Le Challenger

Yann Guichard et le Spindrift racing en sont à leur troisième tentative sur le Trophée Jules Verne à bord du plus grand trimaran de course au Monde. Le Spindrift 2 qui a échoué de peu lors de sa première tentative et qui n’a pas pu disputer ses chances lors de la deuxième l’an passé, avec un démâtage à la sortie de la rade de Brest. Le trimaran noir et or a retrouvé son mât d’origine coupé pour la Route du Rhum 2014. Un nouveau jeu de voiles. Un trimaran allégé, doté de plans porteurs sur les safrans et sur les foils. Dernière amélioration la cabane fermée qui va donner du confort à l’équipage dans les mer du Sud.

Ils seront 12 à bord : Yann Guichard (skipper), Erwan Israël (navigateur), Jacques Guichard (chef de quart / barreur-régleur), Christophe Espagnon (chef de quart / barreur-régleur), Xavier Revil (chef de quart / barreur-régleur), François Morvan (barreur-régleur), Thierry Chabagny (barreur-régleur), Sam Goodchild ((barreur / numéro un), Erwan Le Roux (barreur-régleur), Duncan Späth (barreur-régleur), Benjamin Schwartz (barreur / numéro un), Jackson Bouttell (barreur / numéro un) 

Sans oublier le routeur à terre, Jean Yves Bernot

Le tenant du titre

IDEC Sport, skipper Francis Joyon et ses 5 homes d'équipage pour un record incroyable en 40 jours 23 heures 30 min et 30 sec, soit près de 5 jours de moins que l'ancien record !

La cartographie Spindrift racing

Retour avant le  le 26 février à 11 heures 16 minutes et 57 secondes TU (soit 12 heures 16 minutes et 57 secondes en heure française) pour battre le record du Trophée Jules Verne.

Spindrift 2 à la poursuite d'IDEC Sport

 

 

 

13 janvier 2019 : Code Orange pour Spindrift 2

En stand-by à la Trintié sur Mer, puis à Brest depuis début novembre, Yann Guichard a déclenché le Code Orange pour l'équipage de Spindrift 2.

 

Sans aucune fenêtre météorologique depuis plus de deux mois maintenant, permettant d'atteindre le Cap de Bonne Espérance en 12 jours et espérer ainsi battre le record et à moins de 3 semaines de la fin du stand-by, le Spindrift racing peut espérer se lancer à l'assaut du Trophée Jules Verne d'ici à mardi prochain. Une très bonne nouvelle pour tout l'équipage qui doit trouver le temps long, même si cela est le jeu dans ce genre de tentative. La fenêtre météo de départ étant la seule que le skipper Yann Guichard et son routeur à terre Jean Yves Bernot peuvent choisir sur un tour du Monde.

 

Yann Guichard skipper de Spindrift 2 : "ll faut qu’on essaye de viser de battre le temps de Francis Joyon à Bonne-Espérance, qui n’était pas exceptionnel (13 Jours), mais, pour lui, c’est ensuite que ça s’était bien enchaîné. Si l’on arrive avec le même temps que lui, et que l’Indien, ensuite n’est pas idéal, je ne vois pas comment on peut battre son record. Idéalement, il faudrait donc arriver à Bonne Espérance en moins de 12 jours".

 

Si le code vert est donné en début de semaine, l'équipage rejoindra le trimaran à Brest, fera route vers Ouessant pour passer la ligne.

 

Le record actuel sur le Trophée Jules Verne est détenu par l'équipage de Francis Joyon sur IDEC Sport en 40 j 23 h 30 min 30 sec.

 

A noter qu'une exposition Spindrift est à la disposition du public sur les quais du port de la Trinité sur Mer.

 

 

14 janvier 2019 : Code vert confirmé pour Spindrift 2

La fenêtre météo semble bonne, et c'est tant mieux ! Car à 15 jours de la fin du Stand-by, il n'est pas certain qu'une fenêtre soit de nouveau exploitable...

 

Yann Guichard a demandé à son équipage de le rejoindre à Brest et Spindrift 2 dès ce lundi. Avitaillement du bateau, dernières vérifications et les 12 hommes quitteront le port de Brest mardi en fin de journée pour monter vers Ouessant.

 

La ligne devrait être coupée en milieu de nuit avec 20 noeuds de vent de secteur Ouest/Nord Ouest. Le flux régulier devrait permettre d'être à l'Equateur en moins de 5 jours et de toucher l'entrée dans l'Indien en 12 jours d'après les prévisions.

 

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 : "Il reste l’inconnu du Pot au Noir mais à cette période, c’est souvent pas mal et là, on voit que les alizés sont plutôt parallèles entre le Nord et le Sud. Et l’Atlantique Sud n’est pas bloqué. Mais à dix jours, les prévisions sont moins fiables. On espère être dans le bon timing pour attraper une dépression au large du Brésil. Il serait bien d’avoir une journée d’avance à l’entrée de l’Indien… océan que Francis Joyon avait traversé dans des temps records et il sera difficile de faire mieux. Nous sommes douze à bord contre quatorze en 2015, mais on a aussi un mât plus petit. En dessous de vingt nœuds de vent, on est moins performant en VMG*. Il nous faut donc des conditions un peu plus soutenues : les phases de transition risquent d’être un peu plus difficiles s’il faut faire du VMG. Sur le papier, le trimaran a au moins le potentiel du multicoque de Joyon, voire plus dans certaines conditions : avec une météo semblable à la sienne, nous sommes capables de battre le record. Maintenant, il faut que toutes les étoiles s’alignent…" 

 

 

15 janvier 2019 : Sur la ligne mercredi matin

Le départ de Brest se fera finalement vers 8 h 00 demain mercredi pour l'équipage de Spindrift 2 et c'est vers 11 heure du matin que Jean Yves Bernot devrait donner le feu vert à l'équipage de Yann Guichard pour couper la ligne au large de Ouessant pour partir à l'assaut du record de Francis Joyon.

