7 ans pour faire revivre une légende
- Ultim Boat

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Il y avait une forme de symbole, ce jeudi 27 août, à l’Impasse du Belem, en périphérie nantaise. C’est là que Gabriel Terrasse et son équipe ont présenté l’Hydroptère Nouvel Horizoon, sept ans après avoir entrepris de sauver le trimaran volant imaginé par Eric Tabarly. La remise à l’eau et les premières navigations sont désormais envisagées pour septembre à Nantes et pour octobre prochain à Lorient La Base.

Racheté à Hawaii en 2019, alors qu’il était promis à disparaître, l’Hydroptère a depuis fait l’objet d’un chantier hors norme. Sortir le bateau d’Hawaii, gérer la période du Covid, faire face au décès de Chris, le partenaire américain de Gabriel Terrasse dans cette opération de sauvetage, puis rapatrier le bateau en France : chaque étape aura nécessité de la détermination et des moyens importants. Mais aussi et surtout une abnégation de tous les instant de Gabriel Terasse et son équipe.
"C’est un jour un peu spécial. Cela fait quelques années qu’on se bat pour remettre à l’eau ce bateau incroyable qui m’a tapé dans l’œil quand j’avais 20 ans. Un vrai effet waouh", a expliqué Gabriel Terrasse lors de la présentation.

Le projet remonte donc bien avant le rachat de 2019. À l’époque, Gabriel Terrasse avait même créé un site internet consacré à l’Hydroptère, alors que le bateau ne disposait pas encore de son propre site. Sa fascination pour le trimaran n’a jamais disparu. Lorsque le bateau est apparu dans un avis d’enchères à Hawaii en 2019, la décision a été prise de tenter de le sauver. "J’ai décidé que ce n’était pas possible de laisser disparaître ce bateau. En tant que passionné, j’ai décidé de ne pas le laisser partir. J’ai tout laissé tomber avec un Américain passionné aussi. On a sauvé le bateau. J’ai changé de vie."
Il y a la préparation à la hâte du trimaran, pillé de tout son accastillage, de son électronique, pour le faire sortir de l'archipel, la traversée du Pacifique avec un vol pas forcément "désiré", alors qu'il manque des morceaux au trimaran. Le rapatriement vers la France a notamment été rendu possible grâce à Airbus. Le chantier de rénovation a ensuite débuté avec une équipe composée de professionnels, d’entreprises partenaires, de bénévoles et de nombreux stagiaires. Stagiaires remerciés pour ce qu'ils ont apporté à cette rénovation.
"C'est un chantier qu'on a fait avancé avec des jeunes hypers courageux", a souligné Eric Rambaud, qui a également insisté sur le rôle des entreprises ayant accepté d’accompagner le projet et de réaliser des efforts importants pour permettre sa poursuite.
Une reconstruction autour de la coque centrale d'origine entièrement en carbone

La présentation technique, par Loïc Mazas qui a associé chaque membre de l'équipe à un élément du trimaran, permet également de mesurer l’ampleur du travail réalisé. Les foils ont été conçus chez Dassault et construits par Airbus. Les bras sont eux aussi issus de l’aéronautique. L’ensemble affiche 24 mètres d’envergure pour 18 mètres de longueur, faisant de l’Hydroptère l’un des rares bateaux dont la largeur dépasse la longueur.

Les flotteurs ont été intégrés au vaste programme de rénovation, tout comme le mât de 28 mètres. Celui-ci avait été particulièrement endommagé et sa réparation a constitué l’un des chantiers techniques importants de cette renaissance.

Le bateau conserve également ses écrêteurs datant de 2005 et leurs vérins fonctionnant à l’azote sous une pression annoncée de 180 bars.
L’Hydroptère Nouvel Horizon ne représente pas uniquement un projet de restauration. Pour ses promoteurs, le bateau appartient à une histoire plus large, celle du développement du vol à la voile et des liens entre les mondes naval et aéronautique. Thierry Lombard, absent et à l'origine des trois renaissances du trimaran, a notamment été remercié pour son rôle dans le sauvetage du bateau.
"Ce bateau, il faut lui donner une nouvelle vie", a résumé Gabriel Terrasse.
Pour accompagner cette nouvelle étape, Damien Grimont a rejoint le projet. Son arrivée doit notamment permettre de donner une nouvelle dimension au programme et de préparer la suite de l’aventure. "Ce qui m’a motivé à venir dans le projet, c’est le sens. Ce bateau appartient à la conscience collectif. C’est 40 ans d’histoire du vol, à la voile, à travers ce bateau", a expliqué Damien Grimont, navigateur, mais aussi créateur d'évènements comme The Bridge pour les Ultim' au départ de Nantes St Nazaire il y a quelques années.
L’ancien organisateur et acteur de nombreux projets de course au large a également insisté sur la dimension particulière de l’Hydroptère : "À terre, il est beau. Comme quand il vole. C’est un symbole entre l’aéronautique et le naval."
La suite s’écrira à Lorient, où l’équipe travaille actuellement avec plusieurs acteurs du monde de la course au large pour le futur programme éducatif, de partage, de transmission du trimaran.

Parmi les soutiens et personnalités présents jeudi soir figuraient notamment Michel Desjoyeaux, qui a été un des tout premier skipper du trimaran, mais aussi Marie Tabarly. D'autres "anciens" du trimaran seront à bord, comme Jean Le Cam, Yves Parlier, mais aussi Vincent Lauriot-Prévost l'architecte "maritime" du trimaran, en complément d'Alain de Bergh pour la partie "aéronautique" de l'engin, comme l'a rappelé Michel Desjoyeaux.
Après sept années consacrées au sauvetage, au transport et à la reconstruction, l’Hydroptère Nouvel Horizon se rapproche donc de son objectif initial : retrouver l’eau, puis voler à nouveau.
Les premières navigations sont annoncées pour octobre. Il reste, à l'équipe, encore beaucoup de travail. Une nouvelle page doit alors s’ouvrir pour un bateau qui, depuis sa conception, a largement dépassé le cadre d’un simple prototype de vitesse.

L’Hydroptère reste notamment associé à une première historique : celle du premier voilier à avoir franchi la barre des 50 nœuds à la voile. Près de deux décennies après cet exploit, son retour à la navigation constituera une nouvelle étape de son histoire.




