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Ils repartent en campagne sur le Trophée Jules Verne

Ultim Boat - Photo Vincent Cruchet / Team Sodebo

2 janv. 2026

Partie 1 de la Préparation au record à Leeuwin





Quelques semaines après une remarquable deuxième place sur la Transat Café l’Or, Thomas Coville et son équipe ont confirmé leur intention de repartir, ce lundi après-midi, à l’assaut du Trophée Jules Verne cet hiver. Le record, détenu depuis janvier 2017 par IDEC Sport et l’équipage de Francis Joyon en 40 jours 23 heures 30 minutes et 30 secondes, reste l’un des défis les plus exigeants de la voile océanique. Déjà tenté en 2020 puis en 2024 à bord de Sodebo Ultim' 3, il s’était alors dérobé à l’équipe à la suite d’avaries dans l’océan Indien, alors que le trimaran évoluait dans les temps du record.



Pour cette nouvelle campagne, Thomas Coville repart avec le même équipage que l’an passé : Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel. À partir de la mi-décembre, Sodebo Ultim' 3 entrera en stand-by pour une fenêtre d’un mois, jusqu’à la mi-janvier. Le départ sera déclenché dès qu’un bon enchaînement météo se dessinera entre Ouessant et le cap de Bonne-Espérance, avec pour objectif de descendre sous la barre des douze jours jusqu’à l’Afrique du Sud, condition indispensable pour rester dans le tempo du record planétaire.


La performance obtenue sur la Transat Café l’Or, où Thomas Coville et Benjamin Schwartz ont terminé à moins de quatre heures et demie du duo vainqueur Tom Laperche et Franck Cammas sur SVR Lazartigue, confirme la progression technique et humaine de l’équipe Sodebo. Le trimaran a franchi la ligne en excellent état, un élément déterminant pour envisager rapidement un nouveau projet autour du monde. Anticipant une éventuelle mise en stand-by, l’équipe avait fait expédier en Martinique un jeu de safrans de remplacement et les voiles de convoyage, permettant un retour rapide et maîtrisé vers Lorient, sans endommager les éléments les plus performants.


Chantier à flots

Depuis son arrivée à La Base, Sodebo Ultim' 3 est en chantier à flots. Les foils et safrans ont été démontés et sont actuellement en préparation. Le trimaran entièrement révisé par l'équipe technique. Cette phase technique se déroule alors que la base Sodebo restera occupée plusieurs mois par la révision et l’optimisation du Sodebo Fifty, ce qui a renforcé l’option d’un stand-by dès cet hiver pour l’Ultim' sans aucun doute. Et ce qui est une très bonne nouvelle de voir ces trimarans Ultim' naviguer.

Le Trophée Jules Verne impose une navigation sans relâche, 24 heures sur 24, dans les zones les plus isolées et exigeantes du globe. Pour Thomas Coville et son équipe, l’objectif reste intact : inscrire enfin le nom de Sodebo au palmarès de ce défi hors normes, après avoir réussi à détenir le Trophée St Exupéry. Avec une dynamique positive et un bateau performant, la campagne 2024-2025 s’ouvre dans un climat de confiance mesurée, teinté d’humilité face à l’un des records les plus difficiles de la course au large et sera sans aucun doute une très bonne préparation pour la prochaine Route du Rhum en 2026.


Reste maintenant à ce qu'une bonne fenêtre météo de départ se présente...


Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim' 3 : "Depuis le retour de Sodebo Ultim' 3 à Lorient, nous avons, avec l’équipe technique, démonté et ausculté le bateau afin de déterminer si nous allions poursuivre ou non notre saison 2025 avec un nouveau voyage et un défi qui fait partie de l’ADN du projet Sodebo. Repartir à l’assaut du Trophée Jules Verne est un engagement hors normes, qui nous habite depuis plusieurs années. Je sens la concentration monter au sein de l’équipe. Il y aura beaucoup d’incertitudes techniques et météorologiques, mais notre ambition est aujourd’hui d’enchaîner après la Transat Café l’Or. Nous sommes repartis dans une nouvelle dynamique. Reconfigurer un bateau en mode équipage pour un tour du monde n’a rien d’anodin. C’est un travail technique, mécanique et minutieux, réalisé en un temps record. Cela demande à toute l’équipe de pousser les curseurs très haut, car le temps de référence est extrêmement exigeant. Nous restons très humbles, mais pour réussir de tels projets, il faut oser et tenter. C’est ce que nous allons faire dans quelques semaines, avec les mêmes équipiers que l’an dernier. Nous avons une histoire à terminer ensemble et nous nous donnons cette chance".


L'équipage : Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel.


Routage à terre dirigée par Philippe Legros, avec Simon Fisher et Chris Bedford.



Lundi 8 décembre 2025 : La grand-voile de retour


Ce lundi l'équipe a remis en place la grand-voile



Mercredi 10 décembre 2025 : Sortie de mise en place


L'équipage a repris la mer ce mercredi matin et quelques allers/retours dans les coureaux de Groix. Malgré l'absence d'un des foils.


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Vendredi 12 décembre 2025 :


L'avitaillement a été embarqué ce jour.



Lundi 15 décembre 2025 : Code Vert !


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Dès 7h30 l'équipe Sodebo était à pieds d'oeuvre à Lorient La Base et dès 8 heures les opérations débutaient pour la mise en place du foil manquant.


A 9 h 00 on comprenait pourquoi cette mise en oeuvre matinale, puisque l'équipe annonçait, alors qu'elle débute ce lundi sa période de stand-by, qu'elle passait en Code Vert pour un départ la nuit prochaine pour une nouvelle tentative sur le Trophée Jules Verne.


Thomas Coville, skipper du Sodebo Ultim' 3 : "On avait annoncé vouloir être en stand-by le 12 décembre et on part dès le 15. C’est quasiment le plan parfait. C’est une très belle fenêtre sur l’Atlantique Nord, comme on n’en a pas vu depuis très longtemps. Elle nous permet de faire une belle trace. Prendre la décision de partir sur un tour du monde est vraiment ce que je trouve le plus difficile à chaque tentative. Celle-ci l’est particulièrement, en étant en stand-by dès le début et avec assez peu de temps depuis la Transat Café L’Or. Une fois qu’on est parti, c’est notre travail, c’est notre passion, c’est ce qu’on sait faire. Nous sommes les mêmes sept que l’an dernier. Humainement, c’est important de repartir avec un équipage qui connaît bien le bateau, aguerri, qui se connaît bien et même mieux que l’année dernière. Nous avons fait la Route du Café avec Benjamin ; cette deuxième place nous a apporté énormément. Aujourd’hui, on va vivre quelque chose à sept qui va être incroyable. Je le sais et je le sens. Recommencer, c’était une volonté que nous avons tous eue l’an dernier, quand nous nous étions arrêtés sous l’Australie. Nous avons mis tout en œuvre pour repartir ensemble. Ça promet des temps canons, en dessous de cinq jours à l’équateur, quasiment pour toutes les routes. Je reste plus prudent sur la suite, parce que les enchaînements avec l’Atlantique Sud peuvent vite évoluer, mais pour le moment on est entre dix et douze jours jusqu’à Bonne-Espérance. Ne pas tenter cette fenêtre, ce serait passer à côté d’une excellente opportunité. On a envie d’oser !".


Benjamin Schwartz, routeur à bord de Sodebo Ultim' 3 : "Là, il y a vraiment une super belle fenêtre. Il y a beaucoup d’envie dans tout l’équipage, donc c’est l’essentiel. On est assez sereins là-dessus. Les 48 premières heures seront assez engagées jusqu’au sud du Portugal, avec du vent, mais surtout beaucoup de mer. Néanmoins, ce sont des conditions qui nous emmènent rapidement dans l’Atlantique Sud, avec de superbes projections. Aujourd’hui, ce sont de très bons temps à l’équateur et à Bonne-Espérance. On est opportunistes, il faut être opportuniste pour ce genre de record, et on connaît tous le bateau. On va se mettre dans le bain très rapidement !"


A 11 h 00 l'Ultim' larguait ses amarres et prenait la direction d'Ouessant. En milieu d'après-midi, Sodebo Ultim' 3 au large de la pointe Sud de la Bretagne, était à plus de 31 noeuds.


