autre côté et on a pu se dégager. Je pense qu’on peut rester « tanké » des heures et des heures dans la baie du Cap, donc on est contents d’en être sortis. Maintenant, le prochain point de passage, c’est Brest".

 

Durant la nuit, Gitana 17 a continué doucement sa remontée le long de l’Afrique du Sud, en tirant des bords. Macif est arrivée vers 4 h 00 du matin en France en escale à Cape Town. L’équipe technique est montée à bord pour effectuer les réparations et vérifications d’usages.

 

A 6 h 34 en France, Actual Leader, d’Yves Le Blévec et Alex Pella, débutait le contournement de Robben Island et prenait du même coup la deuxième place de Brest Atlantiques. Le retard sur le leader était de 11 heures et  17 minutes.

 

Après 6 h 25 min d’escale, sans rentrer au port, mais en effectuant des aller-retours devant la digue du port, Macif a repris la course et passé la deuxième marque du parcours, l’île de Robben à 10 h 44 , soit avec 14 heures et 28 min de retard sur le Maxi Edmond de Rothschild et 3 heures et 10 min après Actual Leader soit une 60ène de milles.

 

François Gabart, skipper de Macif : «  On repart avec un trimaran qui va bien et deux bateaux à croquer devant nous ! »

 

Sodebo Ultim’ 3 arrivait à son tour à Cape Town pour son escale technique, qui elle risque d’être définitive…

 

Classement à 10 h 30 :

 

1 Gitana 17 à 12 nœuds

2 Actual Leader à 198 milles et progresse à 20 nœuds

3 Macif à 258 milles et progresse à 14 nœuds.

4 Sodebo Ultim 3 en escale à Cape Town

 

Les trois ultimes progressent le long de la côte.

 

Au classement de la mi-journée, le Maxi Edmond de Rothschild qui tire des bords le long de la côte est à 20 nœuds et perd un peu de terrain sur Actual Leader à 26 nœuds à 179 milles. Macif est à 30 nœuds en début d’après-midi, il a déjà refait la moitié de son retard sur Actual Leader et a repris 40 milles à Gitana 17.

 

A lire l'ITW de Charles Caudrelier dans le Télégramme.

 

Classement à 20 h 00 :

 

1 Gitana 17

2 Actual Leader à 204 milles

3 Macif à 232 milles

4 Sodebo Ultim' 3 en escale à Cape Town

 

La remontée le long de la côte Africaine se poursuit ce soir, Gitana 17 progresse à 22 h 45 à 32 noeuds et à sa poursuite Actual Leader et Macif sont à 22 et 25 noeuds. Du côté de Sodebo Ultim' 3 des travaux ont été entrepris, l'équipe sur place a analysée les dégâts, un premier bilan devrait être établi ce soir, mais aucune décision sera prise dans les prochaines heures, voir les prochains jours sur un retour en course. L'équipage, lui a pris un bon repas à terre.

 

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim' 3 : "Nous avons croisé MACIF en arrivant, puis nous sommes rentrés dans le centre du Cap pour vérifier le bateau et savoir si, suite aux trois chocs qu’on a eus sur nos trois safrans différents, l’intégrité du bateau était confirmée pour la suite du parcours. On en saura plus ce soir et on prendra une décision plus tard".

 

22/11/2019 : Toute la nuit dernières les trois ultimes encore en mer, ont continué de tirer des bords le long de la côte Africaine dans un langue de vent médium de S/SE, qui leur permet de progresser vers le Nord. Pour le moment impossible de se décaler vers l’ouest.

 

Le plus rapide de la flotte reste le Maxi Edmond de Rothschild, qui accroit son avance sur ses deux poursuivants. Ce matin au pointage de 8 h Actual Leader, toujours deuxième est à 303. Milles du 1er et est sous la menace de Macif, deux nœuds plus rapide, et à 11 milles seulement derrière. Tellement sous la menace qu'au pointage de midi, ce vendredi 18ème jour de coure, Macif reprennait la deuxième place. Mais Actual Leader, ne va rien lâcher et ce soir à 20 heures, Actual Leader est dans le sillage de Macif. Et les trois ultimes continuent de tirer des bords.

 

A 18 h 30  Thomas Coville, Jean Luc Nélias et Martin Kéruzoré ne repartiront pas en course de Cape Town, après plus de 24 heures d'expertises et de travaux, la décision a été prise d'abandonner la course Brest Atlantiques pour des raisons de sécurité. Un impact relativement important a été trouvé sur le même flotteur que celui qui a perdu son safran au niveau du foil. Sodebo Ultim' 3 rentrera en convoyage en Bretagne et en équipage.

 

Charles Caudrelier, indiquait à la vacation du jour, qu'ils s'étaient fait une belle frayeur la nuit dernière à bord de Gitana 17, après avoir été heurtés par trois fois par des OFNI. Et qu'ils étaient bien content de s'éloigner de la côte très poissonneuse et avec beaucoup de bois à la dérive.

 

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim' 3 : "Avant de reprendre la longue remontée pour terminer « Brest Atlantiques », on voulait s’assurer que le bateau était intègre. En investiguant plus profondément, on a découvert que le foil tribord avait aussi été impacté. Cela nous empêche de continuer en toute sécurité, dans les performances dignes de « Brest Atlantiques » et de ce que nous avions fait jusqu’à présent. La course est partie fort, dans des conditions très musclées pour un bateau neuf et nous avons réussi à faire toute la descente au corps à corps avec les meilleurs. A Rio, après les escales de MACIF et du Maxi Edmond de Rothschild, nous passons en tête. Toute la course se déroule bien, jusqu’à ce choc violent qui nous a handicapés. Sur une première année et sur une première course, on a beaucoup appris. C’était une course à forts rebondissements, mais elle a mérité d’être une grande course. C’est une grande frustration de devoir abandonner. Nous allons ramener le bateau en équipage pour des raisons de sécurité et pour que le programme continue. On est en train de construire quelque chose de grand avec ces bateaux et ce n’est que le début. Bon vent à tous ceux qui continuent".

 

François Gabart, skipper de Macif : "C’est assez impressionnant, c’est un coin qu’on ne connaît pas très bien, on se retrouve à longer les cailloux à moins d’un mille, c’est d’une beauté extraordinaire, avec des dunes de sable qui partent dans les montagnes. Il n’y a pas beaucoup de personnes sur la plage, c’est le désert, par contre, il y a des baleines et du monde dans l’eau".

 

Alex Pella, co-skipper d'Actual Leader : "On a un bon rythme, une très bonne bannette, un très bon sac de couchage qui nous permet de récupérer assez vite, avec en plus un très bon cuisinier à bord, Ronan Gladu, donc on a de l’énergie pour bien se reposer, tout va bien à bord !"

 

 

Yves Le Blévec, skipper d'Actual Leader : " On vient de se faire un bord magique devant les plages de Namibie, on longe le désert, c’est incroyable, on est dans des endroits où personne ne vient jamais. C’était vraiment différent entre la première et la deuxième partie de l’Atlantique Sud. La première partie a été vraiment dure, il y avait une mer très dure de face, tout le jeu consistait à tirer sur les rênes du bateau pour l’empêcher de s’emballer et éviter la bêtise. C’était très stressant et même en allant doucement, c’était compliqué à maîtriser. Tous les bateaux ont un peu souffert. La deuxième partie, à partir de l’île de Gough, la mer s’est complètement lissée, et là, on a passé deux-trois jours beaucoup plus rapides et faciles, un peu frais mais très agréables. La lutte est un peu terminée avec Macif, ils sont passés devant en fin de nuit. Ce qui n’est pas totalement étonnant au regard des performances des bateaux, mais c’est toujours un peu énervant de se faire doubler. Mais ce qu’on dit à bord, c’est qu’on a perdu la bataille de MACIF, mais on n’a pas perdu la guerre. Et je n’aurais vraiment pas parié au départ de Brest sur le fait de me retrouver bord à bord avec MACIF après 17 jours de course".

 

Classement à 20 h 00 :

 

1 Gitana 17

2 Macif à 348.80 milles

3 Actual Leader à 350 milles 

 

 

23/11/2019 : La nuit dernière les trois ultimes de Brest Atlantiques ont terminés de tirer des bords le long des côte de l'Afrique. Gitana 17 toujours en tête au pointage de 8h, avec 360 milles d'avance sur le second Macif et 373 milles sur Actual Leader. Franck Cammas et Charles Caudrelier sont passé sous la barre des 5000 milles à parourir d'ici l'arrivée à Brest.

