Transat Jacques Vabre 2021

Transat Jacques Vabre 2021

Une des plus ancienne transat Française, avec sa 15ème édition cette année. Créée en 1993 par la ville du Havre et les cafés Jacques Vabre Normandie Le Havre, cette transat qui est la plus longue sur l'Atlantique, se dispute en double. 

Le record de l’épreuve en multicoque, sans aucun intérêt pour cette édition qui ne va pas en Amérique du Sud, est de 7 jours 22 heures 7 min et 27 secondes, depuis 2017. Un temps établi par Sodebo Ultim’ de Thomas Coville et Jean Luc Nélias.

 

Ils seront 79 duos sur la ligne de départ le dimanche 7 novembre, après avoir passé 10 jours dans le bassin Paul Vatine. Les concurrents sont répartis en quatre classes (IMOCA60, Class40, Ocean Fifty et les Ultimes.

Les différents parcours de la Transat Ja

La Transat

 

Elle se court entre Le Havre et la Martinique cette année, pandémie Mondiale oblige. Trois parcours pour les quatre classes de cette édition. Le plus long celui des ultimes fait 7500 milles.  Départ au début de l'hiver en Manche dans l'hémisphère Nord. Arrivée 15 jours plus tard pour les ultimes, dans l'hémisphère Nord en Martinique, après une incursion dans l'hémisphère Sud. 

Avant d'en arriver là, il faudra démancher, se jouer du Golfe de Gascogne, trouver les Alizés au large du Portugal, ne pas se laisser prendre par les calmes des Canaries et du Cap Vert. Jouer avec le toujours très joueur "Pot au Noir" et enfin se rapprocher des côtes Brésiliennes, pour virer l'archipel de Trindade et Martim Vaz, devant Rio de Janeiro. Et mettre le cap sur les Antilles, sur un long bord de reaching.

 

Les concurrents

 

Ils seront 5 ultimes sur la ligne de départ au Havre le 7 novembre.  Actual Ultim’ 3   Maxi Edmond de Rothschild   Sodebo Ultim’ 3   Banque Popualaire XI     SVR Lazartigue.

 

Le plateau est magnifique ! On peut regretter les absences de Francis Joyon et de son IDEC Sport et du maxi trimaran Ultim’ Sailing toujours en attente d’une annonce de reprise.

 

Sur la ligne de départ cinq trimarans capables de voler à travers l’Atlantique à des vitesses de 35, 40 voire 45 nœuds, quand les conditions sont optimales. Reste qu’une traversée, et dans le cas de cette transat, un peu plus qu’une traversée de l’Atlantique, n’est pas une évidence sur ces engins à ces très hautes vitesses. Les problèmes de fiabilités et de rencontres avec d’éventuels OFNI, seront la clef de l’arrivée en Martinique et donc de la victoire.

 

Sur le papier le Maxi Edmond de Rothschild de Franck Cammas et Charles Caudrelier domine la flotte et est le favoris, Actual Ultim’ 3 d’Yves Le Blévec et Anthony Marchand, bien que moins puissant que ses adversaires, devrait pouvoir lutter pour le podium grâce à son optimisation et sa fiabilité. Sodebo Ultim ‘ 3 de Thomas Coville et Thomas Rouxel, a été optimisé avec de nouveaux safrans à plans porteurs plus hauts et rétractables, devrait être plus très loin de ses concurrents, enfin reste les deux derniers mis à l’eau il y a quelques mois et qui vont effectuer leur première traversée, le Banque Populaire XI d’Armel Le Cléac’h et Kévin Escoffier, qui est une version optimisée du BP IX qui a fait bonne impressions sur les premières sorties. Enfin SVR Lazartigue de François Gabart et Tom Laperche, le trimaran ultime le plus novateur dans son aérodynamisme, qui pourrait bien monter sur la plus haute marche du podium, si sa jeunesse ne l’empêche pas d’arriver en Martinique.

 
Actual Ultim' 3

Actual Ultim' 3 

Yves Le Blévec / Anthony Marchand

Routeur à terre : Christian Dumard

Le Maxi Edmond de Rothschild_edited.jpg

Maxi Edmond de Rothschild

Franck Cammas / Charles Caudrelier

Routeur à terre : Stan Honey / Erwan Israël / Chris Bedford

Photo _ Renaud Bañuls

Sodebo Ultim' 3

Thomas Coville / Thomas Rouxel

Routeur à terre : Philippe Legros / Thierry Douillard.

Banque Populaire XI

Banque Populaire XI

Armel Le Cléac'h / Kévin Escoffier

Routeur à terre :  Marcel Van Triest

Photo _ Guillaume Gatefait - Team SVR Lazartigue

SVR Lazartigue

François Gabart / Tom Laperche

Routeur à terre : 

Les dernières vidéos

 

Ils ont dit avant le départ :

Armel Le Cléac’h, skipper du Maxi Banque Populaire XI : "Ce baptême marque le début d’un nouveau chapitre, à quelques jours de la première grande course à bord du bateau. Avoir Tony Estanguet comme parrain est un honneur. J’admire l’homme et le sportif. Nous sommes heureux d’avoir pu organiser ce baptême en public, après tout ce qu’on a vécu ces derniers mois. Et en plus le soleil était au rendez-vous. Il y a des jours comme ça où tout s’aligne bien. Je ne sais pas si c’est un signe du destin mais en tout cas c’est toujours plaisant de baptiser un bateau dans ces conditions". 

Thomas Rouxel, co-skipper du Sodebo Ultim' 3 : "On est très contents de l’état du bateau, on a réussi à se préparer comme on le voulait depuis la mise à l’eau début juin, à bien se reposer ces derniers jours, on se sent sereins, d’autant que la météo n’a pas l’air trop mauvaise pour dimanche. Plus l’heure du départ va approcher, plus l’adrénaline va monter, les dernières heures sont particulièrement stressantes, avec notamment les manœuvres de port et le passage des écluses qui, sur nos grands bateaux, nécessitent beaucoup de concentration. Une fois que les derniers membres de l’équipe auront sauté à l’eau, on va se retrouver tous les deux, et à ce moment, on se dira : « Enfin on y est ! ». Ça fait une bonne année qu’on travaille pour cette Transat Jacques Vabre, donc on a hâte d’y être".

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim' 3 : "Au moment du départ, (sur une ligne de 0.6 milles qui regroupera les 5 ultimes et les 7 Ocean Fifty), on se retrouve à jouer et à régater avec les autres, on voit quasiment le visage de chacun car on est très proches les uns des autres, on manie les bateaux comme s’ils étaient beaucoup plus petits, c’est vraiment un moment très particulier. Dimanche, on aura tous envie d’être d’entrée dans le match, c’est cette adrénaline qu’on vient chercher, le départ sera grandiose !" 

François Gabart, skipper du SVR Lazartigue : "J’ai déjà participé à quatre Transat Jacques Vabre, toujours avec des marins plus âgés que moi, et donc aussi  plus expérimentés. J’ai appris un tas de choses à chaque fois. Naturellement, nous transmettons maintenant, mon équipe et moi, à Tom, et nous apprenons de lui. Progresser ensemble nous aide pour aller vers une meilleure performance".

Pour suivre le départ :

- France 3 : « Tout le sport », le samedi 6 novembre à 20h45 en duplex du Havre

- L’Equipe TV, long format de 6 heures, le dimanche 7 novembre lors du départ

- France 3 Bretagne, France 3 Pays-de-la-Loire et France 3 Normandie, long format le dimanche 7 novembre lors du départ

- France 3 : « L’Image du jour », tous les jours durant la course à 18h50 et le samedi à 20h50

Le départ  dimanche 7 novembre 2021 :

Les Ultimes ont été les derniers a quitter les bassins du port du Havre. C'est à 11 h que Sodebo Ultim' 3 a largué les amarres, suivi par Gitana 17, Banque Populaire XI, puis Actual Ultim' 3 et enfin SVR Lazartigue. Chaque équipage ayant fait ses adieux à leurs proches et répondu aux dernières questions des médias. Une belle foule les attendait tout au long de la traversé du port du Havre.

Les bassins et sas sont enchaînés jusqu'à l'avant port, puis le chenal, avec déjà une belle houle, pour se rendre sur la ligne de départ. 

13 h 27, le départ est donné par Boris Diaw, qui souhaite bon vent à toute la flotte de cette 15ème édition de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre. Les 79 duos de la Transat Jacques Vabre se sont élancés au coup de canon vers la ligne de départ. L'ensemble de la flotte a été prudente, vu les conditions de mer (1.5 m de creux vent de 15 à 18 noeuds, 25 en rafale de N / NO) et aussi sans doute les 5 heures de pénalité forfaitaire en cas de départ volé, ont incité les équipages à ne pas prendre de risque. 

Les Ocean Fifty aux avants postes, mais très vite Franck Cammas et Charles Caudrelier ont pris les commandes de la course, toute en maîtrise, sur leur Maxi Edmond de Rothschild. A quelques encablures, Banque Populaire XI d'Armel Le Cléac'h et Kévin Escoffier, fait belle impression. Repris par SVR Lazartigue entre la ligne et Antifère. Banque Populaire XI, va faire l'extérieur à SVR Lazartigue pour virer, la bouée de dégagement devant la plage d'Etretat avec 3 min de retard sur le leader. SVR Lazartigue passe en 3ème position dans le sillage de Banque Populaire XI. il faudra attendre 2 min de plus pour voir arriver Sodebo Ultim' 3 de Thomas Coville et Thomas Rouxel. Sodebo Ultim' 3 étant très loin sur la ligne de départ, a mis du temps à sortir de la flotte des Ocean Fifty. Enfin, à 8 min du leader, Yves Le Blévec et Anthony Marchand sur Actual Ultim' 3 fermaient la marche pour les ultimes.