A 17 h 00 : Le trimaran est dans le SO d'Ouessant à 9 milles, il progresse à 16 noeuds.


La fenêtre météo :  Elle est d'un caractère exceptionnel, une fenêtre que l'équipage de Sodebo Ultim' 3 et son équipe de routage surveillaient depuis le milieu de semaine dernier et qu'il n'est pas possible de tenter, même dès le premier jour du stand-by. Les routages montrent une configuration rare, avec des conditions très favorables aussi bien à l’équateur, avec un temps de passage qui sera dans le record de Spindrit 2, qu’au passage du cap de Bonne-Espérance. Les projections actuelles sont très encourageantes : un passage de l’équateur rapide, une bonne dynamique dépressionnaire dans l’Atlantique Sud et des temps qui restent, à ce stade, largement dans le rythme du record.

Cette fenêtre reste toutefois exigeante et conditionnelle. Dès le départ, l’équipage va avoir un flux modéré de NO d'environ 20 noeuds, à partir de 19 h, qui va propulser Sodebo Ultim' 3 rapidement à travers le golfe de Gascogne. Ensuite l'équipage devra composer avec une mer formée et une forte houle résiduelle dans le golfe de Gascogne et au large du Portugal, avec des creux de 4 à 5 mètres. La première phase sera donc technique et engagée. L’un des enjeux majeurs réside dans la course contre une dorsale anticyclonique qui va s’étendre de la Bretagne vers les Canaries, derrières Sodebo Ultim' 3. Il faudra conserver suffisamment de vitesse et de marge pour ne pas se faire rattraper, tout en se glissant ensuite sous l’anticyclone afin de retrouver des alizés plus classiques. Le passage près des îles, notamment Madère et les Canaries, impose également une trajectoire très tendue, sans doute très Est. sans droit à l’erreur.

Si l’équipage parvient à franchir cette première partie de parcours, les conditions à venir sont jugées très prometteuses. Les modèles montrent un pot au noir étroit et une continuité météo favorable dans l’Atlantique Sud, sans rupture marquée du régime dépressionnaire. C’est cette enchaînement, encore fragile mais cohérent, qui rend la tentative crédible.


Les deux temps de référence à battre dans les prochains jours :


  • Ouessant - Equateur détenu par l'équipage de Yann Guichard sur Spindrift 2 en 4 j 20 h 7 min

  • Ouessant - Bonne Espérance détenu par l'équipage de Franck Cammas sur le Gitana 17 en 11 j 9 h 53 min



21 h 01 : Top départ pour Sodebo Ultim' 3


Pour battre le record, retour à Ouessant avant le 25 janvier 2026 à 20 h 31 min et 35 sec.

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Mardi 16 décembre 2025 : Une descente rapide mais musclée


Une traversée expresse de nuit du golfe de Gascogne, puisque ce matin Sodebo Ultim' 3 était pointé à 80 milles dans le Nord du Cap Finistère. Le trimaran est sur la quasi même trajectoire depuis Ouessant et progresse au Sud Ouest à très hautes vitesses, avec régulièrement des points à plus de 40 noeuds et des moyennes sur les 4 dernières heures à plus de 33 noeuds. Cela dans une mer très chaotique, puisque le trimaran fonce avec des creux de 5 mètres avec près de 26 noeuds de vent. Il suffit de regarder la vidéo envoyée en milieu d'après-midi (ci-dessous), pour constater l'ambiance du bord et à l'extérieur.

L'avance est assez importante à ce stade de la tentative, puisqu'au pointage de 18 h, Sodebo Ultim' 3 possède 173 milles d'avance

A signaler ce matin, un problème avec l'alimentation du gaz à bord, mais visiblement résolu en réamorçant la sécurité du détendeur.


Dans la soirée, les conditions devraient être plus stable, le vent faiblissant légèrement. Mais Sodebo Ultim' 3 va continuer de progresser rapidement vers le Sud et sera pas loin des Canaries demain matin. L'Alizé sera puissants et permettra de continuer de naviguer sur une belle trajectoire quasi directe jusqu'à l'Equateur, avec un temps compris, si tout se passe bien entre 3 jours 22 heures et 4 jours 1 heures.


Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim' 3 : "C'est parti, avec pour le moment une jolie trajectoire, ce n'est que le début, on n'a pas encore fait 24h. Pour autant nous sommes déjà presque en bas du Portugal. Le départ de nuit au large de Ouessant c'est toujours difficile de s'y mettre, là ça glisse, le bateau va bien, avec de belle vitesse, même si c'est musclé !"




20h00 : Une route moins rectiligne que prévue.


Les derniers routages transmis à l'équipage par la cellule routage à terre du Team Sodebo, montre la complexité de la chose. Trop à l'Ouest des calmes, à l'arrière la dorsale anticyclonique, qui se rapproche un peu plus qu'espéré. Alors slalome à l'intérieur des archipels de Madère et des Canaries ?


Le vent à molli, GV haute pour ce début de soirée.


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Mercredi 17 décembre 2025 : Passage des Canaries en cours, le Cap Vert demain !


La nuit à toujours été rapide et rectiligne en trajectoire, avec un premier empannage dans le Nord Est de Madère au petit matin. L'équipage ayant choisi la sécurité, plutôt que de passer dans l'Ouest et de tomber dans des vents plus faibles.


Pierre Leboucher, équipier de Sodebo Ultim' 3 : "Ça fait un jour et demi qu’on est partis, on vient de passer Madère. Là, je suis entouré de Benjamin, qui regarde un peu la météo avec les derniers fichiers pour savoir comment on va passer les Canaries. Il y a Nico qui s’occupe de la performance du bateau, et Léo qui est en train de se faire un petit déjeuner. Voilà, chacun son tour pour manger. Ça super vite. Les conditions sont plutôt bonnes, même s’il y avait quand même pas mal de mer. Donc la vie à bord n’est pas facile, mais ça allait quand même. Là, on se dirige doucement vers les Canaries. La difficulté, c’est de bien se placer par rapport aux dévents autour des îles, savoir si on les prend ou pas, et surtout de gérer la haute pression qui est dans notre ouest, pour pouvoir ensuite se diriger de nouveau vers le Cap-Vert. Mais globalement, ça se passe bien. On a repris nos petites habitudes de l’année dernière, donc le rythme s’est assez vite installé. Franchement, c’est vraiment chouette. Le bateau va bien, tout va bien, aucun problème pour le moment, on est à 100%. Ça, c’est top. On voit que l’équipe a vraiment bien bossé pour remettre un bateau nickel avant le départ. Voilà pour les prochains jours : le passage autour des Canaries, ensuite aller vers la haute pression qui est dans l’ouest, faire un petit empannage, et ensuite tout droit vers le Cap-Vert. Petite photo du jour : la mer s’est rangée, le vent descend tout doucement. Il y a encore 23 nœuds et on est à peu près à 145° du vent. Donc ça vole bien, vraiment bien. Bonne journée à tous. On profite, il fait beau, et la température commence à devenir agréable. On a presque enlevé les polaires".


Ensuite direction au Sud Ouest, toujours à très vive allure, puisque la moyenne sur les dernières 24h en milieu d'après-midi lors du deuxième empannage dans le Nord Ouest de La Palma, était de 32.4 noeuds.


Le passage dans l'Ouest des Canaries se fait dans un couloire de vent, entre les îles et l'anticyclone. Ce qui a nécessité un deuxième empannage, cette fois au Sud Ouest entre La Palma et Gomera.


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Les images du bord envoyées et commentées par Benjamin Schwartz, font état d'une barre à roue cassée et réparé par Pierre Leboucher avec du "carbone et du scotch". (Voir la photo ci-dessus)


Image : Léo Legrand - Team Sodebo Voile
Image : Léo Legrand - Team Sodebo Voile

Une dernier empannage devrait avoir lieu vers 21 h ce mercredi soir afin de pointer les étrave du Sodebo Ultim' 3 plein Sud et un passage entre les îles au Cap Vert n'est pas impossible pour effectuer une route directe jusqu'à l'équateur.