 

Le louvoyage terminé, il faut retraverser l'Atlatique, une nouvelle fois, pour revenir vers le Brésil, maintenant qu'ils sont au Nord de l'Anticyclone de St Hélène. Les vents restent instables pour le moment et comme l'expliquait Yves Le Blévec ce matin dans une vidéo, il y a deux options une plus simple vers le Nord, mais avec une zone où il y a encore des intérrogations sur l'absence du vent et une autre plus au Sud, plein Ouest plus casse bateau, avec une mer croisée de nouveau. Yves Le Blévec semble déjà avoir fait son choix, en confirmant que pour le Team Actual Leader l'objectif depuis le départ est ad'arriver avec un bateau en bon état. Yves Le Blévec annonce qu'il faudra une semaine pour rejoindre l'équateur.

 

Au classement de midi, Gitana 17 est toujours largement devent, mais la lutte pour le deuxième place redevient intense. Actual Leader est à 3 milles de Macif. Au pointage de 16 h Yves Le Blévec et Alex Pella sont passé devant François Gabart et Gwenolé Gahinet. Classement confirmé à 20 heures, puis qu'Actual Leader possède 31 milles d'avance.

 

A lire l'ITW de Thomas Coville skipper de Sodebo Ultim' 3 chez Ouest France qui revient sur son abandon, qui révèle qu'ils avaient déjà perdu les plans porteur du safran de la coque centrale dès le cap vert suite à une première rencontre avec un OFNI et qu'ils ont aussi un système anti collision à bord à côté du radar, mais que l'alarme ne s'est jamais déclenché. Et que le Team Sodebo travail avec son sponsor Mercedes sur un nouveau système à partir des détecteurs installés dans les voitures pour les voitures autonomes.

 

 

Classement à 20 h :

 

1 Gitana 17

2 Actual Leader à 289 milles

3 Macif à 320 milles

 

24/11/2019 : Sodebo Ultim' 3 a quitté ce matin Cape Town et en a donc terminé avec Brest Atlantiques. Pendant ce temps et avec le peu d'info à notre disposition, les trois ultimes continuent de contourner l'anticyclone de Ste Hélène dans un alizé toujours aussi instable. Un anticyclone qui ne lâche pas les trois équipages depuis le large du Brésil, qui se déplace et se modifie en suivant le parcours des Gitana 17, Actual Leader et Macif.

 

Aux dernières estimations des analyses météos données par Christian Dumard, les trois ultimes devraient resté à l'Est car une route est possible, avec encore quelques incertitudes.

 

Au classement, ça repart par l'avant, après une nuit dernière plutôt à l'avantage d'Actual Leader et Macif. Mais à la mi journée, Gitana 17 reprenait de nouveau le large et l'avance s'accentuait de nouveau au pointage de 20 h 00.

 

Yves Le Blévec et Alex Pella sur Actual Leader conserve leur deuxième place, Macif est toujours moins rapide qu'Actual Leader. Ce qui paraît peu probable, même avec le décalage qu'il pouvait y avoir depuis le cap. Alors problème à bord de nouveau ? Impossible à savoir... Aucune information ne filtre de ce qui se passe réellement à bord des trois ultimes, tout est sous contrôle. Il est aussi quasi impossible de comparer les trajectoires avec seulement cinq pointages par 24 heures. Malheureux à l'heure ou des milliers de données transitent à chaque heure entre les bateaux en course et les équipes à terre, rien ne traspire. Alors oui nous avons de superbes images des bateaux en voles, de paysages, des cours de cuisine, de la faune, des tutos de manoeuvres, voir des leçons d'écologie... Mais nous avions plus d'informations sur la course, la tactique et les problèmes à bord, il y a 25-30 ans sur Europe 1 avec le journal de la transat de Gérard Fusil. Une tristesse et en plus avec un médiaman à bord !

 

Christian Dumard : "Ils font une aile de mouette au nord de l’anticyclone de Sainte-Hélène. Quand le Maxi Edmond de Rothschild va partir en tribord vers le nord, il pourrait reprendre 300 milles d’avance en 4-5 heures. Pour la suite, ils ne sont pas forcément obligés de faire un grand tour par l’ouest, il y a une route possible près du Cap Vert, donc un passage de Pot-au-Noir très à l’est".

 

Classement à 20 h :

 

1 Gitana 17 

2 Actual Leader à 196 milles

3 Macif à 347 milles

25/11/2019 : Au pointage de 4 heures la nuit dernière, Macif semblait avoir pris l’option plein Ouest, différentes des deux leaders de Brest Atlantiques. L’information est confirmée par les pointages de 8 et 12 heures ce lundi. François Gabart et Gwenolé Gahinet partent à l’Ouest, sans doute bien conseillé par leur routeur à terre, Jean Yves Bernot et quelques membres du Team Macif. L’équipe a aussi indiqué ce matin, « qu’il n’y avait aucun incident à déclarer à bord », pour expliquer le manque de vélocité du trimaran face à Actual Leader toujours deuxième et à seulement 216 milles du leader après 21 jours de course.

 

Alors François Gabart et Gwenolé Gahinet remettent un peu de piment dans Brest Atlantiques avec cette option. Iront ils loin dans l’Ouest, ou vont-ils couper la poire en deux, à suivre dans les prochaines heures. Un décalage dans l’Ouest qui permettra peut-être en Atlantiques Nord d’attraper plus rapidement une dépression pour rentrer sur Brest ? De toutes façons l’équipage n’avait rien à perdre dans cette option, même si la mer devrait être un peu plus compliquées et si les manoeuvres seront beaucoup plus nombreuses pour l'équipage. Car en terminant la course, les trois concurrents seront sur le podium.

 

François Gabart skipper Macif, dans la vidéo qui explique le choix de la route : "C’est une trajectoire qui paraît plus rapide, un peu plus compliquée aussi, avec pas mal de manœuvres, des changements de voiles, trois transitions dans du vent faible à gérer. Mais qui ne tente rien n’a rien, et sur le papier, ça paraît être meilleur. Depuis le départ de Brest, on a rarement eu de grosses options stratégiques très différentes, ça a toujours été un peu fermé, c’est la première fois qu’on change vraiment de philosophie et qu’on se place différemment par rapport à un système météo. C’est intéressant, ça met du jeu et un peu plus de suspense". 

 

 

Franck Cammas, skipper du Maxi Edmond de Rothschild : "Ça ne change rien pour nous, on n’est pas aux mêmes endroits, pas aux mêmes moments ; notre route optimale n’est pas la même. En aucun cas, ça ne vaut la peine de prendre leur option en allant au sud-ouest".

 

Les écarts ont fait que d'augmenter toute la journée Actual est 304, contre 196 la veille et Macif, à 717, contre 347 milles hier à 20 h.Mais bon dans le cas de François Gabart et Gwenolé Gahinet, ce n'est pas maintenant qu'il faut regarder l'écart.

 

Avec cette météo capricieuse, à bord d'Actual Leader l'équiapge a commencé à faire un point sur l'avitaillement du bord. Car les estimations d'avant départ vont être à revoir à la hausse. Bon pour le moment rien d'alarmant, mais il n'est pas à exclure qu'un peu de rationnement soit au programme en fin de parcours.

 

Classement à 20 h :

 

1 Gitana 17

2 Actual Leader à 304 milles

3 Macif à 717 milles.

26/11/2019 : Vents instables et faibles pour Gitana 17 et Actual Leader dans l'option au Nord et un bon flux pour Macif dans son option à l'Ouest. Chacun reste sur ses options de route, l'écart entre Gitana 17 et Macif est encore grimpé de 200 milles et cela ne va pas focément s'améliorer dans les prochaines heures ce mardi soir, car François Gabart et Gwénolé Gahinet vont devoir passer par une zone très peu venteuse, avant de retrouver des vents de Sud plus fort. Mais sur l'autre option pas plus de vent, et sans doute pour beaucoup plus longtemps. C'est à partir de ce moment que l'on va voir Macif mettre le cap au N/O pour essayer de combler son retard et reprendre au moins la deuxième place du classement.

