

Ultim Boat
29 mai 2026
décollage immédiat
Cinq jours seulement après l’installation de son premier foil, Gitana 18 a effectué son premier vol au large de Groix. Une étape symbolique et très attendue dans le développement du nouvel Ultim’ du Gitana Team, mis à l’eau le 14 février dernier sans appendices de flotteurs.
Le 20 mai, le trimaran était enfin doté de son foil tribord. Puis, le 25 mai, Charles Caudrelier et son équipage faisaient décoller pour la première fois le maxi-trimaran au large. Une séquence vidéo de ce premier vol a été publiée ce jeudi 28 mai par le Gitana Team, montrant l’Ultim’ évoluer en sustentation au-dessus des flots.
À bord, Charles Caudrelier et l’équipe découvrent désormais en conditions réelles des sensations déjà largement explorées virtuellement ces derniers mois. Depuis la mise en chantier du bateau, les navigations sur simulateur du jumeau numérique de Gitana 18 se sont multipliées afin d’anticiper le comportement du trimaran en mode volant. Cette première sortie avec foil marque donc le passage concret entre simulation et réalité. Et dans la réalité, l'équipage et son skipper, indiquent que les sensations sont extrêmement différentes entre le Gitana 17 et le dernier né de la ligné. Un bateau qui est raide et nerveux. Comme cela était attendu.
Mais pour l’heure, Gitana 18 navigue toujours avec un seul foil. Le second appendice, bâbord, n’a pas encore été installé et se trouverait toujours chez son constructeur en Italie. Une situation qui interroge forcément sur le calendrier initial du programme. Car avant les différents reports du projet, une mise à l’eau complète était envisagée dès septembre 2025. Or, à l’approche de juin 2026, l'un des deux foils n'est toujours pas disponibles. Un foil qui devrait être installé sous le trimaran d'ici une quinzaine de jour.
Les premières images détaillées du bateau permettent néanmoins de mieux comprendre l’orientation technologique choisie pour ce nouvel Ultim’. Le travail aérodynamique apparaît particulièrement poussé au niveau des bras de liaison et des connexions avec les flotteurs, avec des profils extrêmement intégrés et des lignes très fluides destinées à réduire les perturbations à haute vitesse.
Les flotteurs affichent également des volumes très tendus, traduisant une architecture clairement pensée autour du vol prolongé davantage que d’un fonctionnement archimédien classique. À quai déjà, Gitana 18 présente une assiette très basse sur l’eau et des surfaces mouillées visiblement réduites.
Les photos permettent aussi de découvrir plus précisément le dessin du foil tribord désormais installé. Gitana 18 adopte une configuration en Y inversé particulièrement spectaculaire visuellement et inédite à cette échelle sur un trimaran Ultim’ de course au large. Alors on peut se souvenir de foils en "Y" inversé, sur des trimarans signés de l'architecte Sylvestre Langevin, type Ker Cadélac premier du nom dans les années 1980, pour François Boucher. Mais on est clairement dans une autre dimension par la taille et par tous les volets articulables sur les foils du Gitana 18. Cette géométrie doit permettre de combiner portance, stabilité et contrôle à haute vitesse dans une philosophie de vol long et précoce, qui semble au cœur du développement du projet mené par le Gitana Team. A noter le nombre de circuit hydraulique sous le bras pour aller alimenter les différents volets du foil, tout à fait incroyable !
La vue arrière du trimaran révèle enfin une coque centrale extrêmement fine ainsi qu’une plateforme très large visuellement. Le dessin des structures arrière, très épuré, confirme lui aussi une recherche avancée de réduction de traînée aérodynamique et hydrodynamique.
À cinq mois du départ de la Route du Rhum destination Guadeloupe, cette première envolée constitue malgré tout une étape majeure dans le développement du trimaran. Reste désormais à découvrir le potentiel réel de Gitana 18 une fois tous ses systèmes définitivement finalisée et ses deux foils enfin réunis.
Charles Caudrelier, skipper du Gitana 18 : "Environ trois mois après sa mise à l’eau, nous sommes encore dans la phase de découverte et de mise au point du bateau, mais mes pensées sont déjà tournées vers la performance et la compétition. Au sein du Gitana Team, nous connaissions Gitana 17 sur le bout des doigts. Ici, tout est nouveau. Nous avons constaté un véritable changement de sensations à bord entre Gitana 17 et Gitana 18. Le nouveau bateau est très rigide et réactif, exactement ce que nous attendions. Même s’il est encore difficile d’évaluer précisément la force du vent, car plusieurs facteurs entrent en jeu, nous avancions entre 10 et 13 nœuds au large de Belle-Île lundi. Quelques minutes plus tard, une fois les bons réglages trouvés, le Maxi s’est envolé et vingt minutes après, le vol était stable ! Nos foils sont la touche finale de Gitana 18 et constituent l’une des grandes nouveautés du bateau. Nous avons vraiment repoussé les limites en matière de conception. Ce sont des pièces extrêmement techniques, qui ouvrent de nouvelles voies tant par leur dimension que par tous les systèmes associés. Ce n’est un secret pour personne : ces éléments sont arrivés plus tard que prévu, mais depuis la mise à l’eau du bateau, nous n’avons pas perdu une seconde. Tout est tellement inédit et différent à bord, et pas seulement les appendices dont tout le monde parle. Le temps passé sans foils nous a permis de prendre en main chaque élément progressivement, sans précipitation, qu’il s’agisse du gréement à barres de flèche, du système de barre électrique ou encore du pilote automatique, spécialement développé avec WDS pour ce bateau. La Route du Rhum part dans cinq mois. Nous savons que le temps joue contre nous et que chaque seconde compte. Il nous a fallu deux ans pour amener Gitana 17 à un niveau nous permettant de gagner des courses. Aujourd’hui cependant, nous pouvons aussi compter sur l’expérience et l’expertise de l’équipe, ainsi que sur tout le travail déjà accompli pour préparer l’avenir, sans oublier les nombreuses heures de navigation virtuelle effectuées sur le jumeau numérique du bateau via le simulateur. Les mois à venir s’annoncent chargés"








































































