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Ils repartent en campagne deuxième partie de Leeuwin à Ouessant

Ultim Boat - Photo Vincent Cruchet/Team Sodebo

11 janv. 2026

Deux nouveaux records au Horn

Accès à la première partie de la tentative de la préparation à Leeuwin ICI






Vendredi 2 janvier 2026 : Trajectoire de nouveau au Nord Est


Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim' 3 : "Il y a trois caps dans le Trophée Jules Verne : le cap de Bonne-Espérance, le cap Leeuwin et le cap Horn. C’est notre deuxième cap, c’est notre troisième temps de référence avec celui de l’équateur, et c’est toujours un moment et une joie collective de pouvoir effectivement dérouler un match comme on le fait en ce moment et d’aligner les records et les temps intermédiaires. Là, on est sous l’Australie, vraiment à 3 000 km au sud de l’Australie, le long de l’Antarctique. On flirte avec les icebergs et les grosses vagues. Pour autant, ce matin au réveil, c’était un très bon moment, un moment que je retiendrai : d’être tous ensemble sur un projet hors normes, d’aller chercher finalement ce que peu de gens peuvent réaliser. Et on avait cette émotion de dérouler quelque chose de rare. Ça reste un long parcours, on n’est pas encore tout à fait à la moitié et il faut rester humble, il peut encore arriver beaucoup de choses. Mais ce bonheur-là, ensemble, il ne fallait pas se l’interdire. Voilà, donc j’en profite pour vous souhaiter une bonne année à tous, et vivez vos rêves à fond".



Le bord au Sud Est a pris fin un peu en avance sur la prévision des routages, peu avant 9h30 ce vendredi matin. L'équipage du trimaran Sodebo Ultim' 3 arrivait dans la zone d'océan dont la température est comprise entre 1 et 3°. Zone à risque pour rencontrer les growlers. D'autant que d'autres icebergs ont été repérés sur la trajectoire du trimaran dans les prochaines heures.

Depuis, Sodebo Ultim' 3 progresse au Nord Est à la moyenne de 33.3 noeuds 249 milles au pointage de 16 heures.




19 h 00 : À l’approche de la fin de l’océan Indien, le trimaran Sodebo Ultim’ 3 s’engage dans une phase stratégique clé de sa tentative de Trophée Jules Verne. Le passage officiel dans le Pacifique est attendu le 3 janvier, au moment où le trimaran de l'équipage de Thomas Coville franchira la longitude de la pointe sud de la Tasmanie. D’ici là, la trajectoire reste complexe, avec plusieurs empannages probables pour aller chercher cette marque virtuelle qui clôt l’Indien, dans un flux encore instable et peu linéaire.

La suite du parcours s’annonce particulièrement délicate avec l’approche de la Nouvelle-Zélande. Les modèles de routage indiquent la présence d’une zone de hautes pressions positionnée au nord de la route idéale, ce qui pousse l’équipage à privilégier une option assez sud. Cette trajectoire impose une vigilance accrue en raison de la contrainte permanente liée aux glaces. Plusieurs icebergs de grande taille ont récemment été signalés par CLS, ainsi que de nombreux fragments et growlers associés, rendant la navigation sous la Nouvelle-Zélande exigeante en termes de veille et de précision de route.

Dans ce contexte, le comportement du trimaran observé ces derniers jours constitue un élément rassurant pour l’équipage. Sodebo Ultim’ 3 a évolué dans des conditions difficiles, avec une mer croisée présentant jusqu’à 5 mètres de creux et des vents établis autour de 30 nœuds. Ces performances permettent d’élargir légèrement le champ des possibles en matière de choix de vent et d’état de mer, tout en conservant une marge de sécurité compatible avec une tentative autour du monde à haute intensité.

Une fois la Nouvelle-Zélande laissée dans le sillage et le Pacifique pleinement engagé, les projections actuelles estiment entre 7 jours et demi et 8 jours et demi pour rallier le cap Horn. Un tel scénario placerait Sodebo Ultim’ 3 sur des temps de passage proches du record de référence détenu par IDEC Sport, qui avait franchi le cap Horn après 26 jours, 6 heures et 45 minutes de course.


21 h 00 : Nouvelle manoeuvre


L'équipage de Sodebo Ultim' 3 a empanné de nouveau peu avant 19h30. Direction quasi plein Est à 35 noeuds.


Les chiffres du jour :

Vitesse actuelle : 35 noeuds

Vitesse sur 24 h : 32.9 noeuds

Milles parcourus : 790.1 milles

Avance : 134 milles


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Samedi 3 janvier 2025 : Nouveau record à la sortie de l'Indien


La nuit dernière vers 4 heures, Sodebo Ultim' 3 reprenait la direction du Sud Est, toujours à plus de 34 noeuds, un bord qui se prolonge encore en cette toute fin d'après-mid. La navigation s'effectue sous J0 et 1 ris dans la grand-voile, avec un foil légèrement relévé (90°), afin d'éviter les pics de charge compte tenu de l'état de la mer. L'avance qui est descendue jusqu'à 14 milles, est maintenant repassé à 48.3 milles.