Au pointage de 20 h, Sodebo Ultim' 3 est sur une trajectoire Ouest -Sud Ouest à plus de 30.5 noeuds, avec une avance de 216.3 milles sur le record. Avec 780.7 noeuds de parcourus sur le fond.


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Jeudi 18 décembre 2025 : Direction le Pot au Noir


Après avoir empanné hier soir vers 22 h 15, l'équipage de Sodebo Ultim' 3 a filé plein Sud durant toute la nuit et toute la journée de ce jeudi en direction de l'archipel du Cap Vert. Archipel que le trimaran traverse depuis 16 h 30. Une traversée qui s'effectue sans ralentissement pour le moment puisque les vitesses sont comprises entre 34 et 41 noeuds en fonction des relevés. Le passage du Cap Vert s'effectue par l'intérieur de l'archipel, il y aura dans les prochaines minutes un ralentissement dans le dévent de l'île de Santiago, Mais cela sera de courte durée, avant que Sodebo Ultim' 3 puisse reprendre sa chevauché vers le Sud.

Un rythme élevé, très élevé même avec une pointe à 48.1 noeuds, plus de 838 milles avalés en 24 heures à la moyenne de 34.9 noeuds à 19 heures.


Une fois le Cap Vert dans le tableau arrière du trimaran, l'important sera de se positionner pour passer la zone du Pot au Noir, active, mais étroite pour le moment. En ce début de soirée, il reste 770 milles pour rejoindre la zone de convergence tropicale. Soit 22 heurs à 34 noeuds de moyenne. Et les prévisions donne toujours dans la zone de 3°N et 26°5 W entre 7 et 10 noeuds de vent. Cela reste la zone de convergence, avec toutes les surprises qu'elle peut réserver.

L'Equateur, quoi qu'il arrive sera lui passé dans la nuit de vendredi à samedi, dans un temps de 4 jours et 4 heures (record 4 j 20 h).


Avance après près de 72 heures de tentative : 483 milles.


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Vendredi 19 décembre 2025 : Un Pot au Noir plutôt accueillant


Une nuit à fond plein Sud, et une journée quasi identique avec près de 800 milles parcourus quand aux alentours de 17 h 30 Sodebo Ultim' 3 a commencé à ressentir les premiers effets du Pot au Noir. Un ralentissement à 23 noeuds, avant de repartir à 34 noeuds, puis là au pointage de 20 h, de nouveau 24.7 noeuds, avec des étraves pointées au Sud Sud-Ouest, la zone de convergence intertropicale se déplaçant vers le Sud.

Mais sauf surprise, mauvaise surprise, Sodebo Ultim' 3 devrait rapidement se libérer de l'endroit et filer dans l'hémisphère Sud. Sur une trajectoire qui sera plus à l'Ouest qu'initialement prévue et aussi plus compliquée qu'espéré d'après le modèle météorologique Européen, alors que l'Américain permet de bien couper l'Atlantique Sud. Mais dans les deux cas, si tout se passe bien, le passage sous Bonne Espérance devrait lui aussi être très bon.



Léonard Legrand, équipier de Sodebo Ultim' 3 : "On a vu sur la cartographie que la trace est très équilibrée et sur une route directe. La prochaine étape du parcours, ça va être le passage du Pot au Noir et de l’équateur pour valider la première partie du parcours. Depuis le départ, on a quand même passé des endroits pas si simples : les Canaries, le Cap-Vert, et la gestion des dévents des îles. Il y avait un peu de circulation, avec pas mal de cargos, mais tout s’est plutôt bien passé. La fenêtre pour l'Atlantique Nord étaient super, donc on avait envie de bien réaliser et de remplir le contrat vu la météo, et les routages. On a réussi à faire fonctionner le bateau correctement. Et ce n'est pas toujours facile l'entame d'un record, tu passe d'un week-end à la maison, au départ à Ouessant à35–38 nœuds. Donc la transition est quand même brutale. Mais au final tout le monde s’y est bien fait. Bon ici, ça commence c’est assez agréable. A bord les quarts sont bien en place, il faut rapidement s'imposer

un rythme assez strict pour ne pas accumuler de fatigue, même si des fois on aime bien rester discuter quand on n’est pas encore très fatigués. On est sept à bord. Il y a Thomas et Benjamin qui s’occupent de la navigation, il y a toujours l’un ou l’autre derrière la carto et les routages, et après il y a Guillaume, Frédéric, moi… Moi qui suis un peu en décalage hors quart, ce qui me permet de voir tout le monde et de faire de participer à toutes les manoeuvres. Moi je dors là-haut, je suis un peu à part pour tout se qui est de la communication, et je me fais mon rythme perso.

Les mouvements du bateau, au début, c’est sûr que ça bouge beaucoup. On est partis dans beaucoup de mer, il y avait 5.2 mètres de vagues, et vraiment une mer très formée. Donc il faut s’habituer à tous les mouvements du bateau. En fait, on retrouve un peu des habitudes qu’on n’avait pas depuis longtemps, surtout quand on tombe d’un coup dans des conditions comme ça. Ça dépend des gens, mais il y a toujours une période d’acclimatation. À force, tu vas bien, et après on arrive à vivre avec le bateau. Là, on a atteint un bon rythme cette semaine. Alors le Pot au Noir, ce sont les alizés du nord et du sud qui se rencontrent, ce qui crée de grosses activités convectives, avec des orages plus ou moins violents. Mais il peu y avoir aussi des zones sans vent, ou au contraire des vents très forts. Donc c’est un gros travail en amont. Benjamin est à fond pour trouver le meilleur point d’entrée, pour traverser le plus efficacement possible et y passer le moins de temps, parce qu’on peut rester bloqués longtemps selon l’endroit où on passe. L’objectif, c’est bien sûr de passer l’équateur, et c’est le programme du jour. Là, on est juste en train de rentrer dans le Pot au Noir. On va peut-être battre le record de Benjamin à l'équateur sur Spindrift 2, mais pour le moment nous n'en avons pas trop parlé".


Benjamin Schwartz, équipier et routeur à bord de Sodebo Ultim' 3 : "Pour le record on en reparlera plus tard, car il Il y a toujours cette incertitude sur la manière dont le Pot au Noir va se passer. On devrait passer l'équateur si tout va bien entre 2 h et 4 h la nuit prochaine. On constate qu’on est passés extrêmement proches de l'orthodromie depuis le départ. Donc une route plus courte et nous n'avons jamais été ralentis, donc ça allait très vite. C’est la fenêtre idéale dans l’Atlantique Nord. Maintenant, comment est-ce que ça va se passer rapidement ? On espère que la suite va bien se passer, mais on attend justement le sorties du Pot-au-Noir pour avoir une idée plus précise de la suite. Je suis en opposition avec Thomas, c’est-à-dire que quand il est sur le pont, moi je dors, et inversement. On a déjà cette routine tous les deux, ça nous permet d'être toujours sur la météo. À côté de ça, effectivement, moi je suis plutôt en charge de la météo, et on prend les décisions ensemble avec Thomas et les gars à terre, pour décider où l'on va et ce que l'on fait. On va manœuvrer, donc on va devoir vous laisser, on va devoir changer de voile, parce que là on fait pas le bon cap. C'est vraiment un plaisir, de voir tout le monde qui nous suit, tous les messages et les encouragements, merci à plus tard".


Distance parcourue en 24 h : 782.1 milles à la moyenne de 32.6 noeuds

Avance : 529.1 milles


A 20 h : Il ne restait que 150 milles à parcourir pour franchir l'équateur.





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Samedi 20 décembre 2025 : Record Pulvérisé à l'Equateur


C'est à 1 h 03 que Thomas Coville et son équipage à bord de Sodebo Ultim' 3 ont franchi l'Equateur, après une formidable descente sur l'Atlantique Nord. Pulvérisant au passage le précédant record sur ce tronçon, détenu jusqu'ici par l'équipage de Yann Guichard, sur Spindrift 2. Près de 16 h de moins, à cette échelle c'est assez énorme. Le nouveau record est maintenant de 4 jours, 4 heures, 2 min et 25 sec (En attente d'homologation par le WSSRC). L'avance sur le record est lui de 1 j 14 h 56 min et 35 sec, un beau petit matelas pour la suite de la tentative. Une très grosse performance pour cette tentative qui se poursuit à grande vitesse sur l'Atlantique Sud, avec une route au Sud Sud Ouest pour aller longer les côtes Brésilienne.


