

Ultim Boat - Photo de tête : Tim Wright/RORC
11 janv. 2026
Top départ à Arrecif
Dimanche 4 janvier 2026 : Argo et Zoulou de retour en course
Deux trimarans MOD70 seront au départ de la 12e édition de la RORC Transatlantic Race, dimanche 11 janvier, depuis Lanzarote en direction d’Antigua. Argo, mené par l’Américain Jason Carroll, et Zoulou, skippé par le Français Erik Maris avec Ned Collier Wakefield à la barre, figurent parmi les machines les plus rapides jamais alignées sur cette transatlantique organisée par le Royal Ocean Racing Club.
La flotte 2026 comptera 21 bateaux au départ, dont quatre multicoques. Aux côtés des deux MOD70, on retrouvera notamment le catamaran MG5 WellnessTraining de Marc Guillemot, ainsi que Calamity de Timo Tavio et Kimmo Nordstrom. La course promet également un duel très suivi chez les monocoques maxi entre Raven et Becool, deux unités taillées pour la performance sur longue distance.
Capables de maintenir des vitesses supérieures à 35 nœuds, Argo et Zoulou se connaissent parfaitement. Les deux trimarans, issus de la même série MOD70, ont multiplié les records et les grandes traversées océaniques depuis une dizaine d’années. Brian Thompson, navigateur et driver sur Argo, et Ned Collier Wakefield, skipper et driver de Zoulou, ont chacun disputé à cinq reprises la RORC Transatlantic Race à bord de MOD70. Une confrontation qui se jouera sur des détails, tans les deux multicoques sont proches en performance et les équipages bourrer de talent.
L’édition 2026 se distingue par un changement notable de parcours, avec une arrivée à Antigua et non plus à Grenade. Si la distance totale reste proche de 3 000 milles, la ligne d’arrivée se situe environ 300 milles plus au nord. Un paramètre qui peut influer sur la stratégie météo, en particulier à l’approche de l’arc antillais, davantage exposé aux perturbations hivernales descendant de la côte est des États-Unis. Les premières 36 heures de course, à la sortie des Canaries, seront déterminantes pour le choix de route et le positionnement par rapport aux systèmes de pression.
Les deux MOD70 sont aujourd’hui très proches en termes de potentiel. Tous deux sont équipés des dernières générations de foils et de safrans dessinés par VPLP, offrant davantage de portance et de stabilité sans pénaliser le contrôle. Les différences se jouent sur des réglages fins, l’angle des foils, la profondeur des dérives ou encore l’optimisation du plan de voilure. Dans un scénario de portant rapide, Argo et Zoulou pourraient se neutraliser pendant une grande partie de la traversée.
Au-delà de la technologie, la dimension humaine reste centrale. Les MOD70 sont réputés pour être éprouvants à mener, avec des vitesses élevées, une forte sollicitation physique et des conditions de vie à bord très spartiates. Les deux équipages navigueront à six, en quarts de trois, avec des temps de repos limités et une vigilance permanente, notamment lors des passages de grains tropicaux, souvent décisifs à ce niveau de performance.
La catégorie multicoque sera complétée par le catamaran MG5 WellnessTraining de Marc Guillemot. Long de 52 pieds, ce multicoque a remporté les honneurs en temps réel lors de la RORC Caribbean 600 2025 et s’est classé deuxième après correction MOCRA. Marc Guillemot, double vainqueur de la Transat Jacques Vabre et troisième du Vendée Globe 2008-2009, apporte une solide expérience océanique à cette épreuve.
Avec un plateau mêlant multicoques de très haut niveau et maxi monocoques performants, cette 12e édition de la RORC Transatlantic Race s’annonce particulièrement ouverte. Entre la confrontation attendue des MOD70 Argo et Zoulou, la présence de multicoques expérimentés et le duel chez les grands monocoques entre Raven et Becool, la traversée entre Lanzarote et Antigua promet d’être l’une des plus disputées de ces dernières années.

Chad Corning, Chef de projet et skipper d'Argo : "Argo est maintenant très fiable, nous avons terminé le chantier il y a quelques semaines à Lanzarote. Il a subit des contrôles non destructifs annuels. Les principaux points structurels du bateau, ainsi que le mât et tous les appendices, sont scannés et comparés aux données des scans précédents. Quelques problèmes sont toujours détectés, heureusement, il ne s'agissait que de problème mineurs cette fois-ci. Tous les systèmes mécaniques sont démontés du bateau et révisés ou remis à neuf. Les paliers de foils et de safran, les winchs et les systèmes hydrauliques sont tous révisés. Nous avons installé un système Starlink, pour avoir accès à encore plus de données météorologiques et cela nous permet de rester connectés lors des longues traversées. Pour l'équipage, nous aurons Sam Goodchild pour la course, Sam est très proche de Brian Thompson, son calme et sa concentration sont un atout précieux. Sinon l'équipe reste sensiblement la même que lors des courses précédentes. La course est une magnifique course aux alizés, toujours pleine de surprise. Les deux dernières éditions auxquelles nous avons participé ont connu des conditions météo assez inhabituelles : Une longue étape vers le sud, jusqu'aux îles du Cap Vert, pour profiter des alizés en 2024 et un grand détour vers le nord pour traverser une zone de basse pression en 2022. Avec l'arrivée désormais à Antigua, peut-être un parcours plus direct et plus simple pour cette édition ? Les MOD sont toujours au coude à coude ; quelques minutes seulement séparaient Zoulou et Argo lors de toutes nos courses la saison dernière. On espère la même chose pour la RORC Transatlantic Race. Le risque principal est de heurter un obstacle. Les foils et les safrans à plans porteurs sont relativement fragiles et vulnérables aux impacts. Face aux impacts, surtout la nuit, la seule stratégie est d'espérer. Les MOD70 sont robustes et prêts pour ce type de navigation. Le maillon faible, c'est l'humain. Une erreur de pilotage ou une direction imprécise peuvent avoir des conséquences désastreuses à grande vitesse. Par vent fort, on fixe parfois une vitesse limite qui nous semble à la fois sûre et rapide. Brian est connu pour ses rappels à l'ordre quand le barreur s'emballe un peu trop dans ces conditions. Croyez-moi, vous ne voulez pas vous faire verbaliser ! Vu que la course va être serré, l'intensité va monter d'un cran, et il va falloir s'habituer à l'inconfort".