Thomas Coville, skipper du Sodebo Ultim' 3 : "Bonjour à tous. sur le trimaran Sodebo Ultim' 3, dans cette tentative du Trophée Jules Verne 2025-2026. Nous sommes le samedi 3 janvier et nous naviguons à 36 nœuds, par 20 noeuds de vent, au large de la Tasmanie. Nous sommes entrés dans l’océan Indien après un peu moins de onze jours, en passant le cap de Bonne-Espérance, et nous avons établi un nouveau temps de référence de 17 jours et 1 heure en passant le cap Leeuwin. Avec un océan Indien que je qualifierais de difficile — mais il l’a toujours été — j’ai toujours eu des relations compliquées avec cet océan, des rencontres difficiles, et en même temps j’aime bien cette notion que la nature nous donne ce qu’elle veut et que nous, on en fait ce qu’on peut. Si je devais tirer une philosophie de cette manière de vivre au large, et de ce que la course au large incarne, c’est que la nature nous donne, et nous disposons de ce qu’elle nous offre. On essaie d’en faire quelque chose, en termes de vitesse, de concrétisation, quelque chose de réel. La météo, qu’on ne choisit pas — sauf au départ — nous a permis de faire un joli temps de référence de 4 jours et 4 heures à l’équateur. Après, il faut s’adapter, il faut faire au mieux. Pour autant, on se bat contre le temps, parce qu’on se bat contre un temps de référence établi par IDEC il y a maintenant quelques années, et qui était exceptionnel, notamment dans cette région du parcours où ils avaient eu le talent de se placer devant un front, avec une mer plate, pour tracer une ligne toute droite. Alors que nous, on n’arrête pas de faire des zigzags et de lutter contre la mer formée, puisqu’on est derrière les dépressions, donc derrière la mer résiduelle, difficile à gérer, qui malmène un peu notre bateau et forcément les gens à bord. Malgré tout, on tient des vitesses moyennes relativement élevées, voire très élevées à certains moments, comme maintenant. C’est Guillaume qui est à la barre, assisté de Frédéric Denis, et moi je suis avec eux. Je vous livre cette voice note, qui est plus un partage de sensations et d’émotions du moment. Nous sommes sous la Tasmanie. Nous allons donc finir cet océan Indien avec beaucoup d’engagement. J’aime bien cette notion d’engagement sur la durée. C’est un philosophe que j’aime bien, souvent cité par ma philosophe préférée, qui parle justement de cet engagement dans la durée, de cet engagement infatigable. Il faut résister. Et il va falloir, dans le prochain océan — l’océan Pacifique, que j’appelle souvent l’océan “papier de verre” — parce que c’est le plus grand, le plus long, et que, comme dans la vie, quelquefois, ça use. Ça use le corps à bord, avec la vitesse, les mouvements, le manque de sommeil, le froid. Il fait très froid, puisqu’on est vraiment à la lisière de l’Antarctique, avec beaucoup d’icebergs qui sont remontés à des latitudes très nord. Il y a encore quelques heures, on était par 57° Sud, une latitude rarement atteinte par des bateaux à voile. Ce sont des contrées très hostiles, des contrées où on s’expose. Le danger de la glace est permanent. Et pour autant, on a cette volonté farouche qui s’exprime dans les faits, dans les actes, dans les mouvements, dans cet engagement insatiable et infatigable. C’est vrai que c’est un record contre le temps. Ça n’a pas de réel intérêt pratique. C’est purement esthétique. Et pour autant, ça génère une énergie sublime dans l’effort, dans l’effort collectif, dans l’effort d’être ensemble, dans cette endurance. Il va juste falloir passer le cap Horn, qui sera pour moi non pas le cap Horn, mais le cap de la délivrance. Quand on passe ce cap, on sort d’un univers. Là, on est au milieu d’un monde où la température, la lumière, le danger de la glace, les quelques oiseaux qui passent autour de nous façonnent le quotidien. Il y a un albatros juste sous notre vent, qui tourne autour de nous. J’imagine qu’il est surpris de nous voir. Il vole autour de nous, sans doute plus attiré par l’aventure que par quelque chose qui pourrait le nourrir — on n’a pas grand-chose à lui donner. Voilà. On enchaîne les milles, encore une fois pas toujours de manière très efficace pour notre projet de temps, parce que le temps, lui, n’a pas de fatigue. Le temps déroule son fil, comme dans nos vies. Il nous oblige à être droits dans nos bottes. Il nous oblige à continuer, à résister, à avancer. Il n’y a pas vraiment de choix. Si on a la liberté d’être là, c’est qu’on a choisi d’être là. Donc il n’y a aucune complainte de ma part sur les conditions ou sur ce qu’on vit. C’est une vraie foi, quelque chose qui m’habite depuis des années, que je partage aujourd’hui avec un équipage qui m’apporte quelque chose de nouveau et de plus fort. C’est une rencontre entre sept individus, très concrète, de venir ici, de se rencontrer sur la durée, dans l’effort, dans la volonté, dans cette envie infatigable d’aller vite. C’est ça qui donne du sens, pour moi, à ce qu’on est en train de faire. J’y mets toujours une petite dimension philosophique qui me permet, mentalement, d’y trouver du sens, une cohérence avec mes choix de vie, avec qui je suis, avec qui nous sommes tous les sept, avec ce qu’on veut offrir, vous partager, vous donner — même si, au bout du compte, ça n’appartient qu’à nous. Je trouve ça assez merveilleux, parce qu’à la fin il y en a beaucoup qui parlent, beaucoup qui décident, beaucoup de belles idées, de beaux livres, de belles émissions. Mais à un moment donné, on a besoin d’actes. On a besoin de gens qui bougent, qui réagissent avec leur corps, avec leurs actions, leurs mouvements. Les athlètes sont là pour ça. Et pour nous, ce bouchon de sensations et de mouvements, c’est notre manière d’exprimer quelque chose. J’aurais rêvé de faire de la musique ou autre chose, mais voilà : c’est ce qu’on fait ici, sous la Tasmanie, en essayant d’exploiter au mieux la météo, avec résilience, et avec cette envie d’aller vite dans des conditions incroyables. C’est unique. C’est difficile à exprimer ou à décrire tant le mouvement des vagues, la lutte permanente, le surf, la chute de l’autre côté, la relance, jour après jour, forment quelque chose d’assez incroyable, mais aussi d’usant. Je le vois sur les visages, notamment au réveil. Je parle de ça parce que Léonard vient de se lever. Ces moments sont intimes, ils sont à nous. On ne peut pas se cacher au réveil. Il est juste lui-même. Et ce qu’on partage entre nous est assez magique dans ma vie, ce choix qu’on a fait ensemble. On verra à la fin ce que ça donne. On va rester humbles. On avait beaucoup d’avance, on ne l’a plus. Il faudra la reconstruire, recommencer, inlassablement, infatigablement, agir et aller de l’avant. Voilà, c’était ma voice note fraîche et humide, juste avant d’aborder — dans quelques heures, pardon — le Pacifique, cet océan papier de verre qui livrera encore une fois de belles surprises auxquelles il faudra s’adapter. Je vous souhaite une très belle année 2026. J’espère que vous avez plein de rêves, des petits, des grands, et surtout la folle envie, le désir et l’énergie d’en réaliser quelques-uns. Ne passez pas à côté de ça. Sachez que de l’autre côté de la planète, il y a sept mecs qui les réalisent et qui ont très envie de le partager avec vous. Ciao. Bonsoir".


En tout début d'après-midi, Sodebo Ultim' 3 passait sous la pointe Sud de la Tasmanie qui marque la fin de l'océan Indien et l'entrée sur le Pacifique. Avec dans les poches de l'équipage un nouveau record ! Et oui après celui de l'Equateur, celui de Bonne Espérance, celui des Aiguilles, celui de Leeuwin, l'équipage de Thomas Coville prend, pour 1 h 56 min et 45 sec, le record Ouessant, point Sud de la Tasmanie. Un nouveau record en 18 j 16 h 34 min et 15 secondes.


On ne se rend pas compte je pense, de ce qu'ils viennent de réaliser. Quand on compare la trajectoire des deux bateaux sur l'Atlantique Sud et l'Indien, c'est à peine croyable. Cela montre la dextérité de l'équipage à mener le trimaran Sodebo Ultim' 3, à exploiter au mieux les conditions météorologiques, un travail de maître mené à terre par la cellule routage et à bord par Benjamin Schwartz et Thomas Coville. La suite sera ce qu'elle sera, mais cette première partie restera magnifique.




Avance à 19 h : 51. milles


Pour la suite, la route sera visiblement Nord, les glaces, la grosse mer, la force du vent au Sud, n'offre pas un gain significatif par rapport au risque à prendre. Sodebo Ultim' 3 va passer au Sud de l'anticyclone qui est situé sous la Nouvelle -Zélande



21 h : Sodebo Ultim' 3 poursuit sa trajectoire au Sud Est à plus de 31 noeuds et possède ce soir 61 milles d'avance. Il va vraisemblablement passer dans le sud de l'île de Macquarie.