 

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 : "  C’est réellement la première fenêtre qu’on a. On attend depuis 75 jours… C’est la première opportunité et elle est plutôt très bonne. On saute dessus parce qu’on avait décidé d’arrêter le stand-by fin janvier. Et ça arrivait vite. Le défi, c’est de battre le record ! Et si on le bat d’une heure, on sera content. Après si on peut le faire en dessous de 40 jours, c’est sûr qu’on ne va pas s’en priver. Il y a 25 ans, le record à battre était de 80 jours. Maintenant c’est 40 jours (sourire). Ça va être difficile, il va falloir mener le bateau à 100 % de son potentiel tout au long du trajet. Maintenant, c’est à nous de jouer ! Ce qui est assez sympa, c’est de mettre ses affaires personnelles à bord. On installe tout, on fait les derniers petits réglages pour que le bateau soit prêt… Puis briefing météo ce soir pour décider de l’heure de départ. Il faut ne rien oublier sinon c’est un peu tard".

 

Pour suivre l'aventure de Spindrift 2 autour du Monde, le Spindrift racing a mis en ligne un site internet dédié : ICI

 

16 janvier 2019 : Départ de Brest au lever du jour direction Ouessant

Au lever du jour à Brest, après les derniers préparatifs à bord de Spindrit 2 et les derniers échanges avec les familles, les douze hommes d’équipage ont largué les amarres, sortir du port, puis de la rade, afin de gagner l’océan. La montée vers Ouessant a été rapide. Spindrift 2 a ensuite attendu le « Top départ » donné par Jean Yves Bernot, pour s’élancer sur le Trophée Jules Verne à 12 h 47 min et 27 sec en France. Sur zone 21 nœuds de vent de secteur NO, un ciel gris, et une belle houle. Très rapidement, Spindrift 2 a allongé ses longs flotteurs pour passer à 27 nœuds, puis 31 et enfin des pointes à plus de 35 nœuds au large de l’île de Sein, passé après moins d’une heure et trente minutes de chrono. La descente vers l’Equateur va être très rapide, puisque Yann Guichard table sur 5 jours. Le Pot au Noir ne semble pas très actif sur les prévisions.

 

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 : "Jusqu’à l’équateur, ça s’annonce bien ! Les alizés sont bien installés : on devrait mettre moins de cinq jours pour aller à l’équateur. Ensuite, il y a toujours des inconnues dans l’Atlantique Sud mais on espère atteindre l’Afrique du Sud autour de douze jours, douze jours et demi. 
Ce tour du monde, c’est aussi un passage de saisons à vitesse grand « V » ! On part dans du Nord-Ouest avec du crachin, aux Canaries on sera dans l’alizé avec 30°C, à l’équateur il fera 40°C et trois jours après, on est dans les Quarantièmes, dans le Grand Sud avec trois semaines assez soutenues et fraîches. C’est un beau voyage… Une des difficultés, c’est l’anticyclone de Sainte-Hélène dans l’Atlantique Sud qui parfois barre la route. Après, ce n’est pas un problème de faire le grand tour s’il y a du vent parce que les bateaux vont vite. Mais le Grand Sud, c’est tout de même au minimum quinze jours de grand froid et d’humidité ! Ce sont aussi des paysages magiques, des endroits incroyables à vivre en équipage… 
On est un peu plus léger que la dernière fois et c’est aussi pour cela que nous ne sommes que douze. Potentiellement, en-dessous de vingt nœuds, nous avons un très léger déficit, mais au-dessus Spindrift 2 est plus rapide qu’avant ! On peut tenir des moyennes supérieures à 35 nœuds si la mer reste maniable…"

 

Erwan Israël : "Les premières heures vont être intenses puisqu’on a un front qui arrive de l’Ouest. Le vent de Nord-Ouest va être soutenu et nous emmener rapidement jusqu’au cap Finisterre… Il y a 70% de vent portant jusqu’à l’équateur. Et le Pot au Noir à l’air gentil… Ensuite CLS nous fournit des données sur la position des glaces : l’Atlantique et l’Indien ne devraient pas poser de problèmes, mais par contre, le Pacifique risque d’être assez difficile parce qu’il y a beaucoup d’icebergs au large de la mer de Ross. Comme ils sont très Nord, il est peut-être possible de passer dessous. Il faudra ajuster."

 

Xavier Revil : "Le départ du ponton se fait de nuit, mais le franchissement de la ligne à midi. Sous le soleil, devant Créac’h ! On doit avoir un peu de vent de Sud-Ouest mais une bascule franche est annoncée rapidement à l’Ouest-Nord Ouest. Après, on a une belle météo le long du Portugal et après dans les alizés… Cela fait deux mois qu’on attend et on n’a rien eu à se mettre sous la dent ! L’hiver a été assez calme et la première fenêtre qui se présente alors, est bonne."

