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Biotherm, carton plein sur The Ocean Race Europe

  • Writer: Ultim Boat
    Ultim Boat
  • Sep 18, 2025
  • 5 min read

L’IMOCA60 Biotherm, mené par Paul Meilhat, a remporté The Ocean Race Europe 2025 au terme d’une démonstration collective impressionnante. Avec quatre victoires d’étapes (Portsmouth, Carthagène, Nice et Boka Bay) et 48 points sur 52 possibles, l’équipage a assuré la victoire finale avant même la dernière régate côtière en Adriatique. Si le leadership de Paul Meilhat a été central, les apports de deux figures clés, Amélie Grassi et Sam Goodchild, ont largement contribué à ce succès.

Photo : Vincent Curutchet - The Ocean Race Europe
Photo : Vincent Curutchet - The Ocean Race Europe

La rigueur et la clairvoyance stratégique d’Amélie Grassi


Co-skipper de Paul Meilhat sur cette édition, Amélie Grassi s’est imposée comme l’une des pièces maîtresses de la victoire. Réputée pour sa rigueur, son organisation et son sens du détail, elle a su mettre en œuvre une méthode qui a permis à Biotherm de maintenir une constance remarquable tout au long de la course.

Son rôle stratégique a été déterminant lors de la cinquième étape, entre Gênes et Boka Bay. C’est elle qui a identifié l’option gagnante, en choisissant une route légèrement plus nord dans l’Adriatique. Cette décision a offert à Biotherm un meilleur angle de vent et la possibilité d’éviter une zone de molle, ce qui a permis à l’équipage de reprendre les commandes avec dix milles d’avance.

Au-delà de son apport tactique, Amélie Grassi a également contribué à la dynamique collective. Elle a souligné la "super dynamique et bonne énergie à bord", qui a permis de prendre les décisions avec calme et sérénité. En maintenant un état d’esprit positif et en consolidant les liens humains de l’équipage, elle a renforcé la cohésion d’un groupe déjà très soudé.

Depuis le début de la saison, Amélie Grassi a enchaîné les navigations de haut niveau. Après plusieurs tentatives sur le Trophée Jules Verne à bord du SVR Lazartigue, elle a repris les entraînements sur Biotherm avant de participer à l’Armen Race sur Actual Ultim’ 3, où elle a terminé quatrième. Elle est ensuite revenue sur SVR Lazartigue pour la Fastnet Race, qu’elle a remportée. Après The Ocean Race Europe, elle basculera en Class40 avec Crédit Mutuel de Ian Lipinski pour une étape du tour du monde. Déterminée à poursuivre sa progression en IMOCA60, la skippeuse est actuellement en recherche de partenaires pour préparer sa participation au prochain Vendée Globe.


L’expérience et la sérénité de Sam Goodchild


Navigateur britannique parmi les plus expérimentés de sa génération, Sam Goodchild a apporté à Biotherm une expertise technique et une polyvalence précieuses. Fort de son expérience sur le Vendée Globe, la Solitaire du Figaro et The Ocean Race 2023, de ses multiples navigations et records en MOD70, ses tentatives et autres courses en Ultim', il a incarné une garantie de fiabilité et de performance dans toutes les phases de navigation.

Sa capacité à aborder les situations avec rigueur et sang-froid a été saluée par Paul Meilhat, qui a reconnu en lui, aux côtés de Jack Bouttell, une source de "sérénité" à bord. Ce tempérament a permis à l’équipage de rester concentré sur l’essentiel, en trouvant toujours le bon équilibre entre rigueur technique et légèreté dans la dynamique de groupe.

Goodchild a également été un acteur clé des victoires précoces de Biotherm. Présent sur les quatre premières étapes, il a contribué à installer l’équipage en tête du classement général dès le départ, notamment en remportant le premier scoring gate à la sortie de Kiel. Sa parfaite compréhension du format, rappelant les courses en étapes courtes de type Figaro, a renforcé la compétitivité de l’équipage sur ce parcours particulier.