Les chiffres du jour :


Vitesse actuelle : 31 noeuds

Vitesses moyenne sur 24 h : 33.2 noeuds

Milles parcourus sur 24 H : 796.4 milles

Avance sur le record : 61 milles.



Le récapitulatif des records de Sodebo Ultim' 3 depuis Ouessant :


Ouessant-Equateur 

Franchissement : samedi 20 décembre à 01h03min 30s (heure FR)

Temps de parcours : 4 jours 4 heures 2min 25s*

Ecart avec Spindrift (sur la base de 4j19h57min à l'équateur) de 15h54min35s

Ecart avec Idec Sport (sur la base de 5 jours 18h 59min) de 1 jour 14h56min35s

Nombre de milles parcourus : 3355 milles (6213 km)

Vitesse moyenne depuis le départ : 33.3nœuds


Ouessant-Bonne Espérance

Franchissement du cap de Bonne Espérance : vendredi 26 décembre 2025 à 20h56min57 (heure FR)

Temps de parcours  : 10 jours, 23 heures, 55 min 52 sec

Écart avec le Maxi Edmond de Rothschild (11j 9h 53min en 2021) : 9 heures, 56 min plus rapide

Écart avec Idec Sport (12j 19h 28min) : 1 jours, 19 heures, 31 min plus rapide


Ouessant-Cap des Aiguilles 

Franchissement du cap des Aiguilles : samedi 27 décembre 2025 à 0h11min (heure FR)

Temps de parcours : 11 jours, 3 heures, 10 min

Ecart avec le Maxi Edmond de Rothschild (11 j 14 h 03 min) : 10 h et 50 min plus rapide


Ouessant- cap Leeuwin

Temps de passage à Leeuwin 22h18min 43s (Heure FR) ce jeudi 1er janvier 2026

Temps de parcours : 17 jours 1 heure, 17 minutes and 38 sec

Écart avec IDEC Sport (17j 6h 59 min) : 5 h 41 min 22 s d'avance sur Idec

Nombre de milles parcourus : 13184 milles depuis le départ

Vitesse moyenne depuis le départ : 32,1 noeuds


Ouessant-Pointe Sud de la Tasmanie

Franchissement de la pointe Sud de la Tasmanie  le samedi 3 janvier 2026

Temps du parcours : 18 j 16 h 34 min 15 sec

Ecart avec IDEC Sport (18 j 18 h 31 min) : 1 h 56 min 45 sec

Nombre de milles parcourus : 15101 milles

Vitesse moyenne depuis le départ : 32.2 noeuds, à 95.5 % des polaire du bateaux

Temps de la traversée de l'océan Indien : 7 j 13 h 24 min (2ème temps absolu)



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Dimanche 4 janvier 2026 : En retard


La nuit dernière en France métropole a été compliquée pour l'équipage de Thomas Coville, vent à plus de 40 noeuds de moyenne, des rafales bien au-delà, une mer démontée avec le J2 et deux ris dans la grand-voile, les hommes comme le trimaran ont été malmenés. Peu à peu la mer est redevenue plus praticable. C'est vers 7 h 30 ce matin en France qu'ils ont de nouveau empanné vers le Nord et que l'avance diminue à vue d'œil, car au même moment EDEC Sport était toujours sur sa lancée, plein Est, ce qui changera à partir de demain.


Petit problème technique ce matin à bord avec la perte de pression dans le vérin d'écrêteur de dérive. Ce n'était heureusement qu'un raccord desserré, mais vu la cadence et les chocs répétés, cela ne semble vraiment pas très étonnant. Reste un peu d'huile hydraulique au fond de la coque centrale.



Ils l'auront repoussé le plus possible, mais cet après-midi pour la première fois, l'équipage du Sodebo Ultim' 3, au pointage de 16 h était en retard de 5 milles sur le record. Un retard qui monte à 26 milles à 17 heures, alors que le trimaran est sous la Nouvelle-Zélande, dans 28 noeuds de vent et des creux de 4.4o mètres. L'équipage s'habituant de plus en plus à ces conditions a remis de la voilure, en repassant avec un seul ris, puis en installant le J1, lors d'un nouvel empannage qui devrait avoir lieu en début de soirée pour repartir au Sud pendant quelques heures.


21 h 00 : L'équipage de Sodebo Ultim' 3 à de nouveau Empanné, peu après 18 h. Direction le Sud à 30 noeuds, l'avance recule maintenant, qui dit Sud dit route plus courte, alors que la trajectoire d'IDEC Sport à ce moment de sa tentative partait elle au Nord.


Les chiffres du jour :

Vitesse actuelle : 32 noeuds

Vitesse moyenne sur 24 h : 30 noeuds

Nombre de milles parcourus en 24 h : 719 milles

Retard sur le record : 17 milles


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Lundi 5 janvier 2026 : De nouveau devant


A la moitié du parcours, les conditions sont toujours aussi compliquées pour l'équipage de Sodebo Ultim' 3, une mer impraticable ou presque et du vent fort. L'équipage fait tout pour protéger le matériel, mais il y a de gros plantés. Le vent pourrait s'améliorer d'ici quelques heures, mais la mer restera compliquée.