Les ultimes vont tirer un premier bord plein Nord en Manche, le premier à mettre le cap à l'Ouest sera Banque Populaire XI, suivi par Gitana 17, puis un peu plus tard Sodebo Ultim' 3. SVR Lazartigue et Actual Ultim' 3 vont continuer de monter plein Nord. Actual Ultim' 3 finira par mettre le cap à l'Ouest aussi. Seul François Gabart et Tom Laperche continueront sur leur trajectoire Nord qui va leur permettre de ne pas tirer de nouveau bord pour éviter la Manche. 

Après 5 heurs de course, au milieu des îles Anglo Normandes, Gitana 17 mène toujours avec 8 milles d'avance sur Banque Populaire XI,  SVR Lazartigue à 13 milles,  Sodebo Ultim 3 à 15 milles et Actual Ultim' 3 à 23 milles. Des écarts qui vont restés stables jusqu'à la hauteur de Roscoff. Le vent faiblissant les vitesses sont passé de plus de 30 noeuds à 15 noeuds.

1ère journée sans vent, lundi 8 novembre 2021 :

A l'approche d'Ouessant en milieu de nuit dernière, les ultimes se sont retrouvés scotchés. Plus de vent, et le courant qui s'inverse en Manche avec la marée. La flotte se sépare en deux : à l'ouest de Ouessant SVR Lazartigue, Sodebo Ulitm' 3 Gitana 17 et Actual Ultim' 3, et entre le continent et Ouessant Banque Populaire XI, qui tente une option le long de la côte pour échapper au calme. Aucune des deus options ne permettra de se sortir des calmes qui couvrent toute la façade Atlantique de la France. Jusqu'au petit matin, les ultimes font du surplace, les manœuvres sont nombreuses, ont est bien loin des dépressions de novembre habituelles ! Banque Populaire XI va parcourir 13 milles en 5 h 30. 

Yves Le Blévec, skipper d'Actual Ultim'  3 : "En deuxième partie de nuit, la flotte s’est regroupée autour d’Ouessant. C’était très bizarre. Le vent tournait dans tous les sens, sans logique : il fallait à la fois de l’opportunisme et de la réussite. Ça s’est pas mal passé pour nous. Nous avons réussi à rejoindre les autres et, au lever du jour, nous étions bord à bord avec Gitana, SVR Lazartigue et Sodebo";

Franck Cammas, skipper du Maxi Edmond de Rothschild : "Sur le départ nous avons eu pas mal de vent et de clapot, mais nous avons trouvé le bon timing et la bonne vitesse après. Jusqu’à Barfleur nous avons fait exactement comme nous voulions faire. Il y avait pas mal de virements et de tactique à faire donc beaucoup d’action.  Depuis le milieu de la nuit, nous sommes arrêtés face au courant, nous avons même commencé à reculer donc nous avons fait marche arrière. Nous étions avec SVR - Lazartigue et Banque Populaire XI. Nous allons tenter de passer par le nord de Ouessant et là nous essayons de contourner mais nous sommes à nouveau arrêtés. Avec ce fort courant contre nous, nous n’avons pas réussi à réellement progresser. Cette traversée du golfe de Gascogne est incertaine. Nous sommes dans des vents erratiques, nous devons traverser une dorsale et ça n’avance pas. Nous allons essayer de progresser vers le cap Finisterre.  Nous avons été très proches de nos concurrents parfois. Nous nous sommes tous croisés ! Nous les observons bien à l’AIS."

Actual Ultim' 3, toujours à son aise dans les petits aires, prend la tête de la course d'un demi flotteur sur Sodebo Ultim' 3. Armel Le Cléach' et Kévin Escoffier à la côte perdent du terrain et se retrouvent à plus de 20 milles. Ils vont refaire de l'Ouest toute l'après-midi. Au point de se retrouver en début de soirée les plus à l'Ouest de la flotte des ultimes. Les 5 trimarans sont sur la même ligne au large de Belle île, à l'entrée du golfe de Gascogne. Au pointage de 20 heures, ils progressent toujours groupés, entre 1 et 4.5 nœuds Et la deuxième nuit en mer s'annonce tout aussi longue et lente ! Depuis le départ, les équipages n'ont pas ou que très peu dormis.

Charles Caudrelier, co-skipper du Maxi Edmond de Rothschild : "C’est un bon bazar ! Il n’y a pas d’autres mots. Depuis le départ, c’est toujours revenu par derrière et même si nous avons bien navigué pour rejoindre Ouessant cela n’a malheureusement pas servi notre cause. Les conditions sont vraiment complexes et aléatoires mais avec Franck on connaît histoire : ça ne sert à rien de s’énerver. Ce n’est que le début… le point positif est que le Maxi Edmond de Rothschild est en parfait état, on a vu qu’il allait vite. Dès qu’il est bord à bord ça se passe bien".

Erwan Israël, routeur à terre du Maxi Edmond de Rothschild : "Les hautes pressions viennent buter contre la terre et se retrouvent bloquées dans le golfe de Gascogne car les trains de dépressions sont anormalement sud dans l’Atlantique pour cette période. Nous n’avons donc pas d’autres choix que de traverser la dorsale anticyclonique. L’objectif est de passer sous la bordure Est de l’anticyclone pour retrouver du vent plus soutenu et progresser vers Finisterre. Depuis hier, nous avons toujours eu moins de vent qu’annoncé par nos prévisions météos. Ce sont des conditions fatigantes car stressantes pour les marins".

Yves Le Blévec, skipper d'Actual Ultim' 3 : "Les vitesses sont proches, on a même deux Ocean Fifty qui nous collent aux basques, mais le vent est faible et il va y avoir plusieurs systèmes météo à traverser qui ne sont pas forcément simples à appréhender. Comme dit Christian Dumard, nous allons traverser le golfe de Gascogne à la vitesse d’un Figaro ! La nuit a été éprouvante, mais nous allons pouvoir récupérer aujourd’hui. Nous avons pu nous reposer dès que la vitesse du bateau s’est établie et que nous nous sommes éloignés des côtes. Le rythme de transat va venir : nous avons fait du rangement à bord, tout se met en place tranquillement, il faut toujours un peu de temps. Nous sommes dans le match, en forme, ça collabore super bien : nous sommes totalement entrés dans notre course !"

La course est enfin lancée , mardi 9 novembre 2021 :

La deuxième nuit en mer pour les concurrents de la Transat Jacques Vabre a ressembler à la première. Pas un souffle d'air. Les co-skippers des ultimes ont essayé de progresser tant bien que mal vers le Sud du golfe de Gascogne. Ce matin la tête de la flotte, au large de La Rochelle, emmenée par SVR Lazartigue de quelques encablures , progressait entre 1 et 4 noeuds. 

Thomas Rouxel, co-skipper de Sodebo Ultim' 3 : "Thomas est à la bannette (en train de dormir), j’essaie de mon côté de faire avancer le bateau avec les 1,3 nœud de vent que j’ai pour le moment, c’est un Golfe de Gascogne bien différent de ce qu’on devrait connaître à cette époque. C’est assez compliqué pour les nerfs. En fait, c’est cyclique : il y a des moments où on en a vraiment marre et d’autres où on fait avec. De toute façon, on est tous à peu de choses près dans la même situation, voilà l’ambiance".

A 10 h, SVR Lazartigue, Gitana 17, Sodebo Ultim' 3 , Actual Ultim' 3 commençait à toucher du vent et les vitesses des quatre ultimes montaient à plus de 10 noeuds. Vitesses jamais atteinte depuis plus de 24 heures ! Seul Banque Populaire XI plus à l'Ouest, restait toujours sous le régime de la dorsale anti cyclonique et progressait à 2 noeuds. En fin de mâtinée, dans l'Ouest de l'embouchure de la Gironde, François Gabart et Tom Laperche, sur SVR Lazartiue étaient à plus de 20 noeuds, avec dans leur sillage Sodebo Ultim' 3. Banque Populaire XI était déjà à plus de 26 milles et progressait à 2 noeuds.

Yves Le Blévec, skipper d'Actual Ultim' 3 : "Depuis que le jour c'est levé on est sorti de la dorsal vraiment compliquée. On est sorti quasiment en même temps que Sodebo, on est bord à bord avec en direction du cap Finistère. Le petit temps c'est plutôt confortable, le bateau est bien stable, mais c'est nerveusement compliqué. Des fois il y a des choses qui se passent et qu'on ne comprend pas et des fois c'est à notre avantage. Je suis vraiment content d'avoir Anthony Marchand à bord, c'est une course de Figaro et il en à 10 à son actif. Ca se voit vraiment, il y a plein d'infos qui arrivent en même temps et il faut prendre rapidement la bonne décision. Et là Anthony est beaucoup plus vif que moi dans ces situations. Même si toutes les décisions sont collégiales. Chacun amène ses arguments pour amener de l'eau au moulin pour la décision. C'est assez inédit comme début de transat, mais ça fait partie de la régate en course au large... Là on vole un peu, puis ça se repose, il faudra attendre de passer le cap Finistère pour vraiment profiter du potentiel du bateau, même si on en profite déjà bien. Au cap Finistère, il y a beaucoup de choses à gérer en même temps, avec le Traffic, l'accélération du vent. On arrive à dormir, c'est l'avantage du petit temps. Par rapport aux autres bateaux, il peut se passer tellement de choses. On régate bien. On prépare l'arrivée sur le cap Finistère et les manoeuvres qui vont aller avec".

L'accélération va être constante durant toute l'après-midi, si bien qu'à 18 heures le cap Finistère est dans le sillage de Sodebo Ultim' 3 à plus de 32 noeuds, Le Maxi Edmond de Rotchschild est deuxième, Actual Ultim' 3 à la 3ème place, SVR Lazartigue 4ème et à 62 milles Banque Populaire XI ferme la marche.

En début de soirée, Thomas Coville et Thomas Rouxel à bord de Sodebo Ultim' 3 lancé à plus de 35 noeuds dans l'Ouest de Pontevedra en Galice, sur une route S/SO, bataillent pour conserver la première place, avec dans leurs safrans Franck Cammas et Charles Caudrelier à bord du Maxi Edmond de Rotchschild. A 30 milles Actual Ultim' 3 d'Yves Le Blévec et Anthony Marchand, à 38 milles François Gabart et Tom Laperche à bord de SVR Lazartigue. Ferme la marche Banque Popualaire XI à 60 milles, mais qui fonce plein Sud à 36 noeuds.