Il faut associer à cette performance l'équipe de routage à terre, composée de Philippe Legros, Simon Fisher et Chris Bedford, qui sont eux aussi sur le "pont" 24 h/24 et 7 j/7.


Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim' 3 : "C’est un joli début de parcours ! Quand tu oses et que tu tentes une fenêtre, c’est la seule partie du parcours que tu peux choisir. Ensuite, il faut essayer de construire selon ce qui est prévu en théorie. Quatre jours, quatre heures : on a réussi notre pari ! Cela fait très plaisir, car il y a toute une équipe derrière, à la fois pour le choix de la fenêtre et pour la réalisation, avec nous sept à bord de Sodebo Ultim 3.

Forcément, ce soir, nous sommes très contents d’avoir réalisé une belle trace. Ça ressemble à une trace dans la poudreuse, mais en moins facile ! On a bien dévalé en négociant tous les obstacles et les passages entre les îles, grâce à Benjamin et à l’équipe de routage. Place à la suite !"


Un Thomas Coville qui devient du même coup, recordman en équipage et en solitaire sur ce tronçon Ouessant / Equateur, puisqu'il détient depuis 2017, lors de son tour du monde victorieux sur le premier Sodebo Ultim' (actuellement MACSF), du Trophée St Exupéry en 5 j 17 h 15 min.



A la mi journée de ce 5ème jour, Sodebo Ultim' 3 progresse à 34.5 noeuds, avec 378.3 milles d'avance. L'équipage va être obligé d'aller proche de la côte Brésilienne lors de cette descente. Il ne sera pas possible de couper la route, comme envisagé au départ de Ouessant. Une route qui va être rallongée, y compris par rapport à celle d'IDEC Sport. IDEC Sport avait mis 7 jours entre l'Equateur et le cap de Bonne Espérance et en sachant que le record sur ce tronçon est lui de 5 j 17 h 21 min (depuis 2024, par Gitana 17 en solitaire).


19 h : Sodebo Ultim' 3 progresse toujours sur le même cap, au Sud / SO, à plus de 33 noeuds, avec 422 milles d'avance. Il ne se trouve plus qu'à 70 milles de la côte Brésilienne à la hauteur de Cabo de Santo Agostinho.


20 h : Au dernier relevé, Sodebo Ultim' 3 a reis du Sud dans sa trajectoire, mais quelques noeuds de perdus, puisque le trimaran progresse à 31 noeuds, dans 10 noeuds de vent. Le vent va peu à peu passer de Sud Est à Est, permettant un meilleur angle vers le cap de Bonne Espérance. Avance 431.3 milles.


21 h : Fin du 5ème jours de la tentative pour l'équipage de Thomas Coville, l'avance est de 439 milles. Une avance qui va repartir à la hausse, puisque qu'IDEC Sport au même moment de sa tentative traversait le Pot au Noir et réalisait une journée à 187 milles. Le trimaran progresse maintenant à 26 noeuds. Une journée à 822 milles.


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Dimanche 21 décembre 2025 : Une bonne journée finalement.


Alors que l’on pouvait craindre que cette journée soit la plus dangereuse depuis le début de la tentative de l’équipage de Sodebo Ultim’ 3, en raison de vents faibles et irréguliers au large des côtes brésiliennes, il n’en a finalement rien été.

La cellule de routage à terre et l’équipage ont su trouver les bonnes trajectoires et les zones les plus favorables pour faire du Sud. Avec sans doute plus de 800 milles parcourus, le contrat est largement rempli. D’autant que, dans le même temps — comme nous le rappelions ici même hier soir — cette journée fut la plus lente pour IDEC Sport, qui traversait le Pot au Noir en 2017. L’avance est ainsi montée à 800 milles en cette fin d’après-midi.


Lors du live, le trimaran est à une 20aine de noeuds, visiblement l'équipage procède à une inspection du trimaran, du foil tribord, avec un flotteur ouvert et Thomas Coville dedans, une éolienne démontée et ramené dans le cockpit en cours de démontage par Frédéric Denis. Dans des conditions plutôt calmes. Mais un équipage qui se pose régulièrement la question si le live est terminé.


Dans quelque heures, l'équipage pourra peu à peu mettre cap à l'Est en touchant une dépression au large du Sud du Brésil. Les deux prochains jours seront encore très rapides.


21 h : La question a été posé pour le bricolage sur le foil et dans le flotteur dans le Chat de la carto, mais contrairement à l'éolienne l'équipe communication n'y a pas répondu.

Question chiffres du jour pour la fin de ce 6ème jour de tentative, 35.7 noeuds au dernier relevé, de nouveau une trajectoire au Sud / SO, avance 831.8 milles sur le record et sur les dernières 24 heures 790 milles de parcourus à la moyenne de 32.9 noeuds.


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Lundi 22 décembre 2025 : Toujours à hautes vitesses


La descente vers le Sud se poursuit pour l’équipage de Thomas Coville à bord de Sodebo Ultim’ 3, en cette 7ᵉ journée de tentative, alors que le trimaran se trouve en ce tout début de soirée au large de l’Uruguay. Depuis le milieu de l’après-midi, la cartographie reste figée, mais il est possible de suivre le trimaran à l’AIS, et l’on constate qu’il a depuis infléchi sa route vers l’Est.

À bord, tout va bien, comme on peut le constater lors du live, avec Nicolas Troussel à la barre et Guillaume Pirouelle au réglage de l’aile de raie, avant un échange de postes. Le trimaran évolue sous grand-voile haute et J0. Le ciel est gris, contrairement à hier, mais le bateau est en vol, sans doute à plus de 30 nœuds, sur une mer relativement calme.

L’équipe, sur le chat, reconnaît après l’inspection d’hier quelques petits bobos à bord, conséquence d’une semaine à très haute vitesse, dont une partie dans de la grosse mer. Rien toutefois d’inquiétant pour la marche du bateau.

L’objectif reste de longer la bordure des calmes en conservant suffisamment de pression pour avancer rapidement vers le Sud, tout en gagnant progressivement dans l’Est. En se projetant, un premier empannage devrait avoir lieu dans la nuit afin de reprendre une route plus sud, avant une nouvelle manœuvre pour repartir vers l’Est.


D’ici 48 heures, Sodebo Ultim’ 3 devrait venir « lécher » la zone des glaces dans sa progression vers l’Est afin de passer sous le cap de Bonne-Espérance, probablement le 27 décembre.


Les chiffres du jour à la fin de cette 6ème journée :

  • Nombre de milles parcourus en 24 h : 796.9 milles

  • Moyenne sur 24 h : 33.2 noeuds

  • Vitesse au dernier relevé de 21 h : 32.2 noeuds

  • Avance sur le record : 1040.09 milles


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21 h 30 : L'équipage vient de manoeuvrer pour se recaler dans le Sud, avec une trajectoire au Sud Ouest, pour garder de la pression.



Mardi 23 décembre 2025 : Recalage dans le Sud


Après le recalage dans le Sud d'hier soir sur environ 70 milles pour garder du vent et poursuivre à hautes vitesses, Sodebo Ultim' 3 a repris sa route quasi plein Est durant toute la nuit. Ce n'est que vers 11 h 15 que l'équipage à de nouveau empanné plein Sud cette fois pour rester dans un bon flux de Nord Ouest.





19 h 00 : Depuis le début d'après-midi Sodebo Ultim' 3 était reparti plein Est et il vient de nouveau de plonger plein Sud pour rester dans cette bande de vent qui se déplace lentement vers l'Est. Si on se fit aux projections de vents de la cartographie, les prochaines heures semble plus compliquées. Cette bande de vents se dissiperait peu à peu devant le trimaran. Obligeant l'équipage à plonger au Sud, avec comme principal problème les icebergs à la dérive, repéré par le prestataire satellitaire.

L'avance sur le record va maintenant se stabiliser, IDEC Sport au même moment va commencer à enchaîner les grosses journée et cela sur une route plus directe.