Guillaume Pirouelle, équipier de Sodebo Ultim' 3 :"Nous sommes dans notre 21ᵉ journée de tentative sur le Trophée Jules Verne. On est maintenant dans le Pacifique depuis une journée, avec des conditions pas faciles, comme depuis le début des mers du Sud. On a eu jusqu’à un peu plus de 50 nœuds en rafales, des vagues de 5 mètres de haut, une houle assez courte, avec une mer assez déchaînée. On est actuellement en tribord amures, sous J2 établi, le vent devrait se renforcer un peu, et une mer toujours pas facile, qui a du mal à se calmer. On met un peu de nord dans la route pour essayer de se dégager de cette zone de mer chaotique, et on pourrait repasser sous le J0 bientôt. Mais voilà, c’est sûr que quand on a des conditions pas faciles, dures comme ça, la vie à bord est compliquée. Après, ça arrive assez souvent sur ces bateaux. C’est vrai que ça secoue beaucoup à bord dès qu’il y a un petit peu de mer. Donc voilà, on garde quand même des moyennes assez élevées, et c’est sympa, mais la vie à bord devient beaucoup plus compliquée. Il faut vraiment faire attention, se tenir dès qu’on se déplace, parce que dans cette mer-là, ça arrive que le bateau tape assez fort, et du coup, si on ne se tient pas, on peut vite se blesser. Mais voilà, c’est les conditions. Finalement, assez souvent dans ces contrées-là, quand on n’a pas la chance d’être devant le système météo et d’avoir une mer plate, on est plutôt, depuis le début de l’Indien, derrière les systèmes météo, et du coup un peu dans la mer de ces systèmes. Voilà, c’était le cas l’année dernière sur notre deuxième tentative de Trophée Jules Verne, où on avait eu un Indien assez mauvais aussi, avec des vents à 40 nœuds et une mer vraiment pas simple. La mer ne tourne pas immédiatement avec le vent, et du coup ça rend le bateau plus ou moins facile à exploiter. On essaie d’ajuster les voiles aussi en fonction de tout ça, pour avoir les meilleurs bords, garder les vitesses élevées et continuer notre route contre le record. Il est vrai qu’IDEC avait été vraiment exceptionnel dans l’Indien et qu’il est un peu plus prenable dans l’océan Pacifique. Donc voilà, on estime qu’on a encore toutes nos chances et qu’on a de la perspective devant nous, donc ça c’est cool. C’est vrai que c’est un peu plus compliqué : on a une vie un peu plus fermée à l’intérieur du bateau. Je le disais, on est globalement assis à l’intérieur, parce que sinon c’est très compliqué et finalement assez dangereux. Et puis après, les seuls moments un peu critiques, c’est pour les changements de voiles. On en a fait un avant-hier pour passer de J0 à J1, pour réduire la toile, et ça a été un peu chaud. On a beau se mettre bien au vent arrière, avec un barreur à la barre pour essayer de calmer le bateau, il a quand même tendance, de temps en temps, à partir dans la vague. Quand on est à l’avant pour affaler la voile, il faut bien s’accrocher. On peut se faire balayer, et ça a été le cas avant-hier : avec Pierre, on s’est fait un peu balayer sur le pont avant par une vague. Pas de gros bobo, mais on s’est fait un peu mal sur le coup. Donc voilà, il faut rester toujours vigilant. Ce sont des bateaux très exigeants dans ces conditions, et surtout il faut protéger le matériel, parce qu’il nous reste encore la moitié du chemin à faire. On est contents d’où on est, mais il reste encore de la route. En ce qui concerne la météo, ça devrait peut-être un peu s’améliorer. Là, on est en train de faire le dernier jibe pour se positionner devant une dépression secondaire, qui pourrait nous pousser si on tient la cadence jusqu’au Cap Horn, ou jusqu’à un peu avant le Cap Horn. Donc ça, ce serait plutôt bien pour reprendre un peu d’avance sur la trace d’IDEC. Après, voilà, ça va rester dans une mer un peu mauvaise. On sait que les performances du bateau sont un peu dégradées dans ces conditions. Et puis, il y a des remontées de glace un peu au milieu du Pacifique. On a demandé à la cellule routage de commander des images satellites pour qu’on puisse voir un peu où est-ce qu’on va passer là-dedans. C’est sûr qu’il y a des glaces qui remontent assez bien, ça coupe pas mal. On est à l’attaque, mais on fait attention à ne pas abîmer le matériel. Ici, ça peut ne pas pardonner : il y a parfois des gros plantés, et même si le bateau est prévu pour ça, ça fait quand même 21 jours maintenant qu’on l’exploite au plus proche des 100 %. Donc il faut avoir les yeux bien ouverts, écouter les bruits du bateau et savoir repérer s’il y a des problèmes. Mais en tout cas, voilà, l’équipe est toujours là, le bateau est toujours à 100 %, et on a même réussi, dans ces mauvaises conditions, à avoir des journées de soleil à la fin de l’Indien et au début du Pacifique. Donc voilà, ça aide bien le moral. On continue la route, on est dans les temps du record, donc ça motive tout le monde à bord. On continue. Allez, bonne journée, à bientôt".


Un équipage qui empanne une première fois vers 2 heures du matin en France métropolitaine pour repartir au Nord, puis une seconde fois ce midi pour repartir au Sud, en restant proche de l'orthodromie. Ce qui au final, donne en cette toute fin d'après midi 210 milles d'avance sur le record.

Et normalement à partir de demain, ça va être tout droit vers l'Est, au devant d'une dépression secondaire qui finit de se former. Enfin peut-être pas jusqu'au Horn. Mais ça on en reparlera dans 72 heures. D'ici là, il faudra sans doute se frayer un passage entre les icebergs.


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L'équipe Sodebo Voile a publié quelques chiffres comparatifs entre la tentative d'IDEC Sport et celle en cours :


Distance parcourue par IDEC Sport entre Ouessant et la pointe Sud de la Tasmanie : 12 862.4 milles

Distance parcourue par Sodebo Ultim' 3 entre Oussant et la pointe Sud de la Tasmanie : 14 151 milles

Vitesse d'IDEC Sport entre Ouessant et la pointe Sud de la Tasmanie : 28.5 noeuds

Vitesse de Sodebo Ultim' 3 entre Ouessant et la pointe Sud de la Tasmanie : 31.7 noeuds


Ecarts : Distance : + 10 % et Vitesse : + 11.2 % mais temps - 1 h 57 min



21h00 : Sodebo Ultim' 3 vient de nouveau d'empanner, cap au Nord, pour rester devant cette dépression en formation.


Les chiffres à la fin du 21ème jour de tentative :

Vitesse actuelle : 32 noeuds

Vitesse moyenne sur 24 H : 31.2 noeuds

Milles parcourus sur 24H : 747.80 milles

Avance sur le record : 213 milles.


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Mardi 6 janvier 2026 : Tout droit vers le Horn


22e journée de tentative pour l’équipage de Sodebo Ultim’ 3 sur le Trophée Jules Verne. Après trois semaines de navigation autour du globe, le trimaran de Thomas Coville et de son équipage est désormais idéalement positionné devant la dépression qui conditionne la descente vers le cap Horn. Le scénario tant attendu s’est enfin mis en place en milieu d’après-midi avec l’entrée dans un long bord rectiligne à très haute vitesse.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur les quatre dernières heures, la moyenne est proche de 34 nœuds, et le dernier pointage affiche une vitesse instantanée de 36,2 nœuds. Des performances remarquables compte tenu des conditions relativement modérées rencontrées, avec un vent de nord-ouest établi autour de 17 nœuds. La mer, encore marquée par une grosse houle de 3,1 mètres, s’est légèrement calmée, permettant au trimaran de pleinement exploiter ses foils dans une configuration très favorable.

La route suivie reste cependant contrainte. Sodebo Ultim’ 3 évolue actuellement à environ 145 milles au nord de l’orthodromie. Une option assumée et quasi imposée, la descente plus au sud étant rendue impossible par la présence de nombreux icebergs signalés dans la zone. La sécurité reste donc prioritaire, même dans cette phase clé où la vitesse est maximale.

Autre élément positif notable de cette 22e journée, la remontée progressive des températures. L’air est désormais mesuré à 6 degrés et l’eau à 5 degrés, des valeurs nettement plus confortables pour l’équipage après plusieurs jours dans le froid intense des latitudes sud. Un facteur qui contribue aussi à de meilleures conditions de travail à bord.



Au pointage de 18 heures, l’avance sur le temps de référence du record du Trophée Jules Verne atteint 132,3 milles. Une marge solide, renforcée par la dynamique actuelle du bateau, clairement lancé à pleine puissance. Le trimaran est annoncé à 100 % de son potentiel. Quelques marques sont visibles sur les appendices, conséquence logique des vitesses élevées et des sollicitations répétées, mais rien de préjudiciable pour la suite de la tentative.

La journée a toutefois été marquée par une fuite hydraulique a été détectée dans la bôme, au niveau du vérin d’écoute de grand-voile. Un resserrage a été effectué rapidement par l’équipage, permettant de sécuriser le système sans impact sur la marche du bateau. Une vigilance accrue reste néanmoins de mise, tant la fiabilité des systèmes est déterminante à ce stade de la tentative.


