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Eric Péron et La French Touch dans la bataille des multicoques mythiques

Ultim Boat

16 févr. 2026

Route du Rhum 2026 ORMA60 & MOD70 le retour en Multi Vintage 5/10

À neuf mois du départ de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe 2026, la catégorie Multi Vintage suscite déjà un fort engouement autour du retour en solitaire des trimarans ORMA 60 et MOD70. Alors que douze places seulement sont disponibles et que de nombreux skippers ont déjà déclaré leur intention d’être au départ, cette série d’articles propose de faire le point sur les projets en construction, l’état de préparation des bateaux, les choix techniques engagés et les motivations des marins qui souhaitent ramener ces multicoques mythiques, que sont les OMA60 & MOD70, sur la plus célèbre des transatlantiques en solitaire. Du plus compact engagé, le trimaran Proludic et ses 11,58 mètres, au géant de la flotte annoncée, Use It Again, long de 22,90 mètres, dont les skippers ont eux aussi affiché leur ambition de rejoindre la ligne de départ à Saint-Malo.


Parmi les projets déjà structurés en vue de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe 2026, celui porté par Éric Péron autour du trimaran French Touch se distingue par sa dimension collective et par le retour en France d’un multicoque emblématique de l’ère ORMA60.



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Initialement Eric Péron se voyait bien poursuivre en Ultim' après l'Arkéa Ultim' Challenge Brest. La recherche de partenaires est restée vaine. L'option de repartir en Ocean Fifty n'a finalement pas pu se concrétiser, ici aussi, dans le cadre du numerus clausus de la classe et c'est donc vers le rachat d'un ORMA60, que l'écurie multisupports de la rade de Brest revient en course. Un ORMA60 convoité dans un premier temps par un autre skipper Niels Boucard. Malheureusement pour ce dernier, le French Touch Oceans Club aura été le premier à trouver un accord avec le propriétaire américain du trimaran Rick Warner, pour ce trimaran de 60 pieds, longtemps connu sous le nom de Sopra, puis Areté, qui doit revenir en France au printemps 2026 afin de rejoindre la flotte Multi Vintage engagée dans la mythique transatlantique en solitaire.


Au-delà d’un simple retour en course, le projet ambitionne de faire de ce bateau une plateforme sportive, événementielle et durable au service d’un collectif d’entreprises rassemblées autour de la voile et de l’économie maritime.


Un ORMA 60 au riche passé sportif

Le trimaran a été dessiné par l’architecte Marc Lombard et mis à l’eau en 2002 sous le nom Sopra Group pour Philippe Monnet. Sopra Group est le tout dernier ORMA60 construit et aussi l'un des plus larges avec ses 18.40 mètres. Après sa carrière sur le circuit ORMA60 dans les mains de Philippe Monnet, puis celle d'Antoine Koch à partir de 2005, avec un clap de fin sur la Transat Jacques Vabre 2007. Le multicoque va être désarmé pendant deux ans, avant d'être entièrement refité et de devenir le premier multicoque Emotion. En 2015 il est racheté par Rick Warner et convoyé aux USA et devient le premier ORMA60 a arpenter, sous le nom d'Areté, les Grands Lacs. Il remporte différentes courses et bat plusieurs records qui sont toujours homologués par le WSSRC (Il a notamment établi celui de la célèbre Chicago–Mackinac Race, avec une moyenne supérieure à 23 nœuds). Un dernier record est établi en 2021. En 2023, le trimaran qui a toujours été entretenu, est mis en vente.


Le retour en France avant la remise à niveau

Le programme technique du bateau s’organise désormais autour de plusieurs étapes clés. En mars, l'équipage d'Eric Péron doit convoyer le trimaran depuis Chicago, pour le ramener à Brest. Un transfert complexe de 4 590 milles. Une véritable expédition ! Le lac Michigan, le détroit de Mackinac, le lac Huron, le la Erié, le lac Ontario, des canaux, des écluses. Sans parlé que ces plans d'eau fermés peuvent vitre devenir des plan d'eau bouillonnant dès que le vent se lève. Puis toute la remontée du Saint Laurent, ses bancs de sable, sa faune marine, le golfe du St Laurent, Terre Neuve et il reste encore la traversée de l'Atlantique Nord, jamais facile, même au printemps. Une expédition, un voyage : Chicago, Détroit, Cleveland, Buffalo, Prescott, Montréal, Québec, Halifax, de l'eau douce, puis la mer salée. Durée estimée du périple un mois et demi minimum.