Sur zone la mer, le ciel sont gris, une mer encore calme. Le sillage est blanc. Et les températures commence a descendre obligeant l'équipage a remettre les polaires. Les visages sont marqués, lors du live, on sent la fatigue sur les organismes, dans le vacarme ambiant de la cellule de manoeuvres, avec le bruit strident des foils.


Les chiffres du jour à la fin de cette 7ème journée :

  • Nombre de milles parcourus en 24 h : 792.2 milles

  • Moyenne sur 24 h : 33 noeuds

  • Vitesse au dernier relevé de 21 h : 35.8noeuds

  • Avance sur le record : 1066.20milles


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Mercredi 24 décembre 2025 : Contraint par une fine bande de vent


La contrainte est toujours la même pour l'équipage de Thomas Coville à bord de Sodebo Ultim' 3 dans son 9ème jour de tentative sur le Trophée Jules Verne. Rester dans cette zone, cette bande large de 200 milles en gros avec des vent de Nord Ouest. Seule solution, empanner à chaque fois que le trimaran arrive en bordure de la bande et ainsi rester dans le flux avec une bonne pression de vent pour progresser vers l'Est. En ce début d'après-midi, le trimaran progresse plein Est et devrait rester pour plusieurs heures sur ce bord. Avec un passage entre les îles de Tristan de Cunha et Gough Island. Pas de dévent à craindre et cela permet de rester Nord, car le dernier relevé satellite, indique des icebergs plus Nord qu'espéré.


Un trimaran qui progresse plus vite que ce qui est prévu par les routages, ce qui montre le travail, qu'on n'arrive sans doute pas à percevoir lors des lives, donné par l'équipage.


Au dernier relevé, le trimaran progresse à 35 noeuds et possède 1075 milles d'avance sur le record.



Les chiffres du jour à la fin de cette 8ème journée :

  • Nombre de milles parcourus en 24 h : 839.3 milles

  • Moyenne sur 24 h : 35 noeuds

  • Vitesse au dernier relevé de 21 h : 36.5 noeuds

  • Avance sur le record : 1087.20 milles



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Jeudi 25 décembre 2025 : De l'Est enfin de l'Est


Finalement le passage entre les îles de Tristan de Cunha et Gough Island n'a pas eu lieu, l'équipage préférant rester avec de la pression a de nouveau mis du Sud ans sa route peu avant Gough Island hier en fin d'après-midi. Et c'est finalement sur une route plus Sud que Sodebo Ultim' 3 fait de l'Est depuis 22 h hier soir environ. Une trajectoire rectiligne, devant en ce milieu d'après-midi, une petite dépression en cours de formation. Une sorte de dépression secondaire qui va les pousser à hautes vitesses, le trimaran est régulièrement à 40 noeuds ces dernières heures, pour passer sous le cap de Bonne Espérance, avec en poche sans aucun doute à ce rythme, un nouveau record pour l'équipage de Thomas Coville.



Avance au pointage de 16 h : 1291.9 milles.


Benjamin Schwartz, équipier routeur à bord de Sodebo Ultim' 3 : "Le programme du jour, push, push, push, c'est la course contre le front qui est derrière nous, et qui va nous propulser vers Bonne Espérance, même s'il va y avoir un petit ralentissement. Mais on sera à Bonne Espérance en 11 jours, avec un passage demain dans la soirée. On arrive dans les 40è rugissants. On a profité de cette descente le long des côtes Brésiliennes avec une mer plate, de la chaleur, pour se retaper physiquement après un Atlantique Nord difficile en terme d'état de la mer. On a pu bien dormir. On arrive dans les régions où il fait le plus froid. J'ai ressorti mes bottes hier. La température de l'eau est descendue à 15° et ça va continuer à descendre à mesure que l'on fait route vers le Sud et l'océan Indien. On va rencontrer de l'eau aux alentours de 5°. On essaye de ne pas trop descendre plus bas sinon il y a la problématique des icebergs. On travaille là-dessus pour notre trajectoire à venir. ON est tourné vers l'avenir avec au final pas mal de sérénité. On devrait faire un bon temps de passage au cap de Bonne Espérance. On devrait être autour de 11 jours, soit 10 heures de mois que le record précédant. Ca va nous donner un nouveau coup de boost et de confiance pour notre entrée dans les mers du Sud. On sait que l'équipage de Francis Joyon a effectué une trajectoire quasiment imbattable sur l'Indien et presque jusqu'en Nouvelle Zélande. Il y a une certaine fatalité face au fait qu'on va perdre une partie de notre avance sur l'Indien. C'est pour cela qu'on voulait être en avance à Bonne Espérance, justement pour avoir un peu de marge à griller. On espère être au contact sous l'Australie avec le temps de l'équipage de Francis Joyon, pour on l'espère, faire mieux sur les tronçons où ils ont été moins bon, le Pacifique et l'Atlantique Sud. On est tous les sept très motivés".



21h00 : De l'Est toujours de l'Est, l'équipage de Sodebo Ultim' 3 dans un monde de grisaille, a poursuivi sa route à l'Est, avec une journée extrêmement rentable, puisque sur les 815.6 milles parcourus, 812.8 étaient vers la ligne d'arrivée, avec des pointes à plus de 42 noeuds, des moyennes sur 4 heures à plus de 38 noeuds... Autant dire que l'équipage cravache fort sa monture. A bord tout va pour le mieux, d'après une interview accordée à l'AFP par Thomas Coville, les plus gros des problèmes depuis le départ, ont été des problèmes électroniques.


En ce début de soirée la vitesse a baissée, à 27.2 noeuds, la zone devant la dépression en formation est en limite d'une zone sans vent sur laquelle le trimaran vient butter. Il reste à parcourir 530 milles pour passer sous Bonne Espérance et ainsi battre un nouveau record, demain en fin de journée.


Les chiffres du jour à la fin de cette 9ème journée :

Nombre de milles parcourus en 24 h : 815.6 milles

Moyenne sur 24 h : 34 noeuds

Vitesse au dernier relevé de 21 h : 27.2 noeuds

Avance sur le record : 1375.4 milles


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Vendredi 26 décembre 2025 : Toujours plein Est, mais en buté


L'équipage de Sodebo Ultim' 3 et leur équipe de routage à terre, effectuent une navigation de précision, d'extrême précision pour exploiter au mieux les éléments météorologiques, tout en ne descendant pas trop Sud, où tous les icebergs ont été repérés. Ce qui explique ces petits recalages, une fois au Sud Ouest vers 0h 00 la nuit dernière avec deux empannage à suivre et un gybe, vers 5h30, pour remettre un peu de Nord sur la trajectoire. Tout cela pour rester avec un peu de vent. 0 la mie journée, Sodebo Ultim' 3 navigue dans 9 à 12 noeuds de vent et progresse à 24.6 noeuds, en avant de la dépression en butée d'une zone sans vent (l'anticyclone). L'avance elle se maintient à 1349.9 milles.


Le passage sous Bonne Espérance est à 170 milles.


Le trimaran est dans une zone de transition, entre deux systèmes. Les routages publiés en début d'après-midi, montrent deux route à la limite de la zone des glaces, déterminée par l'équipe Sodebo, qui passent même sous deux zones critiques. Des routages, qui indiquent, après la zone de glace, que le trimaran Sodebo Ultim' 3 pourrait plonger au Sud quasiment jusqu'au 60ème déferlants...


Routages et carte de la limite de la zone des glaces avec les relevés satellite CLS de Sodebo Voile
Routages et carte de la limite de la zone des glaces avec les relevés satellite CLS de Sodebo Voile

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Côté état du navire, l'équipe indique que quelques égratignures et soucis techniques sont répertoriés, mais rien de critique. Avec une petite déchirure de 30 cm en partie basse du J0 (grand voile d'avant), qui a été réparée avec un patch 3DI collé au Sika.


Quelques chiffres, avec la vitesse moyenne depuis le départ qui est de 33.2 noeuds, que la vitesse maxi a été de 48.1 noeuds et que 22 changements de voiles d'avant ont été effectués.


21 h 00 : Exploit à Bonne Espérance.