Si les conditions actuelles se maintiennent et que la trajectoire météorologique se confirme, le passage du cap Horn est désormais envisagé pour samedi. Un rendez-vous symbolique qui pourrait se faire avec une avance conséquente sur le record, plaçant Sodebo Ultim’ 3 dans une position très favorable pour la remontée de l’Atlantique et la suite de cette tentative de tour du monde hors normes.


21h00 : 36 noeuds à 18 h, 35 noeuds à 19 h, 38 noeuds à 20 heures, les vitesses folles sont de retour à bord de Sodebo Ultim' 3


Les chiffres du jour :

Vitesse actuelle :34.4 nouds

Vitesse moyenne sur 24 H : 31.7 noeuds

Nombre de milles parcourus sur 24 H : 761.6 milles

Avance : 129.9 milles


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Mercredi 7 janvier 2026 : malgré la vitesse élevé pas simple de rester devant la dépression



Depuis hier soir l'équipage de Thomas Coville à bord de Sodebo Ultim' 3 est resté aux réglages pour faire avancer le maxi trimaran au plus vite sur une trajectoire en forme de parabole. Les vitesses sont très élevées, car la mer est devenue beaucoup plus praticable.

En milieu d'après-midi, l'équipage a effectuer un contre bord pour retrouver du vent dans la bonne direction en limite Sud Est de la dépression, mais aussi un peu plus de pression. Chose qui se reproduira visiblement dans la soirée.


Sodebo Ultim' passera sous le point Némo, en milieu de nuit prochaine. L'avance est de 165 milles à 18 heures. Un autre chiffre qui parle de lui même, la pointe de vitesse du jour à 47.7 noeuds...


Frédéric Denis, équipier de Sodebo Ultim' 3 : "Bonjour à tous depuis Sodebo Ultim’ 3. On est le mercredi 7 janvier et nous sommes bientôt à la moitié de l’océan Pacifique Sud. On est bientôt à la latitude du point Némo, donc aujourd’hui, eh bien, il fait gris. Le soleil s’est levé il n’y a pas longtemps et on est en avant d’une dépression qui nous croque un peu, donc c’est un peu la bataille en ce moment. Il faut aller le plus vite possible pour ne pas se faire croquer par la dépression et garder notre trajectoire. Donc voilà, on a été bien concentrés et occupés ces douze dernières heures, c’est un peu toujours le cas. Je viens de me réveiller et je vais attaquer mon quart, mais j’ai encore une demi-heure donc j’en profite pour faire la voice note. On a fait plus de la moitié du chemin, donc ça avance, c’est chouette. On a toujours de l’avance sur le record. Il faut vraiment rester concentré sur soi-même. Ça veut dire bien se reposer, bien se nourrir, bien se nettoyer, pour prendre soin de l’humain. Et pour l’instant, ça va. On va dire qu’il y a eu des petits chocs un peu partout parce que le bateau bouge bien, mais pas de bobos à déplorer ni de choses embêtantes. Donc ça, c’est plutôt chouette. Sûrement usé un peu physiquement, mais pas de manière significative, donc ça aussi, c’est chouette. Qu’est-ce qui me manque dans ma vie de terrien ? Oh, il y a quand même beaucoup de choses. Je pense que là, c’est ce mouvement permanent, à une vitesse où chaque geste compte, où on doit être concentré pour tout, pour ne pas se faire mal, qui est assez usant au quotidien. Et ça, j’avoue qu’un petit moment de calme et de répit ferait du bien. Et après, c’est l’entourage : je pense notamment à mes enfants, ma femme. Ça me fera du bien de les serrer pour de vrai, mais voilà, ça, c’est dans quelques jours. Les quarts de trois heures, donc on parlait du repos, et moi j’apprécie plutôt bien le rythme. Je trouve que c’est assez reposant, ça permet d’être focus et concentré à fond sur les trois heures où on est debout, et de bien se reposer déjà ensuite sur le temps ou nous sommes en stand-by. Suivant le bruit et les mouvements du bateau, on s’endort plus ou moins vite et, en effet, en fonction de ça, le réveil peut être plus ou moins fastidieux. Mais dans l’ensemble, tout le monde est assez carré sur ses horaires, et puis les dérapages, ça peut arriver, mais on s’entraide, on va chercher, et ça se passe très bien.

Et en effet, dans le bateau, on est six en quart, et puis on a Léo qui est hors quart, donc il a sa propre bannette. Pour les autres, c’est bannette chaude, c’est-à-dire qu’on est trois heures dans la bannette. Pour moi, mon opposé, c’est Nicolas Troussel, et à chaque fois on se croise. Ça veut dire que moi, quand Nicolas sort du lit et vient sur le pont, on échange quelques trucs et ensuite je file me coucher. La bannette n’a pas eu le temps de se rafraîchir, c’est plutôt agréable dans ces contrées. C’est encore loin, il y a encore pas mal de chemin à faire, mais on n’a jamais été aussi près de ce cap mythique. Donc là, les conditions : on est en avance sur cette dépression et, comme je vous l'ai dis, c’est un peu la bataille. On est bien concentrés, et ensuite cette dépression va bien ralentir pour arriver sur le Horn. De faibles vents pour passer le Horn, donc ça va être plus tranquille, mais pas plus calme, parce que justement les faibles vents, il faut être aussi très concentrés pour s’en extraire le plus rapidement possible. Le vent, ça reste le moteur, donc on préfère la tempête au pas de vent, ça avance toujours mieux. Et puis voilà, je pense que c’est quand même le cap le plus mythique de ce tour du monde. Ça sonne aussi la fin du Grand Sud et le début pour pointer les étraves vers le nord, vers la ligne d’arrivée. Allez, merci beaucoup à tout le monde. Gros bisous. Ciao".


Comme on peut le lire, on sent que l'équipage commence a ressentir une fatigue physique, mais rien d'anormale, vu la cadence infernale depuis 23 jours.


L'estimation pour le passage du Cap Horn est de samedi en fin de journée soit 26 jours. Pour rappel , IDEC Sport était passé en 26 j 15 h et 45 min.


21h00 : Les chiffres du jour :


Vitesse actuelle : 35.3 noeuds

Vitesse moyenne sur 24 h : 33.4 noeuds

Milles parcourus en 24 h : 802.7 milles

Avance sur le record : 190 milles


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Jeudi 8 janvier 2025 : Une maîtrise incroyable.


Au 24e jour de sa tentative de Trophée Jules Verne, Sodebo Ultim’ 3 mené par l'équipage de Thomas Coville continue d’imprimer un rythme exceptionnel dans l’océan Austral. Contrairement à ce qui pouvait être envisagé, il n’y a pas eu de contre-bord en milieu de soirée hier. Le trimaran a conservé un cap au sud-est et enchaîné les milles à très haute vitesse tout au long de la nuit puis de la journée. Pointe de vitesse ce jour : 46.5 noeuds.