 

François Morvan : "Cela va être assez rapide parce qu’on va partir juste avant que le front arrive sur Ouessant. Après quelques heures, on vire et le vent va devenir de plus en plus favorable pour descendre vers le cap Finisterre : on sera alors déjà sous gennaker ! C’est un schéma assez classique pour un départ de Jules Verne. C’est ma troisième tentative et je suis content de m’élancer, surtout que le temps à l’équateur apparait bon. Ça fait toujours quelque chose de partir pour un tour du monde ! C’est un gros dossier et on ne s’habitue jamais. "

 

Erwan Le Roux : "On va essayer de franchir tous ces caps et tous ces objectifs autour du monde ! Il y a une belle fenêtre et le bateau est top, l’équipage est prêt. On va s’éclater tous et on va profiter à fond de ce qu’on va vivre. Je n’ai jamais fait ça avant et je n’ai jamais connu le Grand Sud : on va voir des paysages juste hallucinants, une faune incroyable… J’ai hâte de découvrir tout cela. Je suis un novice !"

 

Thierry Chabagny : "J’ai eu la chance de faire trois saisons à l’époque où le bateau s’appelait Banque Populaire… Et j’ai fait un Trophée Jules Verne avant de revenir l’année dernière à bord de Spindrift 2. C’est le même bateau, mais il a été optimisé : ce n’est pas le même gréement, le trimaran est plus léger, les voiles sont moins lourdes et on navigue à douze au lieu de quatorze. Le bateau est ainsi un peu plus nerveux, plus sympa. Je suis très heureux de repartir !"

 

Duncan Späth : "C’est un grand périple : j’ai déjà fait des transats avec Spindrift 2 mais là, le tour du monde, c’est magnifique. C’est sûr qu’il y a une tension avant le départ, et de l’appréhension, mais je me réjouis d’aller dans le Grand Sud. C’est toujours unique une telle aventure ! C’est le plus beau challenge dans le monde de la voile et c’est incroyable d’avoir l’opportunité de le faire… L’équipage est super et cela fait un moment qu’on se connaît."

 

Benjamin Schwartz : "J’ai navigué à bord de Spindrift 2 au retour de la transat de New-York à la fin de l’été. En six jours, j’ai pu bien connaître l’équipage. Et l’expérience de l’ascension du Mont-Blanc nous a bien soudé. J’ai fait le tour du monde,  mais à terre avec Dong Feng Race Team : ça change quand même de ne pas rester sur le ponton quand le bateau part ! Beaucoup d’attente et un petit peu d’appréhension : partir quarante jours… Et on s’élance de jour pour voir la ligne de départ. Certes on passe de l’hiver à l’été austral, mais c’est relatif : il a l’air de faire un peu froid dans le Grand Sud…"

 

Jacques Guichard : "On a simplifié le bateau puisqu’on a un mât plus court et que nous ne sommes que douze : on n’embarque qu’un seul gennaker ! Cela fait gagner du poids, mais les voiles ne doivent pas casser. Et on va plus vite avec ce mât au-dessus de vingt nœuds de vent… Nos chances d’améliorer le record restent excellentes puisque IDEC Sport avait un petit mât aussi ! On sait que lorsque les deux bateaux ont navigué ensemble en équipage, Spindrift 2 était plus rapide."

 

Christophe Espagnon : "Les conditions de ce deuxième départ s’avèrent un peu moins violentes mais c’est surtout le temps à battre qui est différent ! C’est mon deuxième, donc c’est un peu plus facile parce que je connais un peu. Mais il y a cinq jours de mieux à faire… Nous ne sommes plus dans la découverte : il y a un noyau dur à bord, complété par des jeunes qui en veulent. C’est un trimaran exigeant puisque certaines manoeuves demandent dix, voir douze équipiers sur le pont ! Mais l’important, c’est de ne pas faire d’erreurs parce que les pièces sont énormes et on n’a pas le droit de casser du matériel."

 

Jackson Bouttell : "C’est ma première fois autour du monde en multicoque : je viens d’arriver avec Dong Feng après la Volvo Ocean Race : c’était aussi un tour du monde mais en monocoque. Et le trimaran est presque deux fois plus grand. Et cette fois, c’est sans escale ! Et en multicoque, c’est tellement différent !"

 

Sam Goodchild : "J’ai un peu d’appréhension de partir, mais c’est un super bateau et une super équipe. Je connais bien le trimaran depuis trois ans et je suis un des plus exposé comme numéro 1 avec Benjamin (Schwartz) et Jackson (Bouttell). Il faut faire attention, mais il faut aussi aller vite. Je sais que Yann (Guichard) est très attentif pendant les manoeuvres. J’ai hâte de voir les mers du Sud !"

 

Retour avant le  le 26 février à 11 heures 16 minutes et 57 secondes TU (soit 12 heures 16 minutes et 57 secondes en heure française) pour s’adjuger le record détenu depuis 2017 par Francis Joyon et son équipage en 40 j 23 h 30 min et  30 sec.

 

Après 2 heures de tentative, Spindrifts était lancé à plus de 32 noeuds, avec des pointes à plus de 35 noeuds sur une trajectoire Sud/Ouest.

 

En fin de journée et 5 h 30 de tentative, la moitié du golfe de Gascogne est avalée, et Spindrift est flashé à plus de 38 noeuds avec 51 milles d'avance sur le record !

 

A 23 h 00 Spindrift à plus de 34 noeuds fait l'intérieur du DST dans la flotte de bateaux de pêches et autres bateaux de commerce.

 

 

17 janvier 2019 : Durant la nuit la descente le long de l'Espagne et le Portugal a été très rapide sur une trajectoire S/SO. Vers 9 h ce matin, un premier gybe pour rester dans le flux sur une route quasi plein sud avec une avance à 145 milles, avant d'effectuer un deuxième gybe à 16 heure cet après-midi. La vitesse est toujours comprise entre 28 et 35 noeuds.