 

Franck Cammas, skipper du Gitana 17 : "C’est monotone, oui,  mais parfois, ça fait du bien d’avoir des journées sans manœuvres, où on peut checker le bateau et bricoler avant d’attaquer l’hémisphère Nord. C’est vrai que l’équateur nous paraît long à franchir, mais en même temps, on vient de loin, de Cape Town, ce n’est pas la porte à côté. On va se retrouver plus près de l'Amérique, que de l'Afrique".

 

Ronan Gladu, mediaman d'Actual Leader : "Nous sommes en train de contourner l’anticyclone de Sainte-Hélène par le nord, c’est laborieux. Les fichiers météo sont uniformes et donnent 10-12 nœuds de vent dans toute la zone, mais sur le terrain, c’est différent : très instable. Le vent est souvent plus faible que prévu, surtout dans « les molles », du coup, sous certains nuages, on se retrouve dans des trous d’air, où il n’y plus que 2-3 nœuds de vent. Et la pétole, c’est déjà pas « fun » sur un voilier à taille humaine, mais alors sur un Ultim ! Nous avons encore minimum 48 heures à avancer comme ça."

 

Gwénolé Gahinet co-skipper de Macif : "Quand on regarde la progression d'Actual, on voit qu'ils vont un peu moins vite par rapport à ce qu'on avait imaginé, c'est plutôt une bonne chose".

 

Classement à 20 h :

 

1 Gitana 17

2 Actual Leader à 383 milles

3 Macif               à 910 milles

 

27/11/2019 : Gitana 17 de Franck Cammas et Charles Caudrelier garde la tête de Brest Atlantiques au 23ème jours de course, avec une belle avance, mais en ayant perdu des milles au cours des dernières 24 heures. Entre les pointages de 20 h hier soir et celui de ce mercredi, Macif troisième, reprend 138 milles. Et il y a fort à parier, à regarder la trajectoire de Gitana 17, que l'équipage couvre sa position par rapport à Macif. Au cas ou...

 

Gwénolé Gahinet : "Co-skipper de Macif : "La nuit a été mouvementée avec un passage de front, pas mal de boulot de positionnement météo et un changement de voile. Hier soir, nous étions en approche du front froid avec un vent de nord/nord-ouest forcissant jusqu'à 22-23 nœuds, ce qui nous a permis de rester grand-voile haute et J2 pour le franchir. Le franchissement a été marqué par une rotation très rapide à gauche : 140° en 20 minutes, heureusement avec une force de vent plutôt faible. Le vent s'est assez vite établi au sud, ce qui nous a permis d'atteindre de bonnes vitesses et un bon bord qui nous rapproche enfin de Brest ! Il a fallu bien se positionner par rapport aux bandes de nuages sur les images satellites pour éviter les molles. Ensuite, nous avons envoyé le gennaker à 6h et glissons avec une bonne vitesse vers le nord-ouest, l'objectif est maintenant de se décaler dans l'ouest et d'empanner cet après-midi pour éviter le vent faible lié à la fin du front. A bientôt !".

 

Du côté de chez Actual Leader, on reste au contact, la météo clémente a permis à Yves Le Blévec et Alex Pella de se reposer, mais aussi d'effectuer tout l'entretien nécessaire pour posséder un bateau en parfaite état pour attaquer l'Antlantiques Nord et ses dépressions de décembre. Les équipages vont en effet, passer de l'été à l'hiver en 72 heures.

 

Le Maxi Edmond de Rothschil est à 185 milles de l'équateur en ce début de soirée. L'équipage du Gitana Team choisira t il de faire du Nord cette nuit et passer au petit matin dans l'hémisphère Nord ou prolonger sa route vers l'Ouest pour marquer François gabart et Gwénolé gahinet à bord de Macif ? Réponse au pointage de demain matin..

 

Pour Macif tout se déroule parfaitement et en fin d'après-midi, le trimaran a empanné pour mettre le cap au Nord à belle allure. L'écart devrait donc diminuer très rapidement dans les prochaines heures.

 

Yves Le Blévec, skipper d'Actual Leader : "C’est intéressant, parce que MACIF a pris une voie un peu différente, il est passé au sud de la masse la plus importante de l’anticyclone, c'était une route sur le papier plus rapide d’une dizaine d’heures, mais un peu plus compliquée : il fallait traverser un front, avec plus de mer. Nous, on a fait le choix d'une route moins performante, mais on sait que, vu les conditions dans lesquelles on navigue, on est à coup sûr à 100% du bateau, ça nous a aussi permis de s’occuper du bateau et de l’équipage pour affronter la dernière semaine de course. On a du mal encore à savoir comment ça va croiser avec MACIF, ce n’est pas impossible qu’il sorte devant nous, on verra, je pense que ça va se jouer dans les 24 heures". 

 

Classement à 20 h :

 

1 Gitana 17 

2 Actual Leader à 243 milles

3 Macif              à 772 milles

28/11/2019 : Le Maxi Edmond de Rothschild aura mis 24 jours pour franchir en premier l'équateur dans le sens du retour et être ainsi, la nuit dernière à 3 h 00, le premier concurrent de Brest Atlantiques à revenir dans l'hémisphère Nord. Quelques heures plus tard, le maxi trimaran était rallenti car il rentrait dans le fameux Pot au Noir. Mais ce dernier ne semble pas très actif et Franck Cammas et Charles Caudreliers auront gardé du vent toute la journée. Gitana 17 perd à peine 200 milles sur son avance par rapport à Macif lancé lui aussi plein Nord à pleine vitesse, après une nuit dernière compliquée et avec beaucoup de manoeuvres.

 

Franck Cammas : "On vient de passer du  J0 et J1. 45 minutes d'effort sous le soleil. On a parcouru un peu moins de la moitié de la distance théorique de la Zone de Convergence Intertropicale. On espère en sortir cette nuit, ou demain matin. Le soleil commence à baisser. Les spots d'ombre se font de plus en plus nombreux sur le bateau. On va enfin pouvoir respirer".

 

Gitana 17 devrait être sorti de la zone de convergence inter tropricale dans la nuit de jeudi à vendredi. François Gabart et Gwénolé Gahinet sur Macif ne gagneront pas leur pari pour revenir sur le leader de Brest Atlantiques. Par contre il y a toutes les chances qu'ils reprennent la deuxième place à Actual Leader d'Yves Le Blévec et Alex Pella vendredi matin. 

 

Actual Leader fait toujours route à l'Ouest ce soir.

 

Ronan Gladu, médiaman d'Actual Leader : "Les nouvelles d’Actual Leader, sous les tropiques ! Nous approchons de l’équateur, que nous devrions passer demain, dans la matinée. Franchement, on aimerait bien vous apporter un peu de chaleur : ici, le trimaran s’est transformé en four depuis quelques jours. Avec le vent faible et portant, on n’a jamais eu aussi chaud à bord. Mêmes les batteries et ordinateurs de bord ont trop chaud : les alarmes sonnent et les ventilateurs hurlent. Ces bateaux n’ont jamais été pensés pour le confort, encore moins pour les courants d’air ! Du coup, à fond de cale, ma bannette est impraticable, surtout après une charge moteur (le moteur est placé juste en-dessous, pour rappel!). La deuxième bannette est située entre la trappe de survie du fond (toujours ouverte!) et la trappe pour monter dans la cabane. A l’aide d’une chaussure coincée dans cette trappe, en haut de l’échelle, nous avons créé un mini fil d’air. Il est possible de le sentir de temps en temps, depuis la bannette. Un régal, le meilleur endroit du bateau à ce moment. Yves & Alex se relayent à la sieste ici. Ensuite on a essayé d’ouvrir les deux hublots de sécurité de chaque côté de la coque. C’est intimidant, de voir l’eau défiler si proche de nous. Mais on se dit que ça va le faire, la mer est calme, et c’est tellement bon ce courant d’air, d’un coup. Sauf qu’au bout d’un moment, une vague plus grosse que les autres rentre à l’intérieur, d’un coup, splash ! Ça m’est arrivé sur bâbord, alors que je travaillais, devant, sur mon ordi… puis c’est arrivé à Alex sur tribord, en pleine sieste en dessous ! Il faut donc se résoudre à refermer le hublot, se renfermer dans le four de carbone".