Malgré un problème de hook survenu ce matin, rapidement identifié et résolu par l’équipage, avec quand même l'affalage de la grand-voile, la performance est remarquable, l'engagement incroyable, avec sept changements de plan de voilure. À 18 heures, Sodebo Ultim’ 3 affichait plus de 842 milles parcourus sur les dernières 24 heures, soit une moyenne de 35,1 nœuds. L’objectif principal de la journée était de rester devant le front météorologique, et il a été largement atteint, permettant au trimaran de poursuivre sa progression dans un flux favorable.

À ces vitesses, la navigation prend une dimension particulière. Il est difficile de mesurer la concentration permanente et la tension que représente le fait de « voyager » à plus de 35 nœuds, à quelques dizaines de centimètres au-dessus de l’eau. La mer s’est toutefois très nettement calmée, comme en témoigne la vidéo diffusée en fin d’après-midi ce jeudi, offrant des conditions plus régulières mais toujours exigeantes pour le bateau et les hommes.



En poursuivant légèrement vers le sud et en traversant deux zones signalées d’icebergs, Sodebo Ultim’ 3 se situe désormais au-delà de 60° sud en ce début de soirée. Le trimaran va continuer dans cette direction, avec en ligne de mire une zone de vents plus faibles qui pourrait freiner sa progression dans les prochaines heures. Malgré cela, l’avance sur le temps de référence continue de croître. Elle atteignait 448 milles à 18 heures et devrait encore augmenter, d’autant qu’à ce stade de la tentative victorieuse de 2017, IDEC Sport était contraint d’enchaîner de nombreux empannages sur de courtes séquences, une situation bien différente de celle que connaît actuellement l’équipage de Sodebo Ultim’ 3.


20 h00 : La suite va être plus compliqué malheureusement, Sodebo Ultim' 3 va devoir mettre le cap au Nord Est, pour se rapprocher tout près de la côte Ouest du Chili, pour ensuite descendre au Sud pour contourner le cap Horn, avec sans doute un passage au plus près de la côte et au près. Avance à 20 heures 483.4 milles.


21 h 00 : Les chiffres du jour à la fin du 24ème jour :

Sodebo Ultim' 3 traverse la zone sans vent pour rattraper la dépression qui est devant

Vitesse actuelle : 25.1 noeuds

Vitesse moyenne sur 24 h : 35 noeuds

Nombre de milles parcourus sur 24 h : 840.1 milles

Avance : 491.4 milles


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Vendredi 9 janvier 2026 : Météo compliquée à l'approche du Horn



Si les tempêtes sont redouter à la proche du fameux Horn, avec la remonté du plateau continental et un passage relativement étroit entre la pointe Sud de l'Amérique et l'Antarctique (moins de 500 milles), dans le cas de Sodebo Ultim' 3, c'est plutôt le manque de vent qui pose problème dans cette 25ème journée de tentative sur le Trophée Jules Verne.


Pierre Leboucher, équipier de Sodebo Ultim' 3 : "En tout cas là, on a plus qu’une petite quinzaine de nœuds, avec la mer calme, un joli coucher de soleil en direct sur le Cap Horn. On est longitude 60e degré Sud. Donc c’est quand même bien. Il fait pas très chaud par contre, mais c’est plutôt agréable. C’est, je pense, la première fois maintenant qu’on a des conditions clémentes, avec du soleil et pas trop de mer. Donc ça fait vraiment du bien de mettre un peu la tête dehors pour profiter un peu de ces moments, même s’il faut pas prendre un paquet de mer, parce que ça arrive assez vite à la barre. L’eau est encore très froide. Et là, c’est plus calme que les dernières 24 h. C’est vrai qu’on a commencé les 24 heures, on était encore dans une zone de glace, donc c’est stressant, avec pas mal de vent, beaucoup de mer. Donc voilà, on était dans des conditions où il y fallait avancer vite, c’est allumé entre des icebergs qui ont été vus par satellite. Donc c’est sûr que ça, c’est encore un peu stressant, avec le bateau qui fait beaucoup de bruit, parce que beaucoup de vagues et qui bougent beaucoup. Et là, depuis une dizaine d’heures, le vent est tombé un peu et surtout la mer s’est vraiment calmée. Donc ça, c’est vraiment vraiment agréable. Les siestes sont beaucoup plus réparatrices. En tout cas, il fait pas chaud. Quand on parle, on voit la fumée qui sort de notre bouche, mais on s’habitue bien et finalement, voilà, bien équipé, ça fonctionne. Il faut juste pas oublier de se déshabiller un peu quand on fait deux trois manœuvres, parce qu’on a vite très chaud avec tout l’attirail, tous les vêtements qu’on a sur nous pour le froid. Mais maintenant, ça se passe plutôt bien. Et puis niveau alimentation, non, moi j’ai pas changé vraiment mes rations. Ouais, on consomme un peu plus, mais pas énormément. Je trouve que ça va. Donc voilà. Et puis oui, sur les plats, les meilleurs plats lyophilisés de Sodebo. Moi, je suis vraiment pas difficile. J’adore, j’adore, manger, donc ils sont tous, tous, bons. Moi, je me régale, je me régale sur chaque plat. C’est vrai que c’est un moment assez sympa aussi de se préparer cette petite gamelle. Ça fait une petite pause, un petit moment sympathique, avec des petits biscuits. Tu es un peu moins stressé par la conduite du bateau, parce que c’est vrai que quand tu as les commandes de l’engin entre les mains, ben, et que les conditions sont difficiles, faut pas aller trop vite parce que sinon tu peux te fracasser dans une vague, et en même temps la montre tourne, donc faut quand même aller assez vite. Donc ce petit dosage, il est pas facile à faire, sachant que c’est des machines qui accélèrent, elles sont merveilleuses. Donc c’est stressant. Donc c’est vrai que ces petits moments où on est un peu libéré de ça, et où on n’est pas dans notre bannette à essayer de dormir quand ça bouge dans tous les sens et qu’on a vraiment du mal, donc là c’est un petit moment sympa, le petit repas. Je ne vais pas, en tout cas pour ma part, revenir amaigri. Et ouais, ben quand on va faire une manœuvre, on s’équipe un peu plus. Ouais, on met des affaires un peu étanches. On essaie de se protéger la tête quand on sait qu’on va prendre des paquets de mer. Et c’est sûr que quand on va à l’avant, bah ouais, on s’attache, on se protège. On essaie de se protéger du froid, mais surtout on prépare bien la manœuvre en amont pour essayer d’être dehors le temps le plus court possible, parce qu’en fait on a besoin aussi de nos mains et de nos doigts, donc avec les gants c’est compliqué. Il faut faire attention pour ne pas avoir l’onglet, mais pour l’instant, c’est presque jamais arrivé. Donc on était assez rapide dans toutes les manœuvres et tout, donc ça se passe plutôt bien. Mais c’est vrai, il faut pas traîner dehors quoi, quand on pense qu’il y a pas si longtemps, les bateaux, ils étaient pas abrités comme ça, ils avaient pas de casquette, et ils passaient beaucoup plus de temps dehors, ça devait être facile. Parce que là, quand même, dès qu’on est à l’intérieur de l’habitacle, on est habillé pas comme tout le monde, enfin comme les Terriens quasiment. Donc on met juste les cirés pour sortir. Ça prend un peu de temps de s’habiller, mais ça se passe plutôt très bien. En tout cas, on se rapproche de Horn. C’est vrai qu’on a un peu d’avance, 500 milles d’avance, mais la situation météo en approche du Cap Horn n’est pas en notre faveur. On a une bande de molle devant nous, et en plus de ça, on a une petite dépression qui arrive quand on va passer le Cap Horn. Donc on va essayer de passer au près, donc pas une situation facile. Oui je pense que l’avance qu’on a va vraiment réduire. Mais c’est pas très grave, on est quand même dans le timing, on est toujours devant. Donc ça, c’est quand même bien d’être toujours en avance sur le temps de référence, même si on sait que Francis et son équipage font une remontée de l’Atlantique Nord vraiment express. Donc faut pas qu’on ait trop de retard. En tout cas pour l’instant, on n’a pas de retard, on a un peu d’avance. Donc c’est bon à prendre. Et puis on verra pour nous, pour la remontée. Pour l’instant, c’est encore assez incertain. Et puis voilà. Mais là, l’avantage qu’on a aussi, c’est que le bateau est à 100 % de ses capacités. Donc on peut exploiter à fond. Donc ça, c’est vraiment chouette, parce qu’une fois qu’on est là, ça fait le troisième océan qu’on passe, donc il nous restera plus que de remonter l’Atlantique Sud et Nord. Donc avec un bateau à 100 %, c’est chouette de pouvoir batailler. En tout cas, on a toutes les chances de pouvoir exploiter au maximum le bateau jusqu’à arriver. Donc ça, c’est chouette. C’est sûr, un temps de référence au Horn, après, c’est bien, mais l’objectif, c’est quand même l’arrivée à Ouessant. Donc voilà, moi je reste sur l’objectif final. Mais c’est sûr que c’est toujours bon à prendre. Après, on verra. Mais non, l’objectif, c’est quand même d’arriver à Ouessant avec ce nouveau temps. C’est là-dessus qu’on est concentré. Donc on reste bien focus là-dessus, et on verra bien où le vent nous mène".



