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A l'entrée du Grand Sud

Les 31 solitaires encore en course, suite à l'abandon du grand favoris, Alex Thomson sur Hugo Boss, hier suite à une avarie de son système de safran détruit par du matériel de pêche, poursuivent leurs descentes vers les mer du Sud.



Et cette descente est laborieuse pour l'ensemble de la flotte du Vendée Globe 2020, manque de vent, et un anticyclone de St Hélène qui s'étale sur les 3/4 de l'Atlantique Sud. Un détour interminable. 21 jours après le départ des Sables d'Olonne, Charlie Dalin sur Apivia mène la course avec près de 300 milles d'avance sur son second Thomas Ruyant sur LinkerOut. Une tête de flotte qui se trouve encore à 500 milles de la longitude du Cap de Bonne Espérance. Et derrière le leader, il n'y a plus de bateau de la dernière génération capable de contester ce leadership. En effet Thomas Ruyant à du se résoudre à scier un de ses foils qui risquait en cas de rupture non contrôlée de mettre en danger soit son gréement, soit la coque. Hugo Boss, avant son problème de safran et son abandon, a été à l'arrêt pour réparer plusieurs cloisons structurelles fissurées, L'Occitane en Provence, handicapé dès le départ par un problème de Hooks, n'a depuis qu'essuyé des zones sans vent et se situe à plus de 2300 milles à la 23ème position, DMG Mori est 31ème suite à sa grand voile déchirée et Jérémie Beyou sur Charal reparti, après une escale technique aux Sables de 7 jours, vient de passer l'Equateur en dernière position à plus de 3300 milles de Charlie Dalin. Sans oublier l'abandon de Corum sur démâtage; (Le monocoque est déjà près à être embarqué sur un cargo pour revenir en France). Il reste Sébastien Simon sur Arkéa/Paprec, en 7ème position à près de 500 milles, auteur d'une course très sage depuis le début, peut-être et surement déjà bien éprouvé par les casses à répétitions de ses foils avant le départ du Vendée...

Non il faut compter sur la génération des foilers d'il y a 4 ans pour animer la course, avec un étonnant Louis Burton sur Bureau Vallée 2 (6ème) et d'un Yannick Bestaven sur Maître Coq IV (5ème). Ou encore des trois foilers "bodybuildés" de Kévin Escoffier sur PRB (4ème), Boris Herrmann sur SeaExplorer (8ème) et bien sûr Samantha Davies sur Initiatives Cœur (11ème). Pour ses trois là, les problèmes semblent les épargner, semble, car il est bien difficile de savoir ce qui se passe à bord... Les skippers, pour la majorité, étant bien occupés à nous diffuser des images, de cuisine, de couchés de soleil, de poissons volants, de sillages quand le vent soufflent dans les voiles, mais bien peu d'éléments en fait, de leur course. Et pourtant de l'image, il y en a !


Un extramarin !


Un marin continu d'étonner, Jean Le Cam, sur Yes We Cam, un bateau de 2007. Certes bien optimisé, à dérives droites et qui occupe la 3ème place de ce Vendée Globe. Le Roi Jean est sur le podium depuis le départ et ne lâche rien, une trajectoire parfaite (en dehors du gros dodo dans le golfe de Gascogne qui l'a emmené à 7 milles de la côte), une trajectoire sans doute la plus courte de la flotte. Oui les conditions n'ont pas toujours été favorables aux foilers, mais le métier parle.



Banque Populaire X


Clarisse Crémer fait sa course depuis le départ, quelques problèmes techniques, mais rien de bien grave, et petit à petit, elle rentre dans sa course, 17ème à 880 milles ce dimanche après-midi du leader.



Le Grand Sud


Le temps change à bord des IMOCA60, fini l'été, les températures ont chuté ces dernières heures et le train des dépressions ne va pas facilité à réduire l'écart avec la tête. Charlie Dalin devrait partir dans le premier wagon, sans personne à bord. Reste à contrôler la cadence et éviter les pépins mécaniques...



Kévin Escoffier, skipper de PRB : "C’était une belle nuit, ça allait vite, la mer s’est formée un peu aussi. Je suis au portant depuis quelques heures déjà. J’ai essayé de glisser un peu plus que les petits copains, ça a plutôt pas mal marché car j’ai glissé en étant le plus rapide. Par contre je n’ai pas été assez patient ce matin, j’aurais dû attendre un peu plus la bascule pour faire mon empannage. Du coup je refais un petit contre-bord car la gauche ne venait pas. Je vais perdre un peu mais c’est comme ça… Après ça ne me dérange pas de refaire ce contre-bord, ça me permettra sans doute d’avoir moins de vent dans les jours à venir au passage de Bonne Espérance car les conditions s’annoncent assez fortes. L’entrée dans l’Indien va être un gros morceau, il va falloir être prudent. Les conditions en ce moment sont vraiment sympas, ça va vite, ça commence à ressembler à des mers du sud quoi ! J’ai aussi une pensée pour Alex Thomson. Il avait tout mis en œuvre pour repartir suite à sa première casse structurelle à l’avant et là c’est un problème de safran qui l'arrête. Je ne sais pas si c’est du même ordre que ce qu’a eu Charal comme ce sont des bateaux très proches en termes de design. En tout cas c’est toujours triste de voir quelqu’un abandonner, mais je suis persuadé que le boss sera de retour en 2024 !"

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