Glisse et empannages, mercredi 10 novembre

Cette journée de mercredi à été faite de glisse et de cap au Sud pour la flotte des ultimes qui reste au contact, même si le Maxi Edmond de Rothschild contrôle la course et va sans doute prendre de l'avance dans les prochaines heures. En deuxième position les deux Thomas à la barre de Sodebo Ultim' 3 font un très beau début de course, le trimaran semble vraiment plus à son aise au large. Sodebo Ulti'm 3 navigue à 16 milles à la mi journée du leader. Actual Ultim' 3 est aussi très bien placé depuis le départ, avec en ce troisième jour de course sur le podium à 43 milles du bateau de tête. SVR Lazartigue est juste dans les safrans d'Actual à 45 milles du leader et Banque Populaire XI tente de recoller à 73 milles.

Tout au long de la journée, Franck Cammas et Charles Caudrelier vont grapiller quelques milles à chaque empannage vers Madère, pour rester dans la petite veine de vent de N/NE.

Charles Caudrelier, co-skipper du Maxi Edmond de Rothschild : "Le bilan de la journée d’hier et de la nuit est plutôt bon car nous avons réussi à reprendre la tête et à faire un peu d’écart mais quand on voit ce qui nous attend devant en termes météo, on sait que ça va être compliqué. Le Maxi Edmond de Rothschild va bien, il est en bon état, les marins aussi. Hier, le long du DST de Finisterre nous avons vécu un petit « revival » du Trophée Jules Verne mais cette fois c’est nous qui avons dépassé Sodebo en passant au vent. La nuit a été active et nous nous sommes fait la frayeur de notre vie avec un cargo. Nous étions en train de préparer une manœuvre et il y a un cargo qui est passé à 30 m de nous. Franck a pris la barre et a abattu en grand et nous avons longé le cargo. Un truc de fou … Pour la suite rien n’est très clair au niveau de la stratégie météo mais l’on sait que le vent va à nouveau faiblir et qu’il faudra faire avec !".

Armel Le Cléac'h, skipper de Banque Populaire XI : "Nous n’avons pas eu le vent espéré, nous sommes restés coincés plusieurs heures sans vent. Nous avons pris un peu de retard sur les quatre autres Ultimes, mais rien de bien méchant compte tenu des milles restant à parcourir. Il y a beaucoup de pièges devant nous. On reste dans le match, on s’accroche pour pas que ça parte par devant. On est à fond avec Kevin et notre routeur Marcel Van Triest".

Anthony Marchand, co-skipper d'Actual Ultim' 3 : "On a enchainé les empannages. C’était assez physique et technique de passer entre le cap Finisterre et le DST, avec 40 nœuds de vent, du trafic maritime, les pêcheurs… On a eu une nuit assez éprouvante », confirme Yves. « Il ne fallait pas faire de bêtise dans l’enchainement des manœuvres, mais la carte postale avec les 5 Ultims dans un mouchoir de poche était géniale ! Là, on est plus en mode glissade vers le sud, on commence à prendre des quarts normaux, mais avec pas mal d’empannages en perspective quand même…".

Sodebo Ultim' 3 touché, jeudi 11 novembre

C'est l'information de la nuit, vers 1 h 30 du matin, dans le NE de Madère, Sodebo Ultim' 3 a fait un gros arrêt buffet suite à une recontre avec un OFNI. Le choc a été d'une grande violence, Thomas Rouxel qui était à l'intérieur du cockpit, l'a traversé entièrement, en étant arrêté par la table à carte L'écran du bord n'a pas résisté à l'impact. Le co-skipper de Sodebo Ultim' 3 souffre de contusions. L'équipe à passé une partie de la nuit a examiner les dégâts. Le foil tribord est touché. Les deux hommes vont réussir à le relever et le bloquer dans la position haute pour qu'il n'abime pas  le flotteur.

L'équipage de Sodebo Ultim' 3 était en communication avec l'équipe à terre basée à Lorient. Très rapidement la décision est prise d'envoyer une équipe à Madère pour une escale technique. Sodebo Ultim' 3 à repris sa route au Sud pour se rendre en fin de soirée  à Funchal.

Pendant ce temps, les quatre autres ultimes, toujours emmenés par le Maxi Edmond de Rothschild, ont continué leur glisse vers le Sud et les Canaries. Les conditions météorologiques ne sont pas simples. Le vent est parfois instable, et si de belles périodes de glisses et de vol arrivent, à d'autres moments, les vitesses retombent à 18-20 noeuds. Banque Populaire XI d'Armel Le Cléac'h et Kévin Escoffier, va revenir peu à peu aux avents postes et prendre la deuxième place du classement.

Classement  en fin de soirée :

1 Maxi Edmond de Rothschild

2 Banque Populaire XI à 107 milles

3 SVR Lazartigue à 108 milles

4 Actual Ultim' 3 à 180 milles

5 Sodebo Ultim' 3 en escale à Funchal.

Sodebo Ultim' 3 de retour, vendredi 12 novembre

6 heures, c'est ce qu'aura durée l'escale technique de Sodebo Ultim' 3 à Funchal cette nuit. L'équipe technique a réalisé l'exploit de remettre en état le trimaran en un temps record et Thomas Coville et Thomas Rouxel sont de nouveau dans la course. Et rien n'est encore perdu, les conditions devant pour les ultimes qui naviguent entre les Canaries et le Cap Vert, ne sont pas optimales. Et il ne faut pas oublier, qu'il faut passer deux fois le Pot au Noir avant de mettre le cap sur les Antilles. Le coup vaut donc d'être tenté.

Devant le Maxi Edmond de Rothschild mène toujours la flotte, ce matin à 7 heure SVR Lazartigue était pointé en deuxième position mais à 100 milles, Banque Populaire XI 3ème était à 133 milles, Actual Ultim' 3 à 194 milles. Enfin Sodebo Ultim' 3 à 531 milles, après son escale. 

En début de soirée, alors que le Cap Vert est à 200 milles au Sud, François Gabart et Tom Laperche, pouvaient être satisfait de leur journée, car toujours à la deuxième place, SVR Lazartigue est revenu à 66 milles du leader. Actual Ultim' 3 remonte sur le podium à 106 milles et Banque Populaire XI est à 110 milles. Handicapé il est vrai par un filet de pêche pris dans les appendices... L'équipage à réussi à le dégager. Sodebo Ultim' 3 reste à 543 milles.

Thomas Rouxel, co-skipper de Sodebo Ultim' 3 : "Quelques heures après notre arrivée à Madère, ils sont cinq à nous avoir rejoints et pendant deux heures, ils ont remué ciel et terre, pour finalement réussir à faire ce que nous n’avions pas réussi en mer. C’est dans ces moments là que nous prenons en compte que la course au large est un sport d’équipe".

Yves Le Blévvec, skipper d'Actual Ultim' 3 : "Nous avons des conditions absolument idéales de navigation : grand ciel bleu, très peu de nuages donc très peu d’instabilité, entre 18 et 20 nœuds de vent, pas trop de mer : on glisse sous gennaker, grand-voile haute. Ça marche entre 26 et 32 nœuds tout le temps, en volant, il n’y a pas une goutte dans l’espace de manœuvre… On marche comme des boulets de canon ! Le bateau est réglé pour qu’il reste équilibré, on pourrait tirer un peu plus dessus… mais on est sur le fil en permanence. Il faut être hyper prudent et attentif".

Le Maxi Edmond de Rothschild fait le break, samedi 13 novembre

6ème jour de course sur la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre. Franck Cammas et Charles Caudrelier, après leur réparation de leur moteur la nuit dernière, ont accéléré ce vendredi en direction du Sud. Le Maxi Edmond de Rothschild est le seul ultime à avoir passé le Cap Vert en début de soirée. Le tout avec une très belle avance, puisque le second, SVR Lazartigue de François Gabart et Tom Laperche se trouve à 259 milles. Banque Populaire XI est 3ème à 367 milles, Yves Le Blévec et Anthony Marchand sur Actual Ultim'3,à 371 milles. Seul Thomas Coville et Thomas Rouxel à bord de Sodebo Ultim' 3, maintiennent leur écart d'hier avec 572 milles de retard sur le leader. Sodebo Ultim' 3 étant même le plus rapide de la flotte ce samedi soir à près de 28 noeuds. Sodebo Ultim' 3 pourtant handicapé sur tribord avec son foil inutilisable.

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim' 3 : "Nous sommes repartis et quelques heures après, nous étions à 30 nœuds dans les alizés. Nous sommes évidemment super frustrés, mais en même temps super contents. Frustrés car nous sommes des compétiteurs, mais nous nous sommes dit que nous avions quand même trop de chance de faire cette transat, nous avons aussi une équipe derrière nous et tellement de monde qui nous soutient, nous sommes poussés par quelque chose qui nous dépasse. Nous suivons à distance la bagarre dans laquelle nous aurions voulu être, mais ça serait indécent de se plaindre face à des gens qui sont plus à la peine que nous. Nous nous accrochons à un espoir, nous sommes optimistes, c’est la nature humaine.".

Charles Caudrelier, co-skipper du Maxi Edmond de Rothschild : "On se détend un peu ce matin. Ça glisse tout seul et on avance un peu plus vite que les autres donc c’est reposant, tranquillisant.  Ça fait déjà six jours que nous sommes partis et le temps est passé à une vitesse dingue car nous n’avons pas arrêté de manœuvrer et de bosser à faire avancer le Maxi. Nous n’avons pas vraiment sorti la tête du guidon. Il fallait tout le temps régler, aller vite et penser à la stratégie à venir. Notre cellule routage a fait un super boulot et pour nous, pour l’instant, ils n’ont pas fait une erreur ! Cela nous a permis de creuser l’écart petit à petit avec nos concurrents malgré nos petits pépins techniques. On a bien cru que nous allions devoir faire escale… mais l’équipe a réagi super vite et a été pertinente comme d’habitude ! Nous sommes passés en mode économie d’énergie à bord en coupant tous les systèmes qui pouvaient l’être, Franck a barré et moi j’ai fait deux heures de mécanique en bas. Finalement, miracle ! Une seule des trois vis qui tenaient la pièce était cassée et j’ai pu réparer. Ces nuits-là sont toujours un peu épuisantes car elles cassent le rythme que nous avons mis en place. Ni Franck ni moi n’avons pu nous reposer pendant 6 ou 7h… mais heureusement la deuxième partie de nuit a été bien meilleure". 