Au-delà de sa contribution directe à bord de Biotherm, Sam Goodchild a aussi marqué son année sportive par une série de performances de haut niveau. Il a remporté en début de saison la course des Caps à la barre de l’IMOCA60 Macif, monocoque qu’il a retrouvé dès la fin de la quatrième étape pour préparer le Défi Azimut à Lorient, où il s’est illustré dès le premier jour en gagnant les Runs de vitesse. Il a également pris part à l’Armen Race sur le MOD70 Argo, où il est monté sur la deuxième marche du podium, sans oublier sa participation à la Fastnet Race à bord du trimaran Banque Populaire XI, conclue par une solide deuxième place. Un Sam Goodchild qui est toujours sur le projet de participer au prochain Vendée Globe, avec son sponsor Leyton.


Un duel permanent avec Paprec Arkéa, Holcim-PRB et Allagrande Mapei


Si Biotherm a survolé la course en termes de points, cette domination s’est forgée face à une opposition solide. Les rivaux n’ont jamais cessé de pousser l’équipage de Paul Meilhat dans ses retranchements, en particulier Paprec Arkéa et Holcim-PRB.

Paprec Arkéa, skippé par Yoann Richomme, a été le principal challenger sur plusieurs tronçons. Très rapide sur certaines phases de portant, le plan Koch a profité de ses atouts notamment dans les conditions plus soutenues, ce qui lui a permis de s’adjuger la victoire au scoring gate de la Sardaigne lors de la dernière étape. Mais l’irrégularité de ses résultats et une étape 2 compliquée ont empêché l’équipe de rivaliser au classement général.

Holcim-PRB, mené par Nicolas Lunven, avec à bord Franck Cammas, a également joué les trouble-fête. L’équipe a souvent accroché Biotherm en milieu d’étape et n’a lâché du terrain que dans les transitions. Sa régularité lui a permis de rester longtemps au contact de Paprec Arkéa dans la lutte pour la deuxième place, terminant finalement troisième à un demi-point. D'autant que sa course a été hypothéquée dès le départ de la première étape avec un accrochage avec Allagrande Mapei Racing.

Enfin, Allagrande Mapei Racing, seul équipage à priver Biotherm d’une victoire d’étape (Nice – Gênes), a démontré sa capacité à saisir les opportunités lorsque les conditions lui étaient favorables. Cette victoire a rappelé que Biotherm n’était pas intouchable, mais elle reste l’exception dans une édition marquée par l’emprise du monocoque mené par Paul Meilhat.

Ce duel permanent avec des adversaires de haut niveau a renforcé la valeur de la victoire finale. En remportant quatre étapes et quatre scoring gates sur cinq, Biotherm a démontré une supériorité non pas sur un coup d’éclat, mais par une constance implacable, là où ses rivaux ont connu des hauts et des bas.


Une victoire collective exemplaire


En combinant la vision stratégique d'Amélie Grassi, la sérénité technique et stratégique expérimentée de Sam Goodchild et le leadership fédérateur de Paul Meilhat, Biotherm a livré une performance quasi parfaite. L’IMOCA60, très allégé pour l'occasion, quasi dépouillé à l'intérieur, a démontré ses qualités dans toutes les conditions rencontrées, mais c’est aussi l’alchimie de l’équipage qui a fait la différence.

Cette victoire, acquise avec 48 points sur 52 possibles, consacre une équipe en pleine maturité, capable de conjuguer rigueur, vitesse et cohésion humaine. À l’arrivée à Boka Bay, l’ensemble des équipiers – Amélie Grassi, Sam Goodchild, Jack Bouttell et Benjamin Ferré – ont salué une aventure qui dépasse le simple résultat sportif : une course où la confiance mutuelle et la dynamique collective ont été aussi déterminantes que la vitesse pure du bateau.


L’incertitude sur l’avenir du projet


Malgré ce succès éclatant, l’avenir du projet reste incertain. Paul Meilhat est actuellement à la recherche de sponsors pour poursuivre l’aventure avec son bateau, dont son entreprise est propriétaire. Le partenariat avec Biotherm étant arrivé à son terme, le monocoque sera mis en vente dans les prochaines semaines si aucun accord n’est trouvé rapidement. L’objectif du skipper est de capitaliser sur ce bateau pour prendre le départ de The Ocean Race, le tour du Monde en équipage, et permettre à Amélie Grassi de préparer le prochain Vendée Globe. Mais le temps presse : faute de nouveaux partenaires, le risque est grand de perdre les acquis de cette campagne victorieuse et de devoir repartir de zéro.

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