 

Classement de 20 h :

 

1 Gitana 17 

2 Actual Leader à 531 milles

3 Macif               à 746 milles

29/11/2019 : Toute la nuit de jeudi à vendredi ainsi que ce vendredi matin, Macif a grignoté quelques dizaines de milles pour être au pointage de 4 heures à 655 milles, au pointage de 8 heures à 614 milles et au pointage de 12 heures à 582 milles, soit quand même 249 milles de repris en 24 heures. Malheureusement pour François Gabart et Gwénolé Gahinet, le Maxi Edmond de Rothschild n’est quasiment pas ralenti par le Pot au Noir.

Pour rappel, le 24 novembre dernier, Macif était au moment de prendre son option Ouest à 320 milles derrière le Leader Gitana 17. On ne peut vraiment pas dire que cette option est été payante. Elle aura remis du sel dans cette dernière partie de Brest Atlantiques bien morose depuis Cape Town.

 

Macif est passé à l’équateur à 8 h 30 ce vendredi matin soit plus de 29 h 30 après Gitana 17. Actual Leader a suivi vers 11 h 30 en troisième position. La flotte peut maintenant se consacrer au dernier tronçon de la course, la remontée jusqu’à Brest de l’Atlantiques Nord.

 

Dans les prochaines heures Macif et Actual Leader vont rentrer à leur tour passer dans le Pot au Noir, mais ils seront peut ralentis eux aussi. Gitana 17 va poursuivre sa progression sur une route NO pour attraper les alizés et ne pas effectuer un gros détour vers les USA. En effet, il devrait pouvoir passer au-devant d’une dépression au plus près des Açores et faire route directe sur Brest. Ce qui ne sera pas forcément le cas pour Macif et Actual Leader.

 

Classement de 20 h :

 

1 Gitana 17 

2 Actual Leader à 565 milles

3 Macif               à 629 milles

 

François Gabart, skipper de Macif : "François Gabart "On a fait un décalage avec nos petits copains il y a trois quatre jours avec une traversée du front en deux temps qui nous permettait d’avoir du vent un peu plus fort et surtout un meilleur angle pour rentrer dans l’alizé. Ce n’était pas l’option la plus simple en termes de manœuvres et de transitions, mais ça nous paraissait la plus rapide, et je pense que c’était la bonne option. Quand on est partis dans notre option, on avait un petit retard sur Actual, là, on revient juste devant, donc on est plutôt contents d’avoir fait ça, c’était important de tenter dans la situation dans laquelle on était, ça a fonctionné comme on l’imaginait, c’était bien de tenter. Les conditions après le passage de l'équateur.« On est à l’approche du Pot-au-noir, on vient de passer 2° Nord, on a toujours du vent, entre 28 et 32 nœuds, normalement, il devrait mollir et refuser dans les heures qui viennent. Il fait grand soleil, avec des petits cumulus qui deviennent plus importants à l’approche du Pot-au-noir, ça glisse pas mal, il y a un peu de mer, ce n’est pas tout plat, mais ce sont des bonnes heures de navigation depuis 24-48 heures pour enfin exploiter la vitesse de nos bateaux. Le Pot au Noir a l’air d’être plutôt assez facile à traverser, la situation paraît a priori plutôt favorable, mais je reste super vigilant, on en reparlera quand on l’aura passé... On a eu pas mal de soucis qui nous ont notablement ralentis, mais là, au moment où je parle, on est quasiment à 95% du potentiel du bateau, ça fait du bien et ça fait plaisir, mais c’est sûr que pour nous, ça a été un gros enjeu pendant la course, on n’en a pas trop parlé. Il y a toujours moyen d’aller chercher le leader, même si on sait que ça va être compliqué. Ils commencent à avoir une bonne avance, on n’est pas tout à fait dans les mêmes systèmes météo, mais dans les routages, il y encore pas mal d’incertitudes sur nos diverses trajectoires."

 

Franck Cammas, skipper du Gitana 17 : "On est dans une phase de reaching dans les alizés en remontant vers le Cap Vert, il y a un peu de clapot de face qui commence à s’atténuer, c’était un peu brutal cette nuit, parce qu’on était à 25 nœuds face au clapot. Là, ça s’adoucit mais le vent est un peu plus fort, 18-20 nœuds. On essaie de ne pas trop tirer sur le bateau, mais on reste rapides, ce sont des allures où Edmond de Rothschild va vite, même si on n’a pas tous les jouets en main, ça marche encore pas mal. Il fait beau, il y a des poissons volants et beaucoup de vent apparent, donc on ne sort pas beaucoup du cockpit.  On était dans une zone sans aucune convection, il y avait juste des molles à passer, mais le vent n’était pas brutalement instable comme il peut l’être avec des orages et des grains noirs. Là, il n’y avait quasiment pas de grains, juste une toute petite pluie, le vent est quand même bien descendu à un moment, jusqu’à 6-7 nœuds, pendant quelques heures, mais le bateau est resté au-dessus de 10 nœuds et la rotation a été continue, il n’y a pas eu de gros changements de forces de vent, tout a été fluide par rapport au passage de Pot-au-noir qu’on a eu à l’aller. C’est toujours mieux quand les poursuivants restent derrière toi, il y a toujours un risque quand quelqu’un attaque par rapport au leader. On avait vu cette option ouest à un moment, même pour nous, mais on n’a jamais senti que c’était pour nous quelque chose d’intéressant. Il y avait quand même deux passages de transition à passer, il (MACIF) a eu une très bonne première transition, même s’il y avait un virement dedans, la deuxième a été un peu plus longue. On l’a surveillé, forcément, je pense que ça a été une réussite pour lui, parce qu’il a gagné une centaine de milles sur Actual, c’est la preuve que c’était une option intéressante, même si elle n’était pas simple. On ne regarde pas trop notre avance, on regarde surtout la situation par rapport aux phénomènes météo qui arrivent. S’il y a intérêt à continuer à avancer vite, il faut le faire, parce que ce qu’on cherche surtout, c’est un passage météo qui soit simple pour le bateau, où il y a le moins de risques pour sa préservation. Donc ce n’est pas le moment de mollir, je pense qu’il y a des trucs intéressants à prendre en vue de l’arrivée à Brest si on va assez vite et pour ne pas mettre le bateau dans des conditions compliquées. On réfléchira si on lève le pied dans les dernières 48 heures, mais ce n’est pas encore le moment. Notre première priorité est en tout cas de passer dans des endroits « safe » et de ne pas surcharger le bateau. On n’est par exemple pas à 100% à l’attaque dans les changements de voiles, on essaie d’anticiper et de ne pas sur-toiler le bateau, chose qu’on aurait pu faire les deux premières semaines. On a passé un peu de temps à faire un « check » du bateau avant le Pot-au-noir, à réparer ce qu’on pouvait, donc pour l’instant, on est assez confiants dans le bateau. Après, les casses, elles ne s’annoncent jamais, et forcément, toutes les pièces et tous les systèmes sont fatigués après 30 jours de mer, donc on n’est jamais à l’abri de casser. L’alizé est encore soutenu, au-dessus du Cap Vert, ça commence à mollir et à adonner, l’idée est de monter nord le plus vite possible vers les Açores pour attraper un front et se mettre à l’avant afin de nous permettre d’arriver à Brest dans un vent de sud. Ce serait le scénario idéal, mais le point délicat, c’est d’attraper ce vent de sud, il y aura une zone un peu de mou et de portant. C’est pour ça qu’on avance vite maintenant. Après, ce sera l’autoroute, mais pas forcément une autoroute simple, puisque ce sera du reaching dans 20-25 nœuds, donc ça ira vite, il faudra faire attention au bateau et gérer pour la fin. Si on arrive le 4, c’est qu’on aura eu une bonne météo, ce serait bien. »

30/11/2019 : Le Pot au Noir aura vraiment été clément pour les trois ultimes encore en course sur Brest Atlantiques. Ce matin Macif et Actual Leader en ont terminé avec cette zone qui aura été calme et ils auront toujours bénéficié d'un peu de vent.

 

Au classement de 16, inchangé, le Maxi Edmond de Rothschild, toujours aussi rapide vers le Nord pour attrapper l'avant de la dépression qui va le propulser vers Brest, passe sous la barre des 2000 milles à parcourir.

 

Yann Riou, médiaman sur Gitana 17 : "On est sur une route entre le Cap Vert et les Açores, avec un point de passage que l’on vise dans deux jours. L’enjeu est d’atteindre ce point de passage le plus vite possible pour attraper un front avec des vents favorables pour aller à Brest. Si on arrive trop tard, il faudra faire avec ce qu’il y a derrière, ce qui sera beaucoup moins simple pour le bateau et pour l’équipage. On fait donc tout pour avancer le plus vite possible dans des conditions qui sont malheureusement légères, il faut utiliser au mieux ce petit flux de vent".

