La "Jauge" du Collectif Ultim dévoilée

 

L'ultime contrainte ?

 

Le Collectif Ultim dévoile, après 18 mois de travail et la nomination il y a un an d'un coordinateur en la personne d'Emmanuel Bachellerie, la "jauge" qui définira les multicoques qui pourront participer au Tour du Monde en solitaire en 2017.

 

Ultime et jauge incompatible par définition, mais le Collectif Ultim présente sont travail de réflexion pour la sécurité des skippers. Pour eux, les armateurs (MACIF, Sodebo et Banque Populaire), impossible d'envoyer en course des solitaires sur des maxi multicoques sans un minimum de règles. Le travail a été mené avec la Fédération Française de Voile, les autorités fédérales internationales et des experts. 

 

Les quatre postulats de base : 

 

  • Longueur hors tout : 24 mètres (minimum)  32 mètres (maximum).

  • Largeur hors tout : 23 mètres (maximum).

  • Tirant d’air : ne peut pas être supérieur à 120% de la longueur de coque la plus grande trouvée sur le bateau.

  • Garde à la mer : pour les « Ultim » mis à l’eau avant le 1er janvier 2015, la garde à la mer devra être supérieure ou égale à 1m40 ; pour les « Ultim » mis à l’eau après le 1er janvier 2015, la garde à la mer devra être supérieure ou égale à 1m70.

 

Une jauge révisable tous les ans.

 

Evidemment, avec ces règles, on se prive de Spindrift 2, trop grand, Prince de Bretagne pas assez haut et de tous les MOD70 trop petit. Francis Joyon qui reprend l'ex Groupama 3, n'annonce pas vouloir rejoindre le Collectif Ultim dans sa conférence de presse du jour.

 

Il reste donc trois bateaux susceptible de participer à ce jour : Sodebo Ultim', Macif en finition et Banque Populaire IX en projet. Le futur Gitana XVII, les discutions se poursuives...

 

 

Jules Verne, Tour du Monde Ultim ou ni l'un ni l'autre !

 

En aucun cas, Spindrift 2 ne sera privé de Trophée Jules Verne cet hiver et à l'avenir, ni lui ni un autre. Les deux courses ont simplement en commun le tour du Monde. Tout le reste differt. Un peu d'histoire :

 

L’histoire de ce qui va devenir le Trophée Jules Verne remonte sans aucun doute à une soirée un peu arrosée du côté de la Trinité sur Mer, où un certain Yves Le Cornec de retour de la Québec/St Malo sur le géant William Saurin d’Eugène Riguidel, lance l’idée du Tour du Monde en 80 jours. Mais il faudra attendre le 13 août 1990, sur la péniche d’Yvon Fauconnier, sur les rives de l’Île de la Jatte que va naître officiellement le Trophée Jules Verne. On retrouve, autour de la table, Titouan Lamazou, Jean-Yves Terlain, Bruno et Loïck Peyron, Robin Knox-Johnston et les deux regrettés Florence Arthaud et  Peter Blake.  Déjà tous avec un beau palmarès, mais pour certains le plus beau restait à venir… 

Après des heures de débats un règlement dit « accords de la Jatte », est trouvé et couché sur le papier. Le but, effectuer un Tour du Monde en moins de 80 jours ! Pour l’époque, le chemin à parcourir est énorme.  Titouan Lamazou vient de remporter le premier Vendée Globe devant Loïck Peyron en 109 jours et 8 heures. Les skippers se donnent trois ans pour monter un projet et construire leurs montures.

 

Les règles « des accords de la Jatte », sont simples : Les bateaux devront mesurer au minimum 30 mètres de long, que les bateaux existants à l’époque ne seront pas acceptés sur la ligne de départ. Départ qui sera donné au franchissement d’une ligne entre l’île d’Ouessant et le Cap Lizard, au même endroit sera jugée l’arrivée, les escales seront proscrites et qu’il faut respecter le délai  des trois années.

 

Mais en 1992 Olivier de Kersauson, annonce qu’il part autour du Monde sur son trimaran Charal, rallongé pour l’occasion, sans tenir compte des règles des « accords de la Jatte » ! Il partira de Brest, avec un bateau déjà existant et n’exclut pas de faire escale pour réparer.

 

C’est Bruno Peyron, agacé par l’attitude du très médiatique Olivier de Kersauson, qui monte un projet en très peu de temps, sur la base du catamaran le plus rapide du moment Jet Services V. Le bateau est optimisé pour pouvoir affronter le grand sud. Peu de temps après, Peter Blake et Robin Knox-Johnston annoncent, à leur tour leur défis de se lancer autour du Monde sur l’ex Formule Tag, lui aussi rallongé et préparé pour le Sud et ses rugueuses conditions. Eux respecteront l’esprit des accords, pour le lieu d’arrivée et de départ, et l’interdiction des escales…

 

Tout le monde connait la suite, Bruno Peyron, Olivier Despaigne, Jacques Vincent, Cam Lewis et Marc Vallin, sur le maxi catamaran, signé Gilles Ollier et Multiplast, Commodore Explorer s’imposent en 79 jours 6 heures 15 min et 56 sec.

 

"Enfer Initiatique. Brutal. Violent. Puissant. Démesuré » les mots de Bruno Peyron dans l’Atlantique Sud

 

Olivier de Kersauson n'a pas été le seul à partir en "pirate" du Trophée Jules Verne. Steve Fosset sur son PlayStation a fait de même en 2004. Et pour la petite histoire, ne voulant pas payer avant  le départ son engagement sur le Trophée Jules Verne, c'est lors de son tour du Monde qu'il a tenté de régulariser sa situation...

 

Alors en fonction de son bateau, de ses envies, il y aura toujours une solution pour effectuer un tour du Monde. Reste que sur un ultime de 40 mètres en solitaire, pas sûr que les autorités ne posent pas problème...

 

 

 

 

Crédit Photo : Ultim Boat

Crédit Photo : REUTERS/Charles Platiau