En début de soirée, Spindrift 2 progressait dans le NE de Madère à 180 milles, avec une avance après 1 jours et 7 h 30 min de tentative de 120 milles.

 

 

 

 

 

18 janvier 2019 : Déjà les Canaries !

 

Après 1 jours et 22 heures de tentative, Spindrift 2 est à 32 noeuds à moins de 40 milles du NE de Ténérife ! Pas de nouvelle du bord à part une photo sur le compte de Yann Guichard, mais tout semble bien aller à bord, dans cette descente expresse de l'Atlantique Nord. Avance sur le record 115 milles.

 

Yann Guichard skipper de Spindrift 2, à la vacation ce matin : "On arrive aux Canaries. Tout va bien, ça a été sportif car il y avait beaucoup d’empannages à faire. On va passer entre les îles pour garder un peu la pression, car au large il n'y a pas trop d'air. C'est vrai que ça fait beaucoup de manœuvres. L'Alizé est super instable entre 18 noeuds et 26 noeuds depuis hier, ce n'est pas facile, mais ça avance. Tout le monde à bord est bien dans le rythme, on prend nos marques, on va arriver assez vite à l'Equateur. Après les Canaries, on va faire un dernier empannage et ensuite ça sera tout droit normalement vers le Pot au Noir qui n'a pas l'air d'être très actif, mais quand même assez large. Il commence à faire chaud, c'est sympa. Et on a de bonnes conditions devant nous. Demain on y verra un peu plus clair sur les temps que l'on va pouvoir faire."

 

En deux jours Spindrift 2 aura laissé dans son sillage Les Canaries. Après un empannage dans l'ouest des Canaries SPindrift 2 déboule à vive allure vers le Cap Vert.

 

19 janvier 2019 : Le Cap Vert

 

L'eau défile sous les filets de Spindrift 2 puisque ce samedi, après 3 jours et un peu plus de 4 heures de tentative le trimaran de Yann Guichard passe entre les îles de l'archipel du Cap Vert avec 220 milles d'avance sur le record.

Après seuelement  3 jours 4 heures et quelques minutes de tentative Spindrift 2 a franchi à très haute vitesse, le Cap Vert avec 214 milles d'avance sur le record, en fin d'après midi sous un beau ciel bleu.

 

 

20 janvier : Plein Sud, pleine balle

 

Une fois le Cap Vert laissé dans le sillage des trois coques de Spindrift 2, Yann Guichard et son équipage ont effectué un tout droit, plein Sud à très haute vitesse. A bord tout va bien, et après 4 jours et 2 heures de tentative, Spindrift 2 est à 200 milles du Pot au Noir. Ce dernier n'est pas trop actif, il semble y avoir toujours un peu d'air à l'examen des fichiers météorologique. Spindrit 2 ne devrait pas perdre de temps et l'Equateur devrait être franchi demain en fin de matinée, avec un temps de passage en dessous de 5 jours. L'avance sur le record étant en ce milieu de dimanche après midi de 223 milles.

 

 

21 janvier : Record à l’Equateur

 

Jamais à l’arrêt durant la nuit dans le Pot au Noir, Spindrift 2 a continué de progresser vers le Sud pour atteindre ce matin à 8 h 45  en France l’Equateur, avec plus de 23 heures et 180 milles d’avance sur le temps de Francis Joyon et son équipage à bord d’IDEC Sport. Yann Guichard et ses hommes réussissent même à battre leur propre record de 2015  (4j 21h 45’), d’une heure et quarante-huit minutes. La descente n’a pas été simple, avec de nombreuses manœuvres pour rester dans le bon flux de vent.

 

Yann Guichard et ses 11 équipiers réussissent parfaitement ce premier tronçon entre Ouessant et l’Equateur en passant dans l’hémisphère Sud en 4 jours 19 heures et 57 min. D’autant plus que si l’avance sur l’eau est de 180 milles, elle est en temps de 26 heures. La journée dans le Pot au Noir d’IDEC Sport avait été beaucoup plus longue.

 

Très rapidement, une fois passé l’Equateur, Spindrift 2 a repris de la vitesse, 16 nœuds, puis 20 nœuds, et enfin 25 nœuds en milieu d’après-midi, toujours plein Sud. Le prochain objectif est le Cap des Aiguilles en Afrique du Sud, record à battre celui de Banque Populaire V en 11 jours, 23 h et 53 min. IDEC Sport avait mis lui 12 jours 21 h et 22 min. Spindrift 2 va devoir descendre très Sud, avant de faire de l’Est pour contourner l’anticyclone de St Hélène très à l’ouest en ce moment.

 

Depuis le départ Spindrift 2 affiche une moyenne de 26 nœuds, pour une moyenne parcourue par jour depuis le départ de 625 milles.

 

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 : "On a commencé à rentrer dans le Pot au Noir vers 2°Nord : il n’était pas très actif, ce qui ne nous a pas facilité sa traversée avec très peu de brise… Même les grains n’étaient pas très ventés. C’était surtout sympa d’avoir la pleine lune au passage de l’équateur : nous avons même vu l’éclipse ! C’était magnifique pendant une bonne heure… Tout le monde a pris le rythme et la modification de la casquette est vraiment un bonus : on est nettement plus à l’abri. La descente jusqu’à l’équateur n’a pas été une route simple : il a fallu enchaîner les empannages et passer au travers des archipels des Canaries et du Cap-Vert. On a eu une mer assez difficile avant ces deux groupes d’îles. On doit sortir complétement du Pot au Noir vers 2°Sud, et ensuite, nous allons devoir faire le grand tour de l’anticyclone de Sainte-Hélène qui se reforme dans l’Est : nous allons devoir faire du Sud pendant un bout de temps jusqu’au 37°Sud avant de tourner à gauche vers l’océan Indien. Cela nous rallonge la route, surtout que nous devrons traverser une zone de petit temps dans trois jours. Mais ensuite, nous toucherons du vent de Nord-Ouest favorable. Ce sera finalement une descente assez lente… mais nous devrions toujours être un peu en avance par rapport à Francis Joyon et son équipage au passage du cap des Aiguilles".