 

Si tout se passe comme prévu pour l'équipage de Gitana 17, une arrivée mercredi matin à Brest est possible, avec une belle avance sur le second.

 

576 milles plus au Sud Macif essaye de rester au plus près, au cas où une opportunité se présenterait d'ici l'arrivée. Actual Leader à 727 milles fait sa course.

 

Jérémy Eloys, mediaman sur Macif : "Toute la fin de journée d’hier n’a pas été très rapide, il y avait peu de vent et une mer assez chaotique, c’était difficile d’avancer parce qu’on se faisait arrêter par les vagues. Par contre, on n’a pas eu de phénomènes très violents, à part un grain un peu fort avec 22 nœuds, ce Pot-au-noir n’aura en moyenne pas été dangereux et plutôt facile à gérer. Nous en sommes sortis vers 2-3 heures du matin".

 

François gabart, skipper de Macif : "Il va falloir faire de la vitesse et surtout bien choisir les options, répond François Gabart. Le jeu stratégique est assez ouvert pour nous, pas vraiment par rapport à Gitana qui a l’air d’avoir une situation assez simple et favorable, mais plus avec Actual, ça va être assez complexe, on a pas mal de possibilités sur l’Atlantique Nord".

 

Classement à 20 h :

 

1 Gitana 17

2 Macif                   à 578 milles

3 Actual Leader     à 732 milles

01/12/2019 : Un leader Gitana 17 , un groupe de deux poursuivants Macif toujours à la deuxième place, mais Actual Leader est étonnant et revient à une trentaine de milles en milieu de journée en ce 27ème jours de course et surtout deux systèmes météorologiques complètement différents.

 

Franck Cammas et Charles Caudrelier sur Gitana 17 ont réussi à accrocher le devant de la dépression qui va leur permettre de couper par les Açores et de rentrer directement sur Brest, avec deux jours avec des conditions difficiles et une arrivée pour mercredi à Brest si pas de problèmes techniques.

 

Un deuxième système à l'ouest des Canaries, avec peu de vent pour les deux poursuivants et un grand contournement par l'Ouest qui va allonger la route de Macif et Actual Leader, avec sans doute une arrivée à Brest en fin de semaine.

 

Si la première place est acquise au Maxi Edmond de Rothschild, rien n'est fait pour la deuxième et troisième place. Yves Le Blévec et Alex Pella sont sur les safrans de Macif. Les deux trimarans sont séparés ce soir par 18 milles ! 

 

Classement à 20 h :

 

Gitana 17

2 Macif      à 887 milles 

3 Actual Leader à 905 milles

02/12/2019 : Le sénario idéal pour le Maxi Edmond de Rothschild est en place. Franc Cammas et Charles Caudrelier ont positionné leur maxi trimaran au devant de la dépression qui va les emmener directement vers Brest. Et ça malgré la demande de François Gabart, qui hier soir par télévision interposée, demandait à l'équipge du Gitana 17 de s'arrêter aux Açores et de les attendre, pour arriver ensemble à Brest. Finalement ce lundi matin, Gitana 17 est passé entre les îlles de l'archipel des Açores à plus de 33 noeuds.

 

Pendant ce temps, Macif et Actual Leader font toujours route, mais au ralenti, au NO, pour aller chercher la dépression suivante. Il ne faut quand même pas perdre de temps pour bien se positionner au devant de celle-ci et ne pas la louper. Mais à bord de Macif, François Gabart et Gwénolé Gahinet sont sous la pression d'Yves Le Blévec et Alex Pella, toujours aussi bon en cuisine à très haute vitesse, à bord d'Actual Leader qui reste au contact. Il faudra attendre l'arrivée à Brest pour connaître de quoi souffre Macif...

 

Gitana 17 était ce soir à 800 milles de la ligne d'arriver qu'il devrait couper mercredi en fin de matinée.

 

 

Gwénolé gahinet, co-skipper de Macif : "On est obligés de traverser une dorsale anticyclonique pour aller retrouver la dépression suivante qui nous emmènera jusqu’à Brest si on se dépêche. Ça va être assez serré, il va y avoir un regroupement entre nous et Actual, les écarts vont être très très faibles, il va falloir se battre à fond jusqu’au bout. Ça donne pas mal d’enjeu sur cette fin de course, il va falloir être en pleine forme et ne rien lâcher, parce que ça va se jouer à pas grand-chose".

 

Yves Le Blévec, skipper d'Actual Leader : "On a des hublots qui fuient, c’est vraiment désagréable, quelque chose qui pourrit l’existence. Il y a une fuite dans notre couchette, on est en train de transformer notre bannette en water bed".

 

 

Classement à 20 h :

 

Gitana 17  à 809 milles de l'arrivée

2 Macif      à 1392 milles 

3 Actual Leader à 1415 milles

03/12/2019 : Dernière journée en mer pour les leader de Brest Atlantiques qui progressent toujours rapidement plein Est en direction de Brest. Ce matin à 8 heures le Maxi Edmond de Rothschild était à 30 noeuds à 450 milles de l'arrivée. Au pointage de 16 h il restait à Franck Cammas, Charles Caudrelier et Yann Riou, 200 milles à parcourir. Gitana 17 filait encore à 26 noeuds; Mais le vent va peu à peu tourné et la mer se lever ce qui va ralentir le maxi trimaran. L'arrivée à Brest est toujours programmée pour demain matin. 

 

Du côté de Macif et Actual Leader, ont fait enfin de la route au Nord, mais toujours pas de très hautes vitesses pour le moment. Les deux maxi trimarans se trouvent à plus de 1700 milles du leader et devraient pas arriver à Brest avant samedi.

 

Au pointage de 20 h, Gitana 17 était à 23 noeuds à 120 milles du but.

04/12/2019 : Les dernières heures ont dû être longues pour Franck Cammas, Charles Caudrelier et Yann Riou à bord du Maxi Edmond de Rothschild ! A 7 h 30 le maxi trimaran était au Nord de l’île de Sein à moins de 25 milles de la ligne d’arrivée devant Camaret à 10 nœuds avec 8 à 9 nœuds de vent. Mais il faudra attendre 10 h 24, après 28 jours 23 heures et 24 minutes pour voir Gitana 17 franchir la ligne d’arrivée. Un trio heureux de cette victoire, qui va ensuite mettre le cap sur la rade de Brest  et son port pour fêter dignement, à l’heure de la pause déjeuné, cette belle victoire sur la première édition de Brest Atlantiques. Les poursuivants sont loin, Macif toujours deuxième est à 1524 milles de Brest et Actual Leader à 1629 milles. Mais les deux trimarans foncent à 30 et 27 nœuds, après avoir accroché le devant d’une nouvelle dépression dans l’Ouest des Açores. Leurs arrivées étant prévues pour samedi prochain.

 

Une victoire totale pour Franck Cammas et Charles Caudrelier, dès les premières heures de course le Maxi Edmond de Rothschild a pris les commandes de la course. C’est lors de l’escale technique au Brésil, que Macif et Sodebo Ultim’ 3 ont repris les commandes de la course. Mais très rapidement, Gitana 17 a repris le commandement, pour ne plus jamais le quitter. Sans l’escale à Salvador de Bahia pour réparer le plan porteur de la dérive centrale, la course aurait sans doute moins animée. En effet, il est fort possible que le maxi trimaran du Gitana Team aurait pu s’engouffrer en direction du Cap, pour passer avant que l’anticyclone bouche la route. Une belle première grande victoire sur une course océanique sur les deux Atlantiques. Une victoire qui vient couronner deux ans de développement de cette magnifique machine signé Guillaume Verdier et du bureau d’étude du Gitana Team. Avec à son bord un duo de grands talents et au palmarès déjà très très important pour les deux marins, qui rajoutent une ligne à leurs palmarès.

 

Le Maxi Edmond de Rothschild semble en bon état général, un safran à bien un peu souffert, mais aucune information n’a été communiqué pour le moment.

