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La livrée d'Hypersail

UltimBoat

1 mai 2026

A quelques mois de sa mise à l'eau

Avec la révélation de sa décoration extérieure, dans le cadre de la semaine du design sur l'exposition Ferrari Flagship Sotre de Milan, Ferrari Hypersail franchit une nouvelle étape de construction. L'équipe a régulièrement communiquée depuis le lancement du projet de ce premier voilier océanique conçu par Ferrari qui se montre désormais sous ses couleurs définitives. Plus qu’un simple exercice de style, ce monocoque de 100 pieds, l'équipe voulait conserver la possibilité de participer aux courses de type Fastnet Race ou Sydney to Hobart, à foils incarne l’entrée officielle de la marque italienne dans l’univers de la course au large, des records océaniques et de l’endurance en mer.

Long de 30 mètres, pensé pour voler au-dessus de l’eau et destiné aux grandes routes océaniques, Hypersail est l’un des projets les plus ambitieux jamais lancés dans la voile moderne.


Une genèse née d’un concept radical


À l’origine du programme se trouve l’architecte naval Guillaume Verdier, référence mondiale de la performance offshore et déjà impliqué dans de nombreux projets de pointe en IMOCA60, Ultim' ou America's Cup. Guillaume Verdier avait initialement imaginé ce concept pour un autre propriétaire privé, qui a finalement lancé un monocoque plus classique, avant que l’idée ne change de dimension.

La rencontre entre Guillaume Verdier, Giovanni Soldini et John Elkann, ces deux derniers se connaîssent depuis de nombreuses années et ont souvent navigué ensemble à bord du VOR70 et du MOD70 Maserati, a ensuite transformé une intuition architecturale en véritable programme industriel. Le président de Ferrari a vu dans ce défi l’opportunité de prolonger l’ADN technologique de Maranello dans un nouvel environnement : l’océan.

Ferrari a alors constitué une cellule dédiée, mêlant ingénieurs automobile, spécialistes des systèmes embarqués, aérodynamiciens issus de la Formule 1 et experts de la dynamique navale. Le chantier a été installé sur la côte toscane, à proximité de la mer, afin de faciliter les assemblages et les futurs essais.



Un monocoque à foils sans équivalent au large


Hypersail ne ressemble à aucun autre bateau existant en course au large. Il s’agit d’un monocoque océanique capable de naviguer en vol partiel ou total grâce à une architecture à trois points d’appui. A la façon des monocoques de l'America's Cup.


Le système repose sur :


  • un foil latéral principal de très grande dimension,

  • un foil monté sur la quille pendulaire,

  • un safran équipé d’un plan porteur.

  • Un mât en "D"

  • Une grand voile à double peau


Cette configuration vise à offrir à la fois performance pure, stabilité longitudinale et contrôle dynamique dans une mer formée. Contrairement aux foilers conçus pour des plans d’eau plus lisses, Hypersail a été pensé pour conserver de la vitesse sur l’océan ouvert, avec houle croisée et mer cassante.

L’un des paris techniques majeurs concerne justement l’utilisation d’une quille lestée capable de participer à la portance. Ce principe, inédit à cette échelle, doit permettre de conjuguer sécurité statique au repos et efficacité en mode vol.


Ferrari transpose sa technologie automobile


Le projet sert aussi de laboratoire technologique. Ferrari a transféré plusieurs savoir-faire issus de ses programmes route, Hypercar et compétition.


Parmi les solutions évoquées :


  • architecture électrique haute tension de type 800 V,

  • convertisseurs de puissance multi-réseaux,

  • systèmes de contrôle actifs inspirés du pilotage dynamique automobile,

  • récupération d’énergie,

  • gestion logicielle temps réel,

  • simulateur numérique complet du bateau, en fait son jumeaux.



Le contrôle des foils et de leurs volets mobiles repose sur des algorithmes capables d’ajuster en permanence l’assiette du bateau selon le vent apparent, la vitesse, l’état de mer et la charge structurelle. Comme en endurance automobile, l’objectif n’est pas seulement d’aller vite, mais de tenir longtemps sans rupture de performance.


Un voilier autonome sans moteur thermique


Autre rupture : Hypersail a été conçu sans moteur thermique embarqué. L’alimentation des systèmes repose sur un mix énergétique renouvelable :


  • panneaux solaires intégrés,

  • hydrogénérateurs,

  • solutions éoliennes embarquées,

  • stockage batterie haute densité.


Cette autosuffisance doit permettre d’alimenter les pilotes automatiques, calculateurs, vérins hydrauliques et systèmes de navigation sur de longues traversées. Dans un univers où la production énergétique reste souvent dépendante de moteurs auxiliaires, Ferrari veut démontrer qu’un grand monocoque de course peut fonctionner de manière autonome.