 

Jean Yves Bernot, routeur à terre de Spindrift 2 : "Encore quelques grains vers 1 Sud avant de toucher les alizés de sud-est, bien installés pour 15-20 kt. Ils sont accompagnés d’une mer jeune, nerveuse, 2 à 2,5 m qui se fait sentir à ces allures de bon plein. Ce sera  le tarif jusque 20 S atteint Mercredi prochain. Ensuite, on parle de Sainte-Hélène, l’anticyclone bien sûr. C’est l’été dans l’Océan australe, et l’anticyclone prend ses aises jusque 35 S. Il n’y a guère d’autre choix que de descendre jusque 40 S en se faisant discret pour éviter d’éventuelles extensions sans vent vers la côte d’Amérique du sud.”

 

En début de soirée, Spindrift 2 est à 21 noeuds sur une trajectoire S/SO, et l'équipage en a profité cet après midi pour effectuer quelques bricoles à bord avec un taquet à recoller visiblement. L'équipe d'intervention Sam Goodchild, Jacques Guichard ont réglé le problème . L'avance est passé à 292 milles et elle va continuer de s'accroître dans les prochaines heures avant de se stabiliser.

 

 

 

22 janiver : Belle envolée vers le Sud

 

La journée de Spindrift 2, même s'il elle n'a pas été idéale, avec l'Alizé relativement faible, à quand même permis de descendre plein Sud et de faire près de 580 milles et ainsi maintenir, voir légèrement accentuer l'avance sur IDEC Sport. IDEC Sport qui avait connu un Pot au Noir très large et qu'il l'avait bien handicapé à ce moment de sa tentative.

Du coup, Yann Guichard et son équipage après 6 jours 7 heures et 30 min de tentative possède 600 milles d'avance sur le record. Sur une trajectoire plus Est, donc plus courte pour le moment. Le problème est toujours le même, il faut descendre très Sud avant de mettre le clignotant à gauche... IDEC Sport pour les deux jours à venir avait réalisé de très belles moyennes journalières.

 

Les conditions de navigation sont très bonnes, avec une mer peu formée et le beau temps. Manque simplement un peu de vent pour aller encore un peu plus vite vers la pointe de l'Afrique du Sud. D'autan que le vent ne va pas se renforcer dans les prochaines heures...

 

 

 

23 janvier 2019 : Du Sud toujours du Sud

 

 

7 jours 9 heures 9 min de tentative pour Yann Guichard et son équipage à bord de Spindrift 2. Avec une nouvelle très belle journée vers le Sud, puisque plus de 600 milles ont été parcourus sur les dernières 24 et que ce midi après 7 jours de tentative l'avance était toujours d'un peu plus de 26 heures sur le record.

 

Mais comme l'indiquait dans l'après-midi Yann Guichard en publiant une photo de Spindrift 2 qui glissait gentiment sur l'Atlantique, comme en baie de Quiberon, cela était un peu trop calme... Ca manquait de vitesse. Surtout que la trajectoire est maintenant très décalée vers l'Ouest pour rester dans le flux d'air peu large entre deux zones de calme.

 

Ce soir Spindrift 2 commence à perdre un peu de terrain et progresse à 17 noeuds. Ca ne va pas aller en s'arrangeant durant les prochaines 36 heures, avant de récupérer une première dépression et de mettre le cap à l'Est.

 

 

 

 

24 janvier 2019 : Beaucoup de manoeuvres et pas de vent !

 

L'équipage de Spindrift 2 est maintenant à plus de 450 milles dans l'ouest de la trajectoire idéale dans ce 8ème jours de tentative. Ce midi, Yann Guichard et son équipage avaient 24 heures d'avance sur le record, mais continuaient de perdre du terrain. Durant l'après-midi, et après plusieurs empannages pour rester dans le flux d'air entre les deux zones de calmes, Yann Guichard posait la question suivante : "Une deuxième Pot au Noir ?". Et celui-ci va être beaucoup plus compliqué que le premier. En début de soirée, Spindrift 2 est à 2 noeuds. Durant les 4 heures précédantes, le maxi triamaran avait parcouru 54 milles, bien loin de ses capacités, surtout dans le Sud de l'Atlantique...

Le problème, est que l'équipage n'est pas sorti de ce traquenard, puisque le vent ne sera pas vraiment de retour avant une douzaine d'heure !

 

 

25 janvier 2019 : De l'Ouest et encore de l'Ouest

 

Yann Guichard et son équipage ont encore porgressé une bonne partie de la journée au S/SO, avant dans la soirée de faire du Sud. Au point que ce soir il sont plus près du cap Horn, que du cap de Bonne Espérance !

 

Le vent est bien rentré dans la journée permettant à Spindrift 2 de progresser à plus de 25 noeuds, mais toujours pas dans la bonne direction.

