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Retour sur l'eau pour SVR Lazartigue

Ultim Boat

10 avr. 2026

Nouveaux foils et safrans

Après quatre mois et demi de chantier hivernal, le trimaran Ultim SVR Lazartigue a retrouvé son élément ce vendredi 10 avril dans le port de Concarneau, à quelques mètres des ateliers de MerConcept où il a été préparé ces derniers mois. Cette remise à l’eau marque le début d’une nouvelle phase sportive pour l’équipe menée par Tom Laperche, avec en ligne de mire l’un des grands rendez-vous de la course au large en solitaire : la Route du Rhum, dont le départ sera donné le 1er novembre 2026 à Saint-Malo.


Comme souvent dans l’univers des Ultim', l’hiver a été mis à profit pour optimiser la machine. Le chantier a été lancé à l’issue de la saison 2025, marquée par un succès majeur pour l’équipage. Dans la nuit du 5 au 6 novembre 2025, Tom Laperche et Franck Cammas avaient remporté la 17e édition de la Transat Café l’OR entre Le Havre et Fort-de-France en Martinique. Cette victoire sur l’une des grandes transatlantiques du calendrier avait confirmé le potentiel du trimaran volant et la solidité du duo de skippers.

Une fois la ligne d’arrivée franchie aux Antilles, il avait fallu quelques jours à l’équipage pour ramener le bateau à Concarneau, son port d’attache. Le chantier d’hiver avait alors immédiatement débuté chez MerConcept. Pendant près de quatre mois et demi, les équipes techniques ont procédé à une série de contrôles structurels, de révisions et d’optimisations, avec l’objectif de fiabiliser le trimaran et d’améliorer encore ses performances en vue de la prochaine grande échéance. Pour cela, une nouvelle paire de foils a été construit et mis en place. Tout comme de nouveaux safrans plus profonds.


La saison 2026 sera en effet largement tournée vers la préparation de la Route du Rhum. Pour Tom Laperche, l’enjeu est clair : se positionner comme l’un des prétendants à la victoire dans la catégorie Ultim'. La remise à l’eau constitue donc la première étape d’un programme qui doit désormais enchaîner navigations d’entraînement, validations techniques et participation à certaines épreuves préparatoires, comme la Drheam Cup en Juillet. Avant cela, le trimaran rejoindra la Méditerranée en mai pour une tournée RP et peut-être, une sorte d'exhibition avec un autre Ultim' qui sera lui aussi dans le Sud de la France pour des RP.


Dans ce projet, Franck Cammas continue de jouer un rôle central. Le skipper et navigateur expérimenté reste aux côtés de Tom Laperche pour l’accompagner dans la mise au point du trimaran et dans la préparation sportive. Sa présence constitue un atout majeur pour l’équipe, tant pour l’analyse des performances que pour la transmission d’expérience dans l’univers exigeant des grands multicoques océaniques.

Cette collaboration prend d’autant plus de relief que Franck Cammas a récemment annoncé qu’il renonçait à participer au Vendée Globe 2028. Le marin a en effet indiqué ne pas avoir réussi à réunir les partenaires nécessaires pour lancer la construction d’un IMOCA60 neuf, condition indispensable pour viser un projet compétitif autour du tour du monde en solitaire. Le projet est en pause, mais sera relancé rapidement pour l'édition 2032.

Dans ce contexte, son engagement aux côtés de Tom Laperche et du projet SVR Lazartigue s’inscrit dans la durée. L’objectif partagé est désormais clairement identifié : amener le trimaran au plus haut niveau de performance possible pour la Route du Rhum 2026.


Avec sa remise à l’eau dans les eaux de Concarneau, SVR Lazartigue entame donc une nouvelle séquence de navigation. Une phase décisive pour transformer les enseignements de la saison passée et du chantier hivernal en performance pure sur l’Atlantique, lors de la grande transatlantique en solitaire de l’automne prochain. D'autan que le contrat de sponsoring avec le groupe Kresk arrive à échéance fin 2026.