Car les conditions ne sont toujours pas optimales pour les ultimes. François Gabart indiquait en cours de journée, que les conditions légères, permettaient d'effectuer un check complet du SVR Lazartigue.

Ce samedi soir, si le Maxi Edmond de Rothschild déboule plein Sud, les quatre autres ultimes se repositionnent dans l'Ouest, ce qui ne va pas arranger leurs affaires... Même si dans les prochaines heures, le leader va être ralenti par l'entrée dans le Pot au Noir qui semble très étendu jusqu'en Amérique du Sud. Cela permettra peut-être aux poursuivants de choisir une autre trajectoire et de revenir au plus près.

Le Pot au Noir est bien là, dimanche 14 novembre 2021

Une semaine, c'est le temps qu'il aura fallu aux premiers ultimes pour rentrer dans le Pot au Noir et ressentir les premiers effets de cette zone de convergence. Un Pot au Noir, large de 250 milles, qui pourrait bien réserver quelques surprises. 

Ce matin, au pointage de 7 heures, Le Maxi Edmond de Rothschild avait de nouveau accentué son avance sur ses poursuivants, au point de compter 318 milles sur le second SVR Lazartigue, 423 sur Banque Populaire XI, 458 sur Actual Ulitm' 3 et 719 milles sur Sodebo Ultim' 3. Une bonne marge avant de rentrer en fin de matinée dans le Pot au Noir et voir sur allure se réduire. Un effet d'accordéon, bien connu dans cette zone, où les premiers n'ont plus de vents et le train qui suit se rapproche. Le tout est de ne pas rester coincé, pendant que les autres passent à quelques encablures de là...

Charles Caudrelier, co-skipper du Maxi Edmond de Rothschild : "Ça y est ! Le Maxi Edmond de Rothschild est le premier à entrer dans le Pot-au-Noir. C’est à la fois une bonne nouvelle car nous sommes en tête mais ça reste stressant d’ouvrir la voie dans cette zone dont on se méfie toujours. Il est parfois bien injuste ce Pot-au-Noir. On se rappelle et on a tous bien en tête ce qui est arrivé à Charal sur la dernière Transat Jacques Vabre. Il avait une grosse avance en entrant et un gros retard à la sortie ! Il faut rester concentrés et faire avancer le bateau vers la sortie. Nous sommes dans le vif du sujet dans un vent assez faible mais ça avance toujours et c’est déjà ça. Ici il faut prendre les choses les unes après les autres et être opportunistes jusqu’à la sortie".

Si les quatre premiers sont dans le Pot au Noir, ou sur le point d'y faire leurs entrées, Sodebo Ultim' 3 a passé le Cap Vert à la mi journée et compagnie, toujours, des Ocean Fifty qui l'avaient rejoint lors de son escale à Madère.

Au pointage de 17 heurs ce dimanche le Maxi Edmond de Rothschild progressait à 10 noeuds, avec 187 milles d'avance sur SVR Lazartigue qui lui était à 15 noeuds, mais qui avait quand même repris, en dix heures, pas mois de 130 milles sur le leader de la Transat Jacques Vabre. Banque Populaire XI était à 302 milles, Actual Ultim' 3 à 354 milles et Sodebo Ultim' 3 à 687 milles.

Effet d'accordéon, Gitana 17 dans l'hémisphère Sud, lundi 15 novembre 2021

L'effet d'accordéon du Pot au Noir a joué mais pas au point de relancer la course. Les poursuivants du Maxi Edmond de Rothschild ont refait la moitié de leur retard, quand Franck Cammas et Charles Caudrelier sortent du Pot au Nord et passent dans l'hémisphère Sud quelques heures plus tard. Etant les plus rapide de la flotte, l'avance du leader va recommencer à croitre dans les prochaines heures.

A l'arrière, Banque Populaire XI est de nouveau à la seconde place à 173 milles, devant SVR Lazartigue  à 206 milles. Actual Ultim' 3 est lui à 228 milles et Sodebo Ultim' 3 à 546 milles. Toujours avec les premiers Ocean Fifty !

Le Maxi Edmond de Rothschild va, dans les prochaines heures, tirer plein Sud vers la marque de parcours à virer avant de repartir vers le Nord.

Kévin Escoffier, co-skipper Banque Populaire XI : "Le Pot-au-Noir offre des opportunités. Les conditions rencontrées sont très variables, les fichiers météo souvent peu fiables. Avec Marcel Van Triest, notre routeur, nous essayons de nous glisser entre les zones sans vent. L’enjeu est double : ne pas perdre sur les bateaux de derrière et gagner sur ceux de devant".

Armel Le Cléac'h, skipper Banque Populaire XI : "Nous sommes contents d’être dans le match, avec un bateau toujours à 100 % de son potentiel. Le travail effectué par tout le Team porte ses fruits. Depuis le cap Finisterre, nous avons des bonnes conditions et nous profitons d’être à bord de ce fabuleux bateau, c’est un plaisir de naviguer vite. Nous apprenons plein de choses sur le comportement du Maxi Banque Populaire XI, sur les réglages, les manœuvres et le confort à bord. On prend déjà des notes pour imaginer le chantier de cet hiver. Sur la suite du parcours, nous allons faire face à des conditions différentes en termes d’angles de vent. Ce sera instructif de voir comment on se situe par rapport à la concurrence à ces allures-là".

la glisse de retour, mardi 16 novembre 2021

Depuis la mi journée, les ultimes sont dans l'hémisphère Sud, en dehors de Sodebo Ultim' 3 qui est entrée dans le Pot au Noir. Et très rapidement, en basculant de l'autre côté, le vent est revenu gonfler les voiles, à commencer par celles du leader qui conforte ainsi sa première place. Franck Cammas et Charles Caudrelier, à bord du Maxi Edmond de Rothschild, déboulent à plus de 30 noeuds. 

Banque Populaire XI d'Armel Le Cléac'h et Kévin Escoffier, en deuxième position, est repoussé à 293 milles en début de soirée ce mardi, SVR Lazartigue est lui à 392 milles du leader et Actual Ultim' 3 à 523 milles. Sodebo Ultim' 3, quant à lui est à 1005 milles du premier à 7 noeuds. Thomas Rouxel indiquait aujourd'hui à la vacation : "Qu'à l'escale ils se doutaient à Madère, qu'ils n'allaient pas revenir dans le match et que c'était difficile quand on est sur l'eau en compétiteur".

Tom Laperche, co-skipper du SVR Lazartigue : "François dort, tout va bien à bord de SVR Lazartigue. On a perdu l'avance qu'on avait créé dans l'Atlantique Nord sur Actual et Banque Populaire, c'est un peu triste, mais c'est comme ça. La course est longue, on est qu'à la moitié de la course. On a un bateau qui a son plein potentiel. On a fait des bords fantastiques, c'est magique de naviguer sur c'est bateau là à ces vitesses là, dans des endroits comme ça. Sur une mer plate, le bateau s'envole. A bord ça se passe super bien. C'est simple et naturel. Voilà on espère que le vent va être un peu plus fort, pour aller vite".

Le Maxi Edmond de Rothschild devrait contourner la marque de parcours qui marquera le début du retour vers le Nord demain à la mi journée. Au delà des milles, il sera intéressant de compter les heures qui vont séparer les cinq ultimes au large de Rio.

Le Maxi Edmond de Rothschild premier à Trindade, mercredi 17 novembre 2021

A la mi journée, après 10 jours de courses, Franck Cammas et Charles Caudrelier à bord du Maxi Edmond de Rothschild, ont été les premiers à virer la marque virtuelle Sud du parcours réservé aux ultimes de cette transat Jacques Vabre.

Cap au Nord pour le maxi trimaran du Gitana Team, avec 274 milles d'avance, au pointage de 20 h, l'avance est conséquente, mais sera t-elle suffisante pour renter à la Martinique en vainqueur ? 

Cela risque d'être plus compliqué ! Le Maxi Edmond de Rothschild remonte vers le Sud à moins de 20 noeuds et les prévisions sur les 3200 milles restant, ne sont pas forcément très favorables au leader. Le vent sera irrégulier et sur l'arrivée à La Martinique, des zones de calmes seront au programme, se qui favorisera le retour des poursuivants.

Le prochain à se présenter au point virtuel, encore distant de 180 milles, sera Banque Populaire XI d'Armel Le Cléac'h et Kévin Escoffier, avec une demi journée de retard. SVR Lazartigue devrait passer le point avec 24 heures de retard. Actual Ultim' 3 avec plus de 36 heures.

Yves Le Blévec, skipper d'Actual Ultim' 3 : "Les conditions que nous avions hier nous ont doublement désavantagées.  La route est encore bien longue jusqu’en Martinique, il peut se passer beaucoup de choses et nous continuons de naviguer, Anthony et moi de la même façon, avec la même énergie et dans le respect du matériel et de tout le travail produit par l'équipe. Ce sont des machines hyper complexes et élaborées ! Si nous n’avions pas la technique (les matériaux des foils, l’hydraulique, énormément d’électronique et de capteurs...) pour nous aider à les faire marcher, il serait impossible de tenir ces cadences-là !".