Et pourtant l'équipage ne rechigne pas à la manoeuvre, tout comme l'équipe routage à terre qui essaye de trouver la meilleure solutions pour progresser vers le célèbre et redouté cap. Depuis hier soir et le début de la remontée vers le Nord Est, l'équipage, à partir de la mi-journée, une fois le front passé l'équipage a effectué quatre empannages pour se recaller dans le Sud. Forcément les vitesses en pâtissent, et au pointage de 17h le trimaran progresse à 19 noeuds. Le cap Horn est encore à 1200 milles.

L'avance elle en a pris un coups, et n'est plus que de 448 milles à 18 h. L'ambiance à bord semble excellente.


21 h 00 : Cap plein Est, les chiffres du jour :


Vitesse actuelle : 27.1 noeuds

Vitesse moyenne sur le 24 dernières heures : 24.9 noeuds

Nombre de milles parcourus sur les 24 dernière heures : 598.7 milles

Avance : 443.20 milles


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Samedi 10 janvier 2026 : Certes lentement, mais tout droit


Dans cette 26ème journée de mer, Sodebo Ultim’ 3 continue sa progression vers le cap Horn, désormais distant d’une centaine de milles en fin d’après-midi. Finalement, malgré des vents restés globalement faibles, ces dernières 24 heures ont permis au trimaran de quasiment tirer tout droit vers la pointe Sud de l’Amérique. Une trajectoire efficace qui a permis à l’équipage mené par Thomas Coville de maintenir une moyenne solide de 21 nœuds sur la journée.

Au pointage de 17 heures, Sodebo Ultim’ 3 affichait 506 milles parcourus sur 24 heures. À bord, les nouvelles sont bonnes et l’état général du bateau comme de l’équipage ne suscite aucune inquiétude. Chacun se prépare avec sérieux et concentration à l’approche de l’un des passages les plus symboliques du tour du monde. Le passage du cap Horn est attendu au cœur de la nuit en heure française, même si les conditions lumineuses devraient encore être diurnes pour l’équipage sur zone.

Le Horn marque traditionnellement la délivrance des mers du Sud, mais les dernières dizaines de milles pourraient encore demander quelques manoeuvres. Pour contourner la pointe du continent sud-américain, Sodebo Ultim’ 3 devra sans doute tirer quelques bords afin de composer avec des vents capricieux et de faces. Une fois le cap laissé dans le sillage, la trajectoire devrait emmener le trimaran à l’Est des îles Malouines.


Les prévisions pour les prochaines heures et les deux premiers jours dans l’Atlantique Sud restent très changeantes et pourraient réserver leur lot de surprises. En attendant, cette approche du cap Horn se fait sous les meilleurs auspices chronométriques. Un nouveau record de passage au Horn est en passe d’être établi, avec environ une dizaine d’heures d’avance sur la référence détenue jusqu’ici par IDEC Sport. Une marque supplémentaire qui confirme la qualité de la trajectoire et la performance du trimaran dans cette tentative sur le Trophée Jules Verne.


Nicolas Troussel, équipiers de Sodebo Ultim' 3 : "Hello, un petit point avant le passage du cap Horn. Pour l’instant, j’essaie de ne pas trop réfléchir à ce qui va se passer. J’essaie simplement de faire mon job du mieux que je peux, d’aider le bateau à aller le plus vite possible. Voilà. J’espère qu’on va passer de jour, ça va être un peu limite je pense. J’ai regardé un peu tout à l’heure, mais normalement on devrait passer de jour. Après, il faudra voir, je n’ai pas regardé plus que ça. Là vraiment, l’idée, c’est d’y arriver le plus vite possible. J’espère qu’on aura un peu le temps de profiter du moment, mais ce n’est pas sûr : il y aura peut-être pas mal de manœuvres à ce moment-là. En tout cas, j’ai hâte d’y être et je serai très content d’y être, même si la route est encore un peu longue avant de pouvoir vraiment profiter de ce moment. Ce serait vraiment un super chrono. C’est génial depuis le début : on est à fond pour faire avancer le bateau rapidement et trouver les meilleures trajectoires. Pour l’instant, c’est super bien pour moi, c’est une satisfaction de rester devant le record. Mais concernant le chrono, ce qui est important, c’est la ligne d’arrivée à Ouessant, pas le chrono au cap Horn. Donc hyper content et hyper fier de ce qu’on a fait jusque-là, mais ce n’est pas ça qui changera le résultat final à Ouessant. On n’a pas vraiment eu de moment hyper dur pour moi. Ça s’est vraiment bien déroulé. C’est sûr que parfois ça cogne de partout, que c’est compliqué de dormir et même de tenir debout sur le bateau, ce n’est pas agréable. Ce n’est pas facile, mais on sait dans quoi on s’embarque. Donc non, pas de moment spécialement hyper dur, plutôt des moments un peu désagréables. Et le plus beau moment, le plus beau moment, c’est le prochain : le passage du cap Horn. On a déjà eu le passage des caps, qui ont été de supers moments ensemble, et le passage du cap Horn sera aussi un super moment. J’espère que ce sera quand même le deuxième meilleur, après la ligne d’arrivée — mais ça, c’est une autre histoire. Tous ces moments sont sympas, parce que ce sont quasiment les seuls moments où on est tous sur le pont avec la banane, parce qu’on vit quelque chose de très fort. Autrement, la vie à bord, c’est vraiment la vie des quarts : faire son boulot le mieux possible et faire en sorte que le bateau soit tout le temps proche de 100 % de son potentiel. Voilà, la prochaine fois ce sera sûrement après le cap Horn. Allez, salut".


