

Ultim Boat
10 sept. 2026
Fin d'un long partenariat qui donne l'occasion de changer d'horizon
Après dix années de partenariat avec Charal, Jérémie Beyou prépare la suite. Alors qu’il s’apprête à disputer la Route du Rhum Destination Guadeloupe 2026 sous les couleurs de son partenaire historique, le skipper lorientais annonce son ambition de rejoindre la Classe Ultim’. Son équipe, Beyou Racing, dispose déjà d’une structure technique opérationnelle et cherche désormais les partenaires nécessaires à la construction d’un nouveau projet.
La séparation entre Charal et Jérémie Beyou interviendra à l’issue de la Route du Rhum 2026. Le contrat qui lie les deux parties arrivait à échéance à l’issue de la transat.
Cette décision met un terme à dix années particulièrement denses. Avec Charal, Jérémie Beyou a connu deux générations d’Imoca, disputé deux Vendée Globe et remporté six courses, pour un total de dix-huit podiums. Une page importante de sa carrière se refermera donc à l’automne prochain, même s'il ne renonce visiblement pas définitivement à l'IMOCA60
Une ambition clairement affichée vers les Ultim’
Jérémie Beyou ne souhaite pas simplement trouver un nouveau bateau. Son objectif est désormais de construire un projet autour d’une nouvelle classe et, plus précisément, de rejoindre la Classe Ultim’. "Mon objectif est de pouvoir rejoindre la classe Ultim'", explique-t-il. Pour le skipper, cette catégorie représente aujourd’hui l’un des espaces les plus aboutis de la course au large en solitaire et en équiapge, avec des trimarans capables de naviguer à très haute vitesse et de s’engager sur des épreuves au long cours autour du monde. Cette orientation marque un changement d’échelle pour le Beyou Racing.
Le choix de l’Ultim’ répond également à des considérations techniques. La plus grande liberté accordée sur certains systèmes et appendices correspond, selon Jérémie Beyou, à la culture de son équipe, historiquement tournée vers la recherche de performance, d'innovations et la mise au point.
Une équipe déjà opérationnelle à Lorient
Si le projet sportif reste à financer, Beyou Racing dispose déjà d’une base solide. L’équipe lorientaise a participé à la conception, à la construction, à l’évolution et à la mise au point des deux générations de Charal. Elle restera mobilisée autour de l’IMOCA60 jusqu’à la Route du Rhum, puis accompagnera notamment le projet de Justine Mettraux, dont elle est impliquée dans la conception, la mise à l’eau et la mise au point du bateau, jusqu'au prochain Vendée Globe.
À plus long terme, l’objectif est de conserver cette équipe et de lui donner un nouveau projet. "Cette équipe, il faut maintenant qu’on lui trouve un autre projet ambitieux", résume Jérémie Beyou. Une partie du personnel sera occupée durant l’hiver et le début de l’année prochaine sur le programme de Justine Mettraux, mais la structure se tient prête à poursuivre son activité autour d’un nouveau projet sportif.
Le skipper insiste sur l’importance de cette continuité. Son ambition ne consiste pas uniquement à prendre la barre d’un Ultim’, mais à construire un programme complet associant bateau, équipe, partenaires et calendrier sportif.
Des bateaux disponibles, une fenêtre jugée favorable
Jérémie Beyou considère également que le contexte actuel de la Classe Ultim’ peut faciliter l’arrivée d’un nouveau projet. La construction d’un nouveau trimaran pour Banque Populaire doit notamment contribuer à libérer un ou plusieurs bateaux de la génération actuelle. Pour le skipper, cette situation crée une opportunité pour un partenaire souhaitant entrer dans la classe sans nécessairement engager immédiatement la construction d’une unité neuve.
Jérémie Beyou cite notamment les programmes de Sodebo et de Banque Populaire comme exemples de la structuration progressive du circuit. Il estime que les Ultim’ sont désormais suffisamment fiables pour permettre un calendrier sportif plus étoffé, avec de nouvelles épreuves, de nouveaux entrants et, potentiellement, de nouveaux bateaux.
Le skipper voit dans cette évolution un argument supplémentaire pour les entreprises susceptibles de s’engager dans la course au large.

Un dossier déjà structuré, mais aucun accord
Beyou Racing travaille donc déjà sur le sujet. Tout est déjà prêt, le dossier pour la recherche de partenaires est ficelé, la recherche est lancée.
La recherche de partenaires constitue donc désormais l’étape centrale. Jérémie Beyou se dit ouvert à des entreprises françaises comme internationales, à condition que le projet repose sur une cohérence sportive et économique.
Performance, innovation et savoir-faire au cœur du projet
Le skipper veut capitaliser sur l’expérience accumulée au cours de plus de vingt ans au plus haut niveau. Triple vainqueur de la Solitaire du Figaro, vainqueur de la Volvo Ocean Race 2018, troisième du Vendée Globe 2016 puis quatrième de l’édition 2024-2025, Jérémie Beyou possède l’un des palmarès les plus complets de la course au large française.
Il a également remporté la Transat Café L’OR 2025 avec Morgan Lagravière, ainsi que la Transat Jacques Vabre 2011, la Vendée Arctique 2020, la Transat New York-Vendée 2016, le Défi Azimut à trois reprises et la Rolex Fastnet Race en 2019. Cette expérience constitue l’un des arguments du projet présenté aux futurs partenaires. Jérémie Beyou revendique une approche fondée sur la performance sportive, le travail technique et la capacité à faire progresser les bateaux.
La Route du Rhum comme dernier rendez-vous avec Charal
Avant de se projeter pleinement vers l’Ultim’, Jérémie Beyou doit toutefois terminer son histoire avec Charal. La Route du Rhum Destination Guadeloupe 2026 constitue désormais l’objectif prioritaire de l’équipe. Les évolutions réalisées sur l’IMOCA60 ont été recentrées sur cette échéance après la décision de ne pas poursuivre le programme vers le prochain Vendée Globe. Jérémie Beyou, déjà deuxième en 2014 et troisième en 2022 dans la classe IMOCA60, vise une nouvelle fois le podium et souhaite améliorer ses précédents résultats.
La course transatlantique constituera ainsi le dernier chapitre de la collaboration entre le skipper et Charal.
Le projet reste à financer et aucun accord n’est encore annoncé. Mais l’intention est désormais clairement posée : après une décennie en IMOCA60 avec Charal, Jérémie Beyou veut construire la suite de sa carrière autour d’un Ultim’, avec Beyou Racing comme socle technique et sportif.