 

Ce soir après 9 jours 9 heures de tentative sur le record du Trophée Jules Verne. Le trimaran progresse à 25 noeuds et devrait enfin se sortir de ce contournement  de la zone de calme, pour mettre le cap sur l'Océan Indien, dans les prochaines heures.

 

Avance ce soir sur le record : 96 milles. Mais il faudra attendre plusieurs jours avant de savoir où se situe l'équipage de Yann Guichard par rapport au temps de passage d'IDEC Sport, car la Route va être beaucoup plus Sud et donc plus courte.

 

 

26 Janvier : Enfin de l'Est !

 

La journée n'a encore une fois pas été de tout repos pour l'équipge de Spindrift 2, obligé de se battre contre les éléments pour se positionner en bordure de leur première grande dépression du grand Sud. Et il a fallu aller la chercher pour rester dans les temps du record ! Depuis le milieu de l'après midi, Spindrift 2 fait route, plein Est, à plus de 34 noeuds, sur une route très Sud. Donc une route plus courte. La pointe Sud de l'Afrique du Sud, devrait être passé dans la nuite de lundi à Mardi, toujours avec une petite avance sur le record.

 

 

 

 

27 Janvier : Tout droit vers l'Est

 

Spindrift 2 déboule à pleine vitesse, toute la journée vers l'Est en regagnant le terrain perdu des derniers jours. A bord l'ambiance est plus humide et les températures de l'air et de l'eau sont en baisse, le retour des combinaisons est de rigueur. Les dernières 24 heures ont été bonnes, puisque 856 milles ont été parcourus et que l'avance a repassé les 400 milles.

 

 

28 Janvier : Un petit Gybe et ça repart

 

Afin de rester dans le flux au devant de la depression, Yann Guichard et son équipage ont remis une pincé de Sud ce matin avant de reprendre leur folle cavalcade vers l'Est. Tout au long de la journée le trimaran géant à été au dessus des 31 noeuds. Malgré cela, Spindrift 2 perd de son avance (336 milles), il faut dire qu'au même moment de son record IDEC Sport était lancé à très très haute vitesse et parcourrait 120 milles de plus par jours... 

Spindrift 2 passera le cap de Bonne Espérance, distant à 23 h 30 de 90 milles, cette nuit dans son 12ème jours de tentative avec environ 10 heures d'avance sur le record.

 

 

29 Janvier : En avance à l'entrée dans l'Indien

 

Spindrift 2 est passé à 0 h45 la nuit dernière sous le cap de Bonne Espérance en 12 jours 13 h et 8 min, soit une avance de 6 h 32 min sur le temps d’IDEC Sport. Quelques minutes plus tard Yann Guichard et son équipage passaient sous le cap des Aiguilles en 12 jours 14 h et 58 min, soit une avance de 6 j 42 min. Ce cap marque le passage dans l’océan Indien. Le trimaran progresse toujours à plus de 34 nœuds vers l’Est, en plongeant légèrement dans le Sud.

Une belle opération vu le détour pour franchir l’anticyclone de St Hélène qui avoisine les 700 milles de plus… L’avance est là et c’est déjà une super performance pour l’équipage. Le record de Francis Joyon et de son équipage étant un record extrêmement relevé.

 

Depuis Spindrift 2 continu sa folle cavalcade, dans une mer plus formée, avec des températures de plus en plus froides (11° pour l’air et 3 pour l’eau). Yann Guichard publiait une photo dans la journée montrant l’équipage équipé pour le grand Sud, obligé de mettre des gants pour tenir la barre. Au même moment IDEC Sport  de sa tentative, était toujours plus rapide de 1 ou 2 nœuds, mais l’équipage du grand trimaran noir et or, arrive à conserver 356 milles d’avance, par sa route plus Sud, donc plus courte. La prochaine étape sera le passage sous les Kerguelen d’ici deux jours. Mais avant ça Spindrift 2 aura récupéré un autre flux d’aire provenant du Sud de l’Afrique.

 

 

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 : "On a dû faire un grand détour pour contourner l’anticyclone de Sainte-Hélène : il a fallu attendre le 40° Sud avant de commencer à tourner à gauche ! C’était assez extrême, mais nous n’avions aucune possibilité de « couper le fromage » : il a fallu prendre notre mal en patience surtout que nous avons eu un vent de travers avec une mer de face pas facile à négocier… Depuis trois jours, on allonge la foulée dans la bonne direction et cela fait du bien au moral : on vient de passer le cap de Bonne-Espérance et on reste dans les objectifs que nous nous étions fixé… Il fait jour depuis deux heures et on sent bien qu’on est dans l’océan Indien ! On va bientôt passer le 50° Sud et il fait gris avec une mer à 2°C… Mais avec des albatros qui nous accompagnent : c’est magnifique ! On a donc de bonnes conditions pour aller vite vers les Kerguelen qu’on laissera dans notre Nord puisqu’on risque de descendre jusqu’au 53-54° Sud. Mais on va aussi avoir des icebergs devant nous à partir de mercredi : il va falloir veiller au radar et aux lunettes à infra-rouges. Cela s’annonce un peu tendu… On devrait longer l’anticyclone en se faisant propulser par les dépressions australes : c’est plutôt bien jusqu’aux Kerguelen, mais après, on va avoir plusieurs empannages à effectuer ce qui nous ralentira un peu. On devrait toutefois traverser assez vite cet océan Indien sans perdre trop de temps, en espérant ne pas être en retard à l’entrée du Pacifique, au Sud de la Tasmanie".