Mais aussi une période pour prendre en main le trimaran et lister les travaux.


Une fois arrivé à Brest, à environ six mois du départ, le temps sera déjà compté. Un chantier majeur de remise à niveau technique est prévu afin de fiabiliser la structure et les systèmes, réviser l’accastillage et l’électronique, adapter le bateau à la navigation en solitaire, valider la conformité sportive et sécuritaire, et intégrer des solutions techniques responsables, prolonger la durée de vie d’un bateau existant.


Le projet revendique ainsi une approche mêlant performance et durabilité, dans l’esprit de renaissance qui anime la catégorie Multi Vintage.


La remise à l'eau devra avoir lieu avant la Drheam Cup (du 9 au 18 juillet), course servant notamment de qualification à la Route du Rhum 2026. Il sera temps, une fois le sésame en poche, de peaufiner la préparation.


Éric Péron, un projet dans la continuité de son parcours

Skipper du projet, Éric Péron et le Team Manager Christophe Boutet n’en sont pas à leur premier montage collectif en course au large. Depuis de nombreuses années, ils développent des projets associant plusieurs partenaires autour d’un même programme sportif. Ces Programmes sportifs qui se déclinent sur différents supports :


  • en catamaran de sport,

  • sur le circuit Multi50 devenu Ocean Fifty,

  • mais aussi en Classe Ultim, notamment lors de sa participation à l’Arkéa Ultim Challenge Brest à bord du trimaran Adagio.

  • et maintenant un ORMA60


Leur approche consiste à réunir un pool d’entreprises, permettant de mutualiser les budgets tout en élargissant l’accès à la course au large. Ce modèle économique constitue aujourd’hui la base du projet French Touch. Rien n'empêche par la suite un partenaire majeur de rejoindre le projet.


Le French Touch Oceans Club, plateforme collective maritime

Implanté à Brest, le French Touch Oceans Club ambitionne de faire du trimaran ORMA60 une plateforme sportive et événementielle au service d’un collectif d’entreprises françaises. Le bateau ne sera pas utilisé uniquement en compétition, mais également comme outil de :


  • relations publiques,

  • formations et séminaires,

  • navigations partenaires,

  • opérations de cohésion d’équipes,

  • promotion du savoir-faire maritime français.


Le tout au sein d'une équipe parfaitement structurée.


Une nouvelle vie pour un bateau de légende

Avec le retour de l’ex-Sopra sous les couleurs French Touch, la Route du Rhum 2026 pourrait voir s’affronter plusieurs multicoques mythiques des années ORMA60, remis en état par des skippers issus de générations différentes. Dans cette "bataille des anciens", le projet porté par Éric Péron mise moins sur la nostalgie que sur la capacité d’un collectif à redonner vie à une machine performante tout en développant un modèle économique et événementiel durable.


Reste désormais à confirmer les essais en mer en 2026, avant de voir si le trimaran French Touch pourra s’inviter dans le match des ORMA historiques sur la route de la Guadeloupe.



Caractéristique du trimaran French Touch :


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Architecte : Marc Lombard

Longueur : 18.28 m

Largeur : 18.40 m

Poids : 5.7 t

Tirant d'eau : 5 m puis 2.50 m

Surface de voile au près : 320 m²

Surface de voile au portant :450 m²

Surface mât aile : 18 m²

Matériaux de construction : Carbone

Chantier : Mag Océan

Date de mise à l'eau : avril 2002


Anciennes dénominations du trimaran : Sopra Group ; Sopra-Valéo ; Emotion ; Areté.


Principales victoires : 10ème sur la Transat Jacques Vabre 2003. 8ème sur The Transat. Chicago to Mackinac Race - lac Michigan victoires et records.

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