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Apivia en IMOCA60

Après les arrivées des trois Mutli50 : GCA, puis Arsep Défi voile et enfin Primonial, comme quoi il n'y a rien de mieux qu'un multicoques pour traverser rapidement l'Atlantique, même de 15.24 mètres... C'était au tour de l'IMOCA60 Apivia de Charlie Dalin et Yann Eliès d'en terminer cette nuit en France. Et d'en terminer de la plus belle des façon, puisque pour sa première traversée de l'Atlantique, Apivia monte sur la première place chez les monocoques et dans la classe IMOCA60.


Une belle récompense pour la filiale du groupe Macif et pour Mer Concept l'entreprise de François Gabart qui gère le projet.


Une troisième victoire sur la Transat Jacques Vabre Normandie le Havre pour Yann Eliès, qui ont l'espère va très rapidement confirmer sa participation au prochain Vendée Globe.


Une vrai réussite pour Charlie Dalin, toujours aux avant postes depuis le départ du Havre il y a 13 jours et 12 heures. Une vrai réussite sur la fiabilité du bateau, un bateau bien né, très bien fini et donc bien au point déjà à un an du Vendée Globe. Ce n'est pas sans rappeler un certain François Gabart et Macif il y a quelques années...


Charlie Dalin, skipper d'Apivia : "La première navigation d’Apivia, c’était le 11 août. On a réussi à traverser l’Atlantique trois mois plus tard, on arrive à Salvador avec le bateau à 100 %, c’est une performance technique remarquable, il faut vraiment le souligner. Tout le team autour d’Antoine Carraz avec Mer Concept a fait un boulot exceptionnel. Leur engagement et leur implication sont indissociables de la victoire. Je leur dit bravo ! Cette victoire mélange plein de sentiments. C’est forcément de la joie, un rêve d’enfant. C’était déjà un rêve d’enfant en 2015. Etre skipper d’un bateau comme Apivia rajoute une couche cette année et on ne pouvait faire mieux que de gagner. Je me revois une vingtaine d’années plus tôt, lorsque je rêvais sur les pontons des bassins qui étaient juste à côté du collège. Ma passion pour la course au large a été nourrie par la Route du Café. C’est un monde qui me paraissait inaccessible. Maintenant, j’en suis. Remporter cette transat avec Yann, c’est comme un rêve. Je suis ému, je ne rends peut-être pas complètement compte de ce qu’on a réalisé. On ne pouvait pas rêver mieux comme entame, c’est du bonheur tout simple. La seule pause finalement, ca été le Pot-au-noir où on a pu sortir la tête du bateau, regarder la mer, les nuages. La dernière journée aussi a été magique, sur mer plate sous code zéro, le bateau glissait tout seul avec des pointes à 23-24 noeuds. Peut-être qu’aussi l’approche de l’arrivée la rendait belle. Les conditions n’ont pas été idéales pour les foilers. On a fait beaucoup de près au départ puis du portant complet. le seul moment au vent de travers, c’est après le Pot-au-noir. Mais je crois que pour gagner ces courses, il faut un bateau polyvalent et Apivia a cette qualité. Les vitesses sont élevées mais les décélérations aussi ! Un jour, j’étais en vacation avec le téléphone à la main. Le bateau a planté et j’ai fait un vol planné de 4 mètres, le combiné en main et j’ai atterri sur le vérin de quille pendulaire. J’en suis revenu avec un gros bleu c’est tout heureusement. Ces foilers sont de super machines. Elles sont très sollictantes et je n’en attendais pas moins. Maintenant, il faut que je me prépare au retour en solitaire vers la France."



Yann Eliès, co-skipper d'Apivia : "C’est un grand plaisir de gagner ici avec Charlie parce que la dernière fois on avait fait troisième à l’issue d’une belle course. C’est un juste retour des choses vis à vis de Charlie. Je suis vraiment content qu’il m’ait donné cette opportunité. Ensuite, pour moi c’est le chiffre 3*, j’ai gagné trois Solitaires du Figaro, c’est un chiffre que j’aime bien. Jeune, j’ai navigué avec Paul qui était un très grand marin, sur les Chauss’Europ, Région Haute Normandie. Nous avons vu Mireille, sa femme au départ du Havre. Je me sens un peu comme le trait d’union entre ces deux générations de marins, Paul et Charlie. C’était dur, il ne faut pas croire. J’ai trouvé que l’enchaînement après l’anticyclone jusqu’au Pot-au-noir était dur. On est parti à fond de balle dans l’alizé. On s’est fait taper dessus direct avec du 35-40 nœuds à ne pas savoir comment faire avancer le bateau parce que la mer était dure. On a déchiré la grand-voile. 48 heures ont été cramées parce que c’est 24 heures pour réparer et 24 heures pour récupérer et ensuite, on a enchaîné sur le Pot-au-noir. On s’est arraché ! C’est grisant de naviguer sur un bateau neuf parce que ça va vite mais c’est pas simple parce qu’il y a de la casse, qu’il faut réparer, il n’y a aucun répit. C’est une transat qui a démarré par un coup de poker. Plein Est ou plein Ouest. ? On en a beaucoup discuté avant le départ, on s’est bien pris le choux. Et quand tu commences à prendre des décisions à l’encontre du routage et de l’ordinateur, c’est qu’iil fait avoir de sacrés arguments à faire valoir. La route Ouest était aguicheuse, elle brillait, elle permettait de faire un gros décalage. Par contre, il y avait un gros risque que le vent ne tourne jamais au Nord Ouest. On en avait parlé avec les routeurs et Pascal Bidegorry. Le deuxième élément, c’est le sponsor qui nous a encouragé à ne pas prendre trop de risque pour ne pas casser le bateau. On a donc essayé d’être intelligents…J’ai beaucoup regardé ce que faisait Pascal Bidégorry car pour moi c’est quand même la référence en matière de stratégie avec ce qu’il est parvenu à faire sur les dernières Volvo Ocean Race. Quand j’ai vu que ça partait au Sud, on a voulu rester dans le paquet et lorsque Charal nous a rejoint, on s’est dit que ça allait performer. Finalement, lorsqu'on a vu que la dorsale passait comme une fleur, on savait que c’était terminé pour l'option ouest. On est hyper complémentaires. Dans le Pot-au-noir je sortais la tête du cockpit pour voir les nuages et Charlie regardait sur l’ordinateur où il fallait placer le bateau. J’ai beaucoup appris de la façon de faire de Charlie. Il y a aussi des moments difficiles parce qu’on arrive pas à le faire avancer. Apivia a de super qualités mais il ne faut pas le nier, il a aussi des défauts. On a eu des moments de difficulté, des doutes, on s’est creusé les méninges et on n’a pas toutes les réponse".



Du côté de la Class40, Sam Goodchild et Fabien Delahaye sur Leyton occupent toujours la deuxième place.

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