 

L’anticyclone des Mascareignes (Sud Madagascar) est bien installé sur l’île Crozet et va se déplacer les jours prochains au Nord de l’archipel des Kerguelen, poussé par une dépression australe. Déjà à plus de 35 nœuds de moyenne depuis trois jours, le trimaran noir et or va ainsi pouvoir maintenir ce rythme soutenu sur une mer relativement maniable en passant au Sud des Kerguelen.

 

 

 

 

30 Janvier : Le froid est au rendez-vous

 

Les journées se ressembles pour l'équipage de Spindrift 2 qui fonce toujours à plus de 34 noeuds vers l'Est en remontant très légèrement vers le Nord pour rester dans le bon flux d'air. Une route qui va continuer de remonter au Nord, après le passage des Kerguelen demain matin. Il faudra ensuite manoeuvrer pour rester correctement positionné dans le flux d'ouest/Nord-Ouest. Mais l'avance va fondre un de moitié durant les 48 prochaines heures.

A bord, l'équipage semble passer un bon moment dans le grand Sud où il fait beau, Seul la fraîcheur de l'eau de mer à 2°, avec le bateau qui progresse à plus de 34 noeuds, n'est pas très agréable quand ils sont à la barre de Spindrift 2.

 

 

31 Janvier : Les Kerguelen et des bords à tirer.

 

Spindrift 2 est passé sous les Kerguelen en tout début de matinée , peu après Yann Guichard et son équipage tiraient un premier bord vers le Sud, sur 130 milles environ, avant d'empanner de nouveau sur une trajectoire N/E cette fois. 

L'avance diminue forcément dans se déplacement en zig-zag, alors qu'au même moment de sa tentative IDEC Sport était à plus de 34 noeuds en ligne droite... Du coup en début de soirée ce jeudi, Spindrift 2 possède 257 milles d'avance après 15 jours et 6 heures de tentative. 

 

Yann Guichard, skipper de SPindrift 2 : "Deux gybes aujourd’hui pour rester dans la pression ! Tout va bien à bord, vigilance max pour les icebergs. Encore 1 à 2 nuits stressantes…. La mer à 2° qui t’arrive dessus à 35 nœuds. C’est quand même un peu froid !"

 

 

 

1er Février 2019 : l'abandon !

 

Ce vendredi soir, depuis 17 h UTC, sur la cartographie de sa tentative sur le Trophée Jules Verne, Spindrift 2 qui progressait à 32 - 35 noeuds sur ce même bord était passé à 25 puis 13 noeuds sans que les conditons météorologiques sur zone n'aient changé. Il était évident qu'il se passait quelque chose à bord. A 19 heures en France le Spindrift racing annonçait une avarie à bord de Spindrift 2 sur le safran tribord :

 

Communiqué du Spindrift racing à 18 h 51 : A 16h06 UTC, Yann Guichard, skipper de Spindrift 2, actuellement en tentative de record sur le Trophée Jules Verne a prévenu son équipe à terre d’un problème sur le safran tribord. Il fait actuellement nuit à bord mais l’équipage tente d’analyser le problème.
Le bateau navigue à 15 noeuds dans l’océan Indien à 1200 milles du cap Leeuwin. De plus amples informations seront communiquées rapidement.

 

A 20 h 21 un deuxième communiqué tombait pour annoncer l'abandon de la tentative, suite à la perte du safran tribord, après que la mèche se soit cassée. Sans doute après un contact avec un OFNI.

 

Communiqué du Spindrift racing à 20 h 21 : A 19h UTC, Yann Guichard, skipper de Spindrift 2, actuellement en tentative de record sur le Trophée Jules Verne a prévenu son équipe à terre de la casse de la mèche du safran tribord. Cette avarie non réparable entraine une incapacité à barrer le bateau dans des conditions de performance et de sécurité.

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 : "Ce problème technique nous contraint malheureusement à arrêter cette tentative de record du Trophée Jules Verne.  C'est évidemment une déception pour tout l'équipage. Nous nous dirigeons vers la côte sud-est de l'Australie que nous devrions atteindre d'ici 4 jours."

 

Après 16 jours et 6 heures cette tentative ce termine. Une tentative sur laquelle Yann Guichard et son équipage ont réaliser un super parcours en battant le record absolu entre Ouessant et l'Equateur, en réalisant un meilleur chrono entre Ouessant et Bonne Espérance qu'IDEC Sport malgré un détour de 700 milles par l'Ouest pour contourner l'anticyclone de St Hélène. Un Indien qui n'a pas été simple car il a fallu emprunter une route très Sud avant de revenir au Nord et perdre toute l'avance. Pour autant au moment de l'abandon, Spindrift 2 était tout à fait dans les temps du record et à 1200 milles de Leeuwin, le trimaran pouvait encore garder un peu d'avance avant de s'engager sur le Pacifique.

 

Dans 4 jours l'équipage accostera en Australie, à Perth ? Pour une réparation ?

Le 6 février à Perth : Les Explications

 

Yann Guichard skipper de Spindrift 2 revient sur les circonstances de la casse de la mèche de safran, des analyses qui vont être menées, la fabrication de nouvelles pièces et de l'impact sur le futur programme.