 

Franck Cammas , skipper du Gitana 17 : "Ça a été une course super difficile, il y a eu des hauts et des bas, mais ça s’est super bien passé. Avec Charles, on a été performants, c’est top. On s’est battus du début à la fin, on est toujours ravis d’avoir ses concurrents loin derrière. Notre complicité paie, on apporte chacun un plus à l’autre, Charles a vraiment été très bon, je suis ravi, on a fait un bon binôme. C’est un bonheur d’arriver comme ça après une course aussi intense, avec plein de péripéties et d’aventures. On a quand même beaucoup bossé sur le bateau pour que ça avance, cela a été 30 jours intenses et une victoire à la fin avec nos concurrents qui sont loin derrière. On en profite aujourd’hui. Je crois qu’on n’a jamais molli. Dès les premières heures de course qui étaient difficiles, on a été à la barre pendant tout le Golfe de Gascogne. Les premiers jours ont été assez intenses, avec nos concurrents qui se battaient bien autour de nous, avec des empannages, des manœuvres, des changements de voiles… Ensuite, on a eu nos petites péripéties techniques chacun de notre côté au niveau du Cap Vert, il a fallu s’arrêter à Bahia, mais au final, on est très contents d’avoir fait cet arrêt pour repartir avec un bateau en parfait état qui nous a donné beaucoup de bonheur et de plaisir. Ensuite, on a eu d’autres petits soucis dans le sud, mais au final, on est devant et on est restés rapides jusqu’au bout, c’est déjà bien d’avoir un bateau dans cet état-là après 30 jours de mer. Les bateaux ont beaucoup progressé ces dernières années en fiabilité. Pour les prise de décision, On se bat ! (rires). Non, c’est bien d’être deux, parce qu’on échange beaucoup, et même si on n’est pas toujours d’accord, ça permet de se challenger pour trouver la solution optimale. On a une vraie confiance l’un dans l’autre, Charles a été très bon, il m’a poussé parfois, j’espère aussi l’avoir poussé, pour pouvoir avancer le plus vite possible. Il ne faut pas croire qu’il est très au-dessus. Lors des premiers jours, on a vu que c’était serré, notamment avec MACIF qui n’avait pas pris la même option. On a tous eu notre lot de galères, on verra comment il a été handicapé, parce que je crois qu’il a été bien handicapé à partir de Rio. Ce qui est sûr, c’est que sur la moitié de la course, nous avons été plus rapides. Dans les conditions de mer que nous avons eues dans le Sud, dans les quarantièmes, ce bateau était plus facile, parce qu’il est très haut sur l’eau, raide et fiable, ce qui fait qu’on ose attaquer dans les conditions difficiles. Après, dans les conditions plus légères, dans les alizés, MACIF aurait dû être plus rapide. Je crois aussi qu’on a bien joué en météo, nous sommes passés dans des coins où, sans Marcel à terre et ses images satellite, on ne serait pas forcément passés, on a raccourci notre route énormément. Nous avons fait deux passages extraordinaires dans le Pot-au-noir, et sur les trois derniers jours, nous avons pu attraper un front à cinq heures près, ce qui nous a permis de faire une route quasiment directe vers Brest. C’est aussi là-dessus que nous avons gagné, pas seulement sur la vitesse du bateau. Je pense franchement que ça été une course tellement difficile que le fait de voir les bateaux en ressortir presque intacts et encore très rapides à la fin fait que le test est réussi. Et de toute façon, quand on fait de la course au large sur des prototypes, le challenge est permanent, tous les bateaux ont besoin de temps pour être mis au point. C’est la vie normale, il ne faut pas croire que quand il y a des casses, ce n’est pas normal, au contraire".

 

Charles Caudreliers, co-skipper du Gitana 17 : "Les dernières heures ont été longues, avec pas beaucoup de vent, on a un peu attendu pour arriver au bon moment, avoir un peu de spectacle et partager ça pas tout seul. C’est magnifique, cette côte est sublime, j’ai adoré la dernière nuit, parce que nous sommes passés dans tous les endroits où j’ai appris à naviguer, c’était du plaisir de traîner dans le coin. Je suis amoureux de ce bateau, depuis le premier jour, je l’aime, je n’ai jamais pris autant de plaisir, tous les jours, j’ai envie de naviguer dessus. Je crois qu’on peut dire que c’est le plus beau bateau au monde, c’est le premier qui a été dessiné pour voler au large, il est juste magique. C’est une grande satisfaction, un bonheur énorme pour nous et pour toute l’équipe. Quand le Maxi Edmond de Rothschild a été lancé en mode volant il y a quatre ans, c’était très audacieux, il y a eu des moments difficiles, mais aujourd’hui, on prouve que c’est la bonne voie et que c’est l’avenir, avec ce bateau exceptionnel et magique qui marquera l’histoire de la course au large. Le bateau n’est pas à 100% de sa performance, il allait un peu moins vite que ce qu’on voulait, on n’a pas autant volé qu’on l’aurait aimé, mais franchement, il aurait pu faire encore quelques milles en allant vite et il est intègre. C’est déjà une belle réussite d’avoir fait 30 jours à cette vitesse-là, on est très fiers d’avoir prouvé qu’il pouvait tenir 30 jours. On peut encore progresser, mais vu la météo qu’on a eue, c’est un très bon résultat. Et ce n’est que le début…Les décisions, En faisant le bilan, je me disais que nous n’avons parfois pas été d’accord, parce que nous avons quand même tous les deux un caractère assez fort, mais finalement, on a souvent pris les bonnes décisions, on a bien réussi à se challenger. Et on n’était pas deux, on était trois avec quelqu’un qui nous a suivis à terre jour et nuit pendant 30 jours, qui a lui aussi un gros caractère (leur routeur Marcel Van Triest), nous avons eu de bonnes discussions, mais constructives. Oui, en un mois de course, on a vu tout ce qu’il pouvait se passer autour de la terre, on a même gouté aux quarantièmes. Même si on n’a pas eu les longs surfs sur la grande houle, on était quand même dans le froid et dans le vent. Et sur l’Atlantique, à l’aller et au retour, toutes les saisons défilent, on a eu toutes les situations météo possibles, donc c’est forcément très intéressant. Et c’est d’ailleurs assez épuisant à bord, parce que toutes les douze heures, on rentre dans d’autres systèmes météo, avec un stress différent à chaque fois. C’est vraiment une course qui n’est pas facile, j’ai trouvé que c’était une des plus difficiles que j’ai faites, c’est même plus difficile qu’un record, parce qu’on a en plus nos adversaires pour nous challenger en permanence, ce qui nous oblige à toute le temps pousser le bateau. On ne peut pas se réfugier derrière une météo bonne ou mauvaise, parce qu’on a tous la même. J’ai fait deux tours du monde sur un Volvo 65, j’avais pris du plaisir sur la course, mais pas énormément sur ce bateau. Là, on est sur ce qui se fait de mieux, on parle de Formule 1. Et c’est vrai que ce bateau m’a redonné le goût de naviguer, j’ai tout le temps pris du plaisir, on découvre plein de choses, j’ai l’impression d’apprendre sans arrêt, parce c’est une nouvelle façon de naviguer, je n’avais jamais volé avant de mettre les pieds sur ce bateau. Donc oui, c’est un bonheur, je me sens bien sur ce bateau, en sécurité, et il y a encore plein de choses à faire, on a plein d’idées en tête. Franck a 12 000 idées à la seconde, je pense que ce bateau est au début de son évolution et on a encore plein de choses à faire. Elle tient une belle place. Ce qui m’a donné envie de faire de la voile, c’est le Figaro et c’est le multicoque, Laurent Bourgnon sur la Route du Rhum notamment. J’ai toujours rêvé d’être sur un multicoque en solitaire, ça va venir un jour, je crois (il doit faire la Route du Rhum 2022 sur le Maxi Edmond de Rothschild). C’est donc mon rêve de gosse qui se réalise, ça m’a pris du temps, il a fallu que je bosse beaucoup pour en arriver là, mais aujourd’hui, je suis très heureux et très fier d’être là, et j’espère avoir encore de belles aventures sur ce bateau".