Tom Laperche, skipper du SVR Lazartigue : "Par rapport à l’adrénaline de la compétition, il faut savoir faire preuve d’un peu de patience pendant la période de chantier. En revanche, c’est aussi une période passionnante, avec tous les travaux engagés, toute la réflexion et la projection pour la suite. Il y a également de nombreux échanges avec des personnes très compétentes, comme les architectes et les cabinets d’ingénierie, ainsi que tout le travail réalisé en simulateur. Il y a aussi les discussions avec Franck (Cammas), qui fait partie des meilleurs en matière de conception de bateaux. C’est extrêmement intéressant. Je me suis également appliqué sur la préparation physique. J’ai eu des semaines très sportives pour essayer de franchir un cap supplémentaire, car sur les courses en solitaire et sur ces bateaux, la dimension physique n’est pas anodine. Cela demande une vraie préparation : vélo, course à pied, séances en salle… J’ai aussi fait pas mal de séjours en montagne avec du ski de randonnée. J’adore ça. Quand on rêve de faire du large en solitaire, les grands espaces sont forcément très attirants. C’est une nouvelle année. Tout le monde a fait évoluer son bateau. Mais le solitaire tend aussi à niveler un peu la performance des bateaux. En effet, le résultat dépend beaucoup de la manière dont les skippers gèrent leurs efforts et de leur capacité à attaquer. Le fait d’avoir gagné la Transat Café L'OR, conforte simplement ma routine de préparation, l’approche mentale de la course et la façon de vivre ces moments. L’idée est de s’appuyer sur le bagage de 2025 et de transposer en solitaire ce que nous avons fait en double. Cela ne changera rien non plus pour les autres. Tout le monde se connaît. Nous sommes peu nombreux, et tous les skippers ont énormément d’expérience. Je suis même celui qui en a le moins. Chacun est conscient des forces et des faiblesses des autres. Ils savent très bien ce qu’il faut faire, ou ne pas faire. C’est du très haut niveau. En avril, nous avons deux ou trois semaines de navigation avec le trimaran SVR-Lazartigue afin de valider les évolutions de cet hiver et de nous remettre à jour avec la version 2026. Nous irons ensuite en Méditerranée avec Banque Populaire XI et Actual Ultim' 4. Il y aura de belles confrontations. L’objectif sera d’avoir un bateau déjà proche de son plein potentiel. Nous aurons ensuite des opérations de relations publiques à Marseille, Naples, Barcelone et Cascais. La dimension sportive sera forcément un peu moins présente, mais nous profiterons de ce temps passé sur le bateau pour bien réfléchir aux différents aménagements.

Début juin, je ramènerai le bateau à Concarneau, en solitaire, pour la qualification à la Route du Rhum. Au retour, l’objectif sera d’établir une véritable liste des éventuelles évolutions à réaliser. Il n’y aura ensuite plus de retour en arrière : nous entrerons pleinement dans une dynamique de solitaire, avec la Route du Rhum dans le viseur".


Franck Cammas, responsable de la performance : "Les nouveaux foils ls doivent permettre d’améliorer le comportement du bateau, en particulier aux allures portantes. C’était un axe de progression par rapport aux autres allures, notamment au près où le bateau excelle. Ils offriront davantage de stabilité et faciliteront le travail du skipper en solitaire. Visuellement, les différences ne sont pas très marquées, mais le travail s’est surtout concentré sur les sections et la cambrure. Pour les nouveaux safrans, plus profonds et dotés d’une surface immergée plus importante, ils permettront un meilleur contrôle du bateau. C’était un facteur limitant, car nous ne pouvions pas voler suffisamment haut tout en conservant une bonne assiette sur le nez. L’objectif de tous ces travaux est d’améliorer la stabilité, et donc la performance, mais aussi d’augmenter notre capacité à contrôler le bateau afin de trouver de meilleurs réglages".