Une livrée fidèle à l’identité Ferrari


La décoration désormais dévoilée confirme la volonté de rattacher pleinement le bateau à l’univers Ferrari. Le jaune Giallo Fly, teinte historique de Modène et couleur emblématique de la marque, domine la coque et les appendices. Il est associé à des surfaces carbone apparentes et à des détails graphiques épurés. L’ensemble privilégie la lisibilité et l’impact visuel. Sur l’eau comme en images, Hypersail affiche clairement son appartenance à Maranello, loin des codes classiques de la course au large.


Photo : Team Ferrai Hypersail


Soldini, homme-clé du projet puis séparation d’un commun accord


Dès la naissance du programme, Giovanni Soldini a joué un rôle central. Son expérience unique de la course océanique à travers 40 ans de courses au large sur les supports de type Open50, ORMA60, IMOC60, MOD70, Multi70, des records et des grands multicoques volants a servi de trait d’union entre les ingénieurs Ferrari et la réalité du large. Présent dans les phases de conception, d’ergonomie, de sécurité et de validation fonctionnelle, l’Italien a également contribué à orienter les priorités marines du projet. Jusqu’à la fin de la construction, il a accompagné le développement technique et la philosophie sportive du bateau. Jusqu'à la rupture annoncée début avril. Selon plusieurs éléments concordants, des divergences sur le niveau de complexité technologique et les compromis entre innovation extrême et simplicité opérationnelle en mer, en seraient à l'origine.


Une sortie qui ne remet pas en cause son apport fondateur à Hypersail.


Quel programme sportif désormais ? La mise à l’eau reste attendue pour le deuxième semestre 2026, suivie d’une longue campagne d’essais, de fiabilisation et de montée en puissance. À ce stade, Ferrari n’a pas encore officialisé l’ensemble de son calendrier sportif, mais plusieurs axes apparaissent logiques :


  • records océaniques en équipage,

  • grandes classiques offshore,

  • tentative future sur le Trophée Jules Verne ou d’autres records de référence.


Avant toute ambition chronométrique, les premiers mois seront consacrés à la compréhension fine d’un engin totalement inédit.


Un projet qui peut changer la course au large


Avec Hypersail, Ferrari ne lance pas seulement un bateau supplémentaire. La marque italienne injecte dans la voile offshore des moyens industriels, des outils de simulation et une culture de la performance rarement vus à ce niveau.

Si les promesses techniques se confirment en mer, ce monocoque à foils pourrait ouvrir une nouvelle voie entre les Ultim' multicoques volants, qui pourraient eux-mêmes évoluer vers plus d'asservissement pour les tentatives de records et ainsi ne pas se laisser distancer et les voiliers plus traditionnels.


La livrée est désormais visible. Reste désormais l’essentiel : voir si Ferrari saura transformer l’audace du dessin en vitesse réelle sur l’Atlantique et au-delà. Car la difficulté sera bien là.


Flavio Manzoni, Directeur du design chez Ferrari : "Pour le Ferrari Design Studio, Hypersail a représenté une opportunité inattendue : un défi ambitieux, rendu exigeant par sa complexité, qui nous a permis d’élargir notre recherche créative dans un univers situé hors de notre champ habituel. En réalité, le studio de design n’est pas novice dans ce type d’exercice. Par le passé, l’expérience acquise à travers les projets de voitures de course, un domaine au contenu technologique exceptionnellement élevé, nous a déjà conduits à explorer des secteurs plus complexes, où nous pouvons nous confronter à de nouveaux enjeux et enrichir encore notre expertise".



Matteo Lanzavecchi, Responsable de l'ingénierie des véhicules chez Ferrai et Directeur technologique d'Hypersail : "Hypersail est un navire unique en son genre par ses dimensions et son niveau de technologie, développé pour offrir des performances optimales dans un environnement aussi singulier qu’imprévisible : l’océan. Cette ambition repose sur son concept fondateur : le vol. Celui-ci est rendu possible par un système de contrôle sophistiqué, issu du savoir-faire acquis sur nos voitures, et alimenté par l’énergie récupérée à partir de sources renouvelables telles que le vent, le soleil et le mouvement. Le choix d’un monocoque résulte de la recherche d’une efficacité hydrodynamique et aérodynamique maximale. À chaque étape de la conception, notre collaboration avec le Design Studio a permis d’affiner et de valoriser les formes ainsi que les caractéristiques d’Hypersail, faisant de ce bateau une véritable référence en matière de design et d’innovation".




Plus d'info : ICI

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