

Ultim Boat
19 févr. 2026
Partie remise ?
L’édition 2026 de l’Odyssée Ultim’, qui devait s’élancer fin avril d’Antibes avec les cinq géants de la Classe Ultim', n’aura finalement pas lieu. Les organisateurs ont annoncé ce jeudi le report de l’épreuve, invoquant un manque de garanties pour assurer « le spectacle, l’intensité sportive et la qualité de l’événement », ainsi que « le respect du projet ».
Dans un message officiel, ils précisent que « toutes les garanties nécessaires » n’étaient pas réunies pour maintenir l’édition 2026, confirmant ainsi une décision qui semblait se dessiner en coulisses depuis plusieurs semaines.
Un plateau incomplet en perspective
Derrière cette communication, la question du plateau apparaît centrale. L’Odyssée Ultim’ ambitionnait de réunir les cinq trimarans de la Classe Ultim' en Méditerranée, un rendez-vous rare pour ces multicoques de 32 mètres conçus pour les records océaniques et les grandes transats.
Or, l’ensemble de la flotte n’aurait pas été en mesure d’être présent fin avril. Le Team Sodebo, notamment, avait annoncé à son retour du Trophée Jules Verne que la remise à l’eau de son trimaran n’interviendrait pas avant le mois de juin. Une absence de poids, tant sportivement que médiatiquement, après le record du Trophée Jules Verne. Mais compréhensible, vu le chantier de remise à niveau et d'optimisation avec l'arrivée de nouveaux foils et de leurs système, de nouveaux safrans.
D’autres équipes, engagées dans des phases de rodage ou de chantiers d’optimisation lourds — structure, appendices, systèmes de vol — n’étaient pas certaines d’être à 100 % de leur potentiel. Dans une classe où la performance repose sur des machines extrêmement pointues, naviguer sans préparation complète représente un risque sportif et technique difficilement acceptable.
Une course ambitieuse en Méditerranée
L’Odyssée Ultim’ se distinguait par son terrain de jeu et son concept. Installer les Ultim’ en Méditerranée, loin de leurs bases atlantiques habituelles, constituait déjà un défi logistique et stratégique. Le parcours prévu devait emmener la flotte virer une île grecque, offrant un tracé inédit pour ces multicoques à foils plus souvent engagés sur des routes transocéaniques ou des tours du monde. Ce choix assumé visait à proposer un format différent, mêlant navigation côtière, effets thermiques méditerranéens et stratégie de contournement dans un bassin fermé, aux régimes de vents complexes.
Cette singularité faisait l’attrait du projet : confronter les Ultim’ à un environnement moins prévisible que l’Atlantique, dans un cadre spectaculaire, et rapprocher ces géants volants d’un nouveau public.
Partie remise
Le report de l’édition 2026 ne signe pas pour autant l’abandon du concept. Les organisateurs parlent explicitement d’un report, laissant entendre qu’une nouvelle fenêtre pourrait être étudiée lorsque le calendrier sportif et l’état de préparation des équipes permettront de réunir un plateau complet.
Dans une classe où chaque sortie est un événement et où les cycles techniques sont lourds, la cohérence sportive prime. L’Odyssée Ultim’ reste une promesse : celle d’une confrontation inédite des cinq géants de la Classe Ultim' en Méditerranée. Pour 2026, il faudra patienter.