 

Yann Riou, médiaman de Gitana 17 : "Avec Franck et Charles, ça s’est super bien passé, on se connaissait bien, puisque ça fait dix ans qu’on navigue ensemble, mais ils réussissent encore à me surprendre parfois. Par rapport à la Volvo, c’était différent, parce qu’on a beaucoup moins de clients à notre disposition, mais ils ont vachement bien joué le jeu, ils ont toujours été disponibles quand je les sollicitais. Les stress sont aussi très différents. Sur la Volvo, il y a un inconfort permanent, parce qu’on est toujours mouillés, dans un espace fermé et clos dans lequel on ne peut pas vraiment s’asseoir, ce n’est pas très agréable. Sur « Brest Atlantiques », c’est une autre forme de stress, essentiellement liée à la vitesse. Ça vibre et ça bouge beaucoup, ce n’est pas toujours reposant. Il y a eu des moments difficiles, notamment les premiers jours après Rio, la vie à bord était vraiment compliquée, j’ai été quand même éjecté de ma bannette. Il y a une autre forme de complexité qui est la longueur de la course, même si l’avantage par rapport à la Volvo, c’est que comme on va beaucoup plus vite, on traverse les systèmes météo et on change d’ambiance beaucoup plus rapidement, on ne reste pas une semaine dans les mêmes conditions. Une anecdote ? Juste avant d’arriver à Cape Town je voulais absolument filmer les côtes sud-africaines au coucher du soleil, j’ai profité d’un moment où ils prenaient un ris pour envoyer le drone parce que le bateau avançait un peu moins vite, et il s’est avéré que je n’arrivais plus à suivre le bateau avec le drone. Franck a alors accepté de ralentir un peu le bateau, très très peu, pour le rattraper". 

 

 

Quelques chiffres :

Temps de course : 28 jours 23 heures 24 min et 46 sec

Milles parcourus : 17084 milles

Vitesse moyenne : 24.57 noeuds

 

 

Classement à 20 h :

 

1 Gitana 17 arrivé en 28 jours 23 heures et 24 minutes

2 Macif à  1331 milles de Brest

3 Actual Leader à 1405 milles de Brest

 

Sodebo Ultim' 3 abandon

 

05/12/2019 : La bataille pour la seconde place fait toujours rage entre les Açores et Brest entre Macif toujours second avec 75 milles d'avance en début de journée et Actual Leader qui tient la cadence et revient ce soir à 25 milles. Macif a empanné au Nord et Atual Leader devrait limiter dans les prochaines heures. 

 

Yves Le Blévec et Alex Pella, poussent fort leur trimaran, car une petite option dans les prochaines heures pourrait leur être défavorable, avec un bord à tirer en plus en mer d'Irlande.

 

A bord des deux trimarans encore en course, l'ambiance à l'air vraiment bonne et à bord d'Actual Leader dans les vidéos diffusées, et malgré la fatigue, ce long moment en mer à l'air de bien leur réussir.

 

L'arrivée est toujours prévue dans la nuit de vendredi à samedi.

 

 

Gitana 17 a déjà quité Brest, direction Lorient pour entrer en chantier.

 

Classement à 20 h :

 

1 Gitana 17 arrivé en 28 jours 23 heures et 24 minutes

2 Macif à  707 milles de Brest

3 Actual Leader à 732 milles de Brest

 

Sodebo Ultim' 3 abandon

06/12/2019 : Le duel se confirme à quelques heures de l'arrivée à Brest pour Macif, toujours deuxième de quelques milles et Actual Leader, qui a créé un petit décalage dans le Nord durant la journée. Les deux équipages ont enchaîné les empannages pour gagner à la fois dans le Nord et aussi vers Brest. Après 31 jours et 11 heures de course François Gabat et Gwénolé Gahinet restent sous la menace d'Yves Le Blévec et Alex Pella.

 

Le vent va peu à peu tomber à l'approche de la côte, l'arrivée est annoncé entre 4 et 8 heures samedi matin.

 

Christian Dumard, analyste météo et routeur : "Christian Dumard, « le jeu d’Actual Leader dans les dernières heures de course est de tenter de créer du décalage en latéral par rapport à MACIF, parce que s’il suit la même route, il a très peu de chances de revenir. De son côté, MACIF a tout intérêt à chercher à le contrôler".

 

La bataille finale dans les petits aires va être sympatique à suivre... 

Classement à 20 h :

 

1 Gitana 17 arrivé en 28 jours 23 heures et 24 minutes

2 Macif à  178 milles de Brest

3 Actual Leader à 198 milles de Brest

 

Sodebo Ultim' 3 abandon

 

07/12/2019 : Macif au petit matin, après 31 jours et 20 heures de course, puis Actual Leader à l'heure du déjeuné, après 32 jours et 1 heure de course, ont pris la deuxième et troisième place de la première édition de Brest Atlantiques.

 

Retour photos sur l'arrivée de Macif

 

D'un côté l'équipage de Macif qui n'a pas pu disputer la course qu'ils auraient souhaité suite à quatre impacts avec des OFNI, qui lui font perdre 2 safrans de coque centrale, la dérive de coque centrale et un impact dans un foil. Pourtant avec ses avaries depuis quasiment Rio, François Gabart, Gwénolé Gahinet et leur médiaman Jérémy Eloy prennnet une belle deuxième place à trois jours du vainqueur Gitana 17 en 31 jours 20 heures 43 min et 50 sec.

 

L'équipage de Macif a été handicapé dès le Cap Vert avec deux touchettes, une sur le safran qui a été changé à Rio et une autre sur la dérive centrale peu avant l'arrivée pour l'escale Brésilienne. Une dérive qui perd son aile de raie et un quart de sa longueur. Mais les OFNI, ne vont pas s'arrêtés là, puisque peu de temps après être reparti de Rio, le safran central est de nouveau arraché et un safran de flotteur est déconnecté du système de barre... sans oublier au large de la Namibie le foils qui est à son tour  touché. Ce n'est pas une suprise vu le manque de performance du trimaran. Mais l'équipe ne souhaitait pas communiquer sur ces avaries... 

 

François Gabart, skipepr de Macif : " Elle fait plaisir parce que ce n’était pas gagné, cette histoire. Nous avons eu des petits soucis, il a fallu se battre jusqu’au bout. Ça aurait pu s’arrêter bien avant. On a perdu un bout de dérive au Cap Vert, un safran avant Rio, un autre safran après Rio, un foil après Le Cap, on a six appendices, on a tapé quatre fois, à un moment, on n’a plus trop d’appendices pour diriger le bateau, donc c’est déjà cool d’être arrivés à Brest et d’avoir pu jouer la deuxième place. On aurait évidemment aimé jouer la première, mais ce n’était plus possible. Par contre, nous avons eu le plaisir d’avoir une autre compétition avec Actual Leader et on s’est régalés ces dix derniers jours dans ce jeu qu’on a eu avec eux. Au large du Cap vert, au quatrième ou cinquième jour de course, on tape et on perd le safran central. On continue à naviguer sans, en prévoyant une escale à Rio où l’équipe à terre a récupéré le safran de Banque Populaire après l’avoir modifié. Deux ou quatre heures avant d’arriver à Rio, on tape à nouveau et cette fois la dérive. Là, on a perdu tout le bas de la dérive, le plan porteur et environ 20-25% de dérive. A Rio, on constate les dégâts, on la sort, on voit qu’on ne peut pas repartir avec la dérive telle quelle, mais on ne peut pas non plus faire grand-chose parce qu’on a anticipé, sinon il aurait fallu rester cinq jours à Rio, donc l’équipe l'a découpée et on est repartis avec trois quarts de la dérive de base et une découpe assez sommaire, qui n’a pas super bien tenu, dans le sens où, 24-48 heures après être repartis de Rio, dans des conditions assez délicates, toute la peau bâbord de la dérive s’est arrachée. Donc en bâbord amure, on s’est retrouvés avec une petite dérive qui ne marchait pas très bien. Quelques jours après, vers Gough Island, on retape le safran central qu’on avait mis à Rio, donc on le reperd. Et quelques heures après, et ça, c’était assez inconfortable, on a perdu la connexion entre la barre et le safran de flotteur tribord, ce qui fait qu’on s’est retrouvés à un moment donné sans safran central ni safran tribord dans une mer assez difficile. On a fini jusqu’au Cap avec juste le safran de flotteur au vent, c’était un peu bizarre comme navigation. On s’est ensuite arrêtés au Cap, soit on attendait une semaine pour récupérer un safran central, soit on repartait sans, on a pris la décision de repartir sans, l’équipe a quand même continué à travailler sur le sujet en se disant qu’on pouvait éventuellement en remettre un sur une escale à Recife, au Cap Vert ou aux Açores. Et 48 heures après être repartis du Cap, on a tapé le foil tribord : le bord d’attaque du foil et tout le système de rake se sont arrachés, on avait aussi de l’eau qui rentrait. C’était le quatrième impact. Dans notre malheur, on a eu la chance que même si à ce moment-là, on était dans dans du bâbord amure au large de la Namibie, on savait que pour remonter jusqu’à Brest, il y avait 70-80% de tribord, donc qu'on allait être moins impactés. Mais sur les quelques bords bâbord, on a beaucoup perdu par rapport à Actual, notamment après la Namibie, on n’avait plus d’appui sur le foil. Oui, il n’était pas simple à mener et c’était hyper frustrant, parce que tu as un bateau capable d’aller super vite à l'entraînement et là, il n’avance pas. C’est dur, parce que déjà, ce n’est jamais agréable d’abîmer un bateau, ensuite, c’est frustrant et c’est quasiment depuis un mois que c’est comme ça. Cette frustration a été super dure à vivre.Tout simplement l’envie de revenir à Brest. Et mine de rien, il y avait quand même du jeu avec Actual. Ce n’était pas simple mais on voyait qu’on pouvait naviguer jusqu’à Brest avec un niveau de sécurité satisfaisant et jouer cette deuxième place, on n’a pas de regrets, parce que nous sommes allés la chercher, nous sommes contents et très fiers de cette deuxième place. On ne prend pas l'option Ouest en fonction de l'arrêt possible à Récif pour une troisième escale, car il y avait 9 chances sur 10 qu'on ne s'y arrête pas. Ce n’était pas une course simple, parce que nous avons eu des conditions compliquées, nous n’avons d’ailleurs pas été très très vite. Par contre, il y avait des contraintes, à Rio, au Cap, si bien qu’on s’est retrouvés à naviguer dans des endroits pas simples. S’il n’y avait pas eu le passage à Rio, je pense qu’on aurait peut-être trouvé des trajectoires un peu plus faciles. C’était un parcours difficile, mais je pense que pour la classe Ultim 32/23 dans sa globalité, c’était intéressant, nous avons appris beaucoup de choses. ".