Anthony Marchand, co-skipper d'Actual Ultim' 3 : "C’est hyper intéressant d’échanger avec les routeurs, de savoir ce qu’ils voient et de donner notre ressenti. Ça permet de mieux comprendre les phénomènes météo : c’est très instructif pour notre culture météo générale en plus ! Ça mâche le travail, cela nous permet de passer un peu moins de temps à l’ordinateur et de nous concentrer sur la marche du bateau, mais ça ne révolutionne pas tout : il faut quand même passer pas mal de temps à analyser les fichiers pour, justement, bien comprendre et appréhender les informations envoyées. Nous n’avons pas toujours respecté leurs consignes, parce qu’il ne se passe pas toujours la même chose sur le plan d’eau que dans les prévisions : à nous de nous adapter. C’est vraiment riche comme échange, en tous cas !".

Franck Cammas, skipper du Maxi Edmond de Rothschild : "C’est assez long cette descente depuis l’équateur. C’est tout droit, il n’y pas grand-chose à faire en tactique. Il faut exploiter le bateau au mieux, le faire avancer et prendre soin de nous. Mais les conditions n’ont pas été super confortables, avec une mer de face et courte".

François Gabart, skipper du SVR Lazartigue : "Les leaders ont fait un très beau début de course, ils ont une avance confortable. Mais la course est encore longue, il peut se passer plein de choses, donc on est à fond , on essaye de se concentrer pour grapiller milles par milles et si une occasion se présente devant l'étrave, on la saisira sans hésiter. Pour nous ça ne change pas grand chose dans notre gestion de notre course, on est à fond. C'est une course de vitesse, on essaye de voler le plus souvent".

Des journées à plus de 700 milles, jeudi 18 novembre 2021

12ème jours de course pour les concurrents de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre. Les quatre ultimes de tête sont passés ce jeudi soir au point le plus Sud du parcours de cette transatlantique. Actual Ultim' étant sur le point de virer en ce début de soirée, avec de 913 milles de retard sur le leader Edmond de Rothschild, qui lui progresse à plus de 34 noeuds et qui est sur le point de rejoindre les deux derniers concurrents des Ocean Fifty qui sont eux aussi au point le plus Sud de leur parcours.

En deuxième position, Banque Populaire XI est à 441 milles, SVR Lazartigue à 570 milles. Sodebo Ultim' 3 étant lui à 1406 milles. Pas de tactique ou d'option de route sur cette remonté vers l'Equateur, "simplement" faire avancer au plus vite les trimarans, sur une mer relativement plate et avec du vent bien orienté pour le vol. Et à ce petit jeu, Franck Cammas et Charles Caudrelier excellent. Au point que depuis la mi journée, ils battent à chaque relevé, leur distance parcourus en 24 heures. Le dernier relevé de 20 heures indiquait 790.5 milles parcourus e 24 heures et celui de 21 heures était de 797.8 milles. Et cela devrait encore se poursuivre pendant quelques heures avant de mettre le clignotant à bâbord, direction les Antilles.

Franck Cammas, skipper du Maxi Edmond de Rothschild : "Ça allume grave ! Même si la mer est plate, à ces vitesses là ça bouge pas mal. Il n’y a pas tant de vent que ça mais à l’angle idéal pour aller vite. Nous sommes au vent de travers, nous remontons vers le Nord pour aller à Saõ Pedro, la prochaine île que l’on doit virer".

Charles Caudrelier, co-skippers du Maxi Edmond de Rothschild : "On remonte vers le Nord à fond ! Ça a bien accéléré mais justement le but du jeu c’est de ne pas aller trop vite… On s’est fixé une limite à 38 / 39 nœuds sur ce bord pour préserver le bateau. Lui ne demande qu’à accélérer… Du coup, on freine, on choque les voiles. Il n’y a qu’en multicoque que l’on cherche à ralentir. Malgré notre belle avance, la fin de course s’annonce compliquée. Il semble qu’il n’y ait pas de vent sur l’Atlantique Nord et il pourrait y avoir un gros retour de nos concurrents. Il faut rester concentrés jusqu’au bout !".

François Gabart, skipper du SVR Lazarrtigue : "On vient juste de passer le point le plus Sud du parcours, un peu au Nord de Trindade. Le lever de soleil a été assez extraordinaire. C'est toujours spécial de passer un way point virtuel. Maintenant on repart au Nord, vers l'Equateur, ça va être un bord assez rapide, on est à plus 30 noeuds. Après on attaquera la dernière partie du parcours vers la Martinique. Tout va bien, le bateau est à 100% de son potentiel, c'est une belle surprise, vu le temps de préparation. On va essayer de revenir au maximum sur ceux qui nous devance,s ans pour autant tirer sur le bateau. On va être vigilant, et arriver sans forcer. Pour nous c'est une découverte".

Thomas Rouxel, co-skipper Sodebo Ultim' 3 : "On a passé l’équateur hier en milieu de journée, quand on passe l’équateur, il y a de nouveau du vent, une vingtaine de nœuds, ça ventile par rapport à la veille dans le Pot-au-Noir, où il faisait beaucoup plus chaud. Là, nous sommes toute la nuit en short tee-shirt, nous avons 13 heures de soleil pour 11 heures de nuit, le jour se lève vers 8h et il fait jour plus tard que chez vous en Bretagne ! Côté nourriture, on n’a pas mangé tous les plats lyophilisés prévus, parce que parfois, on n’avait pas trop le temps ou moins d’appétit, mais en moyenne, on mange bien. On a eu l’occasion de faire des pâtes à deux reprises, c’est toujours agréable. Il reste du chocolat, j’avais prévu qu’il y en ait tous les jours et pour le moment, il a survécu, il n’a pas trop fondu".

820 milles pour SVR Lazartigue, vendredi 19 novembre

 

François Gabart, à la vacation d'hier, indiquait qu'il ne tirerait pas sur son trimaran SVR Lazartigue. Visiblement il n'y a pas besoin de tirer dessus pour parcourir de très grande distance, car en début de soirée, SVR Lazartigue détient le record de la distance parcourue en 24 heures avec 820 milles.

Pour autant, le leader reste le Maxi Edmond de Rothschild, qui a viré dans la mâtiné la marque Nord du parcours et a ainsi pu mettre le cap sur les Antilles, encore distante de 2400 milles. L'avance de Franck Cammas et Charles Caudrelier a légèrement fondue durant les dernières heures, Banque Populaire XI a repris 100 milles depuis hier soir et se trouve à 340 milles du leader de la classe ultime et a viré en toute fin d'après-midi la marque Nord. Car les premiers sur la Transat Jacques Vabre sont les Ocean Fifty. L'affaire devrait être réglé d'ici deux jours si les vitesses se maintiennes. Mais il va falloir gérer la longue zone interdite le long de la côte Nord de l'Amérique du Sud. Une zone interdite par l'organisateur car peuplée de débris charriés par les fleuves et fréquentée par de nombreux bateaux en tout genres sans AIS et sans feux la plus part du temps...

Les équipages, à l'image des Ocean Fifty depuis hier, vont être obligés de tirer des bords, tout en gérant l'Alizé très changeant en direction, ce qui ne va pas rendre les choses des plus faciles. Et dernier élément à prendre en compte, la présence des sagaces ! Pour le moment les ultimes, progressent toujours à vive allures. 

SVR Lazartigue occupe toujours la troisième place à 439 milles, Actual Ultim' 3 est repassé sous la barre des 1000 milles de retard avec 999.6 milles et Sodebo Ultim' 3, à 1442 milles, est de nouveau du bon bord, après avoir viré la marque Sud du parcours.

Erwan Israël, Routeur à terre du Gitana Team : "Il nous reste environ 2 000 milles en ligne droite entre São Pedro et l’arrivée, mais justement ça ne sera pas tout droit… Pour les prochains jours nous devrons naviguer, coincés, entre une zone interdite le long des côtes nord brésiliennes, de la Guyane et du Venezuela, et un Pot-au-Noir qui s’étend vers l’Ouest et bloque la partie Nord du terrain de jeu. Plusieurs franchissements de l’équateur seront au programme de cette fin de course et leur nombre dépendra de là où seront placés les empannages.Nous allons voir nos concurrents revenir sur nous avec du vent car en bons éclaireurs nous serons les premiers à buter dans la molle qui se profile. Il y aura une grande part d’aléatoire dans cette dernière partie car c’est le Pot-au-Noir ! Et c’est aussi cela qui rend les prévisions d’arrivée compliquées. À ce jour, il y a encore des divergences d’ETA en fonction des modèles qui ont du mal à s’accorder. Ça sera entre le 23 et le 24… nous en saurons plus dimanche".   

Yves Le Blévec, skipper d'Actual Ultim' 3 : "on est vraiment plein vent de travers, ce n’est pas confortable. Le bateau va vite, on est bien toilés par rapport à la force du vent : il faut vraiment être vigilant sur la conduite du bateau. Il nous arrive assez souvent d’être à deux dans le cockpit donc, dans ces cas-là, personne ne se repose".

Thomas Coville, skipper du Sodebo Ultim' 3 : "Depuis qu’on est repartis de Madère, on a hâte d’utiliser le bord valide, de se faire plaisir à la barre et d’avoir des vitesses décentes. On a eu une montée en crampons, piolets et peaux de phoque, on espère que la descente dans la poudreuse sera aussi bonne que celle qu’ont eue les bateaux que nous avons croisés. Il peut se passer encore vachement de choses, le bateau est en super état, on n’a pas de problème technique en dehors d’avoir touché avec le foil tribord. On en profite bien avec Thomas. C’est ce qu’on s’est d’ailleurs dit en repartant de Madère : on ne veut pas rater la rencontre qu’on s’est promis de faire sur cette longue transat, on n’a pas envie de passer à côté de ce moment qu’on peut partager sur un bateau magique. Il y a cinq F1 volantes de course au large au monde, on fait partie de ces chanceux. On a certes la frustration énorme de ne plus être dans le match, mais en même temps, il y a l’exaltation de profiter de l’un et de l’autre et de ce qu’on fait au quotidien. La Transat Jacques Vabre, ça ne peut pas être autre chose que de se faire plaisir".

Pierre Emmanuel Hérisé, directeur Technique du Team Banque Populaire : "Le vent va mollir progressivement au fil des jours, et les vitesses vont chuter de manière significative. Pour le moment, la situation n’est pas claire à l’arrivée, avec des vents erratiques. D’après les derniers routages, Armel et Kevin peuvent espérer arriver en Martinique dans la nuit du 23 au 24".

