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MerConcept et SAS s'associent

Ultim Boat

13 mars 2026

La data au coeur de la performance

Dans l’univers des trimarans Ultim', de l'IMOCA60 ou encore en Ocean Fifty, la recherche de performance ne repose plus seulement sur l’expérience des marins et la qualité de la conception des bateaux. La collecte et l’exploitation de données sont devenues des leviers majeurs pour comprendre le comportement de ces coursiers des mers et optimiser leur vitesse en course. Les systèmes embarqués permettent aujourd’hui d’analyser en temps réel des dizaines de paramètres liés à la navigation, ouvrant la voie à une nouvelle approche de la performance.


Le partenariat annoncé le 12 mars 2026 entre l’entreprise MerConcept et la société SAS Institute illustre cette évolution. L’objectif est d’utiliser les outils d’analyse de données et d’intelligence artificielle pour améliorer la compréhension du fonctionnement des bateaux et affiner les décisions prises à bord.


MerConcept, structure basée à Concarneau et engagée dans l’innovation maritime durable, s’appuie désormais sur la plateforme SAS Viya et sur l’outil SAS Visual Analytics pour exploiter les données issues de ses bateaux de course.(SVR Lazartigue en Ultim', MACIF en IMOCA60, UpWind by MerConcept en Ocean Fifty).

Cette approche permet d’analyser simultanément un volume beaucoup plus important d’informations qu’auparavant.

Sur un trimaran Ultim' moderne, les capteurs enregistrent en permanence de nombreux paramètres. La vitesse du bateau, la direction et la force du vent, l’angle de gîte, la position des appendices ou encore la géométrie des foils font partie des données collectées. Grâce à ces outils d’analyse, près de 80 variables peuvent désormais être croisées en temps réel.


Cette capacité d’analyse permet d’identifier plus précisément les facteurs qui influencent la performance. Les premières expérimentations ont été menées sur le trimaran SVR-Lazartigue. Les données récoltées ont permis de mieux comprendre comment le bateau réagit dans différentes configurations de navigation.

Les équipes ont notamment structuré les observations sous forme de familles de comportements du bateau. Des méthodes de classification statistique permettent de regrouper des situations de navigation présentant des caractéristiques similaires, qu’il s’agisse de l’allure, de l’angle au vent ou de la force du vent.

Chaque groupe de situations correspond à une signature particulière du fonctionnement du trimaran. Cette approche permet de relier ces signatures aux réglages les plus performants pour chaque configuration. L’objectif est d’identifier plus rapidement les combinaisons optimales entre réglage des voiles, position des foils, assiette du bateau et gestion des efforts structurels.

Pour l’équipage, ces analyses se traduisent par une aide à la décision plus précise. Elles permettent d’ajuster les réglages afin d’obtenir un meilleur compromis entre vitesse pure, stabilité du bateau et efficacité énergétique. Dans le contexte des trimarans à foils, où les variations de comportement peuvent être rapides et importantes, cette lecture fine des données constitue un outil supplémentaire pour exploiter pleinement le potentiel du bateau.

La démarche marque une évolution dans une discipline qui s’est longtemps appuyée sur l’intuition et l’expérience des marins. L’analyse avancée des données permet désormais d’explorer des relations entre paramètres qui restaient difficilement perceptibles lors des navigations. Ce partenariat dévoilé, met en lumière ce qui existe déjà chez le Gitana Team, mais aussi plus récemment du côté du Team Sodebo.


Un bon en avent avec le machine Learning

Le projet ne se limite pas à l’analyse des données existantes. Les prochaines étapes du partenariat portent sur le développement de modèles de machine learning capables de détecter automatiquement des schémas de performance dans les données collectées.

Les équipes travaillent également à améliorer les capacités de prédiction météorologique utilisées dans la préparation des courses et dans l’aide à la décision. L’objectif est d’intégrer davantage d’incertitudes et de scénarios environnementaux afin d’affiner l’anticipation des conditions de navigation.


Un autre axe concerne la conception des bateaux. Les données issues de la navigation pourraient être utilisées pour mieux relier les choix de matériaux et de structures aux contraintes réellement observées en mer. Cette approche pourrait notamment contribuer à optimiser l’utilisation des fibres et des composites dans la construction des multicoques.


Une passerelle vers vers le transport maritime

Au-delà de la performance sportive, ces recherches s’inscrivent aussi dans une réflexion plus large sur l’efficacité énergétique et la durabilité du transport maritime. Les méthodes d’analyse développées pour la course au large pourraient, à terme, être adaptées à d’autres types de navires.

Les essais se poursuivent depuis la mi-2025 et seront progressivement étendus aux autres bateaux de l’écurie MerConcept afin d’enrichir les bases de données et de renforcer la fiabilité des analyses.


Dans l’immédiat, ces développements s’inscrivent dans la préparation de l’un des grands rendez-vous de la course au large, la Route du Rhum destination Guadeloupe. Cette transatlantique en solitaire constitue un terrain d’expérimentation privilégié pour tester ces outils dans des conditions de course réelles.

Pour les trimarans Ultim', capables de dépasser régulièrement les 40 nœuds, la compréhension fine du comportement du bateau et la capacité à ajuster rapidement les réglages peuvent faire la différence sur la durée d’une course océanique. L’exploitation avancée des données devient ainsi un élément central de la performance dans la course au large moderne.

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