Nouveau record pour l'équipage de Thomas Coville qui après celui de Ouessant /Equateur , bat le record Ouessant /Bonne Espérance. Le trimaran est passé sous le cap Sud Africain peu avant la fin du 10ème jours (20h56), après 10 jours 23 heures 55 min et 52 sec (temps à confirmer).

La performance est grande, car l'Atlantique Sud n'a pas été simple, à l'image des dernière heures, durant lesquelles Sodebo Ultim' 3 a été fortement ralenti et le plus lent depuis le départ de Ouessant. L'ancien record détenu par le Gitana 17 est ainsi battu de 9 h et 56 min. Sodebo Ultim' 3 possède ainsi 1 jours 19 heures et 31 min d'avance sur le temps d'IDEC Sport au même moment de sa tentative victorieuse en 20217.


Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim' 3 : "On a pu avoir une trace exceptionnelle malgré les embûches dès les premiers jours. C'était vraiment un très grand détour jusqu'au Brésil avant de pouvoir mettre le clignotant à gauche. Même si cela fait beaucoup de chemin, on a conservé un rythme conséquent avec 35 à 40 noeuds de moyenne. On peut être fier de boucler ce premier tronçon dans ce timing. Nous sommes dans le bon tempo, mais on sait qu'il faut rester humbles et concentrés en permanence. C'est chouette de signer ce temps de référence, pour autant, nous avons bien conscience que ce n'est qu'une étape et qu'on ne doit pas se relâcher. Surtout que nous sommes dans une zone où il peut y en avoir beaucoup d'icebergs. Mais c'est un super moment d'équipe. Cela nous fait passer un petit peu le fait que nous n'avons pas eu beaucoup de vent, et que ça n'allait pas très vite aujourd'hui. On s'est bagarré toute la journée pour ça ! Et là, nous vivons ce cap de Bonne Espérance tous les 7 ensemble, tout le monde s'est réveillé pour le passage. On est très content du temps et c'est vrai que symboliquement, faire sous les 11 jours, c'est un super temps ! C'est un temps qu'on avait envisagé avec l'équipe de routage. Maintenant c'est un tiers du parcours, on va s'appliquer à continuer !".


Pierre Leboucher, équipier de Sodebo Ultim' 3 : "Ca nous a contraint à faire pas mal de route mais aussi à enchaîner les manœuvres et les changements de voiles".



Les chiffres du jour à la fin de cette 10ème journée :

Nombre de milles parcourus en 24 h : 573.9 milles

Moyenne sur 24 h : 23.9 noeuds

Vitesse au dernier relevé de 21 h : 17.2 noeuds

Avance sur le record : 1259.2 milles


Le prochain record à battre : Ouessant - Cap Leeuwin et la traversée de l'océan Indien.


Temps Ouessant - cap Leeuwin : 17 j 6 h 59 min par IDEC Sport

Temps Ouessant - Tasmanie : 18 j 18 h 31 min par IDEC Sport

Temps traversée océan Indien : 5 j 21 h 9 min par IDEC Sport


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Samedi 27 décembre 2025 : Après l'exploit, les glaces


Quatre heures plus tard environs, Sodebo Ultim' 3 passait sous le cap des aiguilles, qui marque l'entrée sur l'océan Indien. Avec toujours la même problématiques, cette zone sans vent devant les étraves, qui ne permet pas d'avoir une vitesse constante élevée et la zone de glace qui elle ne permet pas de plonger au Sud.

D'autant que ce matin, l'équipage a été obligé de relever la zone de sécurité de 20 à 40 milles par rapport à la zone de glaces détectée par satellite, car le système Oscar a détecté un growler de 15/20 mètres à 1500 m en diagonale du trimaran.

Avance à la mi journée 1188 milles.



Forcément l'ambiance à bord est un peu plus tendue, même si comme le rappelait Thomas Coville, cela fait partie de la zone traversée, mais il y a une petite différence à les voir sur une photo satellite et devant le trimaran.


En début d'après-midi, Sodebo Ultim' 3 à mis le cap au Sud Est, descendre au Sud , le long de la zone de glace, pour aller contourner par le Sud l'anticyclone qui bloque le trimaran dans sa marche vers l'Est.


Les chiffres du jour à la fin de cette 11ème journée :

Nombre de milles parcourus en 24 h : 661 milles

Moyenne sur 24 h : 27.6 noeuds

Vitesse au dernier relevé de 21 h : 28.8 noeuds

Avance sur le record : 1227.2 milles


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Dimanche 28 décembre 2025 : Toujours plus Sud


Durant la nuit, particulièrement délicate, l’équipage a enchaîné plusieurs empannages pour conserver de la pression dans les voiles et se recaler au mieux. Des manœuvres exigeantes, accompagnées de changements de voiles, dans des températures proches de zéro. Il a fallu attendre le lever du jour pour retrouver un peu de sérénité visuelle.


Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim' 3 depuis l'océan Indien : "Bonjour, nous sommes le dimanche 28 décembre 2025, vous êtes à bord de Sodebo Ultim’ 3. Le jour vient tout juste de se lever. Encore une belle journée… Enfin, certaines aubes, on a plus envie de les voir se lever que d’autres. Celle-ci en fait clairement partie.

Cette nuit, nous avons attendu le lever du jour les yeux rivés sur le radar, mais aussi sur les alertes et les alarmes, à l’affût d’éventuels growlers ou icebergs qui traînaient dans la zone. Nous avons passé toute la nuit dans une eau à moins de 2 degrés, parfois même autour de 1 degré. Ce sont évidemment des zones à risques. C’est l’une des particularités du Trophée Jules Verne, notamment dans l’Atlantique Sud, là où se libèrent aujourd’hui le plus d’icebergs sur la planète. Les plus gros sont détectés grâce à un travail incroyable et admirable effectué à terre, qui nous permet d’avoir une idée de la densité, des zones et des latitudes où l’on peut commencer à rencontrer des icebergs de plusieurs centaines de mètres. Mais entre ces gros morceaux, il peut y avoir — et nous en avons repéré plusieurs hier — des fragments beaucoup plus petits, non identifiés sur les radars, malgré toutes les analyses possibles. Depuis le passage du cap de Bonne-Espérance, nous avons réalisé un très beau temps, établissant un nouveau temps de référence juste en dessous des 11 jours. Nous étions très contents de signer cette performance, mais nous savions que nous entrions immédiatement dans une autre phase de la course.

C’était un moment très fort à sept. Les sept réunis, ce qui arrive rarement, mais que nous avions vraiment envie de vivre ensemble. Un superbe moment collectif, qui concrétise aussi le contournement de l’anticyclone de Sainte-Hélène, qui n’avait pas été simple. Pourtant, nous avons toujours su faire marcher le bateau vite, en permanence. Malgré la distance parcourue, cela nous a permis de réaliser un temps de référence. C’est une vraie satisfaction.

Nous savions aussi que nous rentrions dans l’Atlantique Sud, ou au tout début de l’océan Indien. Cette jonction est toujours délicate. Certains ont la chance d’enchaîner cette transition jusqu’à la Nouvelle-Zélande. Ce ne sera pas notre cas. Un gros anticyclone s’est mis en travers de la route, et nous devons le contourner par le sud, ce qui nous oblige à côtoyer une zone dense d’icebergs, sous le 50e parallèle, avec une trajectoire qui frôle le 55e.

C’est un choix, une option, parfois angoissante, notamment la nuit, où l’on doit faire confiance uniquement au radar. Il détecte ce qu’il voit, mais il peut y avoir bien d’autres morceaux plus petits. Cette aube a donc une signification particulière. Elle est peut-être moins poétique, mais elle est vitale : elle libère et permet de retrouver un contrôle visuel. Nous sommes un peu ralentis en ce moment, autour de 27–28 nœuds, parfois 30, mais ça va vite accélérer. Nous allons repartir dans du vent très fort. Dans ces zones-là, le sentiment dominant, c’est celui d’être tout petit. Une humilité incroyable. La boule au ventre, parce que c’est risqué, et pourtant, on y va.

Ici, rien ne se passe jamais comme prévu. On fait des projets, des projections, on travaille énormément avec l’équipe à terre, mais au bout du compte, ce sera nous, les sept, avec notre force collective et notre expérience, qui prendrons les décisions. Ce qui me frappe, c’est presque la joie. On trouve une satisfaction dans le fait d’être contrariés, de devoir s’adapter en permanence. Et finalement, on y trouve une force collective incroyable.

