

Ultim Boat - Photo : Team French Touch
9 avr. 2026
Refit terminé, retour à la navigation
Le trimaran ORMA60 désormais engagé dans le projet French Touch Oceans Club poursuit sa remise en état à Chicago, trois mois après son rachat à son propriétaire américain. L’ancien Sopra, également connu sous les noms Emotion puis Areté, a entamé une nouvelle phase de son histoire avec un refit complet mené sur les rives de la Calumet River, dans l’enceinte du chantier Crowley’s.
Mis à l’eau pour la première fois en 2000, ce trimaran de la génération ORMA60 a connu plusieurs équipes et campagnes au large. Conçu pour la course océanique, il appartient à cette série de multicoques extrêmes qui ont marqué l’histoire de la voile offshore au début des années 2000, il est même l'un des tout derniers exemplaires construits. Après plusieurs années d’inactivité (près de trois ans sans toucher l’eau), l’unité a été acquise par l’équipe French Touch Oceans Club, pour le skipper Eric Péron, avec l’objectif de la remettre en état et de la rapatrier en France. Le bateau portera désormais le nom de Cocorico IV, avec Brest comme port d’attache.
Avant même de rejoindre les États-Unis, l’équipe avait préparé durant plusieurs semaines l’ensemble du matériel nécessaire au chantier. Pièces structurelles, consommables composites, éléments de gréement et composants destinés à la nouvelle décoration ont été acheminés afin de permettre une remise en état rapide une fois sur place.
À la découverte du bateau, le premier diagnostic s’est révélé plutôt rassurant d'après l'équipe, qu'on a pu suivre à travers trois publications sur le site de voyages "Polarteps", ouvert au public. Malgré plusieurs années d’immobilisation, la coque et la structure générale se sont avérées dans un état jugé meilleur qu’attendu. Une base saine qui a permis de lancer immédiatement les opérations de refit.
Le programme de chantier s’est articulé autour de plusieurs phases successives. La première a consisté à anonymiser le bateau en effaçant les marquages hérités de sa dernière campagne américaine. S’en sont suivies les opérations classiques de remise en état de la carène : ponçage, inspection des zones sensibles, reprises locales en résine composite, puis mise en peinture.
La nouvelle livrée aux couleurs de French Touch Oceans Club a progressivement pris place sur les trois coques et les bras de liaison du trimaran. Ces travaux ont été réalisés en extérieur, une contrainte logistique importante dans un environnement où la météo du lac Michigan peut évoluer très rapidement. Le trimaran était encore recouvert de neige début mars et le lac gelé.
Le chantier s’est déroulé sous des conditions climatiques particulièrement variables. Les équipes ont dû composer avec des écarts de température marqués et des changements brusques de vent. Lors d’une journée de travail, la situation est ainsi passée en quelques minutes d’un régime relativement calme, avec une quinzaine de degrés et un vent faible de secteur sud, à une chute brutale de la température accompagnée d’un flux de nord dépassant les 25 nœuds.
En parallèle des travaux sur la plateforme, plusieurs expertises ont été menées sur le mât et le gréement. Le dormant neuf doit être installé avant la remise en configuration complète du bateau. Les foils, eux, restent au centre des discussions techniques. Plusieurs options sont étudiées concernant leur configuration future, sans décision définitive à ce stade.
L’équipe technique a mené l’essentiel du chantier. Elle a été rejointe ponctuellement par d’autres membres du projet, dont Maël pour les travaux de matelotage, puis Christophe et Éric (qui était lui au Maroc ces dernières semaines avec Thomas Rouxel pour préparer le routage météo pour le convoyage vers Brest), dans les derniers jours précédant la remise à l’eau, qui a eu lieu il y a quelques jours.
Le chantier Crowley’s, situé sur une section industrielle de la rivière Calumet, offre un décor singulier pour ce type de projet. Entre les barges de transport fluvial et les ponts mécaniques qui s’ouvrent au passage du trafic commercial, l’environnement rappelle l’histoire industrielle de la zone. À proximité immédiate, un ancien voilier de la Coupe de l’America version 2000, Abracadabra du défi Américain d'Hawaï skippé par un certain John Kolius, demeure à l’abandon sur son ber.
Après trois semaines de travaux, le trimaran a finalement retrouvé l’eau. Cette étape marque une transition importante dans le projet. Jusqu’alors concentrée sur les opérations de structure et de finition, l’équipe aborde désormais la phase suivante : la préparation du convoyage. Le plan de route prévoit un parcours à travers les Grands Lacs puis la descente du fleuve Saint-Laurent avant une traversée de l’Atlantique en direction de Brest. L’objectif affiché reste la sécurité du convoyage, quitte à reléguer pour l’instant la recherche de performance au second plan.
La remise à l’eau a également été marquée par la présence de l’ancien propriétaire américain du bateau, venu prêter main-forte lors des derniers préparatifs.
Avant le départ quelques sorties seront nécessaires, pour tout remettre en fonctionnement, vérifier que tout est en place, car la promenade s'annonce longue...
Avec le mât dressé et les lignes de gréement en tension, le trimaran apparaît désormais dans sa configuration de navigation. Sur l’eau verte de la Calumet River, le nouveau Cocorico IV entame ainsi une nouvelle étape de sa carrière, première phase d’un retour attendu vers l’Atlantique et la base brestoise du projet French Touch Oceans Club.
Il sera temps alors d'entamer le deuxième chantier pour le préparer à la Route du Rhum Destination Guadeloupe.






