 

Gwénolé Gahinet, co-skipper de Macif : "On peut dire un grand merci à toute notre équipe, parce que c’est aussi grâce à elle qu’on a aussi tenu. Ils en ont bavé avec toutes ces avaries. A chaque nouvelle avarie, ça prenait des allures de mission spatiale en sauvetage. On leur disait : « On a encore cassé, comment on fait ? ». Ils imaginaient des procédures de réparation, de pompage, de changement de safran en allant en récupérer chez les autres équipes, ça a été assez intense pour eux et on peut leur dire un grand bravo. L’option était bonne, bravo à notre équipe de routage qui nous a vraiment bien conseillés là-dessus. Ce n’était pas évident. On a passé trois-quatre jours où on investissait vraiment dans l’ouest, on ne s’approchait pas vraiment de Brest, c’était un peu dur de tenir le cap au début de cette option, mais au final, ça a bien payé. C’était une petite fierté que ça passe. Oui, on a eu quelques jours vraiment durs, c’était dur de voir le bateau souffrir comme ça, ce ne sont pas vraiment des bateaux faits pour le près et il y en avait pas mal dans de la mer vraiment horrible. En plus, c’était compliqué de trouver la bonne vitesse pour ne pas trop faire souffrir le matériel, on était quelque part un peu obligés d’aller vite, parce qu’on avait besoin de rester en avant de la dépression. Au niveau de la vie à bord, c’était vraiment inconfortable. On était contents d’attaquer une portion plus sympa après. C’était top ! C’est vrai qu’il faut s’adapter à l’espace un peu confiné, mais je pense qu’on a bien trouvé nos repères assez vite. Avant de partir déjà, on était confiants, en un mois, on a connu pas mal de galères, et à chaque galère, on a réussi à l’aller de l’avant, à garder le moral, c’était vraiment bien. on a aussi échangé sur plein de sujets, sur plein de passions en commun entre la montagne, les sports de glisse… on avait pas mal de choses à se raconter. C’était très très beau au large de la Namibie, nous avons eu le temps quand même de regarder un peu. Et c’était super sympa de voir autant de vie marine, avec plein d’oiseaux, des phoques, des baleines, c’était vraiment magnifique, tout ça avec un décor désertique, c’était assez incroyable".

 

 

De l'autre l'équipage d'Actual Leader qui montent sur le podium, après n'avoir effectué aucun arrêt et parcouru la plus courte distance des trois ultimes encore en course. Yves Le Blévec, Alex Pella et leur médiaman Ronan Gladu montent sur la troisième marche du podium en ayant concervé leur rythme fixé au départ sans se préocuper des autres concurrents. Le résultat est là.

 

Un équipage d'Actual Leader, forcément heureux de monter sur le podium de cette première édition de Brest Atlantiques. Une course qu'ils teminent en 32 jours 1 heure 29 min et 22 sec.

 

Yves Le Blévec, skipper d'Actual Leader : "Enfin à Brest, trop peu de vent cette nuit, on a fait une course un peu incroyable, pas de temps mort. Le rythme était soutenu, mais on est content on a garder le rythme prévu au départ. On c'est mis à un seuil qu'on pensait raisonnable. Je pense qu'on on n'a pas vécu la course de la même façon. Le duel avec Macif, la seul façon était de continuer à naviguer avec un bateau en parfaite état pour tirer notre épingle du jeu. Le bateau à part quelques petites bricoles est intact, il peut repartir maintenant. C'était dure, les bateaux sont très puissant, très physique, il faut les manœuvrer sans cesse. Même si tu essaye d'être très malin, de pas tout défaire à chaque fois, ça reste difficile pour les mener à 100%. Sinon c'était super, le fait d'avoir quelqu'un à bord qui raconte l'histoire, c'est vraiment parfait, Ronan n'avait aucune limite pour raconter ce qui se passait à bord. On a noté quelques lignes sur la job liste et notamment la ventilation du bateau, car la chaleur est très éprouvante. Rio face à la mer, on a vraiment levé le pied, car les conditions étaient vraiment là pour tout péter le bateau.  C'était très inconfortable, à chaque vague, tu te demandes ce qui va casser, c'est vraiment pas des choses agréables. On aurait préféré être quatre sur quatre, mais trois à l'arrivée c'est parfait et surtout pour nous un podium. Ce qui était inespéré, surtout, c'est d'avoir été dans le match à plusieurs reprises. Le boss de Brest Atlantiques, c'est Gitana, ils ont maîtrisé du début à la fin, c'était leur course, ils ont maîtrisé leur vitesses, leurs trajectoires. La collaboration avec le routeur est une histoire incroyable, on peu l'appeler n'importe quand, Christian il a toujours la réponse, c'est vraiment bien.Il n'y a pas de désaccord avec Christian, le routeur s'adapte au marin, il y a un vrai échange. C'était incroyable, ce bord le long du désert du Namib ! On est passés dans des endroits où personne ne va jamais, c’était dingue. Au début, quand on est arrivés sur la côte, je pensais que c’étaient des nuages, parce que c’était blanc, mais en fait, en s’approchant, on a vu que c’étaient des dunes de sable, c’était magique. On est passés devant une sorte d’Etretat avec une énorme arche. S’il y a une image de cette course, c’est celle-là, le fond d’écran de mon ordi, je l’ai !". 

 

 

Alex Pella, co-skipper d'Actual Leader : "C’est déjà d’être au départ, mais aussi d’être ici aujourd’hui. Quand Yves m’a proposé de venir, il m’a décrit la course, ça s’est exactement déroulé comme il me l’avait dit. On est vraiment contents de notre parcours, tout l’ensemble a donc été un bon moment. Après, comme l’a dit Yves, ce sont quand même des bateaux très exigeants, physiquement et mentalement, il y a beaucoup de stress, le bateau part souvent en survitesse dans des mers croisées. Parfois, c’était difficile, parce que le bateau tapait dans les vagues et les autres partaient parce qu’ils passaient mieux dans les vagues. Il fallait donc arriver à rester sereins, à ne pas s’emballer, en se disant que ça allait le faire après. Et en fait, on a tout le temps fait l’accordéon, on a toujours été dans le paquet, donc ça, ça reste de bons moments. Et il y a eu la cuisine du calamar qui était vraiment sympa".