Cette transition entre deux océans, dans cet endroit hostile que nous sommes venus chercher pour tenter le Trophée Jules Verne, fait ressortir tout cela. On se sent à la fois tout petit, à la merci des éléments, et en même temps porté par une énergie qui permet d’aller plus loin. À plusieurs, c’est plus fort, plus grand, plus partagé. On sent une solidarité, une fraternité qui soude. Être capable de s’adapter, d’en tirer le meilleur, je trouve ça fascinant.

Voilà mon ressenti de cette aube tellement désirée. Six heures de nuit seulement, mais extrêmement longues. Nous avons traversé une zone à risques, entre deux grandes zones d’icebergs. Dans quelques heures, le vent va rentrer à nouveau sous l’anticyclone. Direction les Kerguelen, un archipel à l’histoire incroyable, mais réputé pour son hostilité. Il y aura du vent fort, de la grosse mer, des vagues de cinq à six mètres. Une ambiance encore différente de celle que nous vivons actuellement. Je ne sais pas quand vous lirez ces mots — dans le métro, dans votre lit ou au travail — mais sachez qu’il y a des mecs, à l’autre bout de la planète, qui vivent quelque chose d’incroyable et qui prennent énormément de plaisir à le partager avec vous.

Tchao."


Avance sur le record à la mi journée : 1013.5 milles


18 h 00 : L'équipage a effectué son sixième empannages et retrouve des moyennes de 132 milles parcourus sur 4 heures, malheureusement pas en ligne droites, ce qui lui fait perdre toujours de l'avance, qui se réduit au pointage de 18 h à 965.4 milles. Le contournement par le Sud de l'anticyclone en est à la moitié environ. A l'arrière de la dépression que Sodebo Ultim' 3 va accrocher, il faudra rajouter une nouvelle problématique, l'état de la mer, avec des creux de plus de 5 mètres. Cela viendra se rajouter aux vents forts de plus de 30 noeuds et deux nouvelles détections d'icebergs sur la route. Sans parler des plus petits morceaux que le satellite ne peut voir.

D'après les derniers routages, la route ne sera pas rectiligne jusque sous le cap Leeuwin, loin de là, puisque les différents routages donnent entre une vingtaine à une quarantaine de manœuvres pour arriver sous l'Australie...


Les chiffres du jour à la fin de cette 12ème journée :

Nombre de milles parcourus en 24 h : 685.8 milles

Moyenne sur 24 h : 28.6 noeuds

Vitesse au dernier relevé de 21 h : 35.5 noeuds

Avance sur le record : 916.8 milles


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Lundi 29 décembre 2025 : Malgré le froid des Kerguelen, l'avance fond comme neige au soleil


La quatorzième journée de tentative autour du monde pour Sodebo Ultim’ 3 s’inscrit dans la continuité d’un océan Indien aussi rapide qu’exigeant. Si le rythme des manœuvres a légèrement baissé par rapport à la veille, la navigation n’en reste pas moins tendue, dictée par une météo complexe obligeant des choix stratégiques coûteux en milles malgré la vitesse élevée.

L’équipage a effectué trois empannages au cours de la journée, le dernier intervenant aux alentours de 17 heures. Après cette manœuvre, le trimaran a mis le cap au sud-est. Une trajectoire temporaire, puisque le passage des îles Kerguelen se fera par le nord, impliquant nécessairement une nouvelle manœuvre dans les heures à venir. Dans cette zone de l’océan Indien, les trajectoires idéales sont rares et les lignes droites inexistantes pour Sodebo Ultim'3.

Côté performances, Sodebo Ultim’ 3 continue d’afficher des vitesses impressionnantes. La moyenne sur les quatre dernières heures atteint 33 nœuds. Pourtant, malgré cette cadence élevée, l’avance sur le temps de référence continue de s’éroder. En fin d’après-midi, elle n’est plus que de 533 milles. Une régression directement liée à une route moins directe que celle empruntée par IDEC Sport lors de son record établi en 2017, dans un océan Indien alors plus clément.

Et la situation ne devrait pas s’améliorer à court terme. La suite de la traversée de l’Indien s’annonce particulièrement compliquée, avec des systèmes météo peu favorables et des options stratégiques limitées. À tel point qu’à l’approche du cap Leeuwin, au sud-ouest de l’Australie, Sodebo Ultim’ 3 pourrait se retrouver, au mieux, en bord à bord virtuel avec le tenant du titre.

Malgré ce contexte exigeant, le moral reste solide à bord. Les images de la vidéo du jour montrent un équipage lucide, pleinement conscient des difficultés à venir, mais toujours animé par une forte détermination. Ils nourrissent l’espoir de conditions plus favorables dans le Pacifique, où la donne pourrait à nouveau évoluer.




21 H : Nouvelle manoeuvre pour un cap au Nord Est


Fin du 13ème jour de tentative pour Sodebo Ultim' 3, les chiffres du jour :


. Vitesse actuelle 33.2 noeuds.

. Vitesse moyenne sur 24 h : 33.5 nds.

. Nbre de milles en 24 h : 804.40 milles.

. Avance : 490.5 milles.



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Mardi 30 décembre 2025 : Une trajectoire si compliquée


Sodebo Ultim’ 3, mené par l'équipage de Thomas Coville, bouclesa quinzième journée de navigation par un passage stratégique au nord de l’archipel des Kerguelen, au cœur d’un océan Indien exigeant. Un choix dicté autant par la sécurité que par la performance, et qui a impliqué une succession de manœuvres.

En optant pour ce contournement septentrional, l’équipage a géré les dévents générés par les reliefs des îles, zones connues pour perturber fortement le flux de vent et pénaliser la vitesse des multicoques volants. Cette route n’a toutefois rien d’un long fleuve tranquille : elle a nécessité de nombreux changements de voilure et d’allure, afin de composer avec une orientation du vent toujours peu favorable.

À ces contraintes aérologiques se sont ajoutées des considérations environnementales et sécuritaires. L’équipage a volontairement évité les zones de forte présence de mammifères marins, tout en restant attentif aux glaces signalées au nord-est des Kerguelen, un risque réel dans ces latitudes australes. La préservation du bateau est restée au cœur des décisions, d’autant que l’état de la mer s’est montré particulièrement formé, avec des vagues atteignant 4,40 mètres.

Les conditions restent hivernales : 4°C dans l’air, 3°C dans l’eau, rappelant la rudesse de cet Indien sud où la moindre erreur peut se payer cher. Malgré ces éléments contraires et une trajectoire plus sinueuse que celle de référence, Sodebo Ultim’ 3 parvient, en fin d’après-midi, à conserver une avance de 311 milles nautiques sur le temps de IDEC Sport, détenteur du record depuis 2017, lequel avait traversé l’océan Indien sur une route quasi rectiligne.

Cette quinzième journée illustre la réalité d’une tentative de Trophée Jules Verne moderne : une équation permanente entre vitesse, sécurité et respect de l’environnement, où chaque mille gagné se construit parfois au prix de choix complexes. Pour Thomas Coville et son équipage, l’avance est toujours là, mais l’océan Indien continue de dicter son tempo.


Les chiffres de cette 15ème journée :

Vitesse actuelle : 30 noeuds

Vitesse moyenne sur 24 h : 31.3 noeuds

Distance parcourue en 24 H : 750.60 milles

Avance : 288.7 milles


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Mercredi 31 décembre 2025 : Toujours en avance.


Le trimaran Sodebo Ultim’ 3 poursuit sa tentative autour du monde en équipage avec une journée marquée par un long bord au sud-est. Malgré une trajectoire toujours décalée par rapport à la route idéale du record, l’équipage est parvenu à préserver un matelas de quelques milles d’avance sur le tenant du titre. Une avance fragile, construite au prix d’un rythme soutenu et d’une exploitation maximale du potentiel du bateau.

Au cours des dernières 24 heures, Sodebo Ultim’ 3 a ainsi couvert près de 790 milles, un chiffre qui illustre l’engagement permanent de l’équipage pour rester dans le tempo du record. Cette performance s’inscrit dans des conditions exigeantes, avec une mer formée et un vent qui ne facilite pas toujours les angles optimaux, obligeant le trimaran à évoluer en permanence en travers de la trajectoire théorique.