20 h 00 : Sodebo Ultim' 3 accélère. Au pointage de 20 heures le trimaran se trouve à 45 milles de la longitude du Cap Horn, toujours sur une trajectoire plein Est, à 90 milles dans le Sud du Horn. Aucune manoeuvre nécessaire pour le moment pour passer la pointe de l'Amérique du Sud et un temps de passage aux alentours de 23h00.



21 h 00 : A quelques minutes d'un nouvel exploit.


L'équipage de Sodebo Ultim' 3 poursuite sur sa lancée vers l'Est. Le trimaran est à moins de 30 milles de passer sous le Horn et progresse toujours à 17 noeuds.


Les chiffres du jour :


Vitesse actuelle : 17 noeuds

Vitesse moyenne sur 24 h : 19.8 noeuds

Distance parcourue en 24 h : 474 milles

Avance : 268 milles


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Dimanche 11 janvier 2026 : Nouveaux exploits pour l'équipages de Sodebo Ultim' 3



Nouveaux records pour l'équipage de Sodebo Ultim' 3 cette nuit en passant le cap Horn 1 h 47 min et 30 sec, avec non seulement le record Ouessant / Cap Horn en 26 j 4 h, soit 10h59 min plus rapide que l’équipage d’IDEC Sport, mais aussi le record de l’océan Pacifique en 7 j 12 h 12 min, soit 3 h 7 min et 50 sec de mieux que Macif de François Gabart qui était lui à l'époque du Trophée St Exupéry en solitaire, mais qui détenait le record absolu.

Un passage du Horn fait au ras du rocher, et depuis le trimaran continu sa route en tirant des bords le long de la côte à 26 noeuds.

Photo : Léonard Legrans - Team Sodebo Voile
Photo : Léonard Legrans - Team Sodebo Voile

Une nouvelle fois une très grosse performance pour l'équipage de Thomas Coville, après les records à l'Equateur, Bonne Espérance, Les Aiguilles, Leeuwin, au Sud de la Tasmanie et maintenant celui du Horn et le record du Pacifique.


Retour en images sur la traversée du Pacifique :




Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim' 3 : "Le cap Horn, j’ai l’habitude de l’appeler le cap de “bonne délivrance”. C’est l’inverse du cap de Bonne-Espérance, qui nous fait entrer dans l’hémisphère Sud, où l’on est livrés à nous-mêmes. Ces derniers jours, on a eu de la mer formée, du vent fort, des icebergs et beaucoup de glace ; cela renforce encore davantage notre joie de le franchir !"


Benjamin Schwartz, co-skipper et charger de la météo à bord de Sodebo Ultim' 3 : "Le cap Horn est tout un symbole, car il marque la sortie du tunnel des mers du Sud et le retour à des conditions plus clémentes. Personnellement, c’est la première fois que je vais aussi loin dans un tour du monde sans escale ! On sait dans quoi l’on se lance quand on part sur un tour du monde, mais nous avions l’espoir d’avoir un meilleur enchaînement en termes de météo. Nous avons toujours été 300 à 400 milles derrière là où nous aurions voulu être dans le Pacifique. Finalement, nous sommes dans les temps que nous avions prévus au Horn. On sait qu’il y a de nouveaux choix importants à faire lors de la remontée de l’Atlantique Sud. Ce sera à l’arraché jusqu’au bout, et on espère que cela tournera en notre faveur. On est toujours devant IDEC Sport, et c’est ce qui compte".


Nicolas Troussel, équipier de Sodebo Ultim' 3 : "Les passages des caps sont toujours des moments très agréables à vivre ensemble. Ce sont des instants rares où nous sommes tous réunis sur le pont. À chaque quart, on essaie de faire notre travail du mieux possible, en s’assurant que le bateau est à 100 % de son potentiel. Et c’est génial de constater que nous sommes déjà au cap Horn !"


Frédéric Denis, équipier de Sodebo Ultim' 3 : "Passer les trois caps mythiques, dont le cap Horn, c’est un rêve de gosse, un moment très fort dans la vie d’un marin. Cela marque aussi la fin du Grand Sud, qui n’a pas été tendre avec nous, avec des conditions musclées et pas mal de mer. Je ne sais pas si je me rends vraiment compte que nous venons de passer le Horn. Il va peut-être falloir un peu de temps !"


Guillaume Pirouelle, équipier de Sodebo Ultim' 3 : "À chaque fois que l’on passe un cap, c’est une nouvelle étape : cela montre que l’on avance et que l’on se rapproche de l’arrivée. Il n’y a pas si longtemps, je n’aurais jamais imaginé franchir le cap Horn. C’est une superbe expérience et nous sommes très contents de la vivre : hormis Thomas (Coville), nous sommes six à le passer pour la première fois ! C’est un beau moment à partager, surtout après notre abandon lors de la tentative l’an dernier. C’est génial de signer un nouveau temps de référence, mais notre objectif reste le record à Ouessant".


Pierre Leboucher, équipier de Sodebo Ultim' 3 : "Globalement, nous avons réussi à bien nous débrouiller malgré les conditions que nous avons eues. Il a fallu se battre, et il n’a pas toujours été facile de manier le bateau. Ce n’est pas toujours évident de trouver le bon dosage pour aller vite en permanence sans risquer de casser. Le vent fort et la mer formée ne nous ont pas permis de suivre une trajectoire plus tendue. D’ailleurs, par rapport à IDEC Sport, nous avons déjà parcouru plusieurs centaines de milles en plus".


Léonard Legrand, équipier et médiaman de Sodebo Ultim' 3 : " Dépasser le cap Horn est à la fois très symbolique et très satisfaisant. On quitte le Pacifique et le froid pour revenir dans l’Atlantique, un environnement que l’on connaît mieux et qui a quelque chose de rassurant. Mais le cap Horn reste vraiment incroyable : peu de marins l’ont accompli, et encore moins en étant en tête sur le record du Trophée Jules Verne. Maintenant, on a le droit de se faire un tatouage ou de se faire poser une boucle d’oreille, mais ce n’est pas vraiment la préoccupation du moment ! On a parcouru beaucoup de route, mais nous l’avons fait rapidement. C’est ce qui nous permet de rester plus rapides que l’équipage de Francis Joyon. C’est à la fois satisfaisant d’être devant, mais il y a aussi une pointe de frustration : avec de meilleures conditions, nous aurions pu aller encore plus vite. Ce qui est gratifiant, c’est de voir que l’équipe et le bateau sont toujours à 100 %. Cela nous permet d’aborder la suite sereinement !"



12 h 00 : Sodebo Ultim' 3 continu de tirer des bord dans un flux de Nord Est et progresse à 17 noeuds. Il vient de passer les îles de Los Estados. Avance : 182 milles.


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