Brian Thompson, co-skipper d'Argo : "Le parcours de l'édition 2026, est environ 80 milles plus court, mais l'arrivée se situe 270 milles plus au Nord. Cela nous rapproche des systèmes météo hivernaux venant des côtes Américaines. Il arrive que ces fronts froids atteignent Antigua et perturbent les alizés. Ainsi, alors que la Grenade garantissait toujours un vent soutenu jusqu'à l'arrivée, Antigua pourrait être plus délicate. On pourrait se retrouver face à une brise plus légère à la fin. Entre nos deux trimarans, les différences sont minimes : l'angle du foil, la profondeur de la dérive, le réglage des voiles. Mais à ce niveau, le moindre détail compte. Tour repose sur la capacité de l'équipe à maintenir la vitesse élevé du bateau pendant des heures. Quand on passe les vagues à 30 noeuds, on a l'impression d'être dans un train lancé à toute vitesse. On est littéralement secoué dans sa cochette, on à l'impression d'être dans un four. Le bruit est incessant : le grondement sourd de l'eau qui martèle les coques comme les chutes du Niagara et le sifflement aigu des foils qui fendent l'eau. Certains membres d'équipage portent des casques à réduction de bruit pour grappiller quelques minutes de répit. Ce n'est pas vraiment un sommeil paisible, mais c'est la vie sur un MOD70 : puissance vitesse et bruit à l'état pur. Mais ce sont des machines incroyables. Si vous m'aviez dit il y a 20 ans que je traverserais l'Atlantique à 30 noeuds, je vous aurais sauté dessus. Chaque fois que je remonte à bord, je ressens la même excitation".
Ned Collier Wakefield, skipper de Zoulou : "Miles est non seulement un météorologue expert, mais il possède également une solide expérience en matière de navigation océanique et de performance des MOD70. Son esprit analytique et son sens des chiffres permettront à l'équipe de prendre des décisions tactiques plus judicieuses et plus rapides, notamment lors des premières étapes cruciales de la course. Avec Miles à la navigation, je peux me concentrer sur la coordination de l'équipage et l'exécution tactique. Miles nous permettra de rester performants et efficaces. Auparavant, le VMG avait un avantage au portant, mas après deux ans de perfectionnement nos réglages, nous avons comblé cet écart. Nous avons beaucoup appris sur l'angle de chasse, la charge et l'équilibre des voiles, et cela porte vraiment ses fruits. Un autre élément est à prendre en compte, l'aspect humain. Les MOD70 sont difficiles à vivre. Les mouvements, le bruit, la chaleur, même dormir devient un défi. On est littéralement secoué dans tous les sens, dans sa couchette. Nous limitons les relais à la barre à environ une heure. Au-delà, il est impossible de rester aussi concentré. Les données sont formelles : nous comparons les moyennes sur 10 et 5 minutes aux performances de référence, et on voit clairement quand un barreur commence à faiblir. C'est à ce moment-là que le barreur suivant prend le relais".
Source : RORC Transatlantic Race
Equipage d'Argo : Chad Corning, Brian Thompson, Pete Cumming, Charlie Ogletree, Alister Richardson et Sam Goodchild,
Equipage de Zoulou : Erick Maris, Ned Collier Wakefield, Paul Larsen, Miles Seddon, Thierry Fouchier, Bruno Jean Jean.
Pour suivre la course : Le Tracker
Dimanche 11 janvier 2026 : Top départ à Arrecif
Le premier départ a été donné devant la Calero Marinas à 13h30, Raven a pris le meilleur départ, puis à 13h45 c'était au tour des multicoques de couper la ligne dans 12 noeuds de vent de Nord Nord Est, une belle mer, un ciel quasi bleu. Argo à semble t il pris un avantage sur la ligne suivi par Zoulou. Très rapidement de long de la côte des iles, les deux MOD70 ont remontés l'ensemble de la flotte pour en prendre le commandement. Les deux trimarans progressait entre 19 et 22 noeuds.
Après 2 h 30 de course près du centre de l'île de Fuerte Ventura, Argo menait de 2 milles devant Zoulou et à quelques encablures de là, Raven, le 100 pieds aux énormes foils.