En ce début de soirée, une nouvelle phase de manœuvres est engagée. Le trimaran est reparti pour environ trois heures sur un bord au nord-est, avant un nouveau virement destiné à établir un grand bord au sud-est. Cette option tactique doit permettre de se repositionner au mieux en vue de la descente vers le cap Leeuwin, que l’équipage prévoit de franchir demain soir.

À l’approche de ce cap majeur de l’océan Indien, l’objectif est clair : conserver encore quelques milles d’avance sur le temps de référence. Un scénario qui constituerait déjà une performance notable au regard des conditions rencontrées depuis plusieurs jours, marquées par des vents mal orientés, une mer souvent difficile et une présence de glaces très au nord des zones habituelles. La vigilance reste maximale, d’autant que de nouveaux icebergs ont été identifiés sur les dernières images satellites, ajoutant un paramètre de sécurité supplémentaire à la stratégie de navigation.


Les chiffres du jour à la fin de la 16ème journée :


Vitesse actuelle : 33.1 noeuds

Vitesse sur 24 h : 32.7 noeuds

Milles parcourus en 24 h : 785.9 milles

Avance sur le record : 192 milles




Jeudi 1er janvier 2026 : Pour un quatrième record



L'équipage de Thomas Coville avec Benjamin Schwartz, Guillaume Pirouelle, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Nicolas Troussel et Léonard Legrand sur le Sodebo Ultim' 3, réalise quoi qu'il arrive un grosse, très grosse performance. En début de soirée, au passage de la longitude du Cap Leeuwin, les sept hommes vont établir un quatrième record.

Et pourtant, rien n'est facile, comme l'indiquait Benjamin Schwartz dans le Voice du jour, avec déjà 19 empannages d'effectués et sans doute une 10aine à venir, soit sans doute 29 manoeuvres sur l'océan Indien, là ou le tenant du titre n'en avait effectué... aucun. Pour couronner le tout, le dernier a été fait à la manivelle pour border le J2 la nuit dernière quand la chaîne de la colonne de winch a décidé de s'enrouler autour de son axe. Il a fallu plusieurs heures de bricolage, dans le cambouis et sur une mer former pour tout remettre en place. Dernier virement effectué pour s'éviter d'aller surfer auprès d'une icebergs de 300 mètres détecté sur les dernières photos satellite.

Toujours depuis ce dernier empannage, l'équipage est resté sur une trajectoire Sud Est et à parcourus plus de 640 milles, ce qui n'était plus arrivé depuis plusieurs jours. Sur cette trajectoire qui plonge au Sud, donc une route raccourcie et en naviguant à plus de 30 noeuds, Sodebo Ultim' 3 a repris des milles et conserve son avance, avec 230 milles à 18h.


L'équipage sait déjà, qu'il sera en retard à l'entrée sur le Pacifique, mais espère reprendre l'avantage sous la Nouvelle-Zélande, avec une dépression qui pourrait permettre d'aller vite vers le Horn. Tout cela est à confirmer.




21h00 : Fin du 17ème jour de tentative pour l'équipage de Sodebo Ultim' 3. Les chiffres du jour :


Vitesse actuelle : 31.3 noeuds

Vitesse moyenne sur les 24 dernières heures : 32 noeuds

Milles parcourus sur les 24 dernières heures : 768 milles

Avance : 261.5 milles

Distance à longitude du cap Leeuwin : 40 milles environ


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23hoo : Nouveau temps de référence au Cap Leeuwin


L’équipage de Sodebo Ultim’ 3 a franchi un nouveau cap symbolique dans sa tentative de record autour du monde en équipage, le mythique Trophée Jules Verne, en battant, Ce soir, un quatrième record intermédiaire depuis le départ d’Ouessant. Jeudi 1er janvier 2026 à 22 h 18 (heure française), le trimaran a doublé le cap Leeuwin, à la pointe sud-ouest de l’Australie, en établissant le nouveau temps de référence entre Ouessant et ce cap austral.

Il aura fallu 17 jours, 1 heure et 17 minutes et 38 secà Sodebo Ultim’ 3 pour rallier Leeuwin depuis la ligne de départ bretonne. L’équipage composé de Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel améliore ainsi de 5 heures et 41 minutes la marque détenue par IDEC Sport depuis 2017, lors du record établi par Francis Joyon. Ce nouveau temps confirme la performance globale du trimaran volant, qui reste à ce stade plus rapide que le détenteur actuel du Trophée Jules Verne.

Ce record au cap Leeuwin s’inscrit dans une dynamique remarquable depuis le départ. Après avoir déjà établi les meilleurs temps de référence entre Ouessant et l’équateur, puis entre Ouessant et le cap de Bonne-Espérance, et enfin au cap des Aiguilles, Sodebo Ultim’ 3 s’offre un quatrième record intermédiaire consécutif. Une régularité saluée à bord, comme le souligne Benjamin Schwartz, qui se félicite de voir l’équipage en tête des meilleurs temps intermédiaires sur ces tronçons clés du parcours.

La performance n’en est que plus notable que la traversée de l’océan Indien s’est révélée exigeante. Contrairement à l’édition record d’IDEC Sport, marquée par des conditions exceptionnellement linéaires, l’équipage de Sodebo Ultim’ 3 a dû multiplier les manœuvres. Dix-neuf empannages ont déjà été effectués depuis le cap de Bonne-Espérance, dans une mer souvent croisée et formée, typique de ces latitudes. Malgré cela, le trimaran a maintenu des vitesses élevées, évoluant la plupart du temps entre 20 et 30 nœuds.

L’océan Indien a également rappelé sa dangerosité par la présence de glaces. Pour éviter une zone de vents faibles, l’équipage a navigué dans une région à risque, avec plusieurs growlers aperçus ces derniers jours. La vigilance a été permanente, radars et systèmes d’alerte scrutés en continu, en lien étroit avec la cellule de routage et les données satellitaires de CLS. Cette contrainte a influencé la trajectoire du bateau, notamment avec un contournement des îles Kerguelen par le nord. À bord, seul Thomas Coville avait déjà été confronté à ce type de menace lors de ses précédents tours du monde.

Le passage à la nouvelle année s’est fait dans une ambiance studieuse. Le réveillon du 31 décembre a été marqué par plusieurs interventions techniques, dont la réparation d’une fuite dans un ballast et d’une chaîne de colonne de winch, nécessitant une manœuvre réalisée de manière entièrement manuelle. Le froid et l’humidité restent également des facteurs de fatigue importants, même si l’équipage souligne la qualité de l’équipement et la capacité d’adaptation des organismes.

Avec le cap Leeuwin désormais dans le sillage, Sodebo Ultim’ 3 poursuit sa route vers l’est, en direction de la Tasmanie, qui marquera l’entrée dans l’océan Pacifique, attendue ce samedi 3 janvier. Le trimaran progresse à plus de 1000 milles au sud de l’Australie avant de s’engager dans la longue traversée du Pacifique vers le cap Horn. Si l’avance sur le record de référence s’est légèrement réduite depuis le cap de Bonne-Espérance, l’équipage espère pouvoir la consolider de nouveau à partir de la zone néo-zélandaise.

À mi-parcours symbolique de ce tour du monde, Thomas Coville rappelle néanmoins la philosophie de l’équipe : "La priorité reste la gestion du bateau et de l’équipage dans la durée, cap après cap, avec un objectif clair : le record du tour du monde à Ouessant. Les records intermédiaires s’enchaînent, mais la route est encore longue".


Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim' 3 : "C'est presque la moitié du parcours. On a tous beaucoup trimer et travailler pour être dans ce nouveau temps de référence. Avec Sodebo on n'est jamais allé aussi loin dans nos tentatives de records. On va rester humble et sereins. On progresse collectivement. On est tous ensemble pour gérer ces étapes , caps après caps".




Vendredi 2 janvier 2025 : Route au Nord Est de nouveau


Le bord au Sud Est a pris fin avec un peu d'avance sur le routage ce matin peu avant 9 h 30...


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