Les écarts se stabilisent, samedi 20 novembre

Si Actual Ultim' 3 d'Yves Le Blévec et Anthony Marchand arrive au way point Nord en ce début de soirée, en quatrième position, les trois ultimes de tête, toujours emmenés par le Duo Franck Cammas et Charles Caudrelier à bord du Maxi Edmond de Rothschild,  ont tiré des bords durant ce 14ème jour de course de la Transat Jaques Vabre Normandie Le Havre. Les options sont toujours inexistantes et c'est le petit train train, à la poursuite du trimaran qui précède. Les écarts se sont stabilisés,  Banque Populaire XI est à 388 milles, SVR Lazartigue à 484 milles et Actual Ultim' 3 à 903 milles.

Sodebo Ultim' 3 progresse plein Nord à 1246 milles. La dernière marque, avant de mettre le cap à l'Ouest devrait être virée demain en début d'après-midi.

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim' 3 : "C’est la deuxième ou troisième fois que je voyais l’île de Trindade, on la voit sortir de l’eau d’assez loin avec des cheminées volcaniques de part et d’autre, c’est super impressionnant et c’est toujours aussi beau.  On se retrouve sur le bord qui nous est favorable, sur lequel on est capables d’aller à la même vitesse que nos petits camarades. Là, on est entre 31 et 40 nœuds, ça fait du bien de revivre, de sentir qu’on a un bateau rapide, on est contents et grisés par la vitesse. Ça fait beaucoup de bien après ces heures à manger notre pain noir sans avoir de foil et la possibilité de voler. On avance vite avec une mer relativement plate et dans des conditions de température assez exceptionnelles, c’est fantastique de naviguer comme ça le long du Brésil. Le programme des 24 prochaines heures sera le même, du reaching appuyé (vent de travers) mi-volant, mi-archimédien, en allant très vite. Pendant que je vous parle, on est à 36 nœuds, c’est assez magique, c’est très agréable pour moi de sentir un bateau de cette taille aller à cette vitesse en toute sécurité. Il y a certes une tension, beaucoup d’efforts, mais c’est sublime. Sam Goodchild (dont c'était l'anniversaire hier), fait une super course, il est revenu au contact des tout premiers alors qu’il était loin, c’est typique de lui, il ne lâche rien. C’est l’anniversaire de notre Samuel Bon enfant, comme on l’appelle, bon anniversaire mon Sam et bravo !".

François Gabart, skipper du SVR Lazartigue : "On est enfin dans la dernière ligne droite de la Transat. On a vécu 48 h assez intenses, on est allé assez vite, avec pas mal de mer. J'ai appris que nous avons battu le record de la distance sur 24 h de cette transat. C'est toujours sympa d'avoir ce type de petit record. C'est de bonne augure pour la suite. C'est super rassurant. On glisse bien sur une mer plutôt calme. Ce n'est plus du tout les mêmes repères. Heureusement que nous avons l'informatique qui est capable de nous aider dans nos réglages. On est à fond avec Tom. On essaye de donner le meilleur du bateau. On va continuer à faire pareille dans les prochaines heures, sans trop tirer sur le bateau, on est beaucoup sur l'observation. C'est plutôt cool, mais soyons vigilant".

Une option pour Sodebo Ultim' 3 ? , dimanche 21 novembre

La première place, sauf problème technique, semble acquise au duo Franck Cammas et Charles Caudrelier à bord du Maxi Edmond de Rothschild, tant leur maîtrise de leur trimaran emble un cran au dessus. L'avance sur le second est de 368 milles en ce début de soirée sur Banque Populaire XI. Armel Le Cléac'h et Kévin Escoffier sur Banque Populaire XI sont à la lute avec François Gabart et Tom Laperche sur SVR Lazartigue pour la seconde place. Les deux trimarans sont distancé de 118 milles. Banque Populaire XI ayant fait passer son avance dans la journée de 70 à 118 milles.

Enfin si Yves Le Blévec et Anthony Marchand sont solidement accrochés à la quatrième place depuis une semaine, Sodebo Ultim' 3 n'est qu'à 186 milles derrière, à 1700 milles de la ligne d'arrivée en Martinique. D'autant que si Actual Ultim' 3 à suivi la route le long de la zone interdite initiée par la tête de la course. Sodebo Ultim' 3, après avoir passé la dernière marque du parcours ce matin, a continué sa route plein Nord. Un choix sans doute aussi dicté par la météo des jours à venir, mais sans doute avec l'arrière pensée d'aller chercher la quatrième place.

Sodebo Ultim' 3 qui est rentré dans le Pot au Noir, un Pot au Noir beaucoup moins pénalisant, car pas actif dans l'Ouest pour le moment. La tête de la course va y rentrer aussi petit à petit, à l'image du Maxi Edmond de Rothschild déjà ralenti ce soir à 11 noeuds.

En Martinique, le village est ouvert, mais l'ambiance, n'est pas à la fête, avec couvre feu pour raison sanitaire et des tensions, mêmes si les tensions ne sont pas au point de celles de Guadeloupe. Une arrivée qui est donc placée sous surveillance...

Erwan Israël, Routeur à terre du Team Gitana : "Pour le moment ce nouveau Pot-au-Noir semble plus simple à traverser que celui de l’aller. Mais les 24 prochaines heures vont être importantes pour nous et plutôt intenses au niveau de l’observation des images satellites pour réagir rapidement si une cellule se développait très rapidement et dégradait la situation. Il reste encore des lignes de grains possibles sur le chemin de la Martinique".

Franck Cammas, skipper du Maxi Edmond de Rothschild : "C’est bientôt la fin mais il faut rester concentrés sur le bateau pour continuer de l’exploiter le mieux possible. Les dernières prévisions ne voient pas de grands bouleversements météos devant nous, juste du petit temps, mais nous sommes dans le Pot-au-Noir et par définition on sait qu’ici, rien n’est acquis et que des imprévus peuvent encore arriver".

Thomas Rouxel, co-skipper de Sodebo Ultim' 3 : "On alterne toutes les deux heures pour qu’il y en ait qui aille se reposer, manger ou regarder la navigation pendant que l’autre est sur les réglages, c’est beaucoup un relais de solitaire. Il y a quand même des moments de partage : quand on est moins fatigué, on traîne un peu avant d’aller faire la sieste, du coup, on discute de choses et d’autres, il y a plein de sujets variés, on parle forcément de la course des autres, de la vie de l’équipe, de nos expériences passées…On vient de croiser un pote de Thomas (Coville), un certain Nick, qui est en train de convoyer un bateau d’Afrique du Sud vers Saint-Martin. On est passés juste à côté de lui, à un mille, il nous a appelés à la VHF, ils ont échangé quelques mots, ça faisait un moment qu’on n’avait pas vu de bateau, c’était invraisemblable qu’ils se croisent comme ça au milieu de l’Atlantique. "

Sodebo joue et gagne, accordéon devant, lundi 22 novembre

Thomas Coville et Thomas Rouxel sur Sodebo Ultim' 3, ont réussi leur coup, avec leur option Nord, dictée par la météo après le passage de la dernière marque du parcours. A la mi journée Sodebo Ultim' 3 passait Actual Ultim' 3 d'Yves Le Blévec et Anthony Marchand, qui se trouve 350 milles plus au Sud. Et c'est vraiment deux ambiances à bord des deux ultimes. A bord de Sodebo Ultim' 3, les bottes et les cirés sont de nouveau de sortie, alors que du côté d'Actual Ultim' 3, shorts et tee-shirt.

A l'avant de la flotte, l'écart à fondu comme neige au soleil des Caraïbe. Le Maxi Edmond de Rothschild a atteint la zone sans vent d'un reste de Pot au Noir, alors que derrière, Banque Populaire XI et SVR Lazartigue déboulent à plus de 27 noeuds.  Un écart qui est descendu ce matin à 120 milles, entre le leader et le second. En fin d'après-midi, le Maxi Edmond de Rothschild retrouvait du vent et Armel Le Cléac'h et son co-skipper Kévin Escoffier étaient à 9 noeuds. Au pointage de 21 heures, dans ce 16ème jours de course, Franck Cammas et Charles Caudrelier progressaient à 24 noeuds et avait repris un peu d'air, avec 204 milles d'avance sur Banque Populaire XI. SVR Lazartigue pointe à 28 milles de Banque Populaire XI. Sodebo Ultim' 3 et Actual Ultim' 3 sont séparé d'une 15ène de milles par rapport à l'arrivée. Une arrivée distante de 313 milles en ce début de soirée. 

Ce qui devait arriver, va sans doute arriver, Les Océan Fifty, emmenés par Primonial devant Koesio et Leyton de Sam Goodchild, vont franchir la ligne avant les ultimes ! Une arrivée, distante pour le premier de seulement 90 milles ce soir, qui pourrait bien être perturbée par le mouvement social en Martinique. Le village ayant été envahi cet après-midi. Les Ocean Fifty de tête ont réaliser, sur le même parcours que les IMOCA60 à plus de 850 milles derrière, une course incroyable  depuis Le Havre !

Erwan Israël, routeur à terre du Maxi Edmond de Rothschild : "Nous savions que nos poursuivants allaient revenir très fort sur la fin. En plus, les conditions sur l’eau n’ont pas été concordantes avec les fichiers et globalement nous avons en moins de vent que prévu. C’est dur de voir les autres revenir comme ça, si proche de l’arrivée, mais Franck et Charles savent gérer cette pression et gardent la tête froide. Les modèles météos n’étant pas super fiables depuis quelques jours c’est très difficile pour nous de donner une ETA précise car en multicoque, 1 ou 2 nœuds d’écart ça change".