Antoine Gautier, chef de projet : "La période de chantier a permis de tout démonter et de tout vérifier. Des améliorations ont aussi été apportées sur le plan aérodynamique afin de réduire légèrement la traînée et ainsi gagner en vitesse. Si le trimaran SVR-Lazartigue a rejoint les ateliers de MerConcept à son retour de la Transat Café L’Or, ces évolutions avaient été anticipées bien en amont. Globalement, entre la conception et la construction, les nouveaux foils ont nécessité 18 mois de travail et les nouveaux safrans près de 15 mois. Les foils ont été conçus chez VPLP (six mois de travail avec deux personnes, ainsi que Martin Fischer et Mathieu Durand), puis construits chez CDK Technologies (un an de travail avec six à huit personnes). Les safrans ont également été imaginés par VPLP (deux personnes) et construits à 100 % chez MerConcept (trois à quatre personnes depuis septembre). Et il y a bien sûr aussi la vingtaine de personnes de l’équipe SVR-Lazartigue. Le renforcement de la plateforme à l’arrière des flotteurs, nécessaire pour accueillir ces safrans plus profonds, a également mobilisé entre quatre et six personnes pendant trois mois, dès le retour du bateau".


Franck Cammas, sur son rôle auprès de Tom Laperche : "Mon rôle auprès de Tom et du team est d’avoir une vision globale de la performance, qu’elle soit technique ou sportive. Nous réfléchissons beaucoup avec Tom et le bureau d’études pour continuer à améliorer le trimaran SVR-Lazartigue. Il faut aussi anticiper et travailler dès maintenant sur les prochaines évolutions prévues pour 2027. Cela implique beaucoup de travail sur les simulateurs, ainsi que de nombreux échanges avec les architectes et les ingénieurs. Je participerai également aux navigations afin de contribuer à la mise au point des améliorations et à l’analyse de la performance. Sur ce bateau, il reste encore beaucoup de développements possibles, et c’est ce qui est intéressant. Nous sommes toujours dans cette dynamique d’amélioration continue. Pendant la Route du Rhum, ma mission sera aussi d’animer la cellule de routage avec Jean-Yves Bernot. C’est quelque chose qui se prépare dès maintenant. D’autres modifications sont également prévues au cours de l’année".


Le programme 2026 :

Printemps : reprise en mer et premières confrontations

  • 29 avril – Départ en Méditerranée vers La Seyne-sur-Mer, avec le trimaran Banque Populaire XI, pour des navigations communes et se challenger dans différentes conditions.

  • 6 au 10 mai – Ultim-Mates avec Banque PopulaireXI et Actual Ultim' 4: plusieurs journées dédiées aux activations partenaires et aux relations publiques.

  • 12 mai au 2 juin – Tournée méditerranéenne avec des escales à Marseille, Naples, Barcelone et Cascais, mêlant navigation, événements partenaires et rencontres avec le public.


Début d’été : qualification et préparation sportive

  • 2 juin – Convoyage retour du Trimaran SVR-Lazartigue vers la Bretagne, effectué en solitaire par Tom Laperche. Cette navigation servira de qualification à la Route du Rhum, avec l’obligation de parcourir au minimum 1 200 milles (2 222 km) seul à bord.

  • Mi-juin à mi-juillet – Entraînements intensifs en solitaire afin d’affiner les réglages et poursuivre la montée en puissance du skipper et du bateau.


Été : première confrontation en course

  • 12 juillet – Dhream Cup : départ à Cherbourg-en-Cotentin pour un parcours d’environ 1 500 milles, avec une arrivée à Lorient.


Fin d’été : optimisation du trimaran

  • Fin juillet – Chantier d’été (4 semaines) pour finaliser les derniers ajustements techniques.

  • Fin août – Remise à l’eau et reprise des navigations.


Automne : derniers réglages avant le grand rendez-vous

  • 24 au 27 septembre – 24 Heures Ultim à Lorient, ultime confrontation avant la grande course.


    Objectif majeur

  • 1er novembre – Départ de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, depuis Saint-Malo.

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