 

Yann Guichard : "Nous avons cassé le safran du flotteur tribord après les Kerguelen : on ne sait pas exactement à quel moment, mais Thierry Chabagny qui était à la barre, a indiqué qu’elle devenait très dure. Or nous n’avons rien touché ! Nous étions bâbord amures en train de remonter vers l’Est-Nord Est toujours au portant sous gennaker. Comme c’était de nuit, nous avons tenté de savoir pourquoi : le parallélisme, la tension des drosses, un objet dans les safrans… Mais rien de tout cela. Et quand nous avons changé de barreur, toujours le même effet : difficile de lofer ou d’abattre. Cela devenait même de plus en plus « inbarrable » car le bateau faisait ce qu’il voulait. On s’est rendu compte au petit jour que la mèche du safran tribord était cassée entre les deux paliers, à l’intérieur du flotteur. Le safran ne tenait plus à grand-chose et partait en latéral : il faisait sa vie au gré des vagues et des accélérations…Nous allons analyser ce qu’il s’est passé mais je ne cache pas que je suis extrêmement déçu et tout l’équipage avec moi : nous étions plutôt bien placés et dans les temps du record avec des conditions plutôt favorables à suivre… Et puis après le démâtage avant même le départ il y a un an, cela fait la deuxième fois que le matériel nous lâche ! Là, on a eu la chance de ne pas avoir perdu le safran parce qu’il aurait pu arracher le bas du flotteur… Nous allons pouvoir regarder si c’est un défaut de fabrication ou un mauvais calcul de structure. Certes nous avons effectué ce périple jusqu’aux Kerguelen essentiellement en bâbord amures, mais tout de même : nous n’avons jamais tiré plus que nécessaire sur le bateau avec beaucoup de vent très portant, entre 140° et 155°. Spindrift 2 va beaucoup plus vite qu’il y a trois ans lors de notre première tentative : nous avions les cartes en main malgré des conditions météorologiques moins favorables que celles d’IDEC Sport dans l’océan Indien ! C’est vraiment frustrant de savoir que nous n’avons rien touché, que nous n’avons rien fait d’anormal pour que cela se produise…Nous avons au moins démontré que nous pouvions aller très vite puisque nous avons le record entre Ouessant et l’équateur, alors qu’il a fallu enchaîner huit ou neuf empannages, contre un seul il y a trois ans ! La combinaison du petit mât avec les plans porteurs fait que le flotteur est un peu moins dans l’eau avec moins de surface mouillée : on va vraiment plus vite. Et l’équipe était incroyable : on avait une alchimie remarquable avec douze hommes à bord. C’était le bon nombre et tout le monde a trouvé sa place rapidement. La modification de la casquette qui nous protège mieux du vent et du froid, a aussi porté ses fruits : on est descendu quasiment par 55° Sud avec une eau à 2°C, à slalomer entre les glaces ! ....Pour l’instant, on se concentre sur les explications à trouver pour cette casse de safran : au-delà du coût, c’est aussi un délai de fabrication et les chantiers sont plutôt occupés ces prochains mois… S’il faut refaire une pièce différente, cela va prendre beaucoup de temps. C’est encore un peu tôt pour savoir ce que nous allons décider : il faut attendre la réunion que nous allons organiser avec tous les intervenants et les analyses de cette casse. On va d’abord se poser et réfléchir avant de prendre une décision quant à la suite du programme, Trophée Jules Verne ou pas l’hiver prochain… "

Dates & Chiffres du Trophée Jules Verne d'IDEC Sport :

 

Départ le 16 décembre 2016 à 8 h 19 TU

Arrivée le 26 janvier 2017 à 7 h 49 et 30 sec


Distance parcourue : 26 412 milles

A la moyenne de : 26.85 noeuds

 

Meilleure journée :  894 milles parcourus à 37,3 noeuds

 

Le plus grand retard en milles : 755 milles au 11ème jours

 

Avance sur le record : 4 jours, 14 heures, 12 minutes et 23 secondes.

 

 

Records Intermédiaires d’IDEC Sport : 

 

Cap des Aiguilles-cap Leeuwin : 4 jours, 09 h et 37 mi

Ouessant- cap Leeuwin : 17 jours, 06 h  et 59 min

Ouessant –Tasmanie : 18 jours, 18 h, 31 minutes

Ouessant-Cap Horn : 26 jours, 15 h et 45 min

 

 

Temps de passages :

 

Equateur Aller : 5 jours, 18 heures, 59 minutes, soit 4 heures et 3 minutes de retard sur Banque Populaire V

 

Bonne Espérance : 12 jours, 19 heures, 28 minutes, soit 0 jour, 21 heures et 40 minutes de retard sur Banque Populaire V

 

Cap des Aiguilles : 12 jours, 21 heures, 22 minutes, soit 0 jour, 21 heures, 34 minutes de retard sur Banque Populaire V

 

Cap Leeuwin : 17 jours, 06 heures, 59 minutes, soit 16 heures et 58 minutes d’avance sur Banque Populaire V

 

Tasmanie : 18 jours, 18 heures et 31 minutes, soit 1 jour, 12 heures et 43 minutes d’avance sur Banque Populaire V

 

Cap Horn : 26 jours, 15 heures et 45 minutes, soit 4 jours et 6 heures d’avance sur Banque Populaire V

 

Equateur retour : 35 jours, 4 heures et 9 minutes, soit 2 jours, 22 heures et 36 minutes d’avance sur Banque Populaire V.

 

Equateur – Ouessant : 5 jours, 19 heures, 21 minutes

 

 

 

Nouveau temps sur le Trophée Jules Verne : 40 jours 23 heures 30 min 30 sec

 

Le temps à battre de Banque Populaire V : 45 jours 13 h 42 min 53 sec

Pour visionner toutes les vidéos IDEC Sport sur le Trophée Jules Verne : ICI

 

Pour visionner toutes les vidéos Spindrift 2 sur le Trophée Jules Verne : ICI

La Cartographie d'IDEC Sport

 

Photos : Spindrift racing