Kévin Escoffier, co-skipper du Banque Populaire XI : "Être vigilants sur les manœuvres, sur la conduite du bateau et veiller à faire attention à ne pas l’abimer. Nous savons qu’il sera très compliqué de rattraper Gitana (à 144 milles) mais nous allons tenter de garder SVR-Lazartigue derrière nous. ce sont les deux bateaux les plus récents de la flotte chez les Ultimes et nous évoluons dans les mêmes systèmes météo. Cela nous permet de nous challenger, de tout faire pour trouver les bons réglages afin de rester performants. Ça tombe bien : c’est exactement ce que nous sommes venus chercher. Le bateau est en pleine forme et les bonhommes aussi avant d’entamer ce dernier sprint vers la Martinique, On prend du plaisir constamment, à la barre, lorsqu’on vole sous pilote ou qu’on multiplie les glissades. Le bateau est passionnant parce qu’il est sensible aux réglages et très polyvalent. C’est fantastique d’être à la barre.

 

Armel Le Cléac'h, skipper de Banque Populaire XI : "S’il reste encore beaucoup de travail, on aura énormément progressé et beaucoup appris sur le fonctionnement du Maxi Banque Populaire XI"

Thomas Rouxel, co-skipper du Sodebo Ultim' 3 : "Même si nous avions beaucoup de retard et que nous n’espérions pas grand-chose, nous restons des compétiteurs et motivés, donc nous sommes revenus mille après mille sur Actual. Ce n’est pas un coup de poker. Les routages nous faisaient faire une route au nord, différente de celle de nos adversaires (qui ont tous mis le cap au sud-ouest). L’idée était de traverser le Pot-au-noir assez tôt, dans un endroit où il y avait du vent, pour aller jouer avec les alizés au nord de ce Pot-au-noir, dans du vent un peu plus fort. un grain s’est construit autour de nous, on l’a vu se former sur les images satellites. Ce n’était pas un grain de pluie comme on en voit chez nous, mais quelque chose qui devait faire 300 milles, 600 km de long, plus grand que la Bretagne ! On s’est retrouvés au milieu des éclairs dans la nuit noire avec des rafales à 30 nœuds, c’était l’apocalypse ! On ne s’attendait pas du tout à ça, on a passé toute la nuit sans lâcher la barre. On a fait une nuit blanche tous les deux, on s’est juste accordé chacun 50 minutes de sieste depuis le lever du jour parce que c’est un peu plus calme. Le niveau de stress était proportionnel au gain acquis. Forcément, après cette nuit, on est un peu usés, il va falloir récupérer, mais mentalement, ça va ! On a toujours été très motivés, on l’est d’autant plus en voyant notre retard diminuer d’heure en heure. Même si la route est encore longue jusqu’à Fort-de-France, on est à bloc !".

Philippe Legros, routeur à terre du Sodebo Ultim' 3 : "Les conditions vont être à l’image de cette transat, très inhabituelles, avec des alizés moribonds jusqu’à la fin, aucune grande trajectoire simple, beaucoup de manœuvres et d’empannages". 

Une victoire sans appel du favoris, mardi 23 novembre

En tête 14 jours sur 16 jours de course, le duo Franck Cammas, Charles Caudrelier à la barre du Maxi Edmond de Rothschild ont remporté ce mardi en Martinique la 15ème édition de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre. C'est à  10 heures 16 minutes et 16 secondes en Martinique (15 heures 16 minutes et 16 secondes, heure métropolitaine, que la ligne a été franchie en baie de Fort de France. Le Maxi Edmond de Rothschild aura mis 16 jours 1 heure 49 minutes et 16 secondes pour parcourir les 7500 milles théoriques depuis Le Havre à la vitesse moyenne de 20,51 nœuds, mais  9262,13 milles ont été parcourus à 24,01 nœuds de moyenne.

Franck Cammas, skipper du Maxi Edmond de Rothschild : "Nous n'avons pas fait beaucoup d'erreurs, le bateau s'est bien comporté. 17 jours de course à fond et nous arrivons avec un bateau à 100% de ses moyens. Vis-à-vis de la concurrence, nous ne savions pas ce que ça allait donner, et la confiance est montée de jour en jour. Hier nous avons eu un peu de stress, avec une situation météo compliquée pour nous. Nous sommes tombés dans une zone sans vent et derrière ils ont pu gagner 200 milles en 12 heures donc nous avons commencé à avoir peur. Finalement ils ont eu le même problème que nous beaucoup plus tard. Le principal pour moi, c'est de toujours avoir une victoire de plus que Charles ! [rires ; Franck compte désormais 4 victoires, Charles 3, sur la Transat Jacques Vabre, ndlr] C'est vrai que c'est une course qui nous réussit bien. C'est facile parce que ça a été bien géré, bien préparé, bien routé, et il faudra retrouver tous ces éléments-là à chaque nouveau départ de course".

Charles Caudrelier, co-skipper du Maxi Edmond de Rothschild : "Nous arrivons en forme. Nous avons eu peur une fois, car nous avons eu une casse moteur ce qui voulait dire que nous n'avions plus d'énergie. Nous avons regardé pour nous arrêter au Cap Vert, mais finalement nous avons réussi à réparer. Nous n'étions pas tout le temps à 100% du potentiel du bateau, mais pas loin. Il faut aussi féliciter nos routeurs météo à terre, parce que ça n'était pas toujours simple pour eux, ils ont vraiment fait un bon boulot. C'est la première fois que je vois Franck passer aussi peu de temps à la table à cartes pour commenter les choix. Je crois que ça ne s'est jamais aussi bien passé entre nous deux, il n'y a pas eu de mauvais moment, c'était parfait. Nous étions en confiance mutuelle, en accord sur les décisions, sur la gestion du risque, sur les choix de voiles. C'est vraiment la maturité du projet, pas seulement de nous, mais de l'équipe aussi. Ça fait 3 ans que nous mettons tout ça au point".

Pendant que Franck Cammas et Charles Caudrelier en terminaient, François Gabart et Tom Laperche sur SVR Lazartigue, qui l'avaient annoncé dès le matin dans une vidéo, qu'ils n'étaient pas loin et qu'ils feraient tout pour passer devant Armel Le Cléac'h et Kévin Escoffier, passaient devant  Banque Populaire XI pour la deuxième place, toute la journée les deux ultimes sont restés au contact dans leur remontée vers la Martinique à plus de 22 noeuds. Peu à peu François Gabart et Tom Laperche ont réussi à prendre de l'avance, 2 puis 6 et enfin ce soir 9 milles quelques minutes avant de passer devant le Diamant et entamer les derniers milles.

A 800 milles de là, Actual Ultim' 3 a repris sa 4ème place à Sodebo Ultim 3. Les deux trimarans progressent ce soir entre 23 et 25 noeuds.

SVR Lazartigue coiffe Banque Populaire XI, mercredi 24 novembre 

François Gabart et Tom Laperche sur SVR Lazartigue ont réussi à conserver leur avance sur Banque Populaire XI jusqu'à la ligne d'arrivée en franchissant hier soir peu après 23 heures en France, l'arrivée en baie de Fort de France et prendre ainsi la deuxième place de cette Transat Jacques Vabre. SVR - Lazartigue aura mis 16 jours 9 heures 46 minutes et 11 secondes pour parcourir les 7900 milles théoriques depuis Le Havre à la vitesse moyenne de 20,09 nœuds, mais il a réellement parcouru 9333,08 milles à 23,70 nœuds. Son écart au premier, le Maxi Edmond de Rothschild, est de 7 heures 56 minutes 55 secondes

François Gabart, skipper du SVR Lazartigue : "Ça ressemble à une victoire. Il y a quelques mois, nous ne savions même pas que nous ferions la course. Nous avons volé une grosse partie du temps. Ce matin c'était dingue, je pleurais à la barre tellement c'était beau. Il y a un beau vainqueur devant, mais derrière nous nous sommes bien battus. Les 48 dernières heures étaient géniales. Je suis très content du bateau, il a un potentiel de progrès énorme. Tout est aligné pour faire de belles choses dans les années qui viennent. C'est sûr que c'était mieux d'être dans ces conditions faciles, propices à ne pas casser. C'est peut-être la dernière course que le Maxi Edmond de Rothschild gagne, je l'espère ! Evidemment ils sont un cran au-dessus aujourd'hui, mais c'est raisonnable de se dire que nous pouvons aller les chercher dès les prochaines courses".

Tom Laperche, co-skipper du SVR Lazartigue : "C'était magique, j'ai vécu un truc incroyable, c'était une super expérience. Quand j'étais gamin, les rêves de course au large que j'avais, c'est ce que j'ai fait là, c'était merveilleux. C'est un moment fort de se dire que nous terminons une belle course. C'est un truc de dingue de mettre un bateau à l'eau le 11 juillet et de faire deuxième d'une transat. J'ai appris que j'aimais vraiment le multicoques et la vitesse".

Un peu moins d'une heure plus tard, c'était au tour d'Armel Le Cléac'h et Kévin Escoffier sur Banque Populaire XI de franchir la ligne d'arrivée et de monter sur la troisième marche du podium. Banque Populaire XI aura mis 16 jours 10 heures 39 minutes et 20 secondes pour parcourir les 7 900 milles théoriques depuis Le Havre à la vitesse moyenne de 20,05 nœuds, mais il a réellement parcouru 9225,53 milles à 23,38 nœuds. Son écart au premier, le Maxi Edmond de Rothschild, est de 8 heures 50 minutes et 4 secondes.

Armel Le Cléac'h, skipper de Banque Populaire XI : "Il y a beaucoup de plaisir, d'avoir réussi à ramener ce bateau en Martinique, c'était l'objectif premier, aussi d'avoir fait une belle régate avec Kevin. Une petite frustration sur cette journée, de nous être faits doubler par François et Tom pour la deuxième place. Mais au final beaucoup de positif. Nous sommes super contents du bateau. Nous voyons où est-ce qu'il faut mettre le niveau pour aller chercher la victoire. Nos amis du Maxi Edmond de Rothschild ont été intouchables. Nous avons encore énormément de choses à apprendre sur ce bateau, le faire progresser".

Kévin Escoffier, co-skipper du Banque Populaire XI : "Nous restons compétiteurs, donc oui cette troisième place reste en travers de la gorge. Mais franchement je me suis éclaté pendant 16 jours. J'ai pris beaucoup de plaisir. Le bateau est un bateau récent et compliqué, mais tout a fonctionné. Avec nos séries d'empannages, nous avons passé l'équateur 6 ou 7 fois, nous allons pouvoir mettre ça sur notre CV !  C'était un parcours inédit, c'est réussi à la fois parce que nous arrivons assez groupés avec les Ocean Fifty, et c'était le parcours idéal pour apprendre sur ce bateau-là. Et l'arrivée par la mer, avec le Diamant au coucher de soleil, c'était splendide. Ça nous a réchauffé le coeur même si pour nous c'était compliqué de terminer troisièmes".

Les deux derniers ultimes mise à l'eau au printemps pour Banque Populaire et cet été pour SVR Lazartigue, terminent leur première transatlantique et sur le podium. Les objectifs sont pleinement atteints pour les deux équipages et leurs équipes. Comme le vainqueur, le Maxi Edmond de Rothschild, SVR Lazartigue et Banque Populaire XI termine sans problème technique et sans casse. Un gros point positif pour la suite du programme de la classe.

Encore en Mer,  à la 4ème place Actual Ultim' 3 se trouve à 350 milles de l'arrivée en ce début de soirée et Sodebo Ultim' 3 à plus de 500 milles.

un fin au petit trot, jeudi 25 novembre

A n'en plus finir pour les équipages d'Actual Ultim' 3 et Sodebo Ultim' 3. Le vent est tombé autour de la Martinique. C'est à 10 noeuds, voir moins parfois que les deux ultimes encore en course en terminent. A 75 milles de la ligne ce matin, Actual Ultim' se trouve ce soir au pointage de 20 h à l'Ouest de la Martinique à 27 milles de la baie de Fort de France, à une vitesse de 6 noeuds. La nuit qui commence à tomber va être bien longue.

Sodebo Ultim' 3, progresse lui à 7.3 noeuds, mais à 275 milles de l'arrivée. Son équipe technique arrivée sur place ne veut même pas annoncé une ETA, tellement les conditions de vents sont capricieuses sur zone.

Podium en attendant Sodebo Ultim' 3, vendredi 26 novembre

Yves Le Blévec et Anthony Marchand sur Actual Ultim' 3 en ont terminé la nuit dernière en Martinique et prennent la 4ème place en classe Ultime. Une arrivée qui c'est déroulé sans aucun public, couvre feu oblige et situation sociale très dégradée en Martinique comme en Guadeloupe ces derniers jours. Yves Le Blévec qui se disait quelques heures plus tard, très satisfait de la course et de la découverte du bateau. Actual Ultim' 3 ayant été poussé comme jamais cela avait été fait en entraînements. 

Actual Ultim' 3 aura mis 18 jours 10 heures 19 minutes et 15 secondes pour parcourir les 7 900 milles théoriques depuis Le Havre à la vitesse moyenne de 17,89 nœuds, mais il a réellement parcouru 9332,54 milles à 21,10 nœuds. Son écart au premier, Maxi Edmond de Rothschild, est de 2 jours 8 heures 29 minutes 59 secondes. Un écart, important, mais pas comparable, tellement les conditions de navigation ont été différentes pour l'arrière de la course depuis l'Equateur.

Yves Le Blévec, skipper d'Actual Ultim' 3 : "Le premier objectif est de finir la course. Nos machines sont extraordinaires, mais toujours avec un potentiel de panne donc après autant de milles en course, c’est un succès que nous soyons tous à l’arrivée. Nous sommes sur des bateaux exceptionnels en termes de performances. Nous affrontons le mauvais temps de manière plus agréable. Mais ce sont des bateaux extrêmement rapides et la vitesse est un facteur de tension très haute donc 18 jours de course à bord d’un Ultime engendre une charge mentale importante. Il faut veiller à toujours garder un coup d’avance sur la machine".

Anthony Marchand, co-skipper d'Actual Ultim' 3 : "Après la sortie du Pot-au-Noir, c’est parti toujours par devant et derrière, nous avancions dans des conditions plus compliquées. Nous n’avons quand même rien lâché et avons tout faire pour faire marcher notre bateau le plus vite possible car sans une course il peut toujours se passer des choses. Nous savions que Sodebo Ultim 3 allait prendre la route opposée à la nôtre après São Paulo e São Pedro. Nous avons préféré le sud. Nous avons eu un petit coup de stress quand nous avons vu qu’ils passaient devant au classement, mais nous avons bien travaillé notre trajectoire et ça a fini par payer. Nous sommes vraiment contents des trajectoires que nous avons fait. Nous faisons tous des erreurs et le premier est toujours celui qui en fait le moins. Nous avons fait une belle course, de belles manœuvres, nous n'avons eu aucun souci à bord".

En ce début de soirée en France, l'organisation de la Transat Jacques Vabre remettait les prix pour les catégories Ultimes et Ocean Fifty. 

Pendant ce temps, Thomas Coville et Thomas Rouxel ont toutes les peines du monde à trouver du vent pour arriver en Martinique. A 130 milles à la mi journée, Sodebo Ultim 3 se trouve au pointage de 20 heures à 60 milles de la ligne d'arrivée et progresse à 8 noeuds.

Sodebo Ultim' 3 prend la (5ème place , samedi 27 novembre

En franchissant, vers 3 h 00 du matin (en France), la ligne d'arrivée devant Fort de France, Thomas Coville et Thomas Rouxel à bord de Sodebo Ultim' 3 prennent la 5ème place en classe Ultime et mettre ainsi un clap de fin à la Transat Jacques Vabre Normandie le Havre 2021.

Le trimaran Sodebo Ultim' 3 aura mis 19 jours 14 heures 32 minutes et 41 secondes pour parcourir les 7900 milles théoriques depuis Le Havre à la vitesse moyenne de 16,81 nœuds, mais il a réellement parcouru 9 573.33 milles à 20,35 nœuds. Son écart au premier, le Maxi Edmond de Rothschild, est de 3 jours 12 heures 43 minutes et 25 secondes.

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim' 3 : "Nous sommes forcément déçus, nous aurions voulu au moins jouer avec les meilleurs. Mais pour être les meilleurs, il faut battre les meilleurs. Et aujourd'hui, c'était Franck (Cammas) et Charles (Caudrelier), donc je commencerais par les féliciter. Au nord de Madère, le scénario a changé pour nous. Moi je n'ai jamais touché aussi violemment, nous sommes passés de 30 à 18 noeuds d'un coup. En fait c'est comme un énorme accident de voiture, de nuit. J'ai pensé que nous avions perdu l'étrave, nous avons presque été surpris qu'il n'y ait que le foil endommagé. Nous avons essayé de réparer, pendant quasiment une dizaine d'heures, mais nous avons finalement décidé de nous arrêter à Madère, où une équipe commando a monté à bord. Au bout de deux ou trois heures, ils ont réussi à réparer. Quand on repart, on se dit aussi qu'il peut y avoir d'autres rebondissements pour les autres, d'autres arrêts au stand. Le fait que tous les Ultime soient à l'arrivée montre le niveau de professionnalisme des équipes, les bateaux sont fiables. Les finishers sont allés chercher quelque chose dans leurs tripes, c'est un joli sentiment aussi".

Thomas Rouxel, co-skipper de Sodebo Ultim' 3 : "J'étais debout dans le cockpit, quand le bateau a tapé, je suis tombé en avant, en accrochant quelques trucs au passage, et j'ai mis un peu de temps à récupérer. C'était violent, j'ai cru que nous avions tapé un cargo. J'ai atterri dans l'écran de l'ordinateur. Ca aurait pu être une belle fête pour tout le monde ici, malheureusement ça n'est pas le cas, mais nous sommes forcément contents d'arriver, de nous poser, quelque soit le contexte".

Pour suivre la course :

 

La page fb et le Twitter d'Ultim Boat

 

Le site internet de La Transat Jacques Vabre

La Transat Jacques Vabre 2017 des ultimes

Le bilan :

 

La première satisfaction de cette 15ème édition de la Transat Jacques Vabre, est de voir les 5 ultimes à l'arrivée en Martinique. Avec une seule escale suite à un choc avec un OFNI. Aucune casse à bord des cinq trimarans, en tout cas pas de casse qui ne permet pas de finir et de repartir quelques jours après l'arrivée, puis que Le Maxi Edmond de Rothschild et Banque Populaire XI ont quitté ce samedi Fort de France. Alors oui la transatlantique à plutôt été très soft dans les conditions météorologiques, ce qui explique sans doute une partie de cette réussite.

Le parcours, créé pour que les différentes classes arrivent en même temps, n'a que peu d'intérêt. Aucune option est possible à partir de Madère... Et cela nuit forcément à la compétition et à l'intérêt de son suivi. 

Le classement, reflète le "niveau" de la flotte ultime. Franc Cammas et Charles Caudrelier ont une maîtrise quasi parfaite de leur trimaran. Un trimaran sans cesse amélioré depuis sa mise à l'eau. Le trio homme/machine est à sa place. Derrière, SVR Lazartigue et Banque Populaire XI, les derniers mis à l'eau, sont dans le coup et devraient dans les prochaines confrontations venir chatouiller le leader. Actual Ultim' 3 est un cran en dessous, le bateau n'est pas aussi véloce, mais peu encore jouer les troubles fêtes si ça ne se passe pas bien devant.

Reste le cas Sodebo Ultim' 3. Avant son choque avec un OFNI, Thomas Coville et Thomas Rouxel faisaient jeux égale avec l'équipage du Team Gitana. Et à écouter Thomas Coville à l'arrivée, ce matin, ils en avaient sous les pieds. On attend avec impatience les futures confrontations.

Côté organisation, le tracker est d'un autre temps, l'actualisation n'est pas en temps réel et c'est vraiment dommage. Et il n'est toujours pas possible aujourd'hui d'avoir des images du large digne de ce nom. On n'arrive toujours pas à retransmettre ce que sont ces machines sur l'eau, au large, au milieu